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30/01/2012

Côte d'Ivoire - France: Coopération militaire, accord de défense ou contrat de protection rapprochée?

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Lors de la visite de Mr Ouattara à son ami Sarkozy en France ces jours passés, l'un des temps forts de la rencontre de copains, est la signature d'un accord, un traité, un contrat de défense que l'on présente pompeusement comme un accord de défense franco-ivoirien.

Entre nous, lorsque nous savons que l'ONU, au lieu de surveiller et veiller à la Paix en Côte d'Ivoire, a participé au genocide planifié à l'Ouest du pays et s'est transformée en gardien de palais en lieu et place de la Paix et s'est trouvée une autre mission "escorte du cortège présidentiel" et "chargée d'encadrement des manifestations publiques et privées", nous comprenons que cet accord n'est pas un accord entre Etat, mais un contrat de protection rapprochée.

Certainement, les USA commençant à prendre leur distance avec le nouveau pouvoir, la protection rapprochée sous le couvert de l'ONU risque de s'effriter. Il faut donc prendre le taureau par les cornes en signant un contrat avec le copain Sarkozy pour sa protection rapprochée car Ouattara n'a rien à cirer de la sécurité des ivoiriens. C'est l'un des sens que l'on pourrait donner à cette forfaiture.

En effet, il a été revélé que les "forces armées françaises en Côte d'Ivoire" changent de dénomination et deviennent les "éléments français de la Côte d'Ivoire". Oh bou! C'est vrai que les FRCI (la milice tribale de Ouattara) affectionnent ce terme d'"élément", que les français recupèrent pompeusement. Quelle honte pour l'armée française. Devenir des "éléments" de Ouattara, bouahhhhhhhhhhhhhhh.

Mais si votre pays ne peut plus vous payer, parter chez vous! au lieu de vous humilier jusqu'à ce niveau pour le copain de l'autre (les éléments français de la Côte d'Ivoire). Vous êtes tombés bas dèh, vous faites partie maintenant des FRCI (la milice tribale de Ouattara). Nous ne pouvons même plus dire "milice tribale" parce que maintenant il y a blancs dedans. Han! ça fait pitié dèh. Même ce que FDS refuse (qu'on l'appelle FRCI), Blanc accepte. Hé! galère tu n'es pas bien dèh!

KIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Contrat de protection rapprochée française, nous on ne fait rien avec ça.
"Eléments français de la Côte d'Ivoire" oh kpo! il faut dire "FRCI français de Côte d'Ivoire" cela correspond bien mieux.

27/01/2012

Ouattara en France : comme au temps de la Françafrique ?

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Cela faisait un petit moment que Nicolas Sarkozy n'avait pas accueilli un chef d'Etat avec un tel faste. De son arrivée à l'aéroport d'Orly mercredi 25 janvier à son diner d'Etat à l'Elysée le lendemain, le parcours du président ivoirien, Alassane Ouattara, lors de ces trois jours de visite, a été jalonné d'intentions toutes particulières.

Le journal ivoirien "L'expression" rapporte avec fierté les honneurs rendus à leur président : "Cinq sections de l'armée française ont été mobilisées. Trois de l'armée de l'air, une de la marine nationale et une des forces paramilitaires."

A son arrivée à l'aéroport, accueilli par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, au "son de musique de la garde républicaine", le chef d'Etat étranger a passé en revue les troupes. Ensuite, il a rallié la place des Invalides à bord "d'un hélicoptère présidentiel escorté par deux autres hélicos de combat".

De la place, Alassane Ouattara est monté à bord "d'une Citroën hors série blindée escortée par une centaine de motards de la police et de la gendarmerie. Le point de chute étant l'hôtel cinq étoiles Le Meurice où il a pris ses quartiers." Au programme de jeudi, le chef d'Etat ivoirien s'est rendu sur la tombe du soldat inconnu avant de remonter l'avenue des Champs-Elysées décorée aux couleurs des deux pays, sous escorte de la cavalerie. Sur le plan des symboles, Paris a décidé de frapper fort.

A l'ancienne

"On a l'impression que la France a accueilli Houphouët Boigny (premier président de la Côte d'Ivoire et acteur de la Françafrique, ndlr) au temps de la guerre froide!", s'étonne Antoine Glaser, ancien rédacteur en chef de "La lettre du continent", spécialiste de l’Afrique. "Il y a quelque chose de très rétro qui ne correspond pas à la mondialisation de l'Afrique. C'est un accueil anachronique, d'un autre temps".

En effet, d'avis d'observateurs, aucun chef d'Etat ivoirien n'avait eu autant d'honneurs depuis ceux qui avaient été rendus au père de l'indépendance ivoirienne. A l'ancienne, Nicolas Sarkozy renoue ainsi avec un protocole loin de la rupture et en contradiction de la distance qu'il avait dit vouloir mettre avec les anciennes colonies lors de son élection en 2007.

Pour le spécialiste, c'est "l'échec d'une politique d'ouverture, une forme de régression". "Nicolas Sarkozy a eu la volonté de sortir du pré-carré français. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, s'est d'ailleurs appliqué ces derniers temps à se rendre en Afrique du Sud et au Nigéria délaissant les anciens partenaires. Voir aujourd'hui le président français recevoir Alassane Ouattara comme s'il représentait le pivot de la stratégie de la France en Afrique est un retour en arrière".

Une rupture non consommée

Et si la France n'avait jamais vraiment rompu son partenariat privilégié avec la Côte d'Ivoire ?
C'est ce pense Gilles Labarthe, journaliste et auteur "Sarko l’Africain" : "On est dans la continuité de la politique françafricaine. La promesse de Nicolas Sarkozy de rompre avec les anciennes méthodes n'a pas été appliquée. Il poursuit la démarche de clientélisme initiée dans les années 1980. La différence aujourd'hui c'est qu'on est dans la période des fils à papa."

Le contexte a cependant évolué. L'interventionnisme français a largement diminué. Mais Alassane Ouattara est aussi venu à Paris pour remercier la France de l'avoir soutenu lors de l'épisode électoral. Les soldats français ont même aidé les Ivoiriens à déloger Laurent Gbagbo.
"Cet accueil en fanfare est aussi une manière pour Nicolas Sarkozy de s'auto-congratuler, de se mettre en valeur. Il estime que son action en Côte d'Ivoire a résolu le conflit et a aidé à l'instauration de la démocratie", estime Gilles Labarthe.

L'ami de Sarkozy

Les liens particuliers qu'entretiennent Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara peuvent aussi expliquer tout ce décorum. Les deux hommes ne cachent pas leurs années d'amitié. Le couple ivoirien avait été reçu l'année dernière par Nicolas Sarkozy et Carla Bruni dans leur résidence d'été en Cap Nègre. Martin Bouygues, ami du chef d'Etat français, a assisté au mariage d'Alassane Ouattara et de son épouse Dominique –qui a fait le voyage aussi. RFI rappelle que pendant la traversée du désert de Nicolas Sarkozy, après la défaite d'Edouard Balladur en 1995, Alassane Ouattara n'a jamais rompu les liens.

Intérêts économique, militaire et diplomatique


Bien sûr, même les non-avertis savent que les intérêts économiques priment et que derrière ces honneurs affichés se cachent la préservation de la cinquantaine de grands groupes français présents en Côte d'Ivoire. "Bouygues va avoir un troisième pont important sur la lagune, Bolloré continue d'être très bien implanté. Total, arrivé en même temps que Laurent Gbagbo, devrait signer un contrat d'exploration pétrolier pour un gisement très prometteur qui se trouve à la frontière du Ghana", détaille Antoine Glaser. Le groupe Accor devrait signer officiellement la reprise de l'Hôtel Ivoire à Abidjan.

Sur le plan diplomatique, l'influence de la Côte d'Ivoire reste importante. "On peut imaginer qu'aux Nations Unis, la France puisse obtenir le soutien d'un bloc de voix africaines sur les différents sujets, par exemple. Ce qui avait manqué à Paris lors de l'intervention en Libye", fait remarquer le spécialiste de l'Afrique.

Sur le plan militaire, la priorité a été donnée à la signature d'un nouvel accord de défense. Quelque 300 soldats français devraient rester stationner en Côte d'Ivoire. Certes loin des milliers présents il y a encore quelques années, mais suffisamment pour asseoir une présence française en Afrique.

"Cette présence équivaut à mon sens à l'installation d'une base militaire permanente en Afrique", juge David Mauger de l'association Survie qui milite pour plus de transparence dans les relations franco-africaines.

La réconciliation en France mais pas en Côte d'Ivoire

Surtout cette visite tranche fortement avec la situation sur le terrain. Alors que la France et la Côte d'Ivoire célèbre la "réconciliation", à Abidjan les populations ne sont pas encore prêtes à oublier les violences post-électorales. Mercredi 24 janvier, à Yopougon, un quartier d'Abidjan fief de l'ex-président Laurent Gbagbo, la justice ivoirienne a exhumé le corps d'un homme découvert dans une fosse.

L'existence de nombreuses autres fosses a déjà été signalées. Les Nations unis avaient déjà fait état en 2011 de la découverte de 68 corps dans dix fosses communes. Dans un rapport datant d'octobre 2011, l'ONG Human Rights Watch (HRW), a appelé le président ivoirien a accentuer ses efforts pour enquêter sur les auteurs des massacres et note une "approche déséquilibrée" de la quête de justice. "Le gouvernement Ouattara a pris des mesures louables pour poursuivre en justice certains dirigeants du précédent régime [...] Cependant, la justice doit être au service des victimes des deux bords qui ont vu leurs proches être tués [...] et ne peut être un outil au seul service des vainqueurs."

Dans le rapport 2012 de HRW, on peut aussi lire que "les initiatives de justice nationale partiale, dans le cadre desquelles aucune charge n’a été portée contre des membres de son camp, ont menacé d’approfondir les divisions entre les communautés et ont mis à mal le retour à l’État de droit". "Le Président Ouattara doit rapidement traduire en actes ses belles paroles sur la fin de l’impunité, en poursuivant de manière crédible ceux qui, dans son camp, ont commis des crimes graves", encourage le rapport. "S’ils (les bailleurs de fonds et les gouvernements) veulent que la Côte d’Ivoire redevienne le moteur pacifique et prospère de l’Afrique de l’Ouest qu’elle a été dans le passé, ces partenaires doivent s’assurer que justice soit faite, et de manière visible, pour les crimes commis par les deux camps".

Un sujet qui ne semble pas être la priorité de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara.


Par Sarah Diffalah

Côte d'Ivoire - France : L’universitaire Albert Bourgi parlant d'ADO; Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules

L’universitaire Albert Bourgi dénonce le couple Sarkozy-Ouattara, paru sur le site du nouveau courrier le 25/01/2012
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Les préparatifs et le déroulement du voyage officiel de Ouattara à Paris relèvent de la politique spectacle, notamment par la couverture médiatique, bien ordonnée, qui l’entoure. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a dans ce que vous venez de dire une volonté des autorités françaises de justifier, au nom d’une prétendue démocratie, la brutalité de leur intervention militaire de l’an dernier, en Côte d’Ivoire, et les scènes ignobles qui ont entouré l’arrestation de Laurent Gbagbo ainsi que les violences exercées par l’ex-rébellion sous les yeux des militaires français.

Aujourd’hui, l’argument de la démocratie brandi pour illustrer un soi disant changement de la politique africaine de la France est balayé par le climat de terreur instauré par les milices gouvernementales. On peut dire, à partir de témoignages fiables, que la peur règne sur la ville d’Abidjan et, qu’on soit partisan ou non de Gbagbo, tout le monde est soumis au même régime de violence aveugle imposé par les Forces républicaines de sécurité, les FRCI.

L’image d’une Côte d’Ivoire renouant avec la démocratie qu’on veut faire passer dans l’opinion française et internationale, détonne de plus en plus avec le scrutin législatif tronqué de décembre 2011, où, selon les chiffres officiels, à peine 36% des électeurs inscrits sont allés aux urnes. Que dire aussi de la répression sanglante exercée par les forces de Ouattara lors d’une manifestation publique autorisée, organisée par le parti fondé par Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien ? Bien entendu, de tout cela la presse française n’en a que très peu rendu compte et le Ministère français des Affaires étrangères, toujours prompt à réagir à toute entorse à la démocratie et à l’exercice des libertés, s’est montré plutôt discret.

Au-delà des considérations proprement politiques qui entourent ce voyage, la communication semble être omniprésente.

Elle est certes omniprésente dans ce voyage, décrit dans ses moindres détails en mettant particulièrement l’accent sur le dîner offert par Sarkozy à l’Elysée et sur les rencontres avec les plus hautes personnalités de l’État français. Mais cette communication, il ne faut jamais l’oublier, renvoie au travail de médiatisation outrancière accompli depuis une vingtaine d’années, pour façonner à coups d’informations souvent surfaites, l’image d’un d’homme d’État, rompu à toutes les arcanes de la finance et de la politique internationales. Autour de Ouattara, entré en politique au début des années 90, par effraction et en service commandé au profit d’intérêts financiers et économiques non nationaux, il y a eu surtout de la communication, voire seulement de la communication. Il s’agissait de «vendre» un personnage étranger jusque là à la scène politique ivoirienne, et dont le charisme et les qualités oratoires ne le prédestinaient pas à emporter les foules. Il faut croire que cela a marché et ce résultat est entretenu, aujourd’hui encore, avec l’aide de certaines agences de communication, bien introduites dans les sphères politiques et médiatiques. A défaut d’avoir convaincu politiquement, et même électoralement, une majorité de ses concitoyens (n’oublions pas son score ric rac sorti des tiroirs des Nations Unies à Abidjan,) il est parvenu à susciter un engouement des médias occidentaux, surtout français. Ce dernier aspect est lié autant à l’image d’un chef d’État dont le parcours politique est compatible avec la sulfureuse galaxie franco-africaine qu’à ses propres orientations idéologiques. Tout chez Ouattara le désigne pour entrer dans le club des chefs d’État d’Afrique francophones, qui, sauf rares exceptions, se comportent le plus souvent comme les supplétifs du Président français, surtout lorsqu’il s’appelle Nicolas Sarkozy. Je suis en train de lire une biographie de Frantz Fanon, parue il y a quelques mois, et je suis frappé par la ressemblance entre Ouattara et le personnage qui transparait du premier ouvrage de Fanon «Peaux noires et masques blancs».

Ce voyage marque le retour forcé de la France en Côte d’Ivoire tant sur le plan économique, financier et monétaire ?

Cela est vrai. Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous annonce la signature de contrats avec les entreprises françaises, la mise en œuvre de projets de développement, le détachement d’experts français (le dernier en date est celui d’un conseiller d’État en fin de carrière, soucieux surtout d’améliorer sa pension de retraite), ou la signature d’un nouvel accord militaire.

L’arrivée massive de techniciens français renvoie à la fin des années 70, où les assistants techniques de l’ancienne puissance coloniale peuplaient les administrations ivoiriennes, et surtout détenaient le véritable pouvoir de décision. Un article paru en 1981, dans un ouvrage collectif «la France contre l’Afrique», sous le titre «Faits et méfaits de l’assistance technique française en Côte d’Ivoire», pourrait facilement s’appliquer à la situation actuelle. Sauf qu’aujourd’hui, et malgré le tour de passe-passe électoral qui lui a permis d’arriver au pouvoir, Ouattara ne peut plus gouverner comme le faisait Félix Houphouët Boigny. Ce dernier, quel que soit son autoritarisme, bénéficiait d’une aura réelle. Or aujourd’hui ce n’est pas le cas, car même si l’on prend en compte les chiffres concoctés par l’Onuci, à peu près un Ivoirien sur deux a voté contre Alassane Ouattara. Ce dernier ne doit pas se méprendre : l’état de grâce dont il croit jouir n’est dû qu’à la présence massive de l’armée française le plus souvent assignée à des tâches de maintien de l’ordre, à l’installation à l’Elysée de son ami Sarkozy, et peut être au traumatisme subi par le peuple ivoirien. Or ces trois conditions ne seront plus remplies dans quelques mois.

Recueilli par Théophile Kouamouo