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06/07/2011

Cote d'Ivoire: Quand les pro-Bédié espéraient des martyrs

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Pour anticiper la crise post-électorale, un ministre actuellement en poste dans le gouvernement ivoirien avait songé à utiliser les populations abidjanaises pour précipiter la chute de Laurent Gbagbo.

Révélations.

Bien avant la tenue du second tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire, le 28 novembre 2010, le camp d’Alassane Ouattara avait envisagé le pire des scénarios : une épreuve de force avec Laurent Gbagbo, bien décidé à ne pas céder son fauteuil présidentiel en cas de défaite. Cette hypothèse avait amené très rapidement les proches d’ADO, et singulièrement ceux d’Henri Konan Bédié, à esquisser plusieurs plans pour déstabiliser le président sortant. Selon des documents confidentiels, dont La Lettre du Continent a pris connaissance, l’un de ces scénarios, dénommé « Opération Banion », a été mûri par un ministre houphouëtiste franc-maçon bien en vue dans l’actuel gouvernement.

Au cours de plusieurs conversations téléphoniques, dont une le 13 novembre 2010 à 21 heures, ce vaillant Machiavel de la Lagune explique à son interlocuteur que cette opération consisterait à recruter des milliers d’habitants des quartiers populaires d’Abidjan (Abobo, Adjamé, Koumassi…), moyennant rétribution. Objectif : faire défiler ces populations dans les rues de la ville en scandant « La victoire pour ADO, une victoire volée par Gbagbo ! », tout en harcelant les Forces de défense et de sécurité (FDS) pro-Gbagbo au point que celles-ci tirent à balles réelles sur la foule.

Ces « bavures » devaient aussitôt permettre d’imposer Henri Konan Bédié comme arbitre et médiateur de la crise, tout en déclenchant un sursaut de la communauté internationale dans le dossier ivoirien, à l’exemple de ce qui s’est passé au lendemain de la répression du 28 septembre 2009 en Guinée. Et au ministre d’expliquer à nouveau « sa » stratégie en décembre dernier, au cours d’un entretien privé à l’hôtel Marriott de Neuilly-sur-Seine (banlieue parisienne) : « On ne gagne pas sans casser des œufs. Avec nos relais et amis au sein de la communauté internationale, on sortira Gbagbo comme un criminel et l’ ONUCIsera bien obligée d’intervenir (…) On montera des dossiers contre lui à la Cour pénale internationaleet il deviendra l’ennemi public numéro un en Occident ».

source: La Lettre du Continent – N° 61507/07/2011

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