30.01.2012
Côte d'Ivoire - France: Coopération militaire, accord de défense ou contrat de protection rapprochée?


Lors de la visite de Mr Ouattara à son ami Sarkozy en France ces jours passés, l'un des temps forts de la rencontre de copains, est la signature d'un accord, un traité, un contrat de défense que l'on présente pompeusement comme un accord de défense franco-ivoirien.
Entre nous, lorsque nous savons que l'ONU, au lieu de surveiller et veiller à la Paix en Côte d'Ivoire, a participé au genocide planifié à l'Ouest du pays et s'est transformée en gardien de palais en lieu et place de la Paix et s'est trouvée une autre mission "escorte du cortège présidentiel" et "chargée d'encadrement des manifestations publiques et privées", nous comprenons que cet accord n'est pas un accord entre Etat, mais un contrat de protection rapprochée.
Certainement, les USA commençant à prendre leur distance avec le nouveau pouvoir, la protection rapprochée sous le couvert de l'ONU risque de s'effriter. Il faut donc prendre le taureau par les cornes en signant un contrat avec le copain Sarkozy pour sa protection rapprochée car Ouattara n'a rien à cirer de la sécurité des ivoiriens. C'est l'un des sens que l'on pourrait donner à cette forfaiture.
En effet, il a été revélé que les "forces armées françaises en Côte d'Ivoire" changent de dénomination et deviennent les "éléments français de la Côte d'Ivoire". Oh bou! C'est vrai que les FRCI (la milice tribale de Ouattara) affectionnent ce terme d'"élément", que les français recupèrent pompeusement. Quelle honte pour l'armée française. Devenir des "éléments" de Ouattara, bouahhhhhhhhhhhhhhh.
Mais si votre pays ne peut plus vous payer, parter chez vous! au lieu de vous humilier jusqu'à ce niveau pour le copain de l'autre (les éléments français de la Côte d'Ivoire). Vous êtes tombés bas dèh, vous faites partie maintenant des FRCI (la milice tribale de Ouattara). Nous ne pouvons même plus dire "milice tribale" parce que maintenant il y a blancs dedans. Han! ça fait pitié dèh. Même ce que FDS refuse (qu'on l'appelle FRCI), Blanc accepte. Hé! galère tu n'es pas bien dèh!
KIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Contrat de protection rapprochée française, nous on ne fait rien avec ça.
"Eléments français de la Côte d'Ivoire" oh kpo! il faut dire "FRCI français de Côte d'Ivoire" cela correspond bien mieux.
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27.01.2012
Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ?

Cela faisait un petit moment que Nicolas Sarkozy n'avait pas accueilli un chef d'Etat avec un tel faste. De son arrivée à l'aéroport d'Orly mercredi 25 janvier à son diner d'Etat à l'Elysée le lendemain, le parcours du président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de ces trois jours de visite, a été jalonné d'intentions toutes particulières.
Le journal ivoirien "L'expression" rapporte avec fierté les honneurs rendus à leur président : "Cinq sections de l'armée française ont été mobilisées. Trois de l'armée de l'air, une de la marine nationale et une des forces paramilitaires."
A son arrivée à l'aéroport, accueilli par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, au "son de musique de la garde républicaine", le chef d'Etat étranger a passé en revue les troupes. Ensuite, il a rallié la place des Invalides à bord "d'un hélicoptère présidentiel escorté par deux autres hélicos de combat".
De la place, Alassane Ouattara est monté à bord "d'une Citroën hors série blindée escortée par une centaine de motards de la police et de la gendarmerie. Le point de chute étant l'hôtel cinq étoiles Le Meurice où il a pris ses quartiers." Au programme de jeudi, le chef d'Etat ivoirien s'est rendu sur la tombe du soldat inconnu avant de remonter l'avenue des Champs-Elysées décorée aux couleurs des deux pays, sous escorte de la cavalerie. Sur le plan des symboles, Paris a décidé de frapper fort.
A l'ancienne
"On a l'impression que la France a accueilli Houphouët Boigny (premier président de la Côte d'Ivoire et acteur de la Françafrique, ndlr) au temps de la guerre froide!", s'étonne Antoine Glaser, ancien rédacteur en chef de "La lettre du continent", spécialiste de l’Afrique. "Il y a quelque chose de très rétro qui ne correspond pas à la mondialisation de l'Afrique. C'est un accueil anachronique, d'un autre temps".
En effet, d'avis d'observateurs, aucun chef d'Etat ivoirien n'avait eu autant d'honneurs depuis ceux qui avaient été rendus au père de l'indépendance ivoirienne. A l'ancienne, Nicolas Sarkozy renoue ainsi avec un protocole loin de la rupture et en contradiction de la distance qu'il avait dit vouloir mettre avec les anciennes colonies lors de son élection en 2007.
Pour le spécialiste, c'est "l'échec d'une politique d'ouverture, une forme de régression". "Nicolas Sarkozy a eu la volonté de sortir du pré-carré français. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, s'est d'ailleurs appliqué ces derniers temps à se rendre en Afrique du Sud et au Nigéria délaissant les anciens partenaires. Voir aujourd'hui le président français recevoir Alassane Ouattara comme s'il représentait le pivot de la stratégie de la France en Afrique est un retour en arrière".
Une rupture non consommée
Et si la France n'avait jamais vraiment rompu son partenariat privilégié avec la Côte d'Ivoire ? C'est ce pense Gilles Labarthe, journaliste et auteur "Sarko l’Africain" : "On est dans la continuité de la politique françafricaine. La promesse de Nicolas Sarkozy de rompre avec les anciennes méthodes n'a pas été appliquée. Il poursuit la démarche de clientélisme initiée dans les années 1980. La différence aujourd'hui c'est qu'on est dans la période des fils à papa."
Le contexte a cependant évolué. L'interventionnisme français a largement diminué. Mais Alassane Ouattara est aussi venu à Paris pour remercier la France de l'avoir soutenu lors de l'épisode électoral. Les soldats français ont même aidé les Ivoiriens à déloger Laurent Gbagbo.
"Cet accueil en fanfare est aussi une manière pour Nicolas Sarkozy de s'auto-congratuler, de se mettre en valeur. Il estime que son action en Côte d'Ivoire a résolu le conflit et a aidé à l'instauration de la démocratie", estime Gilles Labarthe.
L'ami de Sarkozy
Les liens particuliers qu'entretiennent Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara peuvent aussi expliquer tout ce décorum. Les deux hommes ne cachent pas leurs années d'amitié. Le couple ivoirien avait été reçu l'année dernière par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni dans leur résidence d'été en Cap Nègre. Martin Bouygues, ami du chef d'Etat français, a assisté au mariage d'Alassane Ouattara et de son épouse Dominique –qui a fait le voyage aussi. RFI rappelle que pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, après la défaite d'Edouard Balladur en 1995, Alassane Ouattara n'a jamais rompu les liens.
Intérêts économique, militaire et diplomatique
Bien sûr, même les non-avertis savent que les intérêts économiques priment et que derrière ces honneurs affichés se cachent la préservation de la cinquantaine de grands groupes français présents en Côte d'Ivoire. "Bouygues va avoir un troisième pont important sur la lagune, Bolloré continue d'être très bien implanté. Total, arrivé en même temps que Laurent Gbagbo, devrait signer un contrat d'exploration pétrolier pour un gisement très prometteur qui se trouve à la frontière du Ghana", détaille Antoine Glaser. Le groupe Accor devrait signer officiellement la reprise de l'Hôtel Ivoire à Abidjan.
Sur le plan diplomatique, l'influence de la Côte d'Ivoire reste importante. "On peut imaginer qu'aux Nations Unis, la France puisse obtenir le soutien d'un bloc de voix africaines sur les différents sujets, par exemple. Ce qui avait manqué à Paris lors de l'intervention en Libye", fait remarquer le spécialiste de l'Afrique.
Sur le plan militaire, la priorité a été donnée à la signature d'un nouvel accord de défense. Quelque 300 soldats français devraient rester stationner en Côte d'Ivoire. Certes loin des milliers présents il y a encore quelques années, mais suffisamment pour asseoir une présence française en Afrique.
"Cette présence équivaut à mon sens à l'installation d'une base militaire permanente en Afrique", juge David Mauger de l'association Survie qui milite pour plus de transparence dans les relations franco-africaines.
La réconciliation en France mais pas en Côte d'Ivoire
Surtout cette visite tranche fortement avec la situation sur le terrain. Alors que la France et la Côte d'Ivoire célèbre la "réconciliation", à Abidjan les populations ne sont pas encore prêtes à oublier les violences post-électorales. Mercredi 24 janvier, à Yopougon, un quartier d'Abidjan fief de l'ex-président Laurent Gbagbo, la justice ivoirienne a exhumé le corps d'un homme découvert dans une fosse.
L'existence de nombreuses autres fosses a déjà été signalées. Les Nations unis avaient déjà fait état en 2011 de la découverte de 68 corps dans dix fosses communes. Dans un rapport datant d'octobre 2011, l'ONG Human Rights Watch (HRW), a appelé le président ivoirien a accentuer ses efforts pour enquêter sur les auteurs des massacres et note une "approche déséquilibrée" de la quête de justice. "Le gouvernement Ouattara a pris des mesures louables pour poursuivre en justice certains dirigeants du précédent régime [...] Cependant, la justice doit être au service des victimes des deux bords qui ont vu leurs proches être tués [...] et ne peut être un outil au seul service des vainqueurs."
Dans le rapport 2012 de HRW, on peut aussi lire que "les initiatives de justice nationale partiale, dans le cadre desquelles aucune charge n’a été portée contre des membres de son camp, ont menacé d’approfondir les divisions entre les communautés et ont mis à mal le retour à l’État de droit". "Le Président Ouattara doit rapidement traduire en actes ses belles paroles sur la fin de l’impunité, en poursuivant de manière crédible ceux qui, dans son camp, ont commis des crimes graves", encourage le rapport. "S’ils (les bailleurs de fonds et les gouvernements) veulent que la Côte d’Ivoire redevienne le moteur pacifique et prospère de l’Afrique de l’Ouest qu’elle a été dans le passé, ces partenaires doivent s’assurer que justice soit faite, et de manière visible, pour les crimes commis par les deux camps".
Un sujet qui ne semble pas être la priorité de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara.
Par Sarah Diffalah
11:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy
Côte d'Ivoire - France : L’universitaire Albert Bourgi parlant d'ADO; Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules
L’universitaire Albert Bourgi dénonce le couple Sarkozy-Ouattara, paru sur le site du nouveau courrier le 25/01/2012

Les préparatifs et le déroulement du voyage officiel de Ouattara à Paris relèvent de la politique spectacle, notamment par la couverture médiatique, bien ordonnée, qui l’entoure. Comment expliquez-vous cela ?
Il y a dans ce que vous venez de dire une volonté des autorités françaises de justifier, au nom d’une prétendue démocratie, la brutalité de leur intervention militaire de l’an dernier, en Côte d’Ivoire, et les scènes ignobles qui ont entouré l’arrestation de Laurent Gbagbo ainsi que les violences exercées par l’ex-rébellion sous les yeux des militaires français.
Aujourd’hui, l’argument de la démocratie brandi pour illustrer un soi disant changement de la politique africaine de la France est balayé par le climat de terreur instauré par les milices gouvernementales. On peut dire, à partir de témoignages fiables, que la peur règne sur la ville d’Abidjan et, qu’on soit partisan ou non de Gbagbo, tout le monde est soumis au même régime de violence aveugle imposé par les Forces républicaines de sécurité, les FRCI.
L’image d’une Côte d’Ivoire renouant avec la démocratie qu’on veut faire passer dans l’opinion française et internationale, détonne de plus en plus avec le scrutin législatif tronqué de décembre 2011, où, selon les chiffres officiels, à peine 36% des électeurs inscrits sont allés aux urnes. Que dire aussi de la répression sanglante exercée par les forces de Ouattara lors d’une manifestation publique autorisée, organisée par le parti fondé par Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien ? Bien entendu, de tout cela la presse française n’en a que très peu rendu compte et le Ministère français des Affaires étrangères, toujours prompt à réagir à toute entorse à la démocratie et à l’exercice des libertés, s’est montré plutôt discret.
Au-delà des considérations proprement politiques qui entourent ce voyage, la communication semble être omniprésente.
Elle est certes omniprésente dans ce voyage, décrit dans ses moindres détails en mettant particulièrement l’accent sur le dîner offert par Sarkozy à l’Elysée et sur les rencontres avec les plus hautes personnalités de l’État français. Mais cette communication, il ne faut jamais l’oublier, renvoie au travail de médiatisation outrancière accompli depuis une vingtaine d’années, pour façonner à coups d’informations souvent surfaites, l’image d’un d’homme d’État, rompu à toutes les arcanes de la finance et de la politique internationales. Autour de Ouattara, entré en politique au début des années 90, par effraction et en service commandé au profit d’intérêts financiers et économiques non nationaux, il y a eu surtout de la communication, voire seulement de la communication. Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules. Il faut croire que cela a marché et ce résultat est entretenu, aujourd’hui encore, avec l’aide de certaines agences de communication, bien introduites dans les sphères politiques et médiatiques. A défaut d’avoir convaincu politiquement, et même électoralement, une majorité de ses concitoyens (n’oublions pas son score ric rac sorti des tiroirs des Nations Unies à Abidjan,) il est parvenu à susciter un engouement des médias occidentaux, surtout français. Ce dernier aspect est lié autant à l’image d’un chef d’État dont le parcours politique est compatible avec la sulfureuse galaxie franco-africaine qu’à ses propres orientations idéologiques. Tout chez Ouattara le désigne pour entrer dans le club des chefs d’État d’Afrique francophones, qui, sauf rares exceptions, se comportent le plus souvent comme les supplétifs du Président français, surtout lorsqu’il s’appelle Nicolas Sarkozy. Je suis en train de lire une biographie de Frantz Fanon, parue il y a quelques mois, et je suis frappé par la ressemblance entre Ouattara et le personnage qui transparait du premier ouvrage de Fanon «Peaux noires et masques blancs».
Ce voyage marque le retour forcé de la France en Côte d’Ivoire tant sur le plan économique, financier et monétaire ?
Cela est vrai. Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous annonce la signature de contrats avec les entreprises françaises, la mise en œuvre de projets de développement, le détachement d’experts français (le dernier en date est celui d’un conseiller d’État en fin de carrière, soucieux surtout d’améliorer sa pension de retraite), ou la signature d’un nouvel accord militaire.
L’arrivée massive de techniciens français renvoie à la fin des années 70, où les assistants techniques de l’ancienne puissance coloniale peuplaient les administrations ivoiriennes, et surtout détenaient le véritable pouvoir de décision. Un article paru en 1981, dans un ouvrage collectif «la France contre l’Afrique», sous le titre «Faits et méfaits de l’assistance technique française en Côte d’Ivoire», pourrait facilement s’appliquer à la situation actuelle. Sauf qu’aujourd’hui, et malgré le tour de passe-passe électoral qui lui a permis d’arriver au pouvoir, Ouattara ne peut plus gouverner comme le faisait Félix Houphouët Boigny. Ce dernier, quel que soit son autoritarisme, bénéficiait d’une aura réelle. Or aujourd’hui ce n’est pas le cas, car même si l’on prend en compte les chiffres concoctés par l’Onuci, à peu près un Ivoirien sur deux a voté contre Alassane Ouattara. Ce dernier ne doit pas se méprendre : l’état de grâce dont il croit jouir n’est dû qu’à la présence massive de l’armée française le plus souvent assignée à des tâches de maintien de l’ordre, à l’installation à l’Elysée de son ami Sarkozy, et peut être au traumatisme subi par le peuple ivoirien. Or ces trois conditions ne seront plus remplies dans quelques mois.
Recueilli par Théophile Kouamouo
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Côte d'Ivoire : Enfin Alassane Ouattara reconnait sa minorité

Dans une interview parue dans l'express du 25 janvier 2012, suite à sa visite en France, Alassane Ouattara affirme haut et fort et fierement qu'il n'est representatif que de 40% de la population ivoirienne (les gens de sa communauté). Il est donc président avec 40%. Dans la démocratie de l'ONU, en effet c'est une minorité qui gouverne le monde (les 6 qui ont le droit de véto). Comment serait-il autrement si l'ONU certifie des élections dans un pays? Enfin, les vrais chiffres commencent à sortir. Comme quoi, "on ne peut pas cacher le soleil avec la main" dit un adage de chez nous.
Cette vérité même les pro-ouattara de l'hexagone, les blancs commencent à en parler, par ce titre évocateur de l'interview d'ADO au pays du colon Sarko qui suit:
Côte d'Ivoire: Ouattara veut "protéger les minorités"

Selon Ouattara, la communauté acquise à sa cause represente 40% de la population ivoirienne.
Ces propos: Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité
Il veut traverstir dejà l'histoire que nous vivons encore, pas un passé mais un présent. "quelle hypocrisie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!". Il oublie que il est là où il est, grace à la volonté d'un seul homme, le Président Laurent Gbagbo. Mais bon qu'est ce que vous voulez, la vie est ainsi faite, l'hypocrisie c'est le fort des français, les alliés d'ADO pris par les couilles (Dominique).
Lisez plutôt:
En exclusivité pour L'Express, le chef de l'Etat ivoirien en visite en France ce mercredi répond point par point aux griefs que suscite son action.
La réconciliation
Elle ne devient réalité que lorsque les uns et les autres se sentent en paix et en sécurité. Il faut avant tout améliorer les conditions de vie, restaurer les pistes, bâtir des centres de santé ou des écoles. Voilà pourquoi j'ai retardé ma visite dans l'Ouest, initialement programmée en octobre dernier, et que j'accomplirai en mars : une telle tournée coûte l'équivalent de 2 millions d'euros. Or je ne veux pas, comme Laurent Gbagbo, engloutir 90 % de ce budget dans le dispositif de sécurité et l'intendance. Qu'est-ce que j'apporte aux populations ? Voilà la question. D'abord, du concret sur le terrain."
L'impasse foncière
Nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété
"Il faut avoir le courage de s'attaquer enfin au problème du foncier rural, ce que personne n'a fait jusqu'alors. Je vais le régler, d'autant que je dispose d'une majorité solide à l'Assemblée. Les ministres de la Justice et de l'Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Il y aura des décisions difficiles à prendre, mais nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété."
La citoyenneté
"Il est grand temps aussi de résoudre la question de la nationalité. Ce n'est pas parce qu'on se nomme Ouedraogo ou Diop qu'on ne peut être citoyen ivoirien. Ceux qui prétendent qu'il y a un problème religieux dans ce pays font erreur. En revanche, il y a des problèmes ethniques. Chez nous, un dixième de la population est éparpillé en une cinquantaine d'ethnies. Les minorités ont une peur bleue de la majorité. Il faut donc tout faire pour les protéger. La Constitution et le Code électoral doivent mieux garantir leurs droits."
L'insécurité dans l'Ouest
"Nous sommes en train de rétablir l'ordre. La situation s'est améliorée le long de la frontière libérienne. La gendarmerie et la police ont été redéployées partout. Reste l'écueil de leur armement, bloqué pour l'heure par l'embargo onusien. Dans deux mois, ces forces recevront les armes légères dont elles ont besoin. A ce stade, dans les chefs-lieux, nos gendarmes n'ont ni locaux ni moyens de transport. Même si là encore il y a du mieux, notamment grâce aux véhicules donnés par la France."
La nomination de nordistes aux postes clefs
Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité
"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher."
Une "justice des vainqueurs"?
Si certains chefs militaires ont failli, ils seront démis, arrêtés et jugés
"J'ai mis en place une commission nationale d'enquête, qui rendra son rapport d'ici à la fin de février. Les individus incriminés seront jugés sur la base de ce document, et non à partir d'études rédigées par des ONG des droits de l'homme dont les équipes ont passé une semaine ou dix jours en Côte d'Ivoire. Si certains chefs militaires ont failli, ils seront démis de leurs fonctions et arrêtés. Dans un régime présidentiel, je peux mettre fin par décret, si besoin, au mandat de tel ou tel."
La réforme de l'armée
"Un chantier essentiel. Il y aura refonte de l'état-major et encasernement des soldats. Un corps de réservistes, formés et encadrés, aura vocation à participer à des travaux de développement. De même, nous créerons un fonds de rachat des armes. Tous les combattants d'hier veulent devenir membres de l'armée nouvelle, mais tous ne le seront pas. S'agissant des accrochages récents entre civils et militaires, j'ai convoqué il y a peu tous les généraux pour leur dire ceci : "S'il n'y a pas d'amélioration notable en la matière dans les trois mois, je mets un terme à vos fonctions."
source: lexpress.fr
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23.01.2012
Côte d'Ivoire : Les opérateurs économiques burkinabès prennent d'assaut la Côte d'Ivoire
Quand Soro joue les VRP de Blaise

Les réseaux d’affaires proches du palais de Kosyam, à Ouagadougou, empochent les dividendes de la relation privilégiée entre Guillaume Soro et Blaise Compaoré.
La proximité entre le premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, et son “parrain” Blaise Compaoré profite aux cercles d’affaires burkinabè traditionnellement discrets en Côte d’Ivoire. En juillet, Mohammed Abdulaï a ouvert une filiale de sa société Faso constructions et services à Abidjan.
Quelques semaines plus tard, cette entreprise a décroché le contrat de la construction du futur complexe sportif Alassane Ouattara de Grand-Bassam (6 milliards F CFA) et la rénovation du Palais des sports d’Abidjan (1,3 milliard F CFA). Le PDG de la firme de BTP Sol confort et décor, Michel Zida, possède aussi ses entrées à la primature ivoirienne. Tout comme le représentant du président burkinabè en Côte d’Ivoire,
Boureima Badini, et l’opposant mauritanien
Mustafa Limam Chafi, devenu très proche de l’exécutif ivoirien, qui usent de leur influence pour introduire les businessmen burkinabè à Abidjan.


Nommée, fin décembre, présidente de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture du Burkina Faso (LC nº626), la femme d’affaires Alizèta Ouédraogo, belle-mère de François Compaoré, frère du “Beau Blaise”, envisage d’implanter, cette année à Abidjan, une filiale de sa société de construction immobilière Azimmo, en visant les marchés des logements sociaux.
Après avoir succédé à son père El Hadj Oumarou Kanazoé, l’ex-empereur du BTP au Burkina Faso décédé en octobre (LC nº625), Mady Kanazoé a décroché plusieurs marchés de réhabilitation de tronçons routiers dans le Nord ivoirien.

Dans le domaine des finances, le banquier burkinabè Idrissa Nassa, patron de Coris Bank et proche d’Ibrahim Ouattara, frère cadet du chef de l’Etat ivoirien, songe à ouvrir plusieurs agences de son groupe en Côte d’Ivoire.
Source: La Lettre du Continent
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17.01.2012
France : Quand la bataille médiatique rattrape l'élysée
Perte du AAA : Fillon et Copé dénoncent un "petit tsunami médiatique indécent"

Le premier ministre, François Fillon, en réponse à une question du patron de l'UMP, Jean-François Copé, a de nouveau dénoncé, mardi 17 janvier à l'Assemblée nationale, la réaction de la gauche à la dégradation de la note de la France, la qualifiant de "petit tsunami médiatique qui était par moments aussi indécent que déplacé".
Le député de Seine-et-Marne et maire de Meaux avait aussi fustigé, dans sa question, les réactions socialistes, en particulier celle du candidat à la présidentielle François Hollande : "J'ai été comme beaucoup indigné de voir M. Hollande, depuis les Antilles, dans une salle, il est vrai, à moitié vide, penser que ce qui est une mauvaise nouvelle pour la France serait une bonne nouvelle pour lui".
"TRÈS GRANDE INCERTITUDE"
Pour François Fillon, qui a rappelé les différentes décisions prises par les trois principales agences vis-à-vis du triple A français, Standard & Poor's, Moody's et Fitch, "à leur manière, disent la même chose".
"Elles disent qu'il y a une très grande incertitude qui pèse sur l'économie européenne, et il est donc parfaitement inutile de se jeter avec gourmandise sur leurs jugements pour leur faire dire ce qu'ils ne disent pas", a-t-il plaidé.
Evoquant notamment la légère baisse des taux d'emprunt à 10 ans pour la France, il a argué que, "pour une fois", les marchés avaient "été un peu moins erratiques que les responsables politiques".
"CHERCHER LA CROISSANCE"
"Notre pays a (...) besoin d'unité nationale. Nous ne demandons pas à l'opposition d'approuver nos choix et notre bilan, nous lui demandons simplement de ne pas aggraver les difficultés de notre pays", a encore clamé le premier ministre, longuement applaudi sur les bancs de la majorité.
A la veille du sommet sur la crise à l'Elysée, M. Fillon a en outre fait valoir que celui-ci devait permettre "de regarder avec les partenaires sociaux comment la France peut aller chercher la croissance en améliorant [sa] compétitivité". "Désormais, la priorité doit être à la recherche de la croissance", a-t-il insisté.
source lemonde.fr
NB: Ils détruisent les pays Africains et parlent 'unité nationale chez eux. Quand est ce que les Africains vont se reveiller? Car ce jour là, la france sombrera.
22:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, sarkozy, ump, ps, élections présidentielles
États-Unis - Côte d'Ivoire : les vérités d'Hillary Clinton à Alassane Ouattara
Les États-Unis souhaitent que Guillaume Soro et tous les proches du pouvoir qui auraient pu commettre des crimes et exactions comparaissent devant la CPI, même en qualité de simples témoins.

Le tête à tête à Abidjan entre la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et le président ivoirien Alassane Ouattara commence à livrer quelques secrets. Révélations exclusives.
Au cours de la conférence de presse suivant la rencontre Hillary Clinton - Alassane Ouattara, mardi 17 janvier à Abidjan, la langue de bois diplomatique a été bien respectée, l’envoyée de Barack Obama se disant satisfaite des derniers progrès enregistrés en Côte d'Ivoire, avec notamment l’organisation des élections législatives pacifiques du 11 décembre dernier. Mais en privé, la chef de la diplomatie américaine n’a pas hésité à employer son franc-parler habituel avec son interlocuteur.
De sources diplomatiques américaines, il a été fortement recommandé au chef de l’État ivoirien de former un gouvernement de réconciliation nationale avec, à la clé, le départ de l’actuel Premier ministre. « Les États-Unis souhaitent que Guillaume Soro et tous les proches du pouvoir qui auraient pu commettre des crimes et exactions comparaissent devant la Cour pénale internationale (CPI), même en qualité de simples témoins. Ce message très clair a été passé au président ivoirien », confie une source américaine consultée par Jeune Afrique.
L’instauration d’un État de droit, avec moins d’immixtions d’hommes politiques et de militaires dans les affaires de la justice semble être une priorité pour les Américains. Lesquels conditionnent l’octroi de leurs aides dans plusieurs domaines, notamment dans la santé, l’éducation, la sécurité, l’économie et l’agriculture, à des progrès dans la bonne gouvernance. Une position qui rejoint celle de la France, qui doit également envoyer des émissaires de haut rang cette semaine.
source Jeuneafrique.com Par Baudelaire Mieu, à Abidjan
21:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy
Côte d'Ivoire : Le témoignage d'un rescapé de la barbarie française durant la crise post-électorale
Sidiki BAKABA, comédien et réalisateur : « Dans le bunker de Gbagbo, j'ai échappé à la mort »

Le comédien ivoirien Sidiki Bakaba, 62 ans, est un miraculé. Il a vu la mort de près, de très près même. Le 11 avril 2011, jour de la chute et de la capture de Gbagbo, des soldats pro-Ouattara ont voulu l'exécuter. Il a été sauvé de justesse par des militaires français qui passaient par là. La veille, le 10 avril, un obus tiré à partir d'un hélicoptère français de la Licorne a failli le réduire en bouillie. Au Festival du film de Tanger où nous l'avons rencontré, l’ancien directeur du Palais de la Culture d'Abidjan nous a livré un récit poignant de l'odyssée qui a failli lui coûter la vie. Nous vous livrons, tel quel, le témoignage d'un homme qui revendique toujours une amitié de 40 ans avec Laurent Gbagbo.
« Le 10 avril 2011, veille de la capture de Gbagbo, je filmais avec ma caméra. Ma maison est dans la même rue que celle de la résidence où le président s'était retranché avec ses proches, dans un bunker. Autour de moi, ça n'arrêtait pas de tirer. Il y avait plus de 300 militaires et des blindés dans les environs. J'étais bloqué chez moi. Des soldats pro-Gbagbo me disaient : «vieux père, nous nous battons pour libérer l'Afrique ! Ils semblaient enthousiastes. Ils m'ont même mis dans leur blindé et j'ai pu filmer les rues désertées de Cocody. Plus tard, ils sont revenus me dire : "vieux père, ça commence à se gâter ; il faut partir, car si les Frci (Forces républicaines de la Côte d'Ivoire) te trouvent ici ils vont t'arroser de balles d'autant plus qu'il y a des mercenaires parmi eux". Fuir, mais pour aller où ? Le quartier était encerclé et il n'y avait plus d'issue. Et puis je ne fais pas de politique moi ! J'ai juste la malchance, si on peut appeler cela une malchance, d'avoir croisé sur mon chemin, il y a 40 ans, un certain Laurent Gbagbo avec qui j'ai partagé des moments d'exil à Paris et qui est devenu président plus tard.
Pendant le conflit, j'ai filmé des exactions de part et d'autre et c'est dommage que ma caméra et toutes mes cassettes soient détruites par les soldats de Ouattara. Est ce que le fait de témoigner c'est prendre partie ? Ces images à jamais perdues auraient bien éclairé l'opinion aujourd'hui que Gbagbo est devant la juridiction internationale. Le 10 avril 2011, j'étais devant la résidence. J'avais décidé d'aller voir le président pour lui demander de tout laisser tomber, de partir pendant qu'il est encore temps, car cela n'en valait plus la peine.
Des cadavres autour de moi
En filmant avec ma caméra, j'ai, subitement, vu un hélicoptère français qui volait à basse altitude et qui faisait du surplace. Comme saisi d'une intuition, je me suis dit : tiens, et s'il prenait ma caméra pour une arme ? Sans hésiter, j'ai sauté à plat ventre dans le poste de garde de la résidence. J'ai, ensuite, entendu le bruit assourdissant d'un obus qui passe au dessus de ma tête. Le souffle de l'explosion m'a soulevé à presque un mètre du sol. En bon musulman, j'ai imploré Dieu à trois reprises. Quand j'ai retrouvé mes esprits, j'ai vu de nombreux cadavres autour de moi, des corps démantelés, des têtes et des membres partout. Parmi les morts, de jeunes soldats qui, quelques secondes plus tôt, me disaient d'entrer à l'intérieur de la résidence. C'était horrible ! J'essaie de marcher, mais ma jambe gauche est sérieusement touchée par des éclats d'obus. Alors, j'ai sautillé jusqu'à l'infirmerie remplie de blessés. Les médecins veulent me faire monter au balcon où se trouvait une autre installation médicale, mais je me suis ravisé. Heureusement, car, quelques minutes plus tard, un autre obus français a réduit en poussière cet endroit, tuant le personnel soignant et tous les blessés qui s'y trouvaient.
J'ai rampé jusqu'à l'intérieur du bâtiment principal où, sans anesthésie, des infirmiers m'ont lacéré la jambe avec des rasoirs pour extraire de mon corps les 40 éclats d'obus. Mais, je ne sentais aucune douleur, j'étais dans une semi-inconscience. Je me disais que c'était la fin, que j'allais mourir, mais je tenais à ce que mon cadavre soit intact, afin que mon épouse qui vit à Paris puisse le récupérer et m'enterrer dignement. Puis, le service de presse de la Présidence m'a filmé et a mis les photos sur Internet. C'est à partir de ce moment que tout le monde a su que j'étais sérieusement blessé.
Dans la résidence, c'était l'apocalypse. Certains criaient, d'autres pleuraient ou priaient. Moi, j'étais plongé dans une semi-conscience et j'avais comme l'impression de vivre un cauchemar. L'ancien ministre de l'Intérieur, Désiré Tagro, secrétaire général de la Présidence, assis à côté de moi, me réconfortait. Plus tard, quand Gbagbo m'a vu, il s'est écrié : "mais pourquoi ils lui ont fait ça ?" Il disait qu'on ne doit pas toucher à un artiste, à un symbole. Plus tard, Tagro a été, affreusement, tué après qu'une balle lui ait arraché la mâchoire et défiguré le visage.
Manipulation des médias occidentaux
Ce que j'ai vu, ce jour-là, est horrible : des hommes, des femmes et des enfants dont les restes étaient éparpillés un peu partout. C'était vraiment de la sauvagerie et aucun être humain, même s'il a commis des crimes, ne mérite d'être traité ainsi. Il y a eu une grande manipulation de la part des médias occidentaux dans cette crise ivoirienne qui n'a pas encore révélé tous ses secrets. La nuit du 10 au 11 avril, les bombardements d'hélicoptères et les tirs des chars continuaient à s'abattre sur la résidence. Le bunker tremblait de partout.
Durant toute la nuit, j'étais comme mort, inconscient, plongé dans un rêve qui refusait de s'achever. Au petit matin du 11 avril (jour de l'arrestation de Gbagbo, Ndr), entre des moments de conscience et de coma, je me suis retrouvé debout, les mains en l'air, quelque part, avec d'autres blessés. Je croyais que j'étais dans la forêt, mais j'étais à quelques centaines de mètres du Golf Hôtel où le désormais ex-président, son épouse et ses proches étaient conduits. Nous étions trop mal en point pour être emmenés au Golf où les caméras du monde entier risquaient de nous filmer.
J'étais adossé à un mur, les bras en l'air, comme devant un peloton d'exécution. Au fond de moi, je me demandais : mais pourquoi je suis encore vivant ? Devant moi, trois soldats, avec des bonnets africains surmontés de plumes, qui ressemblent à des chasseurs dozos. Des gens du Nord comme moi le Malinké, petit-fils de Cheikh Fantamady Aïdara (de par ma mère), qu'ils veulent tuer. L'un de ces "bilakoros (non circoncis, Ndr) me dit : "Sidki Bakaba, tu es fidèle toi. Fidèle jusqu'au bout. J'aime les gens fidèles". En le regardant, c'est comme si j'étais devant un miroir qui me renvoyait ma propre image. Le deuxième me lance : donne-moi ta montre. Il me l'arrache ainsi que ma chaîne et mon bracelet en argent. Je me disais, au fond de moi : mais c'est fou ça, tu ne peux pas bombarder une résidence présidentielle il y a quelques heures et puis voler une montre à un blessé ! J'avais de la compassion pour ces gens-là. J'étais presque nu, je n'avais plus que mon slip et tout ce qu'ils m'ont laissé, c'est ce chapelet (il nous le montre) que j'ai hérité de ma maman dont le décès m'avait trouvé au Japon.
L'un des soldats qui semblait être le chef de la bande compose un numéro sur son téléphone portable et je l'entends dire : nous avons capturé Bakaba. Je me disais que, puisque son interlocuteur semble me connaître, j'allais être sauvé. C'est en ce moment que l'un des bilakoros s'avance vers moi d'un air menaçant et me donne un violent coup de crosse de sa kalachnikov sur la tête. Un liquide m'envahit le visage, du sang mélangé à ma sueur. Il me donne un autre coup de crosse sur mon œil qui est resté fermé pendant une dizaine de jours. Sans aucune pitié, il m'enfonce un couteau sur l'épaule gauche. Son chef lui crie enfin : "mais, arrête, qu'est-ce qu'il t'a fait ?". Derrière moi, les autres prisonniers avec qui j'étais pleuraient, criaient. Ce qui a ébranlé mes bourreaux, c'est mon calme olympien, malgré mes souffrances. Cela les a sans doute désarçonnés.
«Honte d’appartenir à la race des Africains»
Mais, il était dit que je n'allais pas mourir ce jour-là. Comme par hasard, des militaires français passent dans les parages avec leur char. J'étais avec Paul Madys, un chanteur proche de Gbagbo dont la sœur a été tuée dans sa maison. L'un des soldats français, sentant sans doute qu'on allait nous exécuter, a voulu nous emmener avec lui, mais il tenait, d'abord, à informer ses collègues. Paul Madys leur dit : "si vous nous laissez là, ils vont nous tuer. Emmenez Sidiki avec vous et laissez-moi ici, je préfère mourir et le sauver, même si j'ai 20 ans de moins que lui". Cette phrase m'a ébranlé, car ce jeune homme n'est pas du Nord, n'est pas malinké comme moi, pourtant, il a voulu se sacrifier pour ma survie. Finalement, les militaires français nous ont tous embarqués dans leur char et nous ont conduits à l'hôpital de Cocody. Dans le char, pour la première fois, depuis presque deux jours, je sens enfin une fraîcheur m'envahir. A l'hôpital, les médecins et tout le personnel soignant se sont occupés de moi et m'ont mis à la chambre 13. Le médecin-chef m'a dit : "il vaut mieux qu'on te déclare mort, sinon ils vont venir t'achever". La rumeur de ma mort s'est propagée un peu partout et c'est peut-être ça qui m'a sauvé la vie. Heureusement, car de ma chambre située à l'étage, j'entendais des rafales de mitraillettes. Le médecin m'a confié que ce sont des militaires pro-Ouattara qui venaient achever des jeunes qui étaient internés aux urgences.
De Paris, mon épouse Ayala (de nationalité française, Ndr) a contacté par téléphone le gardien de notre maison, désormais occupée par des soldats qui ont détruit tout mon matériel audiovisuel, mes archives accumulées durant des décennies, ma salle de montage, mes cassettes. Et c'est par chance que notre gardien a pu récupérer mon passeport français, miraculeusement, sauvé des pillages. Après des efforts multiples, elle a saisi la cellule de crise du Quai d'Orsay, le nouvel ambassadeur de la Côte d'Ivoire à Paris, Aly Coulibaly (un jeune que j'ai vu grandir) qui, à son tour, a contacté le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou. Je suis, finalement, rapatrié en France, après de nombreux jours passés au Chu de Cocody. Le médecin français qui m'a consulté à mon arrivée m'a dit que si j'étais resté 24 h de plus à Abidjan, j'allais mourir, tellement mon corps était empoisonné par les balles et les blessures.
C'est en France que j'ai appris l'arrestation de Gbagbo. Aujourd'hui, je dois ma vie aux médecins de Cocody, mais surtout à ces jeunes soldats français que je ne connais même pas. J'ai passé une dizaine de jours en rééducation dans une structure à l'île de Ré, en France, et c'est un miracle si je suis là à Tanger en train de vous raconter tout ça, avec tout mon corps intact, même si, parfois, j'ai des pertes de mémoire.
C'est, peut-être, le chapelet de ma mère qui m'a sauvé. Je me suis soigné avec le peu d'argent que j'avais, car mes comptes ont été bloqués, comme ces 400 autres personnes proches de Gbagbo dont des journalistes qui avaient un salaire d'à peine 100 mille francs Cfa. »
source : lesoleil.sn
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15.01.2012
Afrique: Conséquence de la mort de Kadhafi, Les journalistes de la Pana sont restés cinq mois sans salaire

La mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, n’a pas fait que des heureux en Afrique où il avait de nombreuses participations dans les sociétés privées et publiques. C’est le cas à l’Agence panafricaine de presse (Pana) dont il était principal bailleur. Au siège de l’agence africaine à Dakar, les journalistes sont restés cinq mois sans salaire.
La mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, assassiné au mois de novembre dernier par les rebelles du Conseil national de transition (Cnt) n’a pas fait que des heureux, surtout en Afrique. Sa générosité et son panafricanisme affiché l’avaient amené à jouer un grand rôle dans l’économie des pays africains. Ainsi, il a été à l’origine de la création de plusieurs entreprises, dans des secteurs divers comme la banque, l’hôtellerie, et les médias. De la même manière, le Guide a, grâce à ses financements conséquents, permis de sauver plusieurs entreprises nationales privées et publiques de la faillite. C’est le cas de la Pana. Grâce aux financements de Kadhafi, l’Agence panafricaine de presse, condamnée à une banqueroute certaine, a été maintenue en vie avec les financements de fonds libyens. Entre 2002 et 2008, la Libye de Kadhafi a versé à la Pana huit millions de dollars. Ce que Tripoli a continué à faire jusqu’à la mort tragique de l’ancien homme fort de la Libye.
En attendant que les nouvelles autorités libyennes fassent le point sur l’héritage laissé par Kadhafi, certaines de ces sociétés comme la Pana sont au bord de l’asphyxie financière. En effet, selon des journalistes en service au siège de la Pana à Dakar, depuis l’éclatement de la crise libyenne, les financements n’arrivent qu’au compte-gouttes. Et depuis, le mois d’août dernier, les salaires des journalistes ne sont pas payés. De fait, la Pana dispose du plus grand réseau de correspondants dans le monde avec plus de 150 journalistes dans les grandes capitales dont deux bureaux : en France et aux Usa.
Au siège de la Pana à Dakar, les journalistes avaient trouvé, nous dit-on, des moyens de s’entraider à travers une caisse de solidarité qui leur permettait d’acheter des denrées alimentaires qu’ils distribuaient entre eux. Depuis le mois de novembre dernier, la caisse de solidarité s’est vidée. Les journalistes eux-mêmes ont épuisé les économies qu’ils avaient gardées dans les banques. Certains vivent présentement des conditions difficiles. Plusieurs d’entre eux sont menacés d’expulsion par leurs locataires pour cumul d’arriérés de loyer. D’autres ont vu leurs enfants renvoyés de l’école, faute de paiement de la scolarité depuis des mois.

Les journalistes de la Pana interpellent l’Union africaine qui s’était engagée à faire de l’Agence un outil d’information du continent. Si la Pana venait à disparaître avec la mort de Kadhafi, l’Afrique perdrait un outil de communication. Pour cause, la Pana qui diffuse en quatre langues : anglais, arabe, français et portugais, est née de la volonté des chefs d’Etat et de gouvernements de doter l’Afrique d’un outil d’information et de communication. Aujourd’hui, tout laisse à croire qu’il faut s’attendre, après des départs massifs de journalistes, à une situation plus complexe, si les arriérés de salaire perdurent.
Mamadou SARR
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Afrique : Au Nigeria, de l’essence sur la braise
mercredi 11 janvier 2012, par Jean-Christophe Servant (Le Monde diplomatique)

De Kano à Lagos, c’est toute la société nigériane, toutes confessions confondues, qui s’oppose depuis deux jours, à l’occasion d’une grève générale largement suivie, à la décision gouvernementale de supprimer la subvention au secteur pétrolier. Adoptée trois semaines après la première visite au Nigeria de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), cette mesure a surpris par sa brutalité les 160 millions d’habitants du pays le plus peuplé du continent africain : au 1er janvier, le prix du litre d’essence est en effet passé sans coup férir de quelque 30 centimes d’euros le litre à plus de 66 centimes, provoquant une ruée sur les pompes des grandes mégapoles de la fédération.

La ministre des finances, Ngozi Ojonko-Iwela, ancienne cadre de la Banque mondiale, a rétorqué que cette brutale hausse de l’essence – que le Nigeria, bien que première puissance pétrolière subsaharienne, est obligé d’importer du fait de la mort clinique de ses raffineries – n’affecterait que les propriétaires de grosses cylindrées, et, globalement, la minorité la plus aisée du pays. A terme, le gouvernement compte engager les 8 milliards de dollars d’économie qui seront réalisés annuellement sur ce poste – soit 5 % du produit national brut – dans des programmes de développement ciblant la santé et l’éducation et provoquer une accélération des investissements privés, en premier lieu dans le secteur du raffinage.
La réaction de la rue – d’où émergent, fait nouveau, des organisations de type 2.1, branchées sur les réseaux sociaux, tel le mouvement Occupy Nigeria – atteste surtout, une nouvelle fois, du décalage surréaliste entre le quotidien des élites offshore de la capitale, Abuja, et celle de l’immense majorité des Nigérians. Pour les 70 % qui continuent à vivre avec moins de 2 dollars par jours, et les près de trente millions de jeunes sans aucun emploi, la flambée du prix de l’essence n’a pas seulement affecté les transports publics qu’ils empruntent quotidiennement. Elle renchérit également l’électricité, majoritairement produite par des générateurs à cause des délestages récurrents, ainsi que les produits de première nécessité que le Nord agricole descend par la route vers les marchés du Sud.

C’est d’ailleurs au Nord que cette mesure risque d’avoir le plus de conséquences. La répression militaro-policière des manifestations de Kano contre le doublement du prix des carburants s’est déjà soldée par la mort de cinq personnes. Elle devrait d’abord conforter le ressentiment aigu de la population haoussa-peule, de confession musulmane, à l’encontre du pouvoir central, présidé, pour la première fois dans l’histoire du pays, par un chrétien issu d’une minorité ethnique du Delta du Niger, Goodluck Jonathan, un Ijaw, que l’on dit aligné sur Washington. Dans ce Nord fortement déçu par l’instauration – très politique – d’une charia [1] qui n’aura favorisé depuis 2000 que l’oligarchie locale, sans arrêter le creusement des inégalités économiques avec le Sud, la fin des subventions du prix de l’essence pourrait aussi très bien pousser de nouveaux déclassés vers la nébuleuse Boko Haram [2].
Deux ans et demi après la mort de son animateur, Mohammed Yusuf, lors d’une violente répression marquée par des centaines d’exécutions extrajudiciaires, nul ne sait plus précisément qui anime ce mouvement franchisé, désormais entré en guerre ouverte contre les chrétiens, à lire son obscur porte-parole. Jusqu’alors, Boko Haram avait surtout mené des opérations meurtrières contre des musulmans « occidentalisés », des attaques de symboles de l’Etat central, en premier lieu sa police, et perpétré l’attentat contre le siège des Nations unies au Nigeria.
Tout étant politique au Nigeria, d’aucuns s’interrogent : Boko Haram serait-il instrumentalisé par l’oligarchie haoussa, voire par d’anciens hauts responsables militaires nordistes, mis sur la touche depuis l’arrivée au pouvoir du président Jonathan et la recomposition ethnique de forces armées jusqu’alors majoritairement composées de septentrionaux ? D’autres vont encore plus loin en se demandant [3] si l’étendard Boko Haram n’est pas brandi également par des organisations criminelles liées au milieu ibo du sud-est chrétien. Dans les deux cas, il s’agirait de conforter une stratégie de la tension qui ne pourrait que déboucher sur un coup d’Etat militaire, voire sur la partition du pays, entre un Nord laissé aux tourments sahéliens et un Sud pétrolier utile à l’élite et à ses alliés occidentaux.
Jusqu’ici, et malgré les appels au dialogue de plusieurs responsables spirituels du Nigeria musulman, Aso Rock – la forteresse présidentielle – s’est contenté de la répression, au point d’avoir engagé en 2011 près de 20 millions de dollars par jour dans des opérations de sécurisation et de surveillance des lieux sensibles, en premier lieu ceux de la capitale fédérale. 25 % du budget 2012, un record dans l’histoire du Nigeria, sera consacré au renforcement de cet appareil militaro-sécuritaire, à la grande satisfaction des sociétés internationales privées qui se ruent sur ce pays « porteur ». Mais à la grande désillusion aussi, hélas, de la population.
Les Nigérians se trouvent désormais pris en otage entre un appareil répressif qui a reçu un chèque en blanc, un opaque « terrorisme islamique » qui semble de plus en plus obéir à des objectifs politico-criminels plutôt qu’idéologiques, et les injustes sacrifices requis par une « bonne gouvernance » destinée à satisfaire sur le court terme les institutions de Bretton Woods.
11:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nigéria, boko haram, islam, pétrole, grève, révolte, goodluck jonathan, abuja, nord, sud

