30.12.2011
Economie Mondiale: Voici pourquoi la France veut récoloniser l'Afrique
Le Brésil, 6ème puissance économique mondiale
Par metrofrance.com
Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni en 2011 et devient ainsi la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche britannique CEBR.
Dans le contextes de crise qui touche les puissances économiques, voilà un chiffre qui fait rêver bien des pays. Avec une croissance de 7,5% en 2010, le Brésil ne cesse de grimper dans le classement des puissances économiques mondiales et atteint cette année la 6e place, selon le classement annuel établi par l'institut britannique de recherche CEBR (Center for Economics and Business Research).
L'année dernière, le plus grand pays d'Amérique latine avait accédé la 7e place en passant devant l'Italie. Cette année, c'est le Royaume-Uni qu'il relègue derrière lui, se hissant à la 6e place. Une progression qui pourrait, à l'avenir, lui permettre de doubler la France, actuellement 5ème. Le quarté de tête n'a en revanche pas changé en 2011 : Etats-Unis (1er), Chine (2e), Japon (3e) et Allemagne (4e).
Le produit intérieur brut (PIB) du géant sud-américain atteindrait, selon les calculs de l'institut, 2 440 milliards de dollars contre 2 410 pour l'économie britannique.
La France reléguée à la 9e place en 2020
Le classement montre ainsi le poids constant des pays dits émergents et la place qu'ils seront amenés à prendre dans l'économie mondiale ces prochaines années. En effet, des changements sont encore à prévoir. En 2016, le Brésil devrait dépasser la France. En 2020, la Russie et l'Inde, respectivement 9e et 10e, devraient se hisser aux 4e et 5e rangs, tandis que l'Hexagone se retrouvera à la 9e place, selon les prévisions de l'institut.
Avec une industrie agroalimentaire qui représente 1/4 du produit national brut (PNB) et 40% des exportations et une autosuffisance énergétique proche de 90% de ses besoins, le Brésil confirme ainsi les dires du président de l'institut britannique qui, dans une interview accordée à la radio BBC, a estimé que les "pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien". (Or c'est ce que le Président Laurent Gbagbo voulait faire pour la Côte d'ivoire).
Par melty.fr
Le Brésil est la sixième puissance économique mondiale en 2011, d'après le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research de Londres. L'avenir s'annonce radieux pour cette puissance émergente, mais pas pour la France.
Plus qu'un quart d'heure, c'est une année auréolée de gloire que le Brésil a vécu en 2011. Ce vaste pays d'Amérique du Sud encore qualifié il y a peu de "puissance émergente" , vient de se hisser au sixième rang des puissances économiques mondiales, selon le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research de Londres (CEBR). Pour Douglas McWilliams, le directeur du CEBR, c'est un véritable bouleversement de la dynamique économique mondiale qui s'accomplit. "Il ne s'agit que de l'un des aspects d'un changement économique profond, qui voit non seulement un transfert de puissance économique s'opérer de l'Ouest vers l'Est, mais aussi la prise de pouvoir de pays qui produisent des marchandises vitales, telles que les produit alimentaires ou les matières premières énergétiques" .

On "voit non seulement un transfert de puissance économique s'opérer de l'Ouest vers l'Est, mais aussi la prise de pouvoir de pays qui produisent des marchandises vitales, telles que les produit alimentaires ou les matières premières énergétiques".
En tête du classement, le quinté est toujours le même : Etats-Unis (1er), Chine (2ème), Japon (3ème), Allemagne (4ème) et la France (5ème).
Seulement, forts de cette nouvelle dynamique, plusieurs pays pourraient venir changer la donne. En effet, le CEBR prévoit de nombreux changements pour les prochaines années. Ainsi, dans cette même étude, les chercheurs britanniques montrent que les pays d'Asie sont sur une courbe ascendante alors que les européens perdent petit à petit leur compétitivité. Dès 2016, les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – devraient logiquement s'imposer et le Brésil pourrait bien grappiller une place et passer devant la France. Puis, en 2020, ce serait au tour de la Russie et de l'Inde, de se hisser respectivement aux 4èmes et 5èmes rangs, alors que Paris plongerait à la 9ème place. Que pensez-vous de cette nouvelle logique économique mondiale ?
Selon Libération
Le Brésil devient la 6ème puissance économique mondiale
Il détrône le Royaume-Uni et se place juste derrière la France, laquelle ne devrait plus pointer qu'à la neuvième place d'ici 2020.
Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche CEBR, basé à Londres.
Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les Etats-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).
Dans une interview à la radio BBC, le directeur de ce cabinet, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l'Asie dans l'économie mondiale, au détriment des pays occidentaux.
"On voit aussi que des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien et montent progressivement dans le classement économique" mondial, a-t-il ajouté.
Le CEBR prévoit aussi qu'en 2016, la France sera dépassée par le Royaume-Uni et qu'elle ne sera plus qu'à la 9e place des économies mondiales en 2020.
Toujours selon l'institut de recherche, la Russie et l'Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs des puissances économiques mondiales en 2020.
Le Brésil, avec quelque 200 millions d'habitants, a connu une croissance de 7,5% en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année après un fort ralentissement de l'activité au troisième trimestre.
Par RFI (les jaloux)
Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé, ce lundi 26 décembre 2011, l'institut de recherche CEBR basé à Londres. Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les États-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).
Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona
Le Brésil sait faire la fête. Désormais, il faudra aussi se faire à l’idée que les Brésiliens savent aussi faire des affaires. Le géant sud-américain, avec quelque 190 millions d'habitants, affiche une insolente croissance qui s’élevait à 7,5% en 2010. En jugulant l’inflation à un taux raisonnable inférieur à 6%, le Brésil s’impose comme la sixième économie mondiale avec un PIB de 2 520 milliards de dollars.
"Un géant aux pieds d'argile"
Ces chiffres mirobolants cachent cependant quelques failles. Plus de 10% de la population ne sait ni lire ni écrire. Près de 16 millions de Brésiliens vivent toujours avec moins de 30 euros par mois. Et si la nouvelle classe moyenne consomme, c’est souvent à crédit. Les foyers brésiliens sont en effet parmi les plus endettés au monde.
Le Brésil a jusqu’à présent bien résisté à la crise économique mondiale. Mais il va subir dans les mois qui viennent le contrecoup de la crise de la dette en Europe. Le gouvernement brésilien a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année. C'est donc un géant aux pieds d’argile qui vient de gagner sa place parmi les grands de ce monde.
Par france24
Grâce à une croissance exceptionnelle de 7,5% en 2010, le Brésil est devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale, se classant désormais devant le Royaume-Uni et juste derrière l'Allemagne et la France.
Par Dépêche (texte)
Le Brésil est passé devant le Royaume-Uni pour devenir en 2011 la sixième puissance économique mondiale, a annoncé lundi l'institut de recherche CEBR, basé à Londres.
Dans son dernier classement, le Center for Economics and Business Research place le Royaume-Uni à la 7e place des économies mondiales, derrière les Etats-Unis (1er), la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e), la France (5e) et le Brésil (6e).
Dans une interview à la radio BBC, le directeur de ce cabinet, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l'Asie dans l'économie mondiale, au détriment des pays occidentaux.
"On voit aussi que des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien et montent progressivement dans le classement économique" mondial, a-t-il ajouté.
Le CEBR prévoit aussi qu'en 2016, la France sera dépassée par le Royaume-Uni et qu'elle ne sera plus qu'à la 9e place des économies mondiales en 2020.
Toujours selon l'institut de recherche, la Russie et l'Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs des puissances économiques mondiales en 2020.
Le Brésil, avec quelque 200 millions d'habitants, a connu une croissance de 7,5% en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à 3,5% pour cette année après un fort ralentissement de l'activité au troisième trimestre.
Commentaire personnel: Voici pourquoi la France s'acharne sur les pays Africains (Côte d'Ivoire, Lybie, Egypte, Tunisie) et d'Asie (Syrie, Iran). Elle destabilise les pays émergents pour les empêcher de réaliser des exploits comme le Brésil. La France n'a jamais voulu du bien des Africains. Elle veut toujours exploiter l'Afrique pour maintenir son rang. Sa nouvelle arme est le fallacieux prétexte de la Démocratie à la kalachnikovs et aux bombardements pour maintenir les pays Africains sous tutelle.
La question est de savoir: que vaut la France dans cette économie mondiale sans les pays africains de zones CFA (Afrique de l'Ouest et Afrique Centrale)?????????
Africains levons nous pour dire non à l'imposture. Il est tant de boutter la France hors de l'Afrique.
12:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie mondiale, france, récolonisation, impérialisme, guerre humanitaire, côte d'ivoire, gbagbo, alassane ouattara, sarkozy
22.12.2011
Côte d’Ivoire: coup d’Etat contre Laurent Gbagbo ?
Alain Léauthier – Marianne
Mis en ligne par Connectionivoirienne.net La Rédaction · 22 décembre, 2011 a 14:32

Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.
Côte d’Ivoire: coup d’Etat contre Laurent Gbagbo ?

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.
Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.
Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.
Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.
Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.
Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.
Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)
L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.
Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.
Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».
Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)
Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.
Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.
C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.
Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.
Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.
Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.
Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.
Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.
Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.
Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)
Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.
Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)
Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce des ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.
Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)
La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.
Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?
Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».
Le cacao, Armajaro, l’argent et les Ouattara

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.
Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »
Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.
Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (…) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».
Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)
Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.
Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)
Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.
Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.
Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.
En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.
Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (…)
Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bitogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioullasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bitogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)
Pendant qu’Adama Bitogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.
En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.
Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.
Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »
À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.
Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr ». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :
« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.
C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.
Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.
Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.
Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »
Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)
Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.
Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€
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17.12.2011
Côte d'Ivoire: LA C.P.I VEUT JUGER LA CONSTITUTION IVOIRIENNE, Le président Gbagbo est écroué pour avoir respecté la loi de son pays
LA C.P.I VEUT JUGER LA CONSTITUTION IVOIRIENNE (Le président Gbagbo est écroué pour avoir respecté la loi de son pays) par Sié Josué, Politologue

Derrière le transfèrement du Président Gbagbo à la CPI, il faut voir la victoire du droit d’ingérence sur la loi fondamentale d’un Etat souverain. De fait, toutes les dispositions constitutionnelles ont été foulées au pied dans la crise ivoirienne au profit de la certification onusienne et de la reconnaissance par la communauté internationale d’un candidat. 
Nous pensons que juger Gbagbo à la CPI c’est juger la loi fondamentale ivoirienne. Le crime dont le Président Gbagbo est coupable c’est d’avoir respecté strictement la loi fondamentale de son pays. Mais ce respect des dispositions constitutionnelles a été transformé par la magie des médias par des expressions comme celles-ci : Le Président Gbagbo s’est “accroché” au pouvoir, “s’est entêté” ou a “commis des crimes” contre les populations ivoiriennes.
Prenons point par point ce qui s’est passé.
Le président de la Commission Electorale Indépendante M. Issouf Bakayoko n’avait pas le droit de donner des résultats hors cadre, ici dans le QG de campagne de M. Ouattara, et hors délai.
Or, c’est sur la base de ces résultats bruts et provisoires que le représentant du SG de l’Onu a certifié l’élection présidentielle sans attendre la proclamation définitive des résultats par le Conseil Constitutionnel, seul organe et seul juge des élections en Côte d’Ivoire. C’est aussi sur la base de ces résultats non consolidés par la CEI que toute la communauté internationale a reconnu M. Ouattara comme Président de la République de Côte d’Ivoire.
M. Ouattara lui-même n’a pas tenu compte du Conseil Constitutionnel pour s’autoproclamer président avec l’appui total de la communauté internationale. Le titre VII de la constitution et tous ses articles ont été piétinés et par M. Ouattara et par toute la communauté internationale.
En revanche, le Président Gbagbo en s’appuyant sur la loi ivoirienne a été fait Président. Il avait donc la loi ivoirienne pour lui qu’il a respecté exactement. Il ne peut pas être pris en flagrant délit de désobéissance à la loi fondamentale ivoirienne.
Il a respecté scrupuleusement les dispositions de la loi qui ne lui permettaient pas de s’exprimer tant que le conseil constitutionnel n’avait pas rendu son verdict. Qu’est ce qui explique la précipitation avec laquelle et la communauté internationale et le camp Ouattara aient décidé de reconnaître leur candidat au mépris de la loi ? Qu’est ce qui explique que par un effet de contagion tous les pays se soient entendus pour demander au Président Gbagbo de “transférer immédiatement le pouvoir à M. Ouattara” ?
Cette précipitation et cet unanimisme international sont trop suspects pour être crédibles. Car le Président Gbagbo était dans son droit et ne suivait que des règles du jeu démocratique de son pays.
Une seule explication juste nous apparaît ici. La France voulait par tous moyens recoloniser coûte que coûte la Côte d’Ivoire., trouvant le Président Gbagbo trop indocile ou atypique.
La France avait opté pour une “stratégie électorale” pour anéantir celui qui faisait obstacle à ses intérêts en Côte d’Ivoire.
Dans son livre La Recolonisation de l’Afrique, le cas de la Côte d’Ivoire qui date de 2007 mais qui est toujours d’une brûlante actualité, le journaliste franco-camerounais, Théophile Koumouo dit en substance ceci : « un fil blanc que l’on pourrait appeler “stratégie”, puisqu’il est communément admis qu’une grande puissance contemporaine n’engage pas de manière massive ses forces militaires, diplomatiques et économiques dans un conflit quelconque sans avoir auparavant ébranché “une stratégie”, elle-même tributaire de sa vision du monde et de sa conception générale de la défense de ses intérêts, qui priment toujours sur des “produits moraux ” qu’elle vend en général à l’opinion, en interne comme au point de vue mondial » (P 32).
Dès lors, en oubliant la loi ivoirienne un travail de sape a été entrepris pour délégitimer le Président Gbagbo, vu comme un dictateur, sanguinaire, criminel.
Le camp Ouattara, avec tous les soutiens extérieurs, a pu mener sa bataille pour chasser du pouvoir un homme qui d’après eux avait “volé les élections”. Refusant de compter les voix, et la table des négociations, le camp Ouattara décide d’installer par la force un nouveau directeur général de la RTI, le 16 décembre 2010, attaque les membres du groupe wê dès janvier 2011, assassine de façon massive les forces de l’ordre, des populations civiles en créant le commando invisible notamment à Abobo.
Les quartiers d’Abidjan sont pris d’assaut par les rebelles du duo Soro-Ouattara. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire sont créées par M. Ouattara en mars 2011. Elles prennent possession de tout le pays avec l’appui de l’ONU, de la force Licorne, des rebelles et de forces militaires venant de toute la sous-région et au-delà. Grâce notamment aux forces spéciales françaises, les FRCI réussissent à capturer le président Gbagbo, sa famille et ses proches le 11 avril 2011.
Ces forces attaquent de toutes parts et sont responsables de nombreuses tueries sur toute l’étendue du territoire, notamment à Duékoué où l’on dénombre plus de 1200 morts.
Le Président Gbagbo face à la furia des forces ennemies a demandé aux forces régulières de résister et de traquer ces forces. Les forces régulières ont pu dans certains cas commettre des crimes. Mais dans une situation de guerre où les institutions de la République étaient attaquées, les forces régulières pouvaient elles restées les bras croisés, sans rien faire ?
Le Président Gbagbo ne demandait-il pas le recomptage des voix au mépris des règles régissant la loi ivoirienne ?
La situation de la Côte d’Ivoire montre la violence outrancière de la communauté internationale face à un Etat souverain qui n’a cessé d’être foulé au pied depuis 2002. L’objectif était de changer coûte que coûte “la nature du régime ivoirien”. Pour y parvenir il fallait diaboliser le Président Gbagbo en le présentant comme un dictateur sanguinaire. Dans le même temps la rébellion était sanctifiée.
La situation ivoirienne est cocasse en ce que celui qui a respecté la loi de son pays jusqu’au bout est en prison alors que ceux qui ont foulé les lois de leur pays en commettant toutes sortes d’exactions sont sanctifiés et promus partout dans le monde.
T. Koumouo affirme dans son ouvrage ceci : « contrarier les rebelles qui occupent le Nord, le Centre et l’Ouest de la Côte d’Ivoire n’est visiblement pas la priorité stratégique de la France, Etat-prescripteur de la communauté internationale en Côte d’Ivoire. Ses actes et ses discours militaires montrent bien que son principal objectif stratégique, c’est depuis le 19 septembre 2002, le maintien de la partition du pays, malgré le coût qu’il représente pour le contribuable français. C’est la seule cause pour laquelle elle s’est dépensée, par des biais diplomatiques mais aussi par la force des armes. Pour quel objectif politique à long terme ? Au nom de quel jeu d’influence international ? » (Op cité P 104).
Nous trouvons la réponse en novembre 2010 : permettre de chasser le Président Gbagbo du pouvoir par le biais d’un “traquenard électoral” alors que l’on sait que c’est bien lui qui a remporté les élections.
L’argumentation de Guy Labertit est imparable lorsqu’il affirme devant des milliers d’Africains de la diaspora et d’amis venant de partout à la Haye le 11 décembre 2011 : « Sur 14 régions du pays qui représentent 83% de l’électorat, Laurent Gbagbo avait plus de 07 points d’avance ; il avait 53 ,86% et Alassane 46,14%. Et sur les 5 régions du Nord qui représentent seulement 17% de l’électorat, le Président Gbagbo qui avait 07 points d’avance, s’est retrouvé avec 08 points de retard. Qui peut croire à la vérité de ce résultat ? M. Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire à la base de résultats frauduleux qui ont été appuyés par la communauté internationale ».
Toute la crise ivoirienne pendant 10 ans a eu pour objectif ceci : « Intégrer Alassane de manière autoritaire, dans le jeu politique ». (Cf. Koumouo, Op. P 124).
On comprend mieux la crise ivoirienne si l’on tient compte de tous les paramètres susmentionnés.
Le Président Gbagbo a organisé des élections alors que le pays était encore coupé en deux par des rebelles qui ont refusé de désarmer jusqu’au bout. Il a voulu que l’on recompte les voix pour que la vérité éclate et que l’on connaisse le vrai vainqueur des élections. Mais on lui a fait la guerre. Certains disent qu’il aurait dû alors abandonner le pouvoir à son adversaire. Dans ce cas, il faut alors reconnaître que le Président Gbagbo n’est pas le criminel que la communauté internationale nous présente. Ce sont les adversaires du Président Gbagbo qui ont semé la mort en s’opposant au seul juge des élections en Côte d’Ivoire.
Le mensonge, la mauvaise foi, ont eu raison de la Côte d’Ivoire et du Président Gbagbo. Et en fin de compte c’est la constitution ivoirienne, c’est-à-dire la Côte d’Ivoire, elle-même, qui est élevée au pilori à la Haye.
Car pour échapper à la guerre post-électorale en Côte d’Ivoire, il aurait fallu tout simplement respecter la loi ivoirienne même si l’on considère qu’elle est mauvaise. Les latins ne disent-ils pas « dura lex sed lex »…La loi est dure mais c’est la loi » ?
Une chose est sûre, l’histoire nous jugera. Car le temps est un autre nom de Dieu.
Sié Josué, Politologue
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16.12.2011
Côte d'Ivoire: LES RESAUX QUI ONT PARTICIPE A LA DESTABILITATION DE LA COTE D'IVOIRE DE 1990 A 2011
TOUT SUR LES SOUTIENS DE LA REBELLION ET DU CAMP OUATTARA, LES SOURCES DU FINANCEMENT POUR LA DESTABILISATION DE LA CÔTE D’IVOIRE DEPUIS HOUPHOUET JUSQU’AU PRESIDENT GBAGBO. LES HOMMES DU PALAIS QUI ONT TRAHIT HOUPHOUET, BEDIE ET GBAGBO.

Une information transmise le jeudi 24 octobre 2002 en soirée, fait état qu'une société britannique de négoce, récemment implantée au Ghana et en Côte d'Ivoire : ARMAJARO, a remis, ces dernières semaines, une somme importante à un groupe de personnes dans le but d'entreprendre une déstabilisation de la Côte d'Ivoire.
La somme serait au minimum de cinquante millions de dollars américains, soit environ une trentaine de milliards de francs CFA.
Cette information, qui a été validée auprès de traders de cacao, des banquiers internationaux, des financiers et des sources politiques proches des milieux d'affaires américains radicaux, donne une explication plausible, très vraisemblable et hautement probable, sur l'origine de la principale source de financement de la rébellion armée du nord débutée en Septembre 2002.
Cette information met en évidence les objectifs réels poursuivis par les auteurs de ce financement des rebelles dirigé par Soro Guillaume et très proche d’Alassane Ouattara ; elle permet d'expliquer en partie, de comprendre et de relier toute une série d'évènements qui ont marqué depuis plusieurs mois la vie économique de la Côte d'Ivoire et notamment dans le secteur clé du cacao.
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Côte d'Ivoire: Gbagbo à La Haye; les preuves d’un complot international s’accumulent

Les éléments discréditant la démarche empressée de Louis Moreno-Ocampo, de toute façon sur le départ, foisonnent. Et jettent un peu plus le discrédit sur un homme au service des grandes puissances et non de la justice. Les grandes puissances, France en tête, et leur «correspondant local» en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ont-ils vraiment l’intention d’ôter à la Cour pénale internationale (CPI) le maigre crédit qui lui restait ? A voir la désinvolture avec laquelle la question du transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye a été gérée, on a de nombreuses raisons de répondre par l’affirmative. Au lendemain de l’arrivée du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye, revue des différents éléments qui attestent indubitablement du caractère profondément politique, donc extra-juridique, de l’opération.
L’ONUCI a été totalement écartée de la procédure
Dimanche dernier, dans l’après-midi. Alors que des informations persistantes présentent comme imminent le transfèrement à La Haye du président Gbagbo, un de ses proches prend attache avec un responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, à un niveau assez élevé. Qui refuse de prendre au sérieux les «rumeurs» au sujet du projet que nourrit le régime Ouattara et ses relais internationaux. Et multiplie les arguments pour expliquer qu’un transfert à La Haye est «impossible» en l’état actuel des choses. Comédie ? Pas du tout. L’ONUCI, dont la Division des droits de l’homme est incontournable au point de vue logistique pour toute instance internationale qui veut enquêter sérieusement sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu sur le territoire ivoirien, a été totalement mise de côté pour des raisons mystérieuses par un Louis Moreno-Ocampo qui tenait à sa démarche solitaire et biaisée. Bert Koenders, patron de l’ONUCI, n’a d’ailleurs pas caché cette information troublante. «L’ONUCI n’est pas impliquée dans cette décision», a-t-il affirmé hier, disant sobrement qu’il «prend note du transfèrement». Vous avez dit bizarre…
L’enquête invisible… la plus rapide de l’histoire des enquêtes de ce type
Le procureur Louis Moreno-Ocampo est-il un surdoué ? En tout cas, sans le concours de l’ONUCI, sans que la majorité des victimes s’étant constituées auprès de la CPI n’aient vu le moindre magistrat ou auxiliaire de justice officiel, il a réussi à boucler une enquête par nature extrêmement complexe – puisqu’il s’agit d’établir des faits et d’avoir des preuves sur les chaînes de responsabilités – en moins de… deux mois, et entre deux rendez-vous avec Alassane Ouattara – le premier à Abidjan, le second dans l’appartement parisien de l’ancien directeur général adjoint du FMI.
Ce sont ces étrangetés qui ont fait tiquer Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale et transitoire de l'université de Limoges, et ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), donc bon connaisseur de ce type d’environnement. Lors d’une interview accordée à la radio France Inter, il a tancé Ocampo : «Il aurait voulu faire en sorte que l’on comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire». Rappelant que le procureur de la CPI a commencé son travail sur le dossier ivoirien seulement le 3 octobre, il a affirmé que «cette enquête est d’une rapidité suspecte», et que le mandat d’arrêt qui en est sorti «est quand même d’un vague extrêmement inquiétant». Si les chefs d’accusation sont faciles à formuler, «encore faudrait-il les étayer», avertit-il. «Dans le mandat d’arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI», a-t-il poursuivi. Laquelle CPI «existe depuis dix ans et n’a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu’en première instance». Rappelons-le : ce n’est pas là «un extrémiste proche de Gbagbo» qui parle, mais bel et bien un universitaire français renommé, ancien porte-parole du TPIY !
Des méthodes d’investigation incroyablement douteuses !
Ocampo n’a donc eu recours ni à la Division des droits de l’homme de l’ONUCI ni à des magistrats convoyés par la CPI. Mais a collaboré avec des ONG dont la plus douteuse est la Coalition pour la CPI, une structure locale dirigée par Ali Ouattara, un bras séculier du RDR. «Nos parents sont morts pour rien», affirment d’ores et déjà certains déplacés de Duékoué. Qui ont parlé aux envoyés de la fameuse association inconnue avant la guerre postélectorale, malgré les intimidations de ceux qui affirmaient que ceux qui viendraient dénoncer Ouattara et les FRCI seraient tués. Bien entendu, aucune protection particulière n’a été accordée aux survivants. Les «enquêteurs» d’Ali Ouattara sont repartis après une virée de quarante-huit heures à Duékoué, et certains déplacés les accusent déjà d’avoir utilisé les images des victimes et des maisons des autochtones détruites. Comment des amateurs de l’investigation judiciaire, affiliés à un parti politique, non assermentés, peuvent-ils donc avoir la haute main sur un travail de cette importance ? Ocampo, qui se prépare à laisser un dossier «pourri» à son successeur après avoir rempli sa mission – livrer Gbagbo – devrait s’expliquer sur ses méthodes de travail, plus que douteuses.
Un mandat d’arrêt aux allures grotesques
Bien entendu, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre le président Laurent Gbagbo. Il est en effet assez ridicule par endroits. Par exemple quand il lui attribue un patronyme imaginaire : Laurent Koudou Gbagbo. Faut-il rappeler que le nom à l’état-civil de Laurent Gbagbo est… Gbagbo Laurent, tout simplement ? La CPI prétend en plus que le président ivoirien renversé est né à Mama, alors qu’il est né à Babré. Et puis, que vient faire l’ethnie de Laurent Gbagbo dans un mandat d’arrêt ? C’est anecdotique, mais ce sont ces détails qui trahissent les légèretés. De plus, la CPI affabule quand elle affirme «au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques». La guerre postélectorale n’a en effet pas commencé de manière automatique le 28 novembre, et c’est bien le camp Ouattara qui l’a préparée et lancée, comme le laissent penser les déclarations affirmant que le commando invisible s’est structuré bien avant le premier tour du scrutin présidentiel et les images où l’on voit les combattants des FRCI encadrés par Guillaume Soro sur ordre de Ouattara, aller armés à l’assaut de la RTI sous le couvert d’une «marche pacifique».
Mais le plus important n’est pas là. C’est en justifiant le transfèrement de Gbagbo à La Haye que la CPI finit de se couvrir de ridicule. «Enfin, la Chambre est convaincue que l'arrestation de Laurent Gbagbo est nécessaire pour : i) garantir qu'il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour faire obstacle à l'enquête ou en compromettre le déroulement; et iii) empêcher la commission d'autres crimes». Comment un homme en prison à Korhogo, sans aucune communication téléphonique, sans visites de ses proches, pouvait-il avoir le pouvoir de nuisance justifiant qu’il soit déplacé dans une prison où il pourra recevoir plus de visites, téléphoner et surfer sur Internet ? En réalité, ceux qui peuvent aujourd’hui user de leur pouvoir pour faire obstacle aux enquêtes, ceux qui peuvent commettre d’autres crimes aujourd’hui sont bien les tenants du pouvoir Ouattara et leurs tueurs, qui continuent d’être en liberté dans des zones meurtries comme l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Mais, bien entendu, il n’y a aucune urgence à les mettre hors d’état de menacer les survivants… Jusqu’où ira l’hypocrisie internationale ?
par Théophile Kouamouo
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France : Déplacements de Sarkozy : le PS écrit à la Commission des comptes de campagne

Tandis que le Parti socialiste accuse Nicolas Sarkozy de faire campagne aux frais de l'Etat, le député PS de l'Ardèche et président de la commission de contrôle financier du parti, Pascal Terrasse, et l'ancien ministre de l'intérieur et mandataire de François Hollande, Daniel Vaillant, ont écrit, mercredi 30 novembre, à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), chargée de comptabiliser les dépenses électorales des candidats.
Dans un courrier dont Le Monde.fr a obtenu copie, adressé au président de la CNCCFP, François Logerot, les deux élus PS demandent notamment à la Commission "de déterminer s'il est légitime que les frais engagés par le président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes de propagande soient assumés par le contribuable, et s'ils doivent ou non entrer dans le cadre des comptes de campagne".
"LE PS NE VA PAS INTERDIRE LE PRÉSIDENT DE PRÉSIDER", BALAIE L'ELYSÉE
"et ce sont les mêmes qui parlent de bonne gouvernance aux autres" donc Sarko le nain peut être candidat 100% et président 100%?
L'argument est rejeté d'un revers de la main par l'Elysée et l'UMP. "Le PS ne va pas interdire au président de présider. Il lui conseille sans doute de rester à l'Elysée mais le chef de l'Etat continuera jusqu'à la fin de ce quinquennat de faire deux à trois déplacements par semaine comme depuis 2007", répond Franck Louvrier, conseiller en communication de M. Sarkozy, interrogé par Le Monde.fr. M. Louvrier estime que le PS qui "n'a rien à dire sur le fond, essaie d'attaquer sur la forme".
C'est "une fausse polémique : une campagne électorale commence quand le candidat dit qu'il est candidat", a fait valoir de son côté Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, mercredi, sur France Info. Avant de juger l'attaque "absurde", sur iTélé : "Depuis cinq ans, le président de la République se déplace quasiment toutes les semaines en France, je ne vois pas pourquoi il arrêterait brutalement alors qu'il n'est pas encore candidat."
Les deux socialistes affirment pourtant dans leur courrier : "Depuis plusieurs semaines, le président de la République multiplie les déplacements en province, dont le choix des thèmes et l'organisation indiquent qu'il est d'ores et déjà candidat à sa propre succession, et que ces déplacements réguliers relèvent d'actes de propagande."
Et d'ajouter : "Nous estimons que la démarche de Nicolas Sarkozy ne relève pas de ses fonctions de président de la République mais de celles de candidat à sa propre succession." "Outre un détournement des fonds publics et du pouvoir conféré par son statut présidentiel, la démarche de Nicolas Sarkozy paraît constituer une infraction à la législation électorale", écrivent encore MM. Vaillant et Terrasse.
UNE ÉVALUATION POURRA AVOIR LIEU APRÈS L'ÉLECTION
Interrogé par Le Monde.fr, la CNCCFP estime qu'"au sens électoral du terme", Nicolas Sarkozy ne peut pas être considéré à l'heure actuelle comme étant en campagne. Une évaluation pourra avoir lieu à posteriori, "deux mois après l'élection présidentielle, une fois que les candidats ont déposé leurs comptes de campagne", explique la Commission. "Nous examinons les dépenses jusqu'à un an avant le premier tour, et si nous estimons qu'un événement visait à obtenir des suffrages, nous comptabilisons cette dépense au compte de campagne. En 2007, nous avions par exemple ajouté les frais d'un déplacement de M. Sarkozy à Villepinte [Seine-Saint-Denis] à son compte, alors qu'il n'était pas encore candidat", explique-t-on.
Par ailleurs, affirmer qu'un "président-candidat" profite des moyens de l'Etat à des fins électorales est un argument récurrent sous la Ve République et dont le PS avait déjà usé en 2007 face à Nicolas Sarkozy.
par Alexandre Lemarié, lemonde
>> Voir le courrier en intégralité
Pascal TERRASSE
Député de l’Ardèche, Président du Conseil général
Président de la Commission nationale de contrôle financier du Parti socialiste
Daniel VAILLANT
Député de Paris
M. François LOGEROT
Président
Commission nationale des comptes decampagne et des financements politiques
33, avenue de Wagram
75176 Paris cedex 17
Réf. : DV/PT/LD/0627
Paris, le 30 novembre 2011
Objet : Saisine de la CNCCFP
Monsieur le Président,
Depuis plusieurs semaines, le Président de la République multiplie lesdéplacements en province, dont le choix des thèmes et l'organisation indiquent qu'il estd'ores et déjà candidat à sa propre succession, et que ces déplacements réguliers relèventd'actes de propagande.
En effet, à titre d’exemple, lors de son déplacement sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme), Nicolas Sarkozy a utilisé la tribune qui lui était offerte pour attaquerl'un de ses adversaires sur ses propositions relatives à la politique énergétique de la France. A cette occasion, a par ailleurs été organisé le déplacement de nombreux militants du parti politique dont il est issu, sans que toute transparence ait été faite sur l'origine des fonds (s'agissait-il de l'Etat, de l'UMP ?). De plus, les frais engagés lors de ce déplacementqui s'inscrit dans le cadre de la campagne présidentielle n'ont pas été intégrés aux comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.
Nous estimons que la démarche de Nicolas Sarkozy ne relève pas de ses fonctions de Président de la République mais de celles de candidat à sa propre succession. Le Président de la République se sert de l'argent des contribuables pour financer sa stratégie de communication, et ce sans que les frais engagés ne soient par ailleurs intégrés à sescomptes de campagne, conformément aux dispositions de l'article L. 52-11 du Code électoral (le compte de campagne retrace, selon leur origine, l’ensemble des recettes perçues et, selon leur nature, l’ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l’élection, hors celles de la campagne officielle prises en charge par l’État aux termes du
décret n° 2001-213 du 8 mars 2001, par lui-même ou pour son compte, pendant l’année précédant le premier jour de l’élection et jusqu’à la date du dépôt du compte de campagne).
Outre un détournement des fonds publics et du pouvoir conféré par son statutprésidentiel, la démarche de Nicolas Sarkozy paraît constituer une infraction à lalégislation électorale.Nous nous permettons donc de saisir la Commission nationale des comptes decampagne et des financements politiques afin de déterminer s'il est légitime que les fraisengagés par le Président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes depropagande soient assumés par le contribuable, et s'ils doivent ou non entrer dans le cadredes comptes de campagne.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.
Daniel VAILLANT Pascal TERRASSE
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13.12.2011
Libye : la révolution est-elle confisquée par le CNT
13.12.2011 par Ali Chibani

Le "peuple veut une nouvelle révolution", "le peuple veut faire tomber le Conseil de transition", ont scandé lundi 12 décembre 2011 les quelques centaines manifestants, réunis au centre de Benghazi, la ville d'où est partie la révolte libyenne contre Mouammar Kadhafi. Ces irréductibles veulent "corriger la marche de la révolution", parce qu'ils sentent qu'elle leur échappe et qu'elle serait confisquée par le nouveau pouvoir.
Une émancipation difficile des habitudes passées
La firme pétrolière italienne ENI s’est réjouie que sa production en hydrocarbures en Libye ait atteint 70 % de ses capacités d’avant la guerre qui allait provoquer la chute du régime de Kadhafi. L’entreprise italienne, dont est issu Abdelrahmane Ben Yaza, le nouveau ministre du pétrole et du gaz, ne voit pas de raison pour que le changement de régime bouleverse son exploitation des richesses libyennes. Mais à côté des heureuses multinationales, les Libyens commencent à se dire : « Kadhafi vaincra même mort ».

APRÈS KADHAFI, LA DICTATURE D'ABDELJALIL ?
Si la stabilité semble garantie pour les entreprises étrangères, on ne peut pas dire autant pour la stabilité sociale. Les Libyens sont depuis le retrait de l'armée de l'OTAN livrés à eux-mêmes. Des affrontements armés ont lieu entre des milices armées de différentes régions. L’aéroport de Tripoli a ainsi été fermé suite à une bataille rangée entre la milice de Tripoli et celle de Zenten qui contrôle l’aéroport de la capitale. Les islamistes, eux, essaient d’imposer leurs lois. Attaque nocturne des mosquées libyennes datant du XVe siècle, destruction des commerces suspectés de vendre de l’alcool, les intégristes n’ont pas encore dit leur dernier mot. A Misrata, ville ou Kadhafi a été lynché, les populations assistent depuis quelques temps à la destruction par les « rebelles » des habitations qui n'ont pas été réinvesties par leurs propriétaires partis pendant la guerre. Des voix dénoncent des destructions qui ne viseraient que les maisons des habitants noirs accusés d’avoir combattu au sein des forces armées de Kadhafi.
Mustapha Abdeljalil, le chef du Conseil National Transitionnel (CNT), est impuissant devant cette situation. Pour les Libyens, il est inactif et certains se demandent même pourquoi le CNT continue à exister parallèlement au gouvernement intérimaire d’Abdurrahim Al-Keib. Pour Essa Elhamissi, un ancien rebelle, « le CNT aurait dû être dissous. Mais ses membres, comme la plupart des dirigeants arabes, ne veulent plus quitter le pouvoir. » En dehors des visites rendues ici et là aux anciens rebelles pour les nourrir de discours nationalistes, Abdeljalil, qui reste bloqué dans le système idéologique de son ancien mentor Kadhafi, n'est en rien décisif. En dehors de son appel à une « réconciliation nationale » pour pardonner aux milices pro-Kadhafi sans l’aval de la population, la seule chose qu'il ait accomplie depuis le départ de l'OTAN est révélatrice des rapports du CNT avec l'illégalité : Abdelhakim Belhadj, gouverneur militaire de Tripoli qui se dit « ancien » membre d'Al Qaïda et contre lequel un mandat de recherche international existe, a tenté de s’envoler pour la Turquie avec un faux-passeport. Les milices de Zenten l’auraient même arrêté avec une valise pleine de billets, avant de le libérer sous les ordres d’Abdeljelil. Celui-ci lui a prêté une mission officielle et a assumé avoir créé ce passeport.
LES DÉLIRES DE L'ANCIEN RÉGIME TOUJOURS D'ACTUALITÉ
Le nouveau gouvernement n'est pas non plus satisfaisant. Censé être formé sur la base des compétences des personnes qui devaient le composer, il est devenu un espace de représentation de presque toutes les tribus du pays. Presque, car les populations dites « minoritaires », comme les Amazighs et les Toubous, en sont exclues. Ces populations se sont indignées et les Amazighs ne cessent de manifester leur mécontentement dans la rue, d'autant qu'elles ont été le fer de lance de la rébellion. Contrairement à la population de Benghazi restée dans sa ville après avoir été « libérée » par l'OTAN, les Amazighs ont parcouru tout le pays allant jusqu'à Syrte et ne comptaient pas exiger des ministres issus de leur culture. Mais quand ils ont vu que le gouvernement est formé sur la base de la composition tribale et régionale de la Libye, elle a exigé sa part de représentation. Seule réponse du premier ministre dans les médias libyens : « A chaque fois qu'il y a une manifestation, nous sortons pour saluer la foule et la remercier de s'exprimer pacifiquement. »
« Notre peuple voudrait qu'on interrompe toutes nos relations avec le CNT et le gouvernement, nous dit Essa Alhamissi. Mais contrairement à ce qui a été annoncé, les représentants amazighs ne veulent pas aller jusqu'à cette extrémité. Ils préfèrent rester liés au CNT. Je pense qu’ils cherchent à être promus à leur tour et à bénéficier de postes de responsabilité. C’est cela la politique en Libye. » La colère des Amazighs s’est accrue quand Abdeljallil les a accusés d'être des « agents de l'étranger » et d'une « conspiration » contre le pays. Il reproduit ainsi les mêmes discours que Kadhafi.
"POUR UNE DEUXIÈME RÉVOLUTION"

Autre point qui a surpris les Libyens: la présence dans le nouveau gouvernement d'anciens responsables du règne de Kadhafi. Qui sont-ils ? Nos interlocuteurs refusent de les nommer, ni de préciser les postes qu'ils occupent. Un refus justifié par la sacro-sainte unité nationale essentielle pour la reconstruction de la Libye dont le destin, au vu de ce qui a été déjà mis en place, de ce qui se dessine, des exclusions et des arguments avancés par le gouvernement et le CNT pour empêcher toute rébellion à l'égyptienne, sera – au mieux – celui de l'Algérie après l'indépendance. Aussi la population de Benghazi se prépare-t-elle à sortir dans la rue les prochains jours pour demander de « corriger le cours de la Révolution du 17 février » et de chasser du gouvernement les responsables issus du régime de l’ancien dictateur.
La fin de Kadhafi ne signifie en rien l’accès à la démocratie, d’autant que les « responsables » actuels maintiennent un régime féodal à l’image de celui de l’ancien « Guide de la Jamahiriya » et de l’ensemble des pouvoirs politiques maghrébins. Par ailleurs, le nouveau gouvernement qui a fait de la « modernité » son cheval de bataille s’avère être un gouvernement de passe-droits. Pour preuve, le symbole de l'ouverture à la technocratie libyenne formée en Occident, l'ophtalmologiste exerçant en Irlande et devenue ministre de la Santé, Fatima Hamroush a fait de sa sœur son chef de cabinet. Juste après elle, c'est autour du ministre des Télécommunications de recruter ses employés parmi ses proches, connus pour avoir servi dans l'administration de l’ancien régime.
L’incompréhension est donc totale en Libye et les insatisfactions nombreuses. D’une part, un gouvernement qui s’emploie beaucoup plus à satisfaire les désirs des Occidentaux que ceux des Libyens hantés par l’unité nationale, d’autre part, un CNT qui veut prendre la place de Kadhafi tant qu’elle est chaude, la démocratie en Libye semble être un rêve très coûteux et, finalement, inaccessible.
source: TV5MONDE
18:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, libye, khadafi
Côte d'Ivoire: Législatives 2011 à DIOULABOUGOU

La nouvelle Côte d'Ivoire version Alassane Dramane Ouattara et le RDR se résume à un quartier très populaire en Côte d'Ivoire. L'on le trouve dans toutes les régions et hameaux du pays: le DIOULABOUGOU.
Dans tous les hameaux du pays, vous trouverez certainement un quartier qu'on appelle DIOULABOUGOU ou DIOULAKRO. C'est le quartier des réssortissants du nord du pays et ceux de la CEDEAO.
Si le RDR a gagné les élections législatives 2011, c'est parce que le découpage électoral réalisé par le gouverneur Ouattara leur donnait déjà la majorité sans élections d'une part et le scrutin s'est déroulé à Dioulabougou d'autre part. Pour nous, cela n'est pas une surprise car nous sommes à DIOULABOUGOU (Nouvelle Côte d'Ivoire de Ouattara).
De la Présidence de la république de DIOULABOUGOU:
- Président de la république; Gouverneur Alassane Dramane Ouattara ----> Mossi
- Sécrétaire de la présidence; Mr Gon Coulibaly -----> nordiste
Du Gouvernement:
- Prémier ministre; Mr Soro Guillaume ------> nordiste
-Ministre de l'intérieur; Mr Hamed Bakayoko -------> nordiste
De la CEI:
- Président; Mr Youssouf Bakayoko -------> nordiste
- Porte parole; Mr Bamba Yacouba --------> nordiste
- Majorité des membres --------> nordiste
Des candidats
- Majorité des candidats ---------> nordiste
Des électeurs
- Majorité des votants -------> nordiste
Des lieux de vote où il y a eu affluence
- Dioulabougou ou Dioulakro -------> nordiste

Devant un des rares bureaux de vote où l'on observe une file, à l'EPP Mosquée dans le quartier de Wassakara
Des élus
- Majorité des élus -----> nordiste
Si ce n'est pas une élection à DIOULABOUGOU, dites moi ce que c'est!!!!!!!!!!!!!!!!
Vous avez dit "nouvelle Côte d'Ivoire", elle est vraiment nouvelle.
Mais nous nous voyons le DIOULABOUGOU. Allons donc au DIOULABOUGOU.
10:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy
11.12.2011
Côte d'Ivoire: Législatives 2011, VOTE A DIOULABOUGOU
Le désert électoral en images
C’est le jour J. Tôt ce matin, nos observateurs se sont déployés à Abidjan, histoire de prendre le pouls des bureaux de votes à travers la ville. Les premières images sont arrivées de Cocody et Yopougon. Le constat est le même : les électeurs ne sont pas du tout pressés de choisir leurs députés.
A Cocody

Lycée Sainte Marie de Cocody, devant le bureau de vote N°01.

Si l’on constate tout de même quelques mouvements importants de forces de l’ordre, c’est surtout parce qu’il s’agit du centre de vote du président de la république Alassane Ouattara et du président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié.

L'entrée du Lycée Jean Piaget à la Riviera 2.

L'université de Cocody étant fermée, les deux bureaux de votes ont été délocalisés à l'Ecole Normale Supérieure (ENS).
Cap sur Yopougon

Dans un bureau de vote de l'EPP Sicogi 11

Devant un le bureau de l'école Bon dans le quartier de Wassakara

Devant un des rares bureaux de vote où l'on observe une file, à l'EPP Mosquée dans le quartier de Wassakara
!!!!!! Le serpent risque de se mordre la queue !!!!!!
19:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy
07.12.2011
Impérialisme occidental: Nous ne tremblerons plus au son de leur trompette!
Dans notre tradition africaine héritée jalousement des Ancêtres, le procès a pour but majeur, sinon exclusif, de restaurer la paix dans la communauté divisée mais aussi dans les cœurs. Un dicton burkinatrombé dit d’ailleurs à ce propos que la palabre sauve le village. Car, ainsi que le précise aussi un proverbe wolof : « Il n’y a pas deux personnes qui ne s’entendent pas ; il y a seulement deux personnes qui n’ont pas discuté ». Madiba Mandela, noble fils de l’Afrique, est resté fidèle à cet enseignement des aînés. « Asseyons-nous et discutons ! », aimiez-vous à répéter à vos adversaires ; « Asseyons-nous et recomptons les voix ! », leur aviez-vous martelé des mois durant. Mais ils ne vous ont pas écouté.

Ceci parce qu’un petit nombre prétendument « international » a confisqué la parole, pris la justice en otage au nom des « droits de l’homme ». Mais dans notre Afrique historique et sage, où des mondes, des mentalités et des temps différents se superposent comme l’affirme le savant malien Hampâté Bâ, ils ne peuvent réussir une telle entreprise que par la violence, oubliant que le plus fort, celui qui gagne, le gagneur est peut-être dans l’humanité, celui qui nous amène à la régression. Car la force primaire, la force brute n’est pas primée dans nos sociétés. (Michel Serres).
Dans notre tradition africaine donc, M. le Président, un dicton ibo dit « qu’un procès n’exclut personne ». C’est-à-dire que le public n’est pas simplement présent en spectateur muet, il est autorisé à faire entendre son opinion. La mienne sera à travers cette correspondance mensuelle que je compte établir avec vous ; aussi longtemps que durera votre incarcération.
C’est, à travers ma plume, la voix de millions d’Africains du continent : Ivoiriens, Camerounais, Maliens, Sénégalais, Ougandais, Ghanéens, Algériens, Libyens, etc.
C’est aussi celle de millions d’autres, Africains de la diaspora et Descendants africains vivant dans le monde : en France, en Allemagne, en Chine, en Guadeloupe, en Haïti, au Canada, en Australie, etc.
C’est enfin celle de tous les combattants de la liberté de toutes confessions religieuses ou obédiences politiques: juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, athées, socialistes, démocrates, républicains, communistes, etc.
Tous nous sommes là, Arc-en-ciel de liberté, défenseurs de notre humanité menacée, symbole de résistance contre l’injustice.
Tous nous voulons écrire cette page de notre histoire africaine avec vous ; Tous nous voulons marcher avec vous sur les traces de note humanité.
En introduction de son livre, Histoire de France, Pierre Miquel déclare : « Il y a des pays sans histoire. La France n’est pas de ceux-là. » Cette affirmation, de la plume même d’un historien, peut paraître choquante. On s’accorderait volontiers à dire que le terme « histoire » revêt une certaine ambiguïté ici, mais c’est sans compter sur cette autre déclaration, tout aussi célèbre, d’un fils d’immigré hongrois, que les Gaulois, pour leur malheur et perte, se sont choisi comme empereur-roi et qui déclarait triomphant à Dakar en 2006 que « le paysan africain n’est pas suffisamment entré dans l’histoire… ».
Mon cher Président, en votre qualité d’historien et de sage africain, permettez-moi de vous poser cette question toute simple : « C’est quoi l’histoire ? Se peut-il que nous n’ayons pas le même sens des réalités historiques que ces gens-là ?».
Ce questionnement, à mon humble avis, mérite d’être posé au préalable, car il nous permet de comprendre, ainsi que le notait déjà l’illustre sage et patriote africain, Cheikh Anta Diop, à son fils spirituel Théophile Obenga que toute réalité sérieuse et profonde ne peut s’expliquer et se comprendre que dans le cadre de règles, d’idées, de valeurs culturelles et de méthodologies que l’on prend pour modèle ou guide et qu’il a désigné par le terme de « paradigme culturel ». En d’autres termes, nous ne pourrions nous comprendre, comprendre nos référents religieux ou socio-culturels, nos valeurs, le sens et la portée de notre destinée, le cours de notre histoire et partant, sa définition même, que si nous ne sacrifions pas tous sur l’autel de la pensée unique, souvent tyrannique et impérialiste occidentale.
Il y a plus de deux mille ans, Sima Quian (145-86 av. JC), le premier historien chinois, affirmait avec assurance : «Ceux qui n’oublient pas le passé sont maîtres de l’avenir ». Ce qui signifie en d’autres termes que la survie d’un peuple dépend de la sauvegarde de sa mémoire, de son histoire. Comment donc nous construire un avenir certain lorsqu’on nous dénie ce recours au passé qui est nôtre, ce rapport dialectique à notre propre histoire ? Comment être maîtres du futur quand on n’est pas maîtres du passé, quand ce dernier semble même n’avoir jamais existé ? Au-delà donc de toutes ces tripatouilles du sens de l’histoire, la seule certitude vraie est que la Volksseele (âme du peuple) et le Volksgeist (esprit du peuple) se forgent dans le rapport dialectique que ce dernier entretient avec son passé ; Falsifier donc ce rapport, l’occulter ou le renier même, c’est courir le risque de faire des êtres concernés, non plus des hommes et des femmes agissant et pensant, mais de pauvres ombres esclaves au service de l’imposteur.
Lorsqu’on emprisonne les historiens et sages d’un peuple, c’est l’âme de ce peuple qu’on veut emprisonner, c’est son esprit qu’on veut corrompre ; c’est son génie surtout qu’on veut stopper. L’entreprise n’est malheureusement pas récente. Elle a plutôt la peau dure et la nuque raide. Solide comme une forteresse, elle traverse les siècles et les époques, et à chaque fois, transforme et pervertit les mentalités qu’elle influence. Comment croire qu’ils ne le savent pas, que nous avons une histoire, que de toutes les histoires, notre histoire est. Qu’elle est ce qui est. Comment leur faire accepter notre passé une fois pour toutes ? Leur faire respecter nos historiens et hommes sages ?
Si c’est de l’ignorance, il faudrait peut-être leur rappeler que chaque fois que notre humanité a Rendez-vous avec l’Histoire, elle passe par l’Afrique. C’est un passage obligé, un retour aux sources lointaines ou proches, connues ou inconnues, avouées ou inavouées de notre existence. Car l’Afrique se dresse au cœur de notre humanité depuis ses premiers balbutiements, elle s’invite à tous ses rendez-vous historiques, tantôt silencieuse, tantôt avant-gardiste, tantôt passive, tantôt actrice d’une histoire qui se joue grâce à elle, par elle, parfois contre elle, mais toujours avec elle, car sans elle, l’humanité ne serait pas humaine, sans elle, l’histoire ne serait pas histoire. Non pas une histoire dont l’objet, selon Georges Dumont, est le récit des batailles et l’analyse des traités de paix, mais l’homme. Car pour paraphraser Marc Bloch, le bon historien flaire là où il y a de la chair humaine, comme l’ogre de la légende. Et le frère Runoko Rashidi affirme avec certitude que grâce aux dernières recherches scientifiques sur l’ADN, tout être humain pourra, tôt ou tard, faire remonter jusqu’à l’Afrique ses racines ancestrales.
Qui sont-ils donc M. le Président, noble fils d’Afrique, ceux-là qui veulent vous juger ?
Est-ce M. Luis Moreno-Ocampo, le célèbre président du TPI « accusé de violence sexuelle et protégé par une sorte d’impunité » ? (Cf. Cameroonvoice du 03/12/2011)
Est-ce le tandem Ouattara- Soro, ces larbins de l’ordre au service de qui l’on sait ?
Est-ce M. Sarkozy, le roi-empereur des Gaulois, hanté par le spectre d’Hitler et le sang de Mouammar Kadhafi?
Est-ce M. Obama, le pion avancé du sionisme, autrefois jeune drogué et en quête d’une identité ?
Où sont-ils donc ceux-là qui veulent vous jeter la première pierre... ?
M. le Président, votre séjour à la Haye apparaît clairement à nos yeux comme un fait historique d’une portée majeure, car sous nos yeux, la légende devient histoire, les personnages de fables deviennent réels ; Les Soundjanta Keita, Chaka Zoulou, Kunta Kinté, Lumumba, Sankara, tous ces fiers résistants et guerriers Africains prennent de nouveau vie et forme devant nous. On nous a apprit qu’un vrai héros était un héros mort. Mais depuis Madiba Mandela et aujourd’hui avec vous, nous faisons l’expérience d’une autre catégorie de héros vivants parmi nous. Il suffit juste de lever la tête pour les reconnaître.
M. le Président, votre séjour à la Haye est surtout la preuve probante que l’impérialisme n’a pas de mémoire. Obligé de remâcher ses vomis. Car alors il aurait déjà dû comprendre que c’est en prison que Malcom X, en véritable autodidacte, s’est véritablement libéré des chaînes de l’ignorance et de l’esclavage ; Que Madiba Mandela, en 27 ans d’emprisonnement, comme dans la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, a réussi à humaniser ses geôliers, devenant par sa grandeur d’esprit leur nouveau maître. Non, M. le Président, en vous mettant aujourd’hui en prison, l’impérialisme n’a toujours pas compris pourquoi l’oiseau « chante de liberté en cage ».
Il n’est donc pas vrai de croire, comme eux, qu’avec votre incarcération, le combat est terminé. Il ne fait que commencer pour nous, car tant que la nuit sera longue, nous aurons toujours besoin de la lumière.
Et voici venir des messagers résignés qui annoncent des lendemains incertains pour l’Afrique. Comme le poète noir-américain Langston Hugues au siècle dernier, ils poussent un cri de désespoir et de peur :
Nous crions parmi les gratte-ciel
Comme nos ancêtres criaient parmi les palmiers d’Afrique
Car nous sommes seuls
Et nous avons peur.
Non, M. le Président, nous ne retournerons pas boire une deuxième fois à la même source de la peur et de l’esclavage, cette histoire ne se répétera pas pour nous. Non, on ne trompera pas le peuple Africain tout le temps.
Non, M. le Président, nous n’avons pas peur ! Nous n’avons plus peur ! Nous ne tremblons plus au son de leur trompette, nous ne prenons plus la fuite devant les tirs de leurs kalachs ; devant la furie de leurs roquettes, bombes et missiles, nous avançons libres et soudés ; devant leurs armes chimiques et bactériologiques, nous bombons le torse. Mains nues, nous avançons : plus peur de leur canon, plus peur de leur prison, plus peur de leur mensonge, plus peur de la mort car seul l’esclave a peur. L’homme libre n’a pas peur. Et c’est pourquoi nous sommes obligés d’avancer. Parce que nous sommes libres.
Nous savons qu’ils tremblent de panique derrière leur viseur, qu’ils transpirent de peur derrière leur canon, que dans leur quartier général ils manquent de maîtrise, qu’ils sont mal à l’aise. Parce qu’ils savent que l’arme la plus redoutable, c’est nous qui l’avons : le peuple debout et libre!
Nous, la jeunesse africaine, sommes debout à vos côtés pour continuer avec vous le combat.

Nous, la jeunesse africaine d’aujourd’hui, ne sommes plus prisonniers du « complexe d’Ulysse », en quête d’identité. Notre mission est à vos côtés, dans le combat pour la libération de l’Afrique. Non, M. le Président, vous n’êtes pas seul !
Nous l’avons compris, que nos héros sont leurs dictateurs, nos patriotes leurs criminels.
Nous l’avons compris, que nos bourreaux sont leurs héros. Les traîtres de notre peuple sont distingués et couronnés par eux : Senghor, etc.
Nous l’avons compris, qu’ils distinguent à présent du prix Nobel ceux des nôtres qui vont servir leur cause : Barak Obama, Ellen Johnson Sirleaf.
Nous l’avons compris, qu’ils mettent aux avant-postes les nôtres pour mieux nous atteindre et nous confondre : Fatou Bensouda.
Jamais nous ne dormirons plus. Jamais nous n’accepterons plus de prendre la place d’esclave qui prie et remet tout entre les mains de Dieu. Non, Dieu ne combat pour personne, pas même pour le peuple juif qui a fini par le comprendre et s’est doté de la bombe nucléaire. Dieu nous a donné l’intelligence et la liberté de discerner entre la paix et la guerre et de choisir évidemment la paix. Alors, si le voisin cherche palabre contre nous, quitte à nous de trouver les moyens de notre défense. Dieu, jamais ne lèvera son petit doigt pour nous sortir de nos prisons, parce que ce n’est pas lui qui nous a mis là. Le soleil de nos libertés ne finira par briller sur nous que si nous-mêmes acceptons déjà de quitter les creux impossibles de nos prisons où ses reflets ne peuvent nous atteindre. Si nous continuons religieusement à subir, sans réagir, il faudra bien ne pas se plaindre par la suite, car les « cris qu’on pousse ne réveilleront jamais plus personne. ».
Personne ne nous interdira donc de lutter, de revendiquer notre passé. Nous n’avons pas besoin de l’inventer, car un passé plus grand et glorieux n’existe nulle part. Nous avons simplement besoin de le reprendre à ceux qui nous l’ont volé et falsifié sans honte, comme de petits enfants voleurs de bonbons à l’étal.
M. le Président, comme j’aurais aimé marcher sur les chemins de notre liberté aux côtés de mon père, ce guerrier africain qui m’a appris dès le bas âge le sens de la bravoure, du courage et du devoir. Hélas, il nous a quittés il y a quelques années. Paix à son âme ! Mais le combat de votre fils, Michel, à vos côtés ; celui de Mouatassim, mort aux côtés de son père, le vaillant guerrier et martyr Mouammar Kadhafi, afin que nous soyons libres en Afrique m’a redonné espoir et dignité ; ainsi qu’à toute la jeunesse africaine.
Voilà pourquoi rien ne nous fera plus reculer. Car arrive toujours un moment où le cri humain se fait entendre, car c’est au cri qu’on reconnaît l’homme. Et un homme qui crie n’est pas comparable à un chien qui aboie. Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse. Et aujourd’hui, la jeunesse africaine crie : Assez ! Y en a marre !
Marre de voir nos ressources exploitées au détriment de nos populations ; marre de voir nos sœurs violées, nos mères déshonorées, nos pères humiliés dans leur dignité d'hommes ; Marre de voir notre jeunesse sacrifiée et son avenir hypothéqué. Qui donnera une sépulture digne à tous nos morts en Afrique ? Qui commémorera nos martyrs ? Lorsqu’on tue les sages, emprisonne les historiens, traîne au sol nos dirigeants, qu’en sera-t-il du commun des mortels ?
Mais loin d’être tristes ou résignés, notre espérance est grande, car une nouvelle étoile est née, celle qui guidera désormais nos pas vers la liberté totale. Aujourd’hui, Madiba Mandela peut transmettre le témoin de la lutte et chanter tranquillement le Nunc dimittis comme le fit le vieux Siméon qui, tenant le petit Jésus entre ses mains, remercia le ciel d’avoir vu de ses yeux l’étoile vivante qui sauverait son peuple.
M. le président, lorsque de votre cellule vous pourrez voir un oiseau voler libre dans le ciel triste, pensez-y, c’est la jeunesse africaine libre qui vole à vos côtés.
Lorsque le soir, dans la douceur et le calme de la nuit, vous pourrez écouter de votre cellule le vent murmurer au dehors, pensez-y, M. le Président, c’est le chant de tous les combattants de la liberté qui vous disent à l’unisson que :
Misiki itam! Vous n’êtes pas seul! You will never walk alone! Sie sind nicht allein! Inschallah! Amen.
Vive l’Afrique libérée !
Vive notre humanité libre !
Ps: j’ai encore tellement à vous dire, mais je crains qu’une si longue lettre ne puisse être publiée. Je vous écrirai de nouveau le mois prochain, inschallah ! Portez-vous donc bien, M. le Président. Bonnes fêtes de Noël et de fin d’année. Bon courage !
Owono Jacques Fulbert
Ecrivain
11:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy

