21.11.2011
Ces guerres qu’on dit humanitaires
Cartographie

Philippe Rekacewicz, avec Agnès Stienne
La constellation du maintien de la paix
Quand les armes ont parlé...
Au Nord les armées, au Sud les conflits

Le nouvel interventionnisme humanitaire, avatar du droit ou du devoir d’ingérence, se pare de toutes les vertus face au sort catastrophique des faibles, auxquels il faut sans tarder porter secours, quoi qu’il en coûte. Mais aucune opération, même ornée du bleu de l’ONU et apparemment destinée à sauver des vies innocentes, n’est chimiquement pure. Les arrière-pensées stratégiques, économiques, géopolitiques demeurent.
I. Nobles causes...
Tout commence souvent par des images : une femme qui fuit un bombardement en emportant un bébé dans ses bras, des cadavres étalés devant les caméras de télévision, le visage d’un dictateur qui menace. Viennent ensuite les mots entrelardés de chiffres alarmistes : dans la bouche des intellectuels ou sous la plume des éditorialistes, ils exhortent la « communauté internationale » à agir pour « éviter l’irréparable ». Une guerre de propagande obscurcit alors le dialogue diplomatique, tandis que monte la pression de l’urgence, l’appel des uns à éliminer un « nouvel Hitler » (Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Mouammar Kadhafi...) répondant à la dénonciation de l’impérialisme des grandes puissances par les autres.
Parfois, les crimes dénoncés sont réels, parfois exagérés ou carrément imaginaires. Souvent, ils ne constituent que des prétextes dans le jeu des puissances qui s’abritent derrière les organisations internationales. Les pays dominants cherchent à marquer des points sur l’échiquier géoéconomique mondial, à liquider un dirigeant peu accommodant… Les bonnes intentions donnent souvent de mauvaises idées, disait Machiavel. Alors comment s’y retrouver ? Sans doute en feuilletant les pages de l’histoire récente qui fournissent maints exemples des pièges tendus à la conscience. Les étudier permet de repenser la nécessaire prévention des conflits.
Les révoltes arabes et le chaos libyen
Serge Halimi
« Pourquoi occupons-nous l’Irak ? »
Howard Zinn
Le défi de la prévention des conflits
Virginie Raisson
Au nom de l’humanitaire
Jacky Mamou
La bonne conscience endort la gauche...
Jean Bricmont
Une guerre pour les femmes ?
Christine Delphy
Le Koweït, un pion dans le jeu américain
Chapour Haghigat
Paris confronté au génocide des Tutsis
P. L.
Arrière-pensées européennes en République démocratique du Congo
Raf Custers
II. Le feu de l’action
Cachez cette guerre que je ne saurais voir... Ces dernières années, au lieu de guerroyer, on « s’interpose » (Bosnie), on « assiste » (Afghanistan), on « protège » (Libye), on « sépare » (Côte d’Ivoire), etc. Mais rien ne sert de s’abriter derrière les mots. La chancelière allemande Angela Merkel l’avait longtemps fait, pour ne pas susciter l’ire de ses concitoyens. La réalité l’a rattrapée ce jour de 2010 où, pour la première fois, elle a dû accueillir sur un tarmac les cercueils de plusieurs soldats de la Bundeswehr tués en Afghanistan.
Même présentée comme « humanitaire », une guerre reste une guerre, comme le savent — mieux que d’autres — les militaires. S’il est impossible de demeurer simple spectateur des violences faites aux populations, sans doute faut-il prendre garde à ne pas endosser dans la précipitation le costume du gendarme ou celui du boute-feu. Car, une fois la guerre jugée nécessaire, rien n’empêchera plus les armes de parler, les hommes de tomber.
L’éthique à l’épreuve de la force au Kosovo
Robert Fisk
Offensives-éclair, paix impossibles en Afghanistan et en Irak.
Pierre Conesa
Silencieux exil des Irakiens en Syrie
Theodor Gustavsberg
En 1991, derrière le slogan du « zéro mort », l’hécatombe
Beth O. Daponte
Désastre écologique dans le Golfe
Mohamed Larbi Bouguerra
Au nom de la « protection des populations »
P. L.
Libye, les conditions de l’unité nationale
Patrick Haimzadeh
L’anthropologie, arme des militaires
William O. Beeman
Sainte propagande
Alain Gresh
III. La force et le droit
« Il faudrait que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste, écrivait le philosophe Pascal. (…) Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » La construction d’un ordre international pacifique relève de la même dialectique. C’est l’ambition des Nations unies (ONU). Loin d’être parfaites, elles tentent néanmoins de créer un espace de discussion entre les acteurs mondiaux, qui doivent alors régler leurs différends par des moyens non violents. Il s’agit moins de procédures juridiques que de batailles d’idées pour imposer une hiérarchie des valeurs. Or, depuis la fin de l’affrontement Est-Ouest, la guerre fait l’objet d’une réhabilitation morale.
Si elle n’avait jamais disparu des mœurs internationales, elle suscitait une réprobation officielle, et le but affiché de l’ONU était son éradication. Tordant les textes juridiques (« droit d’ingérence », « guerre préventive »...), et parfois la réalité, des juristes et surtout des dirigeants de premier plan ne répugnent plus à faire primer la force sur le droit. On va même jusqu’à mettre des têtes de chefs d’Etat à prix, comme les bandits dans le Far West du XIXe siècle. Pourtant, la Charte de l’ONU, première victime de cette dérive, contient déjà les moyens de lutter contre les crimes de masse. Toutes les voies d’un pacifisme actif n’ont pas encore été explorées.
Des vicissitudes du « droit d’ingérence »
A.-C. R.
La guerre préventive, un concept dangereux
Paul-Marie de La Gorce
Au Kosovo, il y avait une autre solution
Noam Chomsky
Unilatéralisme des grandes puissances
Philip S. Golub
Le néfaste précédent de 1939...
Henry Laurens
La justice internationale au défi de la politique
A.-C. R.
Réconciliation en Sierra Leone
Michel Arseneault
Et si on avait cru aux Nations unies en 1990...
Monique Chemillier-Gendreau
Un rêve contrarié
Olivier Corten
Iconographie
Le photographe James Nachtwey, qui a arpenté les zones de guerre trente années durant, témoigne des ravages subis par les populations prises dans les affrontements. De ces années passées sous des orages d’acier est né « Inferno » (Phaédon), dédié à leurs victimes.
Les conflits majeurs
Olivier Pironet
Première guerre du Golfe (1990-1991)
Opération « Liberté de l’Irak » (2003)
Rwanda 1994, opération « Turquoise »
Kosovo 1999, opération « Force alliée »
Afghanistan 2001, opération « Liberté immuable »
Témoignages
Un militaire canadien au Rwanda
Une diplomate américaine et l’Irak
Une magistrate suisse face à Milosevic
Un humanitaire français en Somalie
par le Monde diplomatique
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19.11.2011
En Côte d’Ivoire, une contre-révolution françafricaine

Selon toute évidence, les premières élections législatives de l’ère Alassane Ouattara se dérouleront en l’absence du Front populaire ivoirien (FPI), le seul parti d’opposition significatif à ce jour. Verrouillées en amont, elles ne font visiblement l’objet d’aucun suspense. Avant même d’avoir «pris acte» du type de signal que les électeurs lui enverront, le toujours président du Rassemblement des républicains (RDR) a déjà promis à Claude Guéant, ministre de l’Intérieur français et éminence grise de la Sarkozie, que Guillaume Soro resterait à son poste à la Primature. Il faut croire que les résultats du futur scrutin et leurs conséquences politiques sont prévues à l’avance, et de manière très précise…
Le sens de la grande mobilisation politique, stratégique et militaire qui a commencé le 19 septembre 2002 avec la rébellion «au ventre profond» dont Guillaume Soro a été le masque commode, et qui a abouti le 11 avril dernier, apparaît désormais dans toute sa crudité. Il s’agit bel et bien d’une contre-révolution françafricaine, d’une restauration autoritaire qui, grâce au professionnalisme de ses concepteurs français en matière de storytelling, a réussi à se faire passer pour une révolution démocratique convergente avec le printemps arabe. Mais le sens de l’Histoire est têtu, et doit être restitué. Pour participer à l’édification de la conscience politique africaine.
Une révolution est un bouleversement qui emporte un système et ouvre une période d’incertitudes, annonciatrice d’un nouvel ordre. Si l’on est d’accord sur cette définition, l’on est obligé d’admettre que la révolution ivoirienne a eu lieu en Côte d’Ivoire en octobre 2000, avec l’élection de Laurent Gbagbo, la chute de la maison houphouétiste et l’ébranlement de la conception françafricaine de la destinée ivoirienne. L’installation d’Alassane Ouattara, au sein d’une coalition soudée par la nostalgie de l’ordre ancien ; le retour en force de la France, dont l’omniprésence un peu ridicule est à la mesure du doute qui l’a habitée durant les dix dernières années ; la hargne destructrice qui s’empare de nos nouveaux maîtres et qui se traduit par une persécution systématique de tous ceux qui ont incarné, même de façon minimale, l’ancien régime ; la réécriture à marche forcée de l’Histoire et la volonté de disqualifier politiquement le nationalisme ivoirien : voici quelques signes patents d’une restauration qui s’assume comme telle au point de vue local, et porte un déguisement démocratique pour mieux tromper à l’international.
Le Nord, traditionnel lieu de fraudes en Françafrique
La révolution de 2000 était démocratique. Elle a libéré des forces et des discours jusque-là bridées, contenus, dans le cadre d’une «démocrature» à l’image de celles qui sont adoubées au Burkina Faso, au Togo, au Cameroun, au Congo-Brazzaville ou au Gabon. Elle a pu irriter, notamment lors du référendum constitutionnel imposant des clauses restrictives à l’exercice de la fonction présidentielle en Côte d’Ivoire, écartant de facto l’élu de la communauté internationale, Alassane Ouattara. En Tunisie, la révolution démocratique qui a cours actuellement, a aussi de quoi énerver les bien-pensants, quand elle positionne Ennahda, un parti islamiste, comme force majoritaire au sein de l’Assemblée constituante. Mais le vertige qu’elle entraîne a le mérite de prouver que c’est bien le peuple qui est à la barre, et que de ce fait rien n’est prévisible.
En Côte d’Ivoire, les forces contre-révolutionnaires ont détricoté de manière autoritaire les choix «dérangeants» de la révolution. Ainsi de l’article 35 de la Constitution. Linas-Marcoussis avait prévu qu’il soit révisé par le biais des procédures constitutionnelles, c’est-à-dire par référendum. Trop dangereux pour la coalition franco¬-ouattariste. Au final, la Constitution a été violée et contournée grâce au chantage des armes de la rébellion. La contre-révolution, habitée de la certitude françafricaine selon laquelle en Afrique, on n’organise pas une élection pour la perdre, a exigé, à travers le chantage des armes, d’avoir le contrôle de la Commission électorale indépendante (CEI). Elle s’est ménagée un espace de non-droit et de monopole politique dans le Nord, le Centre et l’Ouest pour y faire des choses que le Conseil national de la presse (CNP) d’aujourd’hui nous interdit de parler, sous peine d’interdiction. Rien que de très classique, au fond. On a bien vu, au Gabon, les scores soviétiques d’Ali Bongo Ondimba… dans le Nord. Dans le Togo des Gnassingbé, l’inaccessible Nord est le lieu de toutes les forfaitures électorales. Au Cameroun de Paul Biya, qui a honte d’affirmer que la province de l’Extrême-Nord, quasi-désertique, est la plus peuplée du pays, devant celles qui abritent les grandes villes bouillonnantes que sont Yaoundé et Douala ? Hier, au crépuscule de la colonisation, c’est toujours dans le Nord que le colonialisme a mis en place ses méthodes de fraude les plus grossières pour barrer la voie au nationalisme incarné par l’UPC, branche locale du RDA.
Modèle de domestication politique
Maintenant que la contre-révolution françafricaine est arrivée au pouvoir en Côte d’Ivoire, il est question de faire reculer les standards démocratiques du pays. Il est question de dissocier les rapports de force politiques réels et ce qui devrait être leur traduction dans la sphère institutionnelle. Comment ? En faussant les règles du jeu à travers un avantage comparatif énorme octroyé au pouvoir, et en orchestrant une parodie de dialogue national au bout duquel d’insignifiantes concessions de l’allié local seront présentées, par la magie médiatique, comme des signes de détente boudés par une opposition extrémiste. Les analystes qui s’inquiétaient hier de la nomination de Paul Yao N’Dré, un proche de Gbagbo, au Conseil constitutionnel, la CEI étant contrôlée par l’opposition, se taisent aujourd’hui face à une CEI contrôlée à 95% par le pouvoir – ce chiffre n’est disponible dans aucun article de la presse «internationale» – et un Conseil constitutionnel plus que jamais aux ordres du même pouvoir. La dernière sortie de l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, attribuant contre toute bonne foi l’échec des négociations, auxquelles Ouattara a mis fin de manière unilatérale, au FPI, témoigne de cette hypocrisie internationale. «Au temps de Gbagbo», le parti présidentielle contrôlait 43% de l’Assemblée nationale, moins de 20% des municipalités et 35% des conseils généraux. Qui peut seulement imaginer qu’un tel partage du pouvoir sera de mise sous Ouattara, alors qu’à travers des ordonnances sans fondement légal, applaudies par ses alliés occidentaux, il redécoupe les circonscriptions électorales, redessine des régions, fabrique des districts, pour monopoliser l’espace de la représentation politique ?
Que personne ne s’y méprenne. On assiste aujourd’hui à une normalisation par le bas en Côte d’Ivoire. Un pouvoir écrasant, une opposition étouffée financièrement, persécutée, réduite artificiellement en une infinité de partis tribaux et lilliputiens, une Assemblée aux ordres à laquelle on fera endosser demain un accord militaire franco-ivoirien à peine modifié et derrière laquelle on se cachera pour évoquer hypocritement la volonté de statu quo de «nos partenaires africains». Voici le modèle de domestication politique qu’a de tout temps prôné la France, donc la «communauté internationale» pro-occidentale, en Afrique. A-t-il débouché, en Côte d’Ivoire, sur une crise économique inguérissable et un chaos politique prémédité ? Qu’importe, vous répond-on. C’est le seul logiciel qu’on a sous la main. Que cela vous plaise ou non, on le réinstallera.
Par Théophile Kouamouo
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18.11.2011
Mariage : Elles ont dit NON au dernier moment !

Ca devait être le plus beau jour de leur vie et pourtant quelques minutes avant de prononcer le grand " OUI " fatidique, elles ont renoncé. Qu'est ce qui pousse une femme à dire non au dernier moment ? Voici quelques témoignages de femmes qui ont osé annuler leur mariage.
Témoignages
« J'ai annulé à cause de mon premier amour qui était présent au mariage... »
Ghislaine, 40 ans, Lisieux. «J'étais vraiment prête à me marier. Je sortais avec Henry depuis 8 ans, c'était une décision réfléchie et j'étais heureuse. Au moment de m'avancer vers mon futur mari à l'église, j'ai aperçu mon premier amour Laurent, ça a été comme un déclic, il m'a regardé et tout d'un coup plus rien n'existait, j'ai fait 3 pas en arrière et j'ai fui... Un vrai scénario de film. Aujourd'hui je partage la vie de Laurent, c'est fou le destin... ».
« J'ai eu peur de l'engagement »
Coralie, 22 ans, Lyon. «J'étais avec Jean depuis 8 mois, une relation passionnée sans nuages. Sur un coup de tête alors que nous étions à la fac, il m'a demandé ma main. J'étais toute excitée, mes copines aussi. Tout était organisé. Deux minutes avant d'entrer dans la mairie, j'ai eu une crise d'angoisse. Tout d'un coup, je prenais conscience du véritable engagement, je réalisais que j'allais vivre toute ma vie avec lui, alors que j'avais connu très peu d'hommes jusqu'à présent. Au moment où le maire m'a posé la fameuse question, j'ai dit NON... Aujourd'hui Jean m'a pardonné et nous sommes restés proches ».
« J'ai réalisé que nous n'étions que de bons amis »
Charlotte, 38 ans, Paris. « 12 ans que je vivais avec Pierre avec des hauts et des bas. Tous nos amis commençaient à se marier, à fonder une famille. Pierre m'a donc parlé de mariage et j'ai dit oui, mais sans réel enthousiasme, juste pour répondre à la pression sociale. Le jour du mariage, je parlais avec ma mère et j'ai réalisé que je n'étais plus amoureuse de lui, que nous étions devenus de bons amis. J'ai mis du temps à me l'avouer mais être au pied du mur, m'a fait prendre conscience de ce que je voulais vraiment. Juste avant de rentrer dans l'église, j'ai parlé à Pierre, il m'en a beaucoup voulu, encore aujourd'hui et je le comprends ».
« J'ai dit NON à cause de mes beaux parents »
Marie, 32 ans, Val d'Isère. « Juste avant d'entrer à la mairie pour épouser Pierre, ma belle mère n'arrêtait pas de me faire des remarques sur ma tenue, critiquait ma mère, bref j'ai pris conscience que je devrais la supporter de nombreuses années. Et comme mon compagnon est complètement sous son influence, je n‘aurais rien pu faire, j'ai fait volte face et je suis repartie avec ma meilleure amie, laissant tout le monde derrière moi ».
L'avis du psy
Comment expliquez-vous que certaines femmes disent NON au dernier moment ?
Il faut savoir qu'il existe une vraie pression sociale autour du mariage comme autour de la maternité d'ailleurs. Cette pression sociale pousse alors à prendre en compte les choix de la « société » plutôt que ses volontés personnelles. Il peut aussi s'agir du conjoint qui pousse l'autre à se marier alors qu'il ne le souhaite pas vraiment. C'est au pied du mur qu'on se rend compte de ses réels désirs et c'est pour cette raison qu'on dit « non » au dernier moment.
Oser dire non, c'est courageux selon vous ?
Extrêmement ! Car la personne qui dit soudainement non devant une assemblée subira le regard de son conjoint, de sa famille, de ses amis, mais aussi la culpabilité des frais engagés pour un mariage. Elle sera sûrement jugée. C'est plus courageux de dire non le jour J plutôt que de faire annuler son mariage quelques mois après.
09:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mariage, couple, oui, non, engagement
11.11.2011
Côte d'Ivoire: Crime contre l'humanité, le témoignage d'un digne fils de l'Ouest.

Député et ministre de l'intérieur du dernier gouvernement du Président Laurent Gbagbo, l'honorable Emile Guiriéoulou fait d'importantes revélations sur les crimes de guerre, crimes contre l'humanité des pro-ouattara à l'Ouest de la Côte d'Ivoire, sa région.
Lisez cet interview réalisée par Augustin Kouyo.
N.V : L’Ouest, votre région d’origine a payé un lourd tribut à la guerre post-électorale…
E.G : Le lourd tribut que paye l’Ouest ne date pas de la période post-électorale. C’est depuis septembre 2002 que notre région souffre. De cette date à aujourd’hui, nous avons enregistré entre 8000 et 10.000 morts sans compter les viols, les destructions et pillages des biens, les profanations de nos lieux et objets sacrés. Des villages entiers ont été incendiés comme celui de Niambly près de Duékoué. Le quartier Diaye Bernard aussi appelé quartier guéré de Duékoué n’existe plus.
Des personnes portent à vie les séquelles de la barbarie méchamment déversée sur la région. Ainsi à Toulépleu, nous avons Lydie, la jeune femme à qui, en septembre 2002, les rebelles ont sadiquement proposé soit de tuer son bébé soit qu’elle donne son bras à couper. Elle a offert son bras pour sauver son fils qui a aujourd’hui 9 ans. Il y a aussi la jeune Prisca, violée par 13 rebelles et handicapée à vie.
N.V : Comment expliquez-vous cette tragédie ?
E.G : Comment expliquer cela ? Nous-mêmes nous nous posons la question. Parce que le peuple Wê ne peut être pris à défaut sur son sens de l’hospitalité et du partage pour avoir accueilli à bras ouverts des frères venus des autre régions de la Côte d’Ivoire ainsi que des pays voisins et offert à ceux-ci ses terres sans calcul ni réserve. Alors pourquoi tant d’animosité contre un peuple si accueillant ? En effet, aucun des 6 départements du pays Wê n’a été épargné.
• Dans le département de Kouibly, nous nous souvenons du massacre d’une cinquantaine de paysans dans le village de Souébli-Mahébli (Soumahé) en 2002.
• Pour Bangolo, l’assassinat en 2003 sur l’axe Bangolo-Duékoué de plus de 70 personnes froidement abattues alors qu’elles fuyaient les atrocités commises par les rebelles dans leurs villages sans oublier l’extermination systématique des Wê dans les sous-préfectures de Zou et Kahin.
• Duékoué qui a connu le summum de l’inhumanité des rebelles avec le drame de Guitrozon et Petit-Duékoué en 2005 et plus récemment les 1000 personnes tuées par les Frci fin mars, début avril 2011. Au cours de cette période, ces forces pro-Ouattara qui ont opéré à Duékoué avaient manifestement une volonté d’extermination systématique des Wê, un vrai génocide, comme l’attestent les nombreux témoignages recueillis.
• Guiglo n’a pas échappé à la barbarie avec notamment ces 20 personnes tuées nuitamment en 2007 dans leur campement dans le village de Zouan. A Kaadé, Guinkin, Bédi-Goazon, les populations pleurent encore ce chef de village décapité dont la tête a été emportée par ses meurtriers, ou ce bébé « râpée » sur une broyeuse de manioc ainsi que les nombreux morts et disparus.
• Bloléquin : Zéaglo, Béoué, Pohan, Doké, Blédi-Diéya, etc. chaque village du département a son lot de martyrs de 2002 et de 2011.
• Toulépleu, avec ses centaines de morts en 2002 et près de 150 personnes exécutées en 2011, a décidé de ne jamais oublier en érigeant des monuments à ses morts à Sahibli, Guiéllé et Séizaibli.
Ces populations sont-elles punies pour leur engagement politique en faveur du Président Laurent Gbagbo ? Ce serait alors grave pour la démocratie et même pour l’avenir de la Cote d’Ivoire en tant que nation. Peut-être aussi que les gens ne pardonnent pas aux Wê d’avoir refusé la rébellion armée en 2002 dans leur région mais surtout de s’être organisés pour non seulement résister mais repousser les rebelles envahisseurs afin de mettre fin au génocide des leurs.
N.V : N’y a-t-il pas d’autres raisons ?
E.G : Nous continuons de nous interroger et le temps nous permettra certainement de trouver une réponse. Mais des pistes commencent à se dessiner. En effet, quand un ministre de la République, en l’occurrence le ministre de la défense Koffi Koffi Paul, répondant aux populations de Taï meurtries par les tueries qui venaient d’y être opérées et qui se sont confiées à lui sur les exactions et méfaits des Frci leur dit : « ceux qui ne veulent pas voir les Frci n’ont qu’à changer de pays et aller vivre ailleurs » que doit-on en penser ?
Surtout quand ces propos menaçants et méchants rappellent étrangement ceux tenus il y a une vingtaine d’années par Léon Konan Koffi, lui aussi ministre de la défense à l’époque, toujours à Taï quand cette localité avait été attaquée. Alors nous nous interrogeons : veut-on par ces massacres massifs, répétés et ciblés contraindre les populations Wê à « changer de pays et aller vivre ailleurs » en abandonnant leurs terres afin que d’autres se les approprient ?
Le journal français Le Nouvel Observateur dans sa livraison du 12 mai 2011 sous la plume du journaliste Jean Paul Mari qui a fait un reportage sur Duékoué parle « d’une épuration ethnique » et nous en donne des détails éloquents du genre « laissez-nous faire. On va en finir avec ces agoutis » ou bien « on va vous tuer tous, jusqu’au dernier » ou encore « nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs et vous mangerez de la boue ».
Mais Dieu est grand, cela ne se réalisera jamais car un adage Wê dit que « les poissons ne finissent jamais dans la rivière ». Je salue donc tous ces parents, ceux restés au pays comme ceux réfugiés au Liberia. Je leur adresse ma compassion, les assure de mon soutien et de ma solidarité dans ces moments difficiles qu’ils traversent. Malgré l’éloignement, je suis à leurs côtés et leur demande de continuer de demeurer dignes malgré la douleur qui les étreint et les difficultés du moment, de ne pas céder au découragement afin d’honorer la mémoire de nos nombreux martyrs. Mais également d’être sans haine ni rancœur.
Pour lire l'interview complète, cliquez ci-dessous.
17:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, ban ki-moon
10.11.2011
Côte d'Ivoire: Inscription électronique dans l'éducation nationale, une affaire ahurissante
J'ai lu des articles sur l'affaire Celpaid. Je ne comprenais pas grande chose jusqu'à hier où je suis tombé sur une publicité gratuite de cette affaire sur RTI1, la télé RHDP. Dans cette pub, il était question de faire les paiments d'inscription dans l'éducation nationale avec la seule société Celpaid (Paiment par téléphone portable). J'ai été scandalisé et donc ce matin j'ai fait des recherches sur cette affaire. C'est vraiment grotesque comme le monstre FRCI qu'ils ont crée. Je parie que cet autre monstre se retournera contre eux très rapidement.
Le paiment électronique est un moyen de paiment comme tout autre. Il ne peut en aucun cas remplacer les moyens conventionnels de paiment. C'est juste un additif, un moyen suplémentaire qui peut intéresser et aider une certaine catégorie de personnes et non tout un peuple.
Il est donc ahurrissant d'imposer cela à tout un peuple alors que la structure elle même n'est pas pour l'Etat mais pour un privé. Ces choses là demontrent clairement que ces hommes et femmes au pouvoir actuellement ne sont là que pour piller le peuple de Côte d'Ivoire.
Il faut donc dénoner avec la dernière énergie cette pratique mafieuse des hommes au pouvoir.
Après nous avoir servi la Tyrannie, le Tribalisme, le Dozonisme, le Dioulabougounisme, l'Affairisme, c'est maintenant le Clientéïsme et la Mafia.
Que Dieu ait pitié de nous.
Trouvez ci-dessous quelques infos sur cette salle affaire. Même dans les pays dits modernes cette pratique n'existe pas. On dirait la nouvelle côte d'ivoire est extra-moderne. Bonne lecture!
Inscription en ligne via Celpaid, galère et rumeur au rendez vous

Cette année les responsables de l’éducation nationale ont décidé d’installer une nouvelle donne concernant les inscriptions. Elles se feront en ligne. « Cette procédure permettra d’avoir des données fiables sur le nombre des élèves, mais aussi d’avoir une gestion transparente de la gestion du fonds que constituent les frais d’inscription », indiquait Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale Kandia Camara. C’était durant le mois d’octobre lors de la signature dune convention entre le ministère et une entreprise de paiement en ligne. (Nous y reviendrons). Concrètement, l'Etat dit vouloir avoir une idée sur le nombre d'élèves, mieux gérer les fonds que constituent les frais d'inscription. Bref, lutter contre les recrutements parallèles.
Personnellement je trouve que la procédure d’inscription en ligne est une gymnastique de trop pour les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes, pas forcément habituez à ces nouveaux moyens de paiment. Jugez-en vous-même ce que j’ai pu lire sur le site de Celpaid.
Pour les villes ou communes où il n'existe pas d'établissement financier partenaire de CELPAID.
Etape1:
Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F à l'économat de l'étabissement. Un reçu CELPAID d'une valeur de 6.000 f lui sera remis.
Etape2:
Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:
Mlle/Mme/Mr:.................................................................
Contact:..........................................................................
Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.
Etape3:
A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.
Pour les villes ou communes où il existent la COOPEC et la CECP.
Etape1:
Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F sur le compte bancaire de CELPAID.
Compte COOPEC N°............................................
Compte Caisse d'Epargne de Côte d'Ivoire (CECP): 01201 10952990001 48
Etape2:
Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:
Mlle/Mme/Mr:.................................................................
Contact:..........................................................................
Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.
Etape3:
A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.
Et l’entreprise de préciser que :
« Toute inscription qui ne se fera pas selon les prescriptions ci-dessus ne sera pas prise en compte ».
Celpaid se fait de la pub. La galère pour les utilisateurs
"S’il y a une structure qui n'a plus besoin de publicité depuis l'annonce de la rentrée scolaire, c'est bien la Celpaid. Cette maison spécialisée dans les transferts d'argent et achats électroniques vient de décrocher un gros marché" écrivait un journal de la place. Et elle marque le coup. Affiche publicitaire, branding, insertion dans les jounaux, spot radio et télé, bannière sur le web…
Mais finalement, est ce que la procédure d’inscription en ligne a été admise par les concernés ? Et si oui, ont-ils bien perçu la procédure ? Pas si sûr.
Les écoles non concernées sont celles de la Dren1 à savoir Cocody, Adjamé, Williamsville qui s'inscrivent aussi en ligne mais via MTN money à raison de 5500 Fcfa. Par Celpaid, l'inscription s'élève à 6000 Fcfa. Pourtant, l’insuffisance d’agence d'agences Celpaid dans les communes est sû de tous.
Quelques exemples :
« A Koumassi Prodomo, la seule agence assez exigüe d'ailleurs, recevait tous les élèves de la zone. Désormais, elle est transférée au Lycée municipal de la même commune. Une situation qui n'arrange les élèves du Lycée moderne de Koumassi obligés de parcourir de longues distances pour pouvoir s'y inscrire. Cela occasionne des bousculades, de longues attentes devant les guichets qui ont souvent des problèmes de réseaux. Toute chose qui a provoqué un début tardif des inscriptions le jeudi 27 octobre 2011 au lycée municipal. La rentrée scolaire prévue pour le 24 octobre 2011 devient alors une illusion. Car plus de 70% des élèves passent deux à trois jours devant les guichets sans pouvoir s'inscrire. C'est le cas de T. Ali, élève admis en classe de 1ère A dans le semi-privé. Il affirme être dans le rang depuis trois jours sans être reçu. Car habitant un peu loin du lieu d'inscription, il est fréquemment confronté à des rangs kilométriques ». (Source Nouveau Navire)
« A Daloa, la rentrée tarde à être effective une dizaine de jours après la date officielle, suite à, explique-t-on au niveau des responsables administratifs, des difficultés pour effectuer le paiement des frais d’inscription en ligne.
Si au plan purement administratif tout est prêt (les personnels, les enseignants sont en place et disposent les emplois du temps), les élèves tardent à prendre le chemin des classes en raison, a soutenu un chef d’établissement, de la non maîtrise du système d’inscription en ligne.
A ce sujet, le proviseur du lycée 2 de Daloa, M. Diomandé Zibo Sopoudé, a évoqué des insuffisances d’information tant chez les parents que sur la procédure.
Il est reproché aux structures chargées de l’opération une certaine lenteur, a-t-il ajouté (…) » (Source AIP)
Un deal de « gré à gré » ?
Les rumeurs fusent de partout. Accusant le ministère de l’éducation national d’avoir offert ce marché à Celpaid, alors que les marchés de l’Etat devraient faire l’objet d’appel d’offre. Sans doute avec des ristournes et retro-commissions conséquentes.
Vrai ou faux, le journal français la lettre du continent met les pieds dans le plats. « Le ministre ivoirien de l’Education nationale, Kandia Camara, vient de confier à la société Celpaid le marché du paiement en ligne des frais d’inscription de quelque 5 millions d’élèves ivoiriens », révèle le journal en ligne (et en PDF). Le journal continue pour écrire que « (.) le principal actionnaire de Celpaid n’est autre que son collègue, le ministre de la Construction et de l’Urbanisme Mamadou Sanogo », précisant que « ce contrat, obtenu de gré à gré, fait déjà grincer des dents au sein de la Banque mondiale », toujours selon La Lettre du Continent.
A bon attendeur salut!
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02.11.2011
Lybie: La gloire du vaincu

Lumumba est revenu sur ses pas vers la mort, Sankara est allé la défier, Khadafi ne l’a pas fui. Face à cette trilogie du destin, Joseph Enoumé clame : « Mieux vaut mourir que d’abdiquer, lorsqu’on défend une cause juste et noble : son peuple ». Pour lui, l’assassinat du Guide libyen, comme ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, place les Africains au-devant de leurs responsabilités à assumer face à l’Occident et ses intérêts.

L’imbécile tend le cou, le lâche se rend, le sage se frappe. Car, tel est le seul acte de bon sens, face à l’acharnement barbare. Mouammar Kadhafi le savait. Il ne le savait que trop bien. Mais il y a une manière plus digne, plus religieuse et plus africaine de se frapper. C’est celui là qu’ont emprunté la plupart des martyrs africains tombés sous les balles des suppôts de l’occident conquérant : Lumumba est revenu sur ses pas à la rencontre de la mort ; Sankara est allé la chercher, abandonnant les siens en plein réunion dans la maison du peuple ; Khadafi l’a attendu dans sa ville natale. A Syrte.

Mieux vaut mourir que d’abdiquer, lorsqu’on défend une cause juste et noble : son peuple. Telle est la devise et le refrain éternel de l’hymne des martyrs africains. Ainsi Mouammar a tiré sa révérence, sous les balles des siens, après quarante ans de gratuité complète. Ainsi les Libyens ont transformé leur beau pays en un champ de ruines, aidés à la tâche par les frappes amicales de l’OTAN, ces « bons » venus délivrer « les justes » d’entre les mains du « méchant ». « Les bons », ceux qui n’ont su donner à leur peuple qu’une dépravation enivrante.
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