topblog Ivoire blogs

26/04/2016

Côte d'Ivoire : Alors que les ivoiriens souffrent, le camp Ouattara se la coule douce (Gabégie, Népotisme, Tribalisme, Racket, Affairisme, etc. au sommet de l'Etat)

Ouattara superstar.
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Aux trophées de l’aviation, Alassane Ouattara remporte la palme d'or. A la tête de la plus solide économie d'Afrique francophone, le président ivoirien possède une imposante flotte qu'il n'hésite pas à mettre à la disposition de ses pairs, telle la libérienne Ellen Johnson Sirleaf, ou Henri Konan Bédié. Ce dernier peut emprunter un Gulfstream pour ses déplacements. La flotte de la présidence, commandée par le général Jean-Jacques Ouégnin, patron des forces aériennes, compte une dizaine d'appareils. Mais Ouattara plébiscite surtout son Airbus 319-133CJ. Baptisé "Ivoire 1" par les Ivoiriens, cet appareil aux normes VIP a été livré en septembre 2014, après son rachat au groupe ukrainien System Capital Management. Le palais d'Abidjan possède par ailleurs deux Gulfstream III et IV. Ils sont utilisés par Guillaume Soro et Daniel Kablan Duncan. Moins chanceux, les ministres voyagent à bord d'un Beechcraft 1900D et d'un Beechcraft Super King Air 350. Pour se rendre dans sa résidence d'Assinie, Alassane Ouattara opte pour l'hélicoptère : un AgustaWestland 139 livré en juin.

"HKB" À LA FÊTE
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Président du PDCI, l’ex-président Henri Konan Bédié dit "HKB" a chargé Fofana Siandou, membre du parti et DG du Fonds d’entretien routier (FER), d’organiser le dîner de clôture des festivités du 70e anniversaire de la formation houphouëtiste. Patience Dabany, chanteuse et mère d’Ali Bongo, sera la gueststar de cette soirée organisée le 30 avril à l’hôtel Sofitel-Ivoire d’Abidjan et dont le coût est évalué à 665 millions F CFA (1 million €).

RÉSIDENCE PROLONGÉE POUR GEORGES SERRE À ABIDJAN
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Les candidats à la succession de Georges Serre à la tête de l'ambassade de France à Abidjan devront patienter. Donné partant cet été, le diplomate ne quittera finalement pas sa résidence avant fin 2016. Suite à l'insistance d'Alassane Ouattara qui a souhaité prolonger sa mission, le diplomate devrait donc suivre les prochaines échéances électorales (référendum constitutionnel, législatives…) prévues avant la fin de l'année. Surnommé "l'ambassadeur d'Ouattara" par la communauté française de Côte d'Ivoire, qui lui reproche le peu d'empressement à défendre les intérêts hexagonaux dans le pays, l'ancien "monsieur Afrique" d'Hubert Védrine fut nommé à ce poste en avril 2012.

Frères, soeurs, cousins…
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
A Abidjan, Alassane Ouattara s'appuie sur son frère cadet Téné Birahima Ouattara, inamovible ministre d'Etat chargé des affaires présidentielles au palais du Plateau. Tour de contrôle du régime ivoirien, il gère aussi bien les finances et les fonds souverains que l’agenda et les rendez-vous médicaux du chef de l’État. Il pilote également les dossiers relavant de la sécurité du pays, d'où sa présence au CNS. D'autres membres du clan ont ainsi été "placés", comme la nièce Masséré Touré, directrice de la communication du palais. Gendre d'Alassane Ouattara, Benedict Senger dirige quant à lui depuis 2011 la filiale du groupe Webb Fontaine, attributaire du juteux contrat de vérification des importations en Côte d'Ivoire.

Soro bat le rappel de ses troupes
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Empêtré dans son affaire d’écoutes téléphoniques, le président de l’Assemblée nationale a trouvé du réconfort auprès de ses amis et anciens frères d’armes. Guillaume Soro a profité du cinquième anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril, pour recevoir quelques amis à dîner dans sa résidence de Marcory à Abidjan. Parmi les convives qui ont honoré l'invitation figuraient le footballeur ghanéen Abedi Pelé, le président de la Sodemi, Bamba Yacouba, et celui de Côte d'Ivoire télécom, Michel Gueu, sans oublier plusieurs comzones et anciens frères d’armes. Le Mauritanien Mustapha Limam Chafi, conseiller spécial de Blaise Compaoré, qui vit aujourd'hui entre Marrakech et Abidjan, s’est joint à cette sauterie ambiancée par le groupe congolais Kitoko Sai Sai. Ne manquait plus que l’ancien président
burkinabè pour un succès total… Le lendemain, le président l’Assemblée nationale ivoirienne s'est retiré dans son fief de
Bouaké (centre) où il possède une grande résidence dans le quartier Beaufort.

ROTHSCHILD POUR LA VENTE DE VERSUS BANK
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethniquecote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Le comité chargé de préparer la privatisation des sociétés publiques ivoiriennes a fait appel à Rothschild & Cie pour accompagner la cession de la Versus Bank. Le DG de la banque d'affaires, Stéphane Charbit, est attendu à Abidjan ces prochains jours pour lancer cette opération. Pour ce contrat, la banque a bénéficié du lobbying de son vice président Europe Jean-Claude Meyer, très introduit à Abidjan.

IBRAHIMA KONÉ, ROI DES PERMIS DE CONDUIRE !
cote d'ivoire, alasane dramane ouattara, emergence, pauvrete, nepotisme, tribalisme, rattrapage ethnique
Patron de la filiale du groupe colombien Quipux chargée de gérer le Centre de gestion intégré des documents de transports en Côte d'Ivoire (CGI), Ibrahima Koné est de nouveau sollicité par le ministère ivoirien des transports pour refaire les permis de conduire de Côte d'Ivoire au motif que les documents actuels, mis en circulation par Quipux en 2014 pour une période de 10 ans, ne sont pas suffisamment sécurisés. Gaoussou Touré, un proche de l'homme d'affaires, vient de faire valider cette procédure par le gouvernement. Les Ivoiriens devront supporter seuls les frais, soit 10 000 F CFA par permis (15 €). La communication du CGI est assurée par la société First Communication dirigée par Mariam Touré, la fille du ministre Gaoussou Touré.

LE PATRON DE CKG HOLDINGS RENOUE AVEC BAKAYOKO
cote d'ivoire,alasane dramane ouattara,emergence,pauvrete,nepotisme,tribalisme,rattrapage ethniquecote d'ivoire,alasane dramane ouattara,emergence,pauvrete,nepotisme,tribalisme,rattrapage ethnique
Président du groupe CKG Holdings et repreneur du Racing club de Lens en France ( LC nº727), Charles Kader Gooré a profité de sa présence à Brazzaville, le 16 avril, lors de l'investiture de Denis Sassou Nguesso pour échanger quelques
amabilités avec le ministre ivoirien de l'intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko. A la chute de Laurent Gbagbo dont il était proche, l'homme d'affaires ivoirien a été placé en résidence surveillée et son passeport confisqué sur instructions
du ministre. En outre, certaines de ses sociétés ont été spoliées au terme de procédures qu'il conteste devant les juridictions ivoiriennes.

source: la lettre du continent

23/02/2016

Côte d'Ivoire : Quelques faits de la justice dont se vante Alassane Ouattara

« Quand on t’envoie, faut savoir t’envoyer ».

Cette célèbre maxime bien connue des Ivoiriens, sortie tout droit de l’esprit luxuriant de l’intrépide Gbagbo écroué à la Haye, n’a jamais été aussi vraie. J’ai assisté à plusieurs procès liés la crise post-électorale. Ils m’ont tous laissée sans voix. La justice de mon pays… Wallaye… Elle me fait peur…

J’ai tellement peur que j’ai décidé de mettre balle à terre et de tendre la joue gauche à celui qui me frappe sur la joue droite ! C’est une grande décision quand on sait que mon affaire ne reste jamais à l’étranger… Enfin… Quelquefois…
J’ai passé près d’un mois au tribunal militaire d’Abidjan sis à l’Etat-major, immergée dans le procès des assassins présumés du Général Guéi Robert, qui a eu la bonne idée d’offrir en 1999 comme cadeau de noël aux ivoiriens, un coup d’État émergeant, qui lui a d’ailleurs valu le surnom de Guéi Noël.
Ma conclusion est la même ! Dans ce pays, tu peux te faire arrêter, et jeter en prison sur un simple kpakpatoya mal placé… !?

Des inculpations sur Ouï-dire

Le fait m’avait déjà frappé pendant les assises qui ont débouchées sur la condamnation des ténors du Front Populaire Ivoiriens (FPI) au rang desquels figure l’ex première dame Simone Ehivet Gbagbo qui s’est vu offrir un aller simple pour la gendarmerie nationale pour un séjour de 20 ans, tous frais payés bien entendu. Une pléthore de griefs ; à savoir atteinte à la sûreté de l’État, atteinte à la défense nationale, rébellion, constitution de bande armée, xénophobie, tribalisme ont été instruits à charges puis rapidement abandonnés par le parquet général, face au manque criard de preuves.
Des témoignages contradictoires basés dans leur grande majorité sur des « je ne l’ai pas vu, mais je sais que c’est elle », « Je crois que c’était elle », « On m’a dit qu’il était là » ; c’était hallucinant ! Drôle par le ridicule, mais tout de même hallucinant et révélateur des pratiques et des lacunes de la justice ivoirienne.

Le plus incroyable, c’était l’histoire des anonymes. Ceux dont les médias n’ont cure. Des jeunes gens arrêtés parce que désignés par une voisine rancunière, qui attendait l’opportunité de tirer vengeance des rivalités politiques dans le quartier. Ces trois frères, de jeunes étudiants qui se sont vus embarqués dans ce procès pour avoir voulu porter secours à l’un des leurs arrêté par les FRCI pour on ne sait trop quel crime.Ou encore ce policier, avouant à la barre avoir incriminé son collègue et ami, pour sauver sa vie des FRCI qui s’apprêtaient à l’immoler à condition qu’il cite un pseudo complice avec qui il aurait commis une hypothétique infamie. Une histoire tellement glauque que le juge lui avait ordonné de demander pardon à cet ami qui avait quand même passé trois longues années en prison pour cette charge . Des gens inconnus, innocents, victimes de calomnies…

Le même scénario s’est déroulé au tribunal militaire dans l’affaire de l’assassinat du Général Guéi Robert, déniché des sous-sols de la cathédrale Saint Paul du Plateau, de son épouse Doudou Rose Guéi assassinée à leur domicile et des éléments de sa garde rapprochée le 19 septembre 2002 en plein Coup d’Etat.

L’histoire se répète avec des acteurs différents

Vingt-quatre militaires avaient été mis en accusation pour ces crimes. Parmi eux, deux vedettes. Notamment, le Général Dogbo Blé Bruno, surnommé par ses fans « Général courage », avec deux condamnations post crise à son actif et le Commandant Séka Yapo Enselme dit Séka Séka, déjà condamné à 20 ans de prison ferme, qui selon le rapport d’un certain Ouattara Moustapha, médecin psychiatre « a une dextérité à dévier les choses, a une personnalité de mythomane, n’a aucun sentiment envers les autres et a tendance à les rabaisser plus bas que terre continuellement. Il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Il a un comportement impulsif et ne ressent aucune culpabilité. Le mensonge est son oxygène, il a besoin de ça pour exister… ». Il était très fâché après la lecture de ce rapport…

Commandant Séka Yapo Enselme dit Séka Séka à la sortie du tribunal. Condamné à la prison à vie pour la Mort du Général Guéi, de son épouse et des élément de sa garde rapprochée.

Bref ! À la fin de la phase d’instruction, et des débats, une seule question m’est venue à l’esprit : Les missions exécutées par des militaires sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques en temps de crise, sont-elles constitutives d’infractions ? Cette question était l’une des problématiques de ce procès. Au regard de l’article 7 du Code de la fonction militaire, qui dispose que « le militaire doit à ses chefs une obéissance entière et de tous les instants ». En outre le militaire qui n’obéit pas aux ordres de son chef, court le risque d’une poursuite pour violation de consignes.

Je me suis posée cette question parce que la majorité des personnes accusées de complicité d’assassinat (13 au total) sur la personne du feu Général et de ses proches, l’ont été pour leur présence effective ou supposée à la cathédrale ou au domicile de ce dernier le jour de leur arrestation.
Le juge Tahirou lors de leurs différents passages durant l’instruction, avait reproché aux dénicheurs du Général Guéi de l’avoir remis au Général Dogbo Blé comme ils l’affirmaient. En vérité, il leur reprochait de ne pas avoir su s’envoyer. « Vous auriez dû dire que vous ne l’avez pas trouvé ! Ah ! Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer…». Ah bon !? Alors que l’on exige du militaire une obéissance entière et une soumission de tous les instants à son supérieur ? Alors que les décisions dudit supérieur doivent être exécutées sans hésitation ni murmure ? Alors que la réclamation n’est permise au subordonné que lorsqu’il a obéi ?


S’il est interdit d’exécuter des ordres manifestement illégaux, se retrouver lors d’une mission de ratissage dans la commune du Plateau en plein coup d’État, à la cathédrale ou au domicile du Général avec ses supérieurs, avoir été sur les lieux de l’arrestation de celui-ci (apparemment soupçonné d’avoir trempé dans ce coup d’État) fait-il de ces militaires des coupables ?
La réponse du commissaire du gouvernement Ange Kessi de qui l’on a entendu des vertes et des pas mûres, m’a laissée sans voix ! « On ne peut pas être là où son patron était et dire que l’on n’a rien fait » ! Ah bon ? C’est un raisonnement juridique ça ? Mais est ce que moi je lis dans cœur de mon patron ?

Je l’ai vu ! Ah bon ? Hop ! Au goulag

Mais pourquoi ai été surprise ? Un procès dans lequel la preuve testimoniale fut seule maitresse des débats. Des témoignages parfois incohérents qui ont désorienté l’assistance. Des accusés inculpés sur la parole d’une seule personne prétendument à Tunis ; que le parquet a été incapable de faire comparaitre même par téléconférence alors que l’administration ivoirienne en a les moyens.
Des accusés s’accusant et se récusant au gré du vent et selon leurs humeurs. Déclarant tantôt que les aveux devant la gendarmerie doivent être ignorés ou que ceux devant le juge d’instruction étaient mensongers. Ou même attestant avoir signé des dépositions sous la contrainte et par peur pour leur survie…


Des militaires mis en accusation pour excès de zèle.

C’est le cas de Kouamé Jean Koudou accusé de complicité d’assassinat sur la personne du Général, alors qu’au moment des faits, il sirotait du Koutoukou (boisson ivoirienne) dans une buvette de son quartier. L’un de ses coaccusés, Koné Kilogninama aurait assuré devant le juge d’instruction que ce dernier était avec lui à la cathédrale. Appelé à la barre pour une confrontation, ce dernier nie mes faits. « Monsieur le président quand on m’a demandé, j’ai dit je ne sais pas s’il était là-bas ». Propos confirmés par les procès-verbaux.
Le Sergent Sokoudé par ailleurs son supérieur avait également déposé comme témoin contre lui devant le juge d’instruction : « Koudou, je ne l’ai pas vu là-bas. Mais il faisait partie des ténors qui faisaient du zèle à la garde républicaine ». Et on arrête quelqu’un pour ça ? Eh bien oui ! Dans la Côte d’Ivoire émergente à l’orée 2020 et peuplée d’Ivoiriens nouveaux, c’est possible. Il est d’ailleurs resté en prison jusqu’au verdict final qui l’a innocenté, lui et 12 autres militaires qui n’avaient pas su s’envoyer… Pourtant si le commissaire du gouvernement avait bien fait son travail, ils n’auraient pas perdu tout ce temps en prison…

Quand je vous dis que je ne fais plus palabre là, c’est pour ça là.


source: http://humeursnegres.mondoblog.org/quand-on-tenvoie-faut-savoir-tenvoyer/

29/01/2016

CPI: Discours De Gbagbo a Divo 27 Aout 2010

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ;


Monsieur le Président Yanon Yapo ; ( Ndlr : ex- Président du Conseil Constitutionnel) ;

Messieurs les Juges de la Cour Suprême ;

Messieurs les Juges du Conseil Constitutionnel ;

Monsieur le Ministre de l’Intérieur ;

Messieurs les Ministres ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral ;

Monsieur le Général de Corps d’ Armée, Chef d’ Etat – Major des Armées nationales de Côte d’ Ivoire ;

Monsieur le Général de Corps d’Armée, Commandant Supérieur de la Gendarmerie ;

Messieurs les Officiers Supérieurs, Officiers Subalternes, Sous- Officiers, et hommes de rang ;

Mme BOGA DOUDOU ;

Mesdames et Messieurs ;

Messieurs les Policiers ;

Messieurs les Chefs de village ;

Populations de Divo.

Je voudrais vous dire merci d’être présents à cette cérémonie, pour toutes les raisons qu’ont déjà soulevées et analysées, le Directeur Général de la Police, le Maire et le Ministre de l’Intérieur.

Pour ma part, je voudrais faire quelques commentaires.

D’ abord sur ce lieu (Ndlr : ex -complexe de Divo qui abrite désormais la caserne de la CRS 3). Ce lieu, était un Centre Culturel. C’est ici, que j’ai fait mon premier meeting de campagne électorale pour la présidentielle en 1990. J’étais effectivement accompagné de feu BOGA DOUDOU (Ndlr : ex- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, décédé aux premières heures de la crise militaro- politique, le 19 septembre 2002). D’ ici, nous sommes allés à Lakota. Ce Centre Culturel a été abandonné.

C’est le drame de la Côte d’ Ivoire et de toute l’Afrique. On cherche de l’argent ; on bâtit et on laisse l’œuvre mourir ! On bâtit et on laisse l’argent périr !

Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur le Préfet, je vous remercie d’avoir ressuscité ce bâtiment important. Un bâtiment où la jeunesse de Divo venait jouer au théâtre, au basket, au handball. Eh bien, si ces jeunes ne viennent plus jouer, ce bâtiment va servir à les secourir.

J’espère qu’assez rapidement, les autres Chefs – lieux de Région qui ont été désignés pour abriter des Compagnies Républicaines de Sécurité(CRS) vont trouver des locaux afin qu’on installe des Unités à Abengourou, Bondoukou, Gagnoa, Daloa, San- Pédro, etc… C’est donc le premier commentaire que je voulais faire concernant ce lieu.

Le deuxième commentaire, concerne BOGA DOUDOU. On l’appelait dans notre petit groupe, ’’ Djimy la Rigueur’’. Parce que quand tu as tord, ‘’ Djmy’’ disait que tu as tord. Et, quand tu as raison, il disait que tu as raison.

Je l’ai rencontré en 1974. Il faisait partie de la même cellule qui comprenait outre, moi- même, Henry- Philippe Dacoury( Ndlr : actuel Gouverneur de la BCEAO), et lui, BOGA DOUDOU .

Un soir, on n’est venu nous annoncer que la Police avait arrêté BOGA DOUDOU, dans sa chambre d’étudiant. Qu’avait-il fait ? Nous n’en savions rien. Mais, toujours est-il que nous nous sommes mobilisés. Nous sommes allés dormir à la Police. Nous avons dit que tant qu’ on ne nous rend pas BOGA, nous ne rentrions pas chez nous. Voir des Enseignants venir réclamer la libération d’un Etudiant était quand même quelque chose d’inhabituel ! Les Policiers de Cocody, nous l’ont donc rendu.

Il était courageux, brave. On disait toujours de lui que le mot ‘’peur’’, il l’avait découvert dans le dictionnaire. Parce qu’il ne savait pas ce que cela voulait dire.

A la fin des élections de 2000- et, c’est une confidence amicale que je voudrais vous faire- je discutais avec mes filles qui avaient 17 et 18 ans, à l’époque. Je leur ai demandé : « A votre avis, quand je vais être élu, qui doit être Ministre de l’Intérieur ? ». Les plus jeunes m’ont répondu en disant : « Papa, vu l’ensemble de ses qualités, nous pensons que la personne idéale pour ce poste, est Tonton BOGA». Ceci, pour vous dire que, même les enfants, à la maison, chez moi, savaient qu’il devait être Ministre de l’Intérieur. Il était fait pour la profession.

Quelques Magistrats sont venus me le réclamer pour être leur Ministre de tutelle. Mais, finalement, la plus grande partie des gens le voulaient comme Ministre de l’Intérieur. Parce qu’il avait des idées très claires concernant l’Administration Territoriale, la Décentralisation, la Sécurité et la Police. Que son nom soit ‘’ donné’’ à la CRS 3 qui est installée chez lui, dans sa région, est un bel hommage à l’homme. Et, cela ne peut que me réjouir. Je ne pouvais pas ne pas être là. Cet homme, dont le nom est désormais porté par cette toute nouvelle Compagnie, était de valeur. Il a fait une thèse recommandée à la publication par les Universités françaises.

Après que BOGA DOUDOU a été nommé Ministre de l’Intérieur, sa première reforme, n’a pas été celle de l’Administration. Sa première reforme a été celle de la Police. Il m’a dit : « Président, si nous voulons que la Police soit efficace, faisons une nouvelle loi, pour elle, et augmentons les traitements salariaux des Fonctionnaires de la Police ».


On a fait cette réforme. Et, le projet de loi que nous avons adopté, qui est arrivé par la suite sur la table des Députés à l’Assemblée Nationale, à été voté à l’unanimité. Parce que Ouassénan Koné (ex- Ministre de la Sécurité) a dit ceci, à cette occasion : « quand j’étais Ministre de la Sécurité, j’ai longtemps voulu faire voter cette loi. Mais, à l’époque, j’ai été désavoué. Je pense que c’est cette loi qu’il faut. Car, cette loi que je voulais faire voter, à l’époque. Maintenant qu’elle arrive, ici, je demande à tout le PDCI (Ndlr : ex- Parti au pouvoir, aujourd’hui, dans l’opposition) de voter ce projet de loi».

La loi a été votée à l’unanimité des Députés de l’Assemblée Nationale. Tel est cet homme. Il était mon Président de Groupe parlementaire, quand j’étais Député. Il avait l’air très dur. Mais, BOGA DOUDOU négociait toujours. C’est lui qui faisait toutes les négociations. Il négociait à l’extérieur avec tout le monde. Et, quand, pour ma candidature en 2002, j’ai eu un appel de Lybie …, c’est avec BOGA que j’y suis allé. Lors de la rencontre, je n’ai pas parlé. C’est lui qui a parlé.


Donc, pour cet homme, je ne pouvais pas, ne pas être ? ici. Je suis heureux que son épouse soit là ; ses enfants ; ses frères, également. Je suis heureux que tout le monde soit présent. Je suis heureux que Lakota soit venu en force. Monsieur le Président du Conseil Général, chers frères, Cadres, je suis heureux que tous les amis de BOGA soient réunis, ici. Je suis très content.

A présent, je vais m’adresser à vous, les Policiers, qui allez prendre fonction au niveau de la CRS 3.


Le Général BREDOU M’bia (Ndlr : Patron de la Police Nationale) a rappelé tout à l’heure que la CRS a été créée en 1944. Et, a été rendue opérationnelle en 1948. Les dates parlent. En 1944, c’était un moment de désordre en France. La guerre était terminée, mais, pas totalement ; un peu comme notre crise. Le Général DE GAULLE et le Gouvernement en exil en Alger, avaient débarqué à Paris. Ils avaient pris possession des lieux. Mais, la capitulation n’avait encore pas été signée par l’Armée. Il y avait des villes entières qui étaient sous le contrôle des Allemands et d’autres, sous le contrôle des résistants armés.

DE GAULLE, voulait assurer la sécurité des Institutions républicaines. Il a créé la CRS pour se battre en ville ; pour se battre contre le désordre ; pour se battre contre les malfrats. Et, depuis 1944, la CRS est là.

Quand il ya des moments difficiles, c’est la CRS qui prend les devants, en France. Je vous fais ce rappel, non pas pour vous faire un cours d’histoire, mais, pour vous montrer l’esprit dans lequel la CRS est née, et les tâches qui l’attendent.

Les tâches qui l’attendent sont des tâches de bataille contre le désordre, la pagaille et la chienlit. Mais aussi, les tâches de Paix avec les citoyens normaux.

Grâce à vous, dans cette ville, et dans cette région, les citoyens ordinaires doivent pouvoir aller à leur travail, tranquillement. Ils doivent pouvoir aller au cinéma, aux bals ; ils doivent pouvoir s’amuser, tranquillement. Les gens doivent pouvoir se promener normalement avec leur argent, sans avoir peur, grâce à votre présence ». Par conséquent, à cause de votre présence, tous ceux qui veulent aller détrousser les honnêtes personnes, doivent réfléchir par deux fois, avant de sortir.


Chers amis Policiers, chers frères, vous, Policiers, que nous installons aujourd’hui, n’êtes pas des Policiers ordinaires. Vous n’êtes pas des Policiers ordinaires, qu’on affecte dans un commissariat pour tenir, la main courante. Non, vous n’êtes pas cela ! Vous êtes la Compagnie Républicaine de Sécurité. C’est – à – dire que votre rôle, c’est de faire en sorte que la République vive ! votre rôle, c’est de faire en sorte que l’ autorité du Préfet de région s’ applique sur toute la région ; que l’ autorité des Préfets de départements s’ applique sur les départements ; que l’ autorité du Sous- Préfet s’ étende sur toute la Sous – préfecture. Votre rôle, c’est de faire en sorte que l’autorité républicaine vive !

Vous avez pour ennemis- je n’ai pas dit pour adversaires- tous ceux qui sont contre la République ! Vous avez pour ennemis, tous ceux qui sont contre la paix en Côte d’ Ivoire. Vous avez pour ennemis, tous ceux qui veulent troubler les élections en Côte d’ Ivoire. Votre tâche est simple. Parce que la ligne de démarcation est nette. Entre la paix et le désordre, vous êtes pour la paix ; et vous vous battez contre ceux qui veulent semer le désordre. Entre la légalité et l’illégalité, vous êtes pour la légalité ; et, vous vous battez contre tous ceux qui sont pour l’illégalité. C’est cela, votre rôle. Il y a une ligne de démarcation. Pour la CRS, il y a le blanc et le noir. La CRS n’est pas au milieu. Vous n’êtes pas des Juges. Ce sont les Juges qui regardent, pour voir s’il y a des circonstances atténuantes ou aggravantes, pour telle ou telle situation. Vous n’êtes pas des Juges, vous êtes des Combattants de la légalité républicaine.

Quand on dit que la République est menacée, c’est vous qui apparaissez pour rétablir l’ordre républicain.


Je suis venu pour vous dire, ce jour, à vous, mais aussi à toute la Côte d’ Ivoire, ceci : ‘’quand la République se construit, elle se construit aussi avec des forces de combat. Il y a des gens qui croient que quand l’homme politique que je suis fait des concessions, discute, il n’a pas de bras’’. J’ai aussi des ‘’bras’’.


Il y a des moments où je dis à ces ‘’ bras’’ : « restez tranquilles, je vais négocier ». Mais, quand le moment arrive pour que ‘’ ces bras’’ se lancent, ils se lancent. Donc, je vous le dis, ce n’est pas pour rien qu’on vous a envoyés, ici. Vous n’êtes ni des hommes politiques, ni des Magistrats. On vous a envoyés, ici, parce que l’ordre est trop souvent troublé à Divo. Le Ministre de l’Intérieur, tout à l’heure - parce qu’il est beaucoup plus jeune que moi- se posait encore des questions ; celles de savoir si ces troubles étaient liés à la guerre.

Non et non ! Ils ne sont pas liés forcement à la guerre. Quand j’étais encore dans l’opposition, il y a eu des bagarres, ici, et un commerçant du nom de Dramera a été tué. Donc, ce n’est pas aujourd’hui que cela est apparu. Pourquoi Divo bouillonne ? Pourquoi Divo est excité ? On n’en sait rien. Et, comme on n’en sait rien encore, nous installons la CRS ; nous mettons la CRS et nous demandons aux éléments de dissuader tous ceux qui sèment le désordre.

Donc, votre rôle, n’est pas un rôle d’analyse. Chers amis, votre rôle n’est pas un rôle d’analyse, de réflexion. Votre rôle est de faire face et de dissuader tous ceux qui sont contre la République, tous ceux qui sèment le désordre.

Toujours et en tout temps, nous vous donnerons les moyens qu’il faut, pour cela. Je suis très à l’aise quand je vous parle. Parce que mon papa a été Militaire, et ensuite, Policier. Je connais par conséquent la vie de l’Armée.

Mon Père était Sergent, en 1938. Il a été libéré et quand la guerre a éclaté en 1939, il a été rappelé comme tous les Sous- Officiers et Officiers.

Mais, après, vers 1997, je lui ai demandé- il faut savoir qu’il a rendu un jour sa démission de la Police dans les années 50- pourquoi, ayant été Sergent dans les années 38, et ayant la possibilité de finir comme capitane ou commandant au niveau des Indigènes et devenir par conséquent comme l’un des premiers Officiers de la Nouvelle Armée, as6TU tourné le dos à l’Armée ? Il m’ a donné cette réponse – et c’est depuis ce jour que j’ ai compris la différence entre les hommes armés et les civils- il m’a dit : « papa- parce qu’il c’est comme cela qu’il appelait- quand tu es dans l’ Armée, tu ne dois pas trop réfléchir ; tu dois obéir aux ordres. J’ai combattu les Allemands, j’ai été blessé de guerre, je suis venu, j’ai combattu les voleurs ; mais, dans ce Corps de métier, on ne nous demande pas de réfléchir. On nous demande de ‘’ taper’’, de nous battre. J’étais fatigué de cela. Moi, je suis un homme qui réfléchit ».

Les Commissaires qui vous commandent, réfléchissent pour vous. Si un Soldat, un Policier, veut se mettre à réfléchir comme son Chef, il n’ ya plus d’Armée ! Si un Policier veut réfléchir à la place de M. Yapo( Ndlr : tout nouveau Commandant de la CRS 3) , il n’y a plus de CRS à Divo. S’il y a des erreurs qui sont commises, nous régleront cela avec le Commissaire Yapo. Il vous donne des ordres et vous exécutez.

Je vous le dit tout net, et je le dis également à tous les bandits, qui sont à Divo : ’’ à tous ceux qui sèment le désordre à Divo, je vous envoie la CRS’’. Je vous ai envoyés, ici, contre eux. Il n’ ya pas d’autres choses à faire. C’est la mission qui est assignée au Commissaire Yapo.

Populations de Divo, ma dernière adresse est à vous. Les Chefs sont là. La Police est votre Police. Il n’y a aucune Police efficace sans collaboration avec la population.

Si vous n’aidez pas votre Police, elle ne sera pas efficace. Il y en a qui cachent des bandits chez eux. Mais ? si tu caches le bandit, tu es aussi un bandit. Donc, si on l’attrape, chez toi, on t’arrête aussi. Et, on ouvre une procédure judicaire contre toi ; de la même manière qu’on ouvre une procédure contre le bandit. Ne vous rendez pas complices des bandits et des actes anti- républicains. Faites confiance en votre Police. Aidez- la par vos renseignements. La Police ne peut pas travailler sans renseignements.

On m’a dit qu’un paysan venant de Fresco pour vendre ses produits a été dépossédé de tout son argent. Les Policiers ne sont pas Dieu. Ce sont des hommes comme nous. Donc, ils agissent en demandant des renseignements. Aidez-les, vous, populations de Divo. Aidez- les par vos renseignements.

Vous, Chefs traditionnels, Notables, dites à vos administrés dans les villages, d’aider la Police. Elle n’est pas votre ennemie tant que vous êtes honnêtes. Mais, le jour où vous êtes malhonnêtes, elle devient votre ennemie. C’est ce que je voulais vous dire.

M. Le maire, Mme et MM. les Elus, je crois que c’est un grand cadeau qu’on vous fait. Mais, ce cadeau est pour vous parce qu’il va vous faciliter la vie. Il est pour nous tous.

Que Dieu bénisse la Police Nationale ;

Que Dieu bénisse tous les Agents de l’ordre qui risquent leur vie tous les jours et toutes les nuits, pour nous ;

Que Dieu bénisse la Côte d’ Ivoire ;

Qu’il bénisse l’Afrique ;

Je vous remercie.





Propos recueillis par Hermann BORGET

Envoyé Spécial à Divo