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05/01/2011

Regard retrospectif de la Crise en Côte d’ivoire: nos amis les rebelles…

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Radio France International couvrait ce matin les pourparlers ivoiriens à Marcoussy, et en particulier la journée de repos d’hier. Selon RFI, les pauvres rebelles ont rendu visite à leurs proches installés en France, ont mangé des hamburgers, et l’un d’entre eux qui venait pour la première fois en France aurait confié, la voix pleine d’émotion : « Que c’est beau Paris !»

Ce qui est moins joli, ce sont les exactions de ces même rebelles dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, et dont fait exceptionnellement mention l’AFP aujourd’hui. Il est si rare qu’un communiqué de l’AFP pouvant être favorable au gouvernement ivoirien ne soit pas censuré, que je me permets de le retranscrire in extenso :


Vols, viols et pillages dans l`ouest ivoirien, selon des réfugiés

Vols, viols, pillages et exactions sont, selon des témoignages de réfugiés ivoiriens en Guinée, devenus le lot des populations de l'ouest ivoirien, occupé en partie par des mouvements rebelles.

La Côte d'Ivoire est secouée depuis le 19 septembre dernier par une rébellion politico-militaire qui a lancé sur les routes de l'exil des dizaines de milliers de personnes.

Plus de 3.000 réfugiés ivoiriens étaient hébergés dans le camp de transit de Nonah, près de Yomou, dans l'extrême sud est de la Guinée, selon des responsables du Haut Commissairiat aux réfugiés

Le principal point d'entrée de ces réfugiés reste la localité de N'zo, près de Lola, premier poste frontalier entre les deux pays où des réfugiés, arrivés récemment, ont confié à des journalistes que des exactions graves ont été commises sur des civils.

Selon les réfugiés, les auteurs de ces exactions s'expriment "uniquement en anglais", laissant supposer qu'il s'agirait de mercenaires libériens combattant dans les rangs du Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (MPIGO), un des mouvements rebelles apparus dans cette partie de la Côte d'Ivoire.

"Ils pillent, saccagent, et brutalisent les civils", témoignent les réfugiés venus en majorité de localités proches de Danané et de Man, frontalières du Liberia.

"Non seulement ils pillent les maisons des villageois en emportant tout objet de valeur mais ils sèment aussi la terreur au sein de la population, réduite au silence absolu", explique Marguerite Sia.

"J'ai tout perdu, ils m'ont arraché mon argent, mes habits neufs et mon billet d'avion", a raconté Marguerite, en provenance de Toulouse, et juste revenue au pays pour des vacances avec son fils de 18 ans.

Pendant qu'elle attendait "que les choses s'apaisent", et repartir en France, son enfant avait disparu, "enlevé par les rebelles", lui avait-on dit.

"Des voisins qui l'ont vu partir avec ses ravisseurs m'ont dit qu'il a été enrôlé par les rebelles et cela m'a rendu folle", raconte-t-elle.

"A la suite de cette nouvelle, ma mère a piqué une crise, est entrée dans le coma, puis elle est morte", ajoute Marguerite entre deux sanglots avant de souligner que "c'est une amie qui m'a finalement dit que mon fils a rejoint la Guinée du côté de Lola. C'est effectivement là que je l'ai retrouvé".

"Mon plus grand regret, c'est que mes frères ivoiriens du MPIGO ne contrôlent pas la situation, sinon ils n'allaient pas laisser les étrangers piller, tuer et même violer leurs frères et soeurs ivoiriens", affirme Marguerite.

Elle rappelle que les Libériens avaient "pourtant été accueillis en Côte d'Ivoire pendant que la guerre faisait rage chez eux".

"Peut-être qu'ils veulent nous rendre la monnaie, parce qu'en son temps, on disait que la guerre du Liberia était une +fabrication ivoirienne+".

Mohamed ould Lémine, ressortissant mauritanien, souligne quant à lui que les rebelles ivoiriens ne "s'attaquent jamais aux civils", sauf si ceux-ci manifestent une hostilité à leur égard.

Il indique que ce sont les "rebelles libériens infiltrés dans leurs rangs qui profitent de la situation pour s'enrichir", ajoutant que sa boutique a été "visitée à plusieurs reprises par ces hommes armés, sans foi, ni loi".

La Haut commissaire adjointe des nations-unies (HCR) pour les réfugiés Mme Mary Ann Wyrsch, qui a visité vendredi et samedi les camps de réfugiés en Guinée forestière, a confirmé à l'AFP la présence des combattants anglophones au sein du MPIGO, citant un rapport d'envoyés spéciaux du HCR dans la région. Selon Mme Wyrsch, le HCR a été informée d'"allégations", selon lesquelles des actes "inhumains et dégradants" sont souvent commis par des hommes armés sur les populations civiles.

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Qui sont dont ces si sympathiques rebelles du MPIGO, représentés à Marcoussy par Mr Roger Banchi et le Sergent Félix Doh ? Il faut une fois de plus lire la presse ivoirienne, pour en être réellement informé. Voici le portrait dressé par Soir Info du numéro deux du MPIGO:

"Un proche d'ADO n°2 du MPIGO (SoirInfo -- Vendredi le 17 Janvier, 2003)

-- Armand B. Depeyla --
Il s'appelle Roger Banchi. La trentaine révolue… Fils d'un baron du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) dont il a hérité cet "apollon" a fait fortune dans la très juteuse filière hévéicole dont il exporte des dizaines de milliers de tonnes par an. Roger Banchi, invité au sommet de Paris sur la crise ivoirienne qui se tient depuis le mercredi 15 janvier sous le "pavillon" du Mouvement rebelle MPIGO du sergent Félix Doh est un proche, pour ne pas dire un complice du président du RDR, M. Alassane Dramane Ouattara qui est du reste son idole. C'est avec ADO qu'il a fait ses premiers pas politiques. Membre influent de la JRDR, il avait fait parler de lui dans les événements des 7 et 8 janvier 2000 avant de disparaître.

Roger Banchi reste un personnage à part qui a une admiration sans borne, à la limite maladive pour le président du RDR. C'est aussi un proche de Soro Guillaume, SG du MPCI. Il s'est toujours refusé à jouer les premiers rôles au sein du RDR, mais il n'en demeure pas moins l'un des bailleurs de fonds dans l'ombre. Les couloirs du siège social du Rassemblement des républicains (RDR) sis à la rue Lépic n'ont pas de secret pour ce jeune milliardaire de 31 ans, qui, tenez-vous bien, vit depuis au moins 8 ans en concubinage avec Mlle Bongo, fille du chef d'Etat gabonais Omar Bongo. Roger Banchi entretient des rapports privilégiés en Afrique centrale où il rencontre, dit-on, J. Mikko, très proche du chef rebelle congolais, Jean Pierre Bemba. M. Mikko est un puissant homme d'affaires de la R.D. Congo qui a fait fortune dans des transactions plus ou moins mafieuses, de pierres précieuses… Il est présenté comme le principal bailleur de fonds de plusieurs mouvements rebelles dont le MLC.

Les rapports de ce play-boy ivoirien avec les mouvements rebelles de l'ex-Zaïre préoccupent d'autant plus le 2e bureau ivoirien (service de renseignements des FANCI) qu'ils laissent apparaître clairement une connexion entre le MPIGO, le MJP et pourquoi pas, le MPCI dont le point de jointure reste le RDR et son président. En effet, Roger Banchi, fils spirituel d'ADO était le directeur de campagne de son "complice" Ahmed Bakayoko, PDG de Radio Nostalgie alors candidat aux municipales à Cocody en 2000. Jusque là connu comme un mécène dans le milieu du show biz africain (c'est lui qui a pratiquement financé la dernière édition des Kora en Afrique du Sud), Roger Banchi décide de changer son fusil d'épaule en soutenant financièrement une organisation rebelle en l'occurrence ici le MPIGO dont il est le n°2. Outre Ahmed Bakayoko, Roger Banchi entretient des rapports de haute estime avec Yves Zogbo Junior à qui il a ouvert les portes de la résidence du président gabonais M. Omar Bongo qui a offert gîte et couvert à ADO dans son exil.

A Paris où il s'est retiré depuis aujourd'hui 6 mois, Roger Banchi est bien connu à la réception du grand hôtel parisien, "le grillon" dont il a fait son "carrefour des affaires." Ce gros financier de la machine politique du RDR dont il ne manque jamais les réunions et qui s'est mué aujourd'hui en rebelle à col blanc sert donc de relais, selon certains observateurs, entre le RDR, son président Alassane Ouattara et le MPIGO qui est de toute évidence, un appendice du MPCI."

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Le sergent Félix Doh, avec son patronyme qui fleure bon l’ouest ivoirien, ne démérite pas face à son comparse. Jugez plutôt avec cet article de « Notre Voie » du 19 Janvier 2002 :

"Sergent Félix Doh, un imposteur
L’information circule depuis jeudi dernier dans les milieux officiels de Paris. “Le sergent Félix Doh” est un fieffé imposteur. Depuis début novembre, ce soldat qui se fait passer pour un sergent et agit au nom et pour le compte du Mouvement populaire du Grand Ouest (MPIGO) fraude doublement sur son identité et sur son grade.

De son vrai nom, il s’appelle N’Guessan N’Dri. Il est né le 23 juillet 1962 à Attégbakro, dans la sous-préfecture de Yamoussoukro. Son père s’appelle Kouamé N’Guessan et sa mère s’appelle Kouamé Affoué. Ce Baoulé (akouè bon teint) [ndlr : ethnie du centre de la Côte d’Ivoire] est le quatrième enfant de ce couple dans une lignée successive de quatre naissances de sexe masculin, d’où son prénom: N’Dri. N’Guessan N’Dri n’est donc pas un Yacouba ressortissant de l’Ouest comme il veut le laisser croire. Le masque est donc tombé une première fois.

N’Guessan N’Dri, alias Doh Félix est entré dans l’armée ivoirienne le 4 janvier 1983 sous le matricule 001-80-2692. mécano 82057 de la Garde républicaine. En fait N’Guessan N’Dri a successivement servi au 2ème Bataillon (Daloa), puis à la Garde républicaine pendant la transition militaire sous le général Robert Guéi. Auparavant, ce soldat a été promu 1ère classe le 1er janvier 1989, caporal le 25 août 1998 et caporal chef le 1er avril 2001. Depuis le 24 avril 2001, N’Guessan N’Dri est porté déserteur des FANCI. Il réapparaît donc sous un faux grade, celui de “sergent”. Et de deux.

En signant, le dimanche 12 janvier 2003, à Lomé, le cessez-le-feu sous le nom de “sergent Doh Félix”, N’Guessan N’Dri a fait du faux et usage de faux. Depuis mercredi, ce faussaire qui transgresse le code d’honneur militaire, siège à la table ronde avec des hommes d’honneur et de dignité. La Côte d’Ivoire est tombée bien bas !"

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Un affairiste et un faussaire incarnent donc le renouveau de la classe politique ivoirienne célébré par la presse Française et accueilli à Marcoussy. Cela prêterait à rire s’ils n’étaient pas les organisateurs de pillages, viols et assassinats, et si la vie de millions d’Ivoirien n’était pas en jeu.

Dosso Bakary


Qu'est ce que nous avons 7 ans plus tard, aujourd'hui en 2010-2011, a la republique du Golf?????????
A chacun son opinion. Mais les faits sont tetus!!!!!!!

23:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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