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22/02/2011

Crise ivoirienne : Blaise forfait, que deviendra le Panel ?

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Dimanche 20 février 2011. L’auteur de ces lignes avait préparé son paquetage pour faire partie de la délégation présidentielle qui devait se rendre à Abidjan le lendemain dans la matinée. Il était à peu près 18 heures, et c’est donc au pied levé que nous nous sommes préparés à cette villégiature politique abidjanaise.


En fait, le président du Faso devait rentrer ce dimanche dans la soirée de Nouakchott où il était allé se concerter avec les 4 autres panélistes de luxe. Les services de la présidence devaient nous communiquer l’heure du départ lundi, hier donc.

Autant dire que notre portable devait rester allumé toute la nuit de dimanche à lundi. Et puis, plus rien jusqu’au matin d’hier. Ou plutôt si, quelque chose... Car c’est finalement sur RFI qu’on apprendra hier matin que le chef de l’Etat burkinabè ne se rendra plus sur les bords de la lagune Ebrié.

Simple report pour accorder les violons ou annulation pure et simple ? On le saura sans doute dans les heures ou les jours qui viennent. En attendant, ce faux départ ne peut qu’être diversement interprété :

- pour certains, l’enfant terrible de Ziniaré, devant la marée hostile qui a déferlé dès dimanche après-midi à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny (et ce, jusqu’aux abords du salon VIP), aurait pris peur et, pour des raisons de sécurité, préféré ne pas effectuer le déplacement dans la capitale économique ivoirienne ;

- pour d’autres au contraire, pour qui l’hypothèse de la panique passe mal pour un Blaise qui en a vu d’autres, c’est une réaction à la limite normale, une réaction de dignité, d’orgueil, de fierté, de "Burkiendlem", voire relative à l’ego personnel, qui est à la base de cette reculade.

En effet, par exemple, contrairement aux drapeaux des autres pays, le drapeau burkinabè ne flottait pas à l’aéroport d’Abidjan, où des loubards proféraient toute sorte de joyeusetés à l’encontre du n°1 burkinabè, certains brandissant même l’effigie de Thomas Sankara.

Et on imagine difficilement une telle manif, où on voit toujours Blé Goudé, le ministre de la rue, tenir ses discours messianiques, va-t-en-guerre et anxiogènes, sans un accord tacite, voire carrément un feu vert du Palais pour ne pas dire de Laurent Gbagbo.

- Enfin certains enragés du Gbagboland boivent du petit lait face à cette reculade du président du Faso. Ils auront réussi peu ou prou à faire renoncer à ce membre du Panel son voyage à Abidjan. Et dans le sablier de ses combats postélectoraux, ce geste de Blaise Compaoré sera comptabilisé comme une victoire éclatante par le camp du président sortant, non sorti.

Dans un tel climat, où Blaise Compaoré est cannibalisé politiquement et à longueur de journée par ces scrogneugneu d’Abidjan, il apparaissait un peu surréaliste pour lui de s’aventurer dans un domaine où, à l’évidence, il ne semblait pas le bienvenu, ou l’enfer, c’est les hôtes.

A vrai dire, de nombreux politologues auraient fait leur miel de ces retrouvailles entre Gbagbo et Compaoré, lesquelles s’annonçaient à tout le moins glaciales.

Quelles que soient les conjectures, ce désistement in extremis repose de façon crue la problématique de la présence du premier responsable burkinabè dans ce Panel. Comme nous l’avons souligné dans un de nos éditoriaux, Blaise serait le panéliste de trop.

En remontant le cours des événements, et en partant du tournant dangereux amorcé par la Côte d’Ivoire après le 28 novembre 2010, on voit bien qu’on est revenu à la situation de 1999, où l’agent causal du malheur politico-économique de l’ivoirien, c’était le Burkinabè.

Blaise Compaoré n’a-t-il pas été porté aux nues par son frère Gbagbo ? N’a-t-il pas été fait chef bété ? En juillet 2008, un accord d’amitié et de travail n’a-t-il pas été signé à Ouaga entre les deux lors d’un séjour de Gbagbo ?

L’idylle aura vécu, et c’est de nouveau le clash comme aux premières heures de l’attaque des croquants nord- ivoiriens. Forcément on ne peut qu’aboutir à cette situation : Gbagbo ne veut plus voir son alter ego, a fortiori discuter avec lui.

Blaise forfait, à quoi peut servir ce panel amputé d’un de ses principaux membres ? Quels actes concrets poseront les 4 autres illustres panélistes à Abidjan ? D’ailleurs le club des 5 était-il parvenu dans la capitale mauritanienne à un accord sur la conduite à tenir à Abidjan ?

Quelles seront ces fameuses mesures contraignantes pour toutes les parties qu’on n’ait pas déjà entendues ? En tout cas, il faut se garder de chanter le requiem pour ce Panel, mais tout semble indiquer que c’était un mort-né, et ce couac de Ouaga confirme nos appréhensions.

En attendant, le sextant et la boussole du bateau ivoirien déraillent, car ni le putschiste électoral, ni le célèbre reclus du Golf ne parviennent à se saisir véritablement du gouvernail. Et les VIP et VRP se succèdent sans succès à Abidjan.

Z. Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga

Commentaires

ETRE AMIS N EST PAS UN VAIN MOT
UN AMI QUI EST PRET A VENIR TE TUER ET PAR RICOCHET TUER TON PEUPLE N EST PAS UN AMI.
SI ON DOIT MOURIR MIEUX VAUT MOURIR DANS LA DIGNITE.

Écrit par : BONSENS | 22/02/2011

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