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30/12/2011

Economie Mondiale: Voici pourquoi la France veut récoloniser l'Afrique

Le Brésil, 6ème puissance économique mondiale

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Par metrofrance.com

Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni en 2011 et devient ainsi la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche britannique CEBR.

Dans le contextes de crise qui touche les puissances économiques, voilà un chiffre qui fait rêver bien des pays. Avec une croissance de 7,5% en 2010, le Brésil ne cesse de grimper dans le classement des puissances économiques mondiales et atteint cette année la 6e place, selon le classement annuel établi par l'institut britannique de recherche CEBR (Center for Economics and Business Research).

L'année dernière, le plus grand pays d'Amérique latine avait accédé la 7e place en passant devant l'Italie. Cette année, c'est le Royaume-Uni qu'il relègue derrière lui, se hissant à la 6e place. Une progression qui pourrait, à l'avenir, lui permettre de doubler la France, actuellement 5ème. Le quarté de tête n'a en revanche pas changé en 2011 : Etats-Unis (1er), Chine (2e), Japon (3e) et Allemagne (4e).

Le produit intérieur brut (PIB) du géant sud-américain atteindrait, selon les calculs de l'institut, 2 440 milliards de dollars contre 2 410 pour l'économie britannique.

La France reléguée à la 9e place en 2020
Le classement montre ainsi le poids constant des pays dits émergents et la place qu'ils seront amenés à prendre dans l'économie mondiale ces prochaines années. En effet, des changements sont encore à prévoir. En 2016, le Brésil devrait dépasser la France. En 2020, la Russie et l'Inde, respectivement 9e et 10e, devraient se hisser aux 4e et 5e rangs, tandis que l'Hexagone se retrouvera à la 9e place, selon les prévisions de l'institut.

Avec une industrie agroalimentaire qui représente 1/4 du produit national brut (PNB) et 40% des exportations et une autosuffisance énergétique proche de 90% de ses besoins, le Brésil confirme ainsi les dires du président de l'institut britannique qui, dans une interview accordée à la radio BBC, a estimé que les "pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien". (Or c'est ce que le Président Laurent Gbagbo voulait faire pour la Côte d'ivoire).


Par melty.fr

Le Brésil est la sixième puissance économique mondiale en 2011, d'après le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research de Londres. L'avenir s'annonce radieux pour cette puissance émergente, mais pas pour la France.

Plus qu'un quart d'heure, c'est une année auréolée de gloire que le Brésil a vécu en 2011. Ce vaste pays d'Amérique du Sud encore qualifié il y a peu de "puissance émergente" , vient de se hisser au sixième rang des puissances économiques mondiales, selon le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research de Londres (CEBR). Pour Douglas McWilliams, le directeur du CEBR, c'est un véritable bouleversement de la dynamique économique mondiale qui s'accomplit. "Il ne s'agit que de l'un des aspects d'un changement économique profond, qui voit non seulement un transfert de puissance économique s'opérer de l'Ouest vers l'Est, mais aussi la prise de pouvoir de pays qui produisent des marchandises vitales, telles que les produit alimentaires ou les matières premières énergétiques" .

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On "voit non seulement un transfert de puissance économique s'opérer de l'Ouest vers l'Est, mais aussi la prise de pouvoir de pays qui produisent des marchandises vitales, telles que les produit alimentaires ou les matières premières énergétiques".

En tête du classement, le quinté est toujours le même : Etats-Unis (1er), Chine (2ème), Japon (3ème), Allemagne (4ème) et la France (5ème).

Seulement, forts de cette nouvelle dynamique, plusieurs pays pourraient venir changer la donne. En effet, le CEBR prévoit de nombreux changements pour les prochaines années. Ainsi, dans cette même étude, les chercheurs britanniques montrent que les pays d'Asie sont sur une courbe ascendante alors que les européens perdent petit à petit leur compétitivité. Dès 2016, les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – devraient logiquement s'imposer et le Brésil pourrait bien grappiller une place et passer devant la France. Puis, en 2020, ce serait au tour de la Russie et de l'Inde, de se hisser respectivement aux 4èmes et 5èmes rangs, alors que Paris plongerait à la 9ème place. Que pensez-vous de cette nouvelle logique économique mondiale ?

Selon Libération

Le Brésil devient la 6ème puissance économique mondiale
Il détrône le Royaume-Uni et se place juste derrière la France, laquelle ne devrait plus pointer qu'à la neuvième place d'ici 2020.


Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche CEBR, basé à Londres.

Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les Etats-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).

Dans une interview à la radio BBC, le directeur de ce cabinet, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l'Asie dans l'économie mondiale, au détriment des pays occidentaux.

"On voit aussi que des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien et montent progressivement dans le classement économique" mondial, a-t-il ajouté.

Le CEBR prévoit aussi qu'en 2016, la France sera dépassée par le Royaume-Uni et qu'elle ne sera plus qu'à la 9e place des économies mondiales en 2020.

Toujours selon l'institut de recherche, la Russie et l'Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs des puissances économiques mondiales en 2020.

Le Brésil, avec quelque 200 millions d'habitants, a connu une croissance de 7,5% en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année après un fort ralentissement de l'activité au troisième trimestre.

Par RFI (les jaloux)

Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé, ce lundi 26 décembre 2011, l'institut de recherche CEBR basé à Londres. Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les États-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).

Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

Le Brésil sait faire la fête. Désormais, il faudra aussi se faire à l’idée que les Brésiliens savent aussi faire des affaires. Le géant sud-américain, avec quelque 190 millions d'habitants, affiche une insolente croissance qui s’élevait à 7,5% en 2010. En jugulant l’inflation à un taux raisonnable inférieur à 6%, le Brésil s’impose comme la sixième économie mondiale avec un PIB de 2 520 milliards de dollars.

"Un géant aux pieds d'argile"

Ces chiffres mirobolants cachent cependant quelques failles. Plus de 10% de la population ne sait ni lire ni écrire. Près de 16 millions de Brésiliens vivent toujours avec moins de 30 euros par mois. Et si la nouvelle classe moyenne consomme, c’est souvent à crédit. Les foyers brésiliens sont en effet parmi les plus endettés au monde.

Le Brésil a jusqu’à présent bien résisté à la crise économique mondiale. Mais il va subir dans les mois qui viennent le contrecoup de la crise de la dette en Europe. Le gouvernement brésilien a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année. C'est donc un géant aux pieds d’argile qui vient de gagner sa place parmi les grands de ce monde.

Par france24

Grâce à une croissance exceptionnelle de 7,5% en 2010, le Brésil est devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale, se classant désormais devant le Royaume-Uni et juste derrière l'Allemagne et la France.
Par Dépêche (texte)


Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche CEBR, basé à Londres.

Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les Etats-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).

Dans une interview à la radio BBC, le directeur de ce cabinet, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l'Asie dans l'économie mondiale, au détriment des pays occidentaux.

"On voit aussi que des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien et montent progressivement dans le classement économique" mondial, a-t-il ajouté.

Le CEBR prévoit aussi qu'en 2016, la France sera dépassée par le Royaume-Uni et qu'elle ne sera plus qu'à la 9e place des économies mondiales en 2020.

Toujours selon l'institut de recherche, la Russie et l'Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs des puissances économiques mondiales en 2020.

Le Brésil, avec quelque 200 millions d'habitants, a connu une croissance de 7,5% en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année après un fort ralentissement de l'activité au troisième trimestre.


Commentaire personnel: Voici pourquoi la France s'acharne sur les pays Africains (Côte d'Ivoire, Lybie, Egypte, Tunisie) et d'Asie (Syrie, Iran). Elle destabilise les pays émergents pour les empêcher de réaliser des exploits comme le Brésil. La France n'a jamais voulu du bien des Africains. Elle veut toujours exploiter l'Afrique pour maintenir son rang. Sa nouvelle arme est le fallacieux prétexte de la Démocratie à la kalachnikovs et aux bombardements pour maintenir les pays Africains sous tutelle.

La question est de savoir: que vaut la France dans cette économie mondiale sans les pays africains de zones CFA (Afrique de l'Ouest et Afrique Centrale)?????????

Africains levons nous pour dire non à l'imposture. Il est tant de boutter la France hors de l'Afrique.

22/12/2011

Côte d’Ivoire: coup d’Etat contre Laurent Gbagbo ?

Alain Léauthier – Marianne
Mis en ligne par Connectionivoirienne.net La Rédaction · 22 décembre, 2011 a 14:32

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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Côte d’Ivoire: coup d’Etat contre Laurent Gbagbo ?
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Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce des ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

Le cacao, Armajaro, l’argent et les Ouattara
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L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (…) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (…)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bitogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioullasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bitogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bitogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr ». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€

17/12/2011

Côte d'Ivoire: LA C.P.I VEUT JUGER LA CONSTITUTION IVOIRIENNE, Le président Gbagbo est écroué pour avoir respecté la loi de son pays

LA C.P.I VEUT JUGER LA CONSTITUTION IVOIRIENNE (Le président Gbagbo est écroué pour avoir respecté la loi de son pays) par Sié Josué, Politologue
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Derrière le transfèrement du Président Gbagbo à la CPI, il faut voir la victoire du droit d’ingérence sur la loi fondamentale d’un Etat souverain. De fait, toutes les dispositions constitutionnelles ont été foulées au pied dans la crise ivoirienne au profit de la certification onusienne et de la reconnaissance par la communauté internationale d’un candidat. LG.jpg

Nous pensons que juger Gbagbo à la CPI c’est juger la loi fondamentale ivoirienne. Le crime dont le Président Gbagbo est coupable c’est d’avoir respecté strictement la loi fondamentale de son pays. Mais ce respect des dispositions constitutionnelles a été transformé par la magie des médias par des expressions comme celles-ci : Le Président Gbagbo s’est “accroché” au pouvoir, “s’est entêté” ou a “commis des crimes” contre les populations ivoiriennes.

Prenons point par point ce qui s’est passé.

Le président de la Commission Electorale Indépendante M. Issouf Bakayoko n’avait pas le droit de donner des résultats hors cadre, ici dans le QG de campagne de M. Ouattara, et hors délai.
Or, c’est sur la base de ces résultats bruts et provisoires que le représentant du SG de l’Onu a certifié l’élection présidentielle sans attendre la proclamation définitive des résultats par le Conseil Constitutionnel, seul organe et seul juge des élections en Côte d’Ivoire. C’est aussi sur la base de ces résultats non consolidés par la CEI que toute la communauté internationale a reconnu M. Ouattara comme Président de la République de Côte d’Ivoire.

M. Ouattara lui-même n’a pas tenu compte du Conseil Constitutionnel pour s’autoproclamer président avec l’appui total de la communauté internationale. Le titre VII de la constitution et tous ses articles ont été piétinés et par M. Ouattara et par toute la communauté internationale.

En revanche, le Président Gbagbo en s’appuyant sur la loi ivoirienne a été fait Président. Il avait donc la loi ivoirienne pour lui qu’il a respecté exactement. Il ne peut pas être pris en flagrant délit de désobéissance à la loi fondamentale ivoirienne.
Il a respecté scrupuleusement les dispositions de la loi qui ne lui permettaient pas de s’exprimer tant que le conseil constitutionnel n’avait pas rendu son verdict. Qu’est ce qui explique la précipitation avec laquelle et la communauté internationale et le camp Ouattara aient décidé de reconnaître leur candidat au mépris de la loi ? Qu’est ce qui explique que par un effet de contagion tous les pays se soient entendus pour demander au Président Gbagbo de “transférer immédiatement le pouvoir à M. Ouattara” ?

Cette précipitation et cet unanimisme international sont trop suspects pour être crédibles. Car le Président Gbagbo était dans son droit et ne suivait que des règles du jeu démocratique de son pays.

Une seule explication juste nous apparaît ici. La France voulait par tous moyens recoloniser coûte que coûte la Côte d’Ivoire., trouvant le Président Gbagbo trop indocile ou atypique.
La France avait opté pour une “stratégie électorale” pour anéantir celui qui faisait obstacle à ses intérêts en Côte d’Ivoire.

Dans son livre La Recolonisation de l’Afrique, le cas de la Côte d’Ivoire qui date de 2007 mais qui est toujours d’une brûlante actualité, le journaliste franco-camerounais, Théophile Koumouo dit en substance ceci : « un fil blanc que l’on pourrait appeler “stratégie”, puisqu’il est communément admis qu’une grande puissance contemporaine n’engage pas de manière massive ses forces militaires, diplomatiques et économiques dans un conflit quelconque sans avoir auparavant ébranché “une stratégie”, elle-même tributaire de sa vision du monde et de sa conception générale de la défense de ses intérêts, qui priment toujours sur des “produits moraux ” qu’elle vend en général à l’opinion, en interne comme au point de vue mondial » (P 32).
Dès lors, en oubliant la loi ivoirienne un travail de sape a été entrepris pour délégitimer le Président Gbagbo, vu comme un dictateur, sanguinaire, criminel.

Le camp Ouattara, avec tous les soutiens extérieurs, a pu mener sa bataille pour chasser du pouvoir un homme qui d’après eux avait “volé les élections”. Refusant de compter les voix, et la table des négociations, le camp Ouattara décide d’installer par la force un nouveau directeur général de la RTI, le 16 décembre 2010, attaque les membres du groupe wê dès janvier 2011, assassine de façon massive les forces de l’ordre, des populations civiles en créant le commando invisible notamment à Abobo.
Les quartiers d’Abidjan sont pris d’assaut par les rebelles du duo Soro-Ouattara. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire sont créées par M. Ouattara en mars 2011. Elles prennent possession de tout le pays avec l’appui de l’ONU, de la force Licorne, des rebelles et de forces militaires venant de toute la sous-région et au-delà. Grâce notamment aux forces spéciales françaises, les FRCI réussissent à capturer le président Gbagbo, sa famille et ses proches le 11 avril 2011.
Ces forces attaquent de toutes parts et sont responsables de nombreuses tueries sur toute l’étendue du territoire, notamment à Duékoué où l’on dénombre plus de 1200 morts.

Le Président Gbagbo face à la furia des forces ennemies a demandé aux forces régulières de résister et de traquer ces forces. Les forces régulières ont pu dans certains cas commettre des crimes. Mais dans une situation de guerreles institutions de la République étaient attaquées, les forces régulières pouvaient elles restées les bras croisés, sans rien faire ?

Le Président Gbagbo ne demandait-il pas le recomptage des voix au mépris des règles régissant la loi ivoirienne ?

La situation de la Côte d’Ivoire montre la violence outrancière de la communauté internationale face à un Etat souverain qui n’a cessé d’être foulé au pied depuis 2002. L’objectif était de changer coûte que coûte “la nature du régime ivoirien”. Pour y parvenir il fallait diaboliser le Président Gbagbo en le présentant comme un dictateur sanguinaire. Dans le même temps la rébellion était sanctifiée.

La situation ivoirienne est cocasse en ce que celui qui a respecté la loi de son pays jusqu’au bout est en prison alors que ceux qui ont foulé les lois de leur pays en commettant toutes sortes d’exactions sont sanctifiés et promus partout dans le monde.

T. Koumouo affirme dans son ouvrage ceci : « contrarier les rebelles qui occupent le Nord, le Centre et l’Ouest de la Côte d’Ivoire n’est visiblement pas la priorité stratégique de la France, Etat-prescripteur de la communauté internationale en Côte d’Ivoire. Ses actes et ses discours militaires montrent bien que son principal objectif stratégique, c’est depuis le 19 septembre 2002, le maintien de la partition du pays, malgré le coût qu’il représente pour le contribuable français. C’est la seule cause pour laquelle elle s’est dépensée, par des biais diplomatiques mais aussi par la force des armes. Pour quel objectif politique à long terme ? Au nom de quel jeu d’influence international ? » (Op cité P 104).

Nous trouvons la réponse en novembre 2010 : permettre de chasser le Président Gbagbo du pouvoir par le biais d’un “traquenard électoral” alors que l’on sait que c’est bien lui qui a remporté les élections.

L’argumentation de Guy Labertit est imparable lorsqu’il affirme devant des milliers d’Africains de la diaspora et d’amis venant de partout à la Haye le 11 décembre 2011 : « Sur 14 régions du pays qui représentent 83% de l’électorat, Laurent Gbagbo avait plus de 07 points d’avance ; il avait 53 ,86% et Alassane 46,14%. Et sur les 5 régions du Nord qui représentent seulement 17% de l’électorat, le Président Gbagbo qui avait 07 points d’avance, s’est retrouvé avec 08 points de retard. Qui peut croire à la vérité de ce résultat ? M. Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire à la base de résultats frauduleux qui ont été appuyés par la communauté internationale ».

Toute la crise ivoirienne pendant 10 ans a eu pour objectif ceci : « Intégrer Alassane de manière autoritaire, dans le jeu politique ». (Cf. Koumouo, Op. P 124).

On comprend mieux la crise ivoirienne si l’on tient compte de tous les paramètres susmentionnés.

Le Président Gbagbo a organisé des élections alors que le pays était encore coupé en deux par des rebelles qui ont refusé de désarmer jusqu’au bout. Il a voulu que l’on recompte les voix pour que la vérité éclate et que l’on connaisse le vrai vainqueur des élections. Mais on lui a fait la guerre. Certains disent qu’il aurait dû alors abandonner le pouvoir à son adversaire. Dans ce cas, il faut alors reconnaître que le Président Gbagbo n’est pas le criminel que la communauté internationale nous présente. Ce sont les adversaires du Président Gbagbo qui ont semé la mort en s’opposant au seul juge des élections en Côte d’Ivoire.
Le mensonge, la mauvaise foi, ont eu raison de la Côte d’Ivoire et du Président Gbagbo. Et en fin de compte c’est la constitution ivoirienne, c’est-à-dire la Côte d’Ivoire, elle-même, qui est élevée au pilori à la Haye.
Car pour échapper à la guerre post-électorale en Côte d’Ivoire, il aurait fallu tout simplement respecter la loi ivoirienne même si l’on considère qu’elle est mauvaise. Les latins ne disent-ils pas « dura lex sed lex »La loi est dure mais c’est la loi » ?

Une chose est sûre, l’histoire nous jugera. Car le temps est un autre nom de Dieu.


Sié Josué, Politologue