topblog Ivoire blogs

25/05/2012

France - Côte d'Ivoire - ONU : Arrestation du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011: Une décision "de la France et des Nations unies"

France / Côte d’Ivoire / 11 avril 2011 -
Article publié le : mardi 17 avril 2012 - Dernière modification le : mardi 17 avril 2012
france,onu,onuci,côte d'ivoire,laurent gbagbo,alassane ouattara,nicolas sarkosy,jean marc simon,obama,ban ki moon,choi,crise postelectorale,guerre civile,armée française,bombardementfrance,onu,onuci,côte d'ivoire,laurent gbagbo,alassane ouattara,nicolas sarkosy,jean marc simon,obama,ban ki moon,choi,crise postelectorale,guerre civile,armée française,bombardement







Par Christophe Boisbouvier / RFI

Quel a été le rôle de la France lors de l’arrestation de Laurent Gbagbo ? Un an après, voici le témoignage de Jean-Marc Simon sur les événements du 11 avril 2011. Ambassadeur de France à Abidjan au moment des faits, il est aujourd'hui à la retraite.


RFI : Le 11 avril 2011, c’est le dénouement. Mais l’explication finale n’a-t-elle pas commencé la veille, le dimanche 10 ?

Jean-Marc Simon : En effet, le dimanche 10 dans la soirée, la décision a été prise de recommencer les frappes. Vous vous souvenez qu’il y avait eu une première série de frappes destinées à détruire l’armement lourd dont disposait Laurent Gbagbo et qui menaçait les populations de la capitale et son agglomération. Apparemment, ces frappes n’avaient pas été suffisantes pour l’amener à la raison. Il avait à nouveau réarmé, appelé des miliciens à son secours, des enfants-soldats. La décision a été prise par les Nations unies et par la France. Il faut bien dire que la France n’a jamais agi seule. Elle est toujours intervenue en liaison avec les Nations unies et en fonction d’un mandat du Conseil de sécurité.

RFI : Alors, tout le monde n’était pas d’accord avec ces frappes d’hélicoptères français. Certains disent que c’est vous qui avez pesé dans la décision…

J.M.S. : Je n’ai pas le souvenir de discussions à ce sujet. C’est une décision qui a été prise conjointement entre le président de la République et le secrétaire général des Nations unies. Il pouvait dès lors ne pas y avoir beaucoup d’états d’âme.

RFI : Ce 11 avril au matin, au lever du jour, les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ndlr) de Guillaume Soro se sont lancées dans un premier assaut contre la résidence de Laurent Gbagbo dans le quartier Cocody d’Abidjan. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ?

J.M.S. : En réalité, ce n’est pas au petit matin. Dès le début des frappes, à la tombée de la nuit, le dimanche 10, les FRCI ont tenté d’approcher de la résidence de Laurent Gbagbo. Elles se sont heurtées à une résistance extrêmement forte. Il y avait un armement absolument démentiel autour de la résidence et sur tous les carrefours de Cocody si bien que les FRCI se sont retrouvées en difficulté. Au petit matin, elles ne parvenaient pas à passer ces lignes, après avoir essuyé de nombreuses pertes en matériel mais aussi en vies humaines. La décision a été prise d’en finir avec cette tragédie qui menaçait le pays d’une véritable guerre civile. L’intervention de la Force Licorne s’est faite à ce moment-là, pour ouvrir les axes et permettre aux FRCI d’avancer vers la résidence de Cocody. L’ordre a été donné de déployer les chars de la Licorne dans Cocody, ce qui n’était pas une décision facile à prendre. Cela n’était pas exempt de risques : il fallait traverser toute la ville, de Port-Bouët jusqu’à Cocody, passer à proximité du Plateau où il y avait des tireurs embusqués. Et nous risquions fort de perdre des éléments blindés et leurs équipages. Donc, c’est une décision très courageuse qui honore ceux qui l’ont prise à Paris.

RFI : A-t-elle été prise au plus haut niveau ?

J.M.S. : Elle a été prise au plus haut niveau, naturellement, par le président Nicolas Sarkozy.

RFI : Les forces du général Dogbo Blé - pro-Gbagbo -, qui étaient en surplomb sur la colline du Plateau, n’auraient-elles pas pu tirer sur les blindés français ?

J.M.S. : Bien sûr qu’elles auraient pu le faire. Elles ne l’ont pas fait. La colonne a pu avancer sans difficultés.

RFI : Comment s’est passé ce deuxième assaut de la résidence de Laurent Gbagbo ?

J.M.S. : Dès lors que les carrefours ont pu être sécurisés, les FRCI ont pu faire leur approche et arriver jusqu’à la résidence de Laurent Gbagbo. Cela a demandé quand même quelques heures. Cela a été d’autant plus difficile que l’ordre était strict. Nous étions en relation permanente avec le président Alassane Ouattara et le Premier ministre Guillaume Soro pendant tous ces moments-là. Il ne fallait absolument pas toucher et faire prendre le moindre risque à la vie de Laurent Gbagbo et de ses proches.

RFI : Quel rôle ont joué les blindés français dans cette dernière phase ?

J.M. S. : Les blindés français ont permis aux FRCI d’avancer et de pénétrer dans la résidence de Laurent Gbagbo. Et ce que je tiens à dire, c’est qu’à aucun moment avant 13h08, heure de l’arrestation de Laurent Gbagbo, aucun élément français civil ou militaire n’a pénétré à l’intérieur de cette résidence présidentielle.

RFI : Mais les Français n’ont-ils pas neutralisé une mitrailleuse qui était devant la résidence ?

J.M.S. : Les Forces Licorne ont pu intervenir à un moment donné parce qu’elles ont été prises à partie, à quelques centaines de mètres de cette résidence où elles étaient stationnées, et elles ont neutralisé les armes qui les menaçaient.

RFI : Dans son livre Abobo la guerre, notre consœur Leslie Varenne affirme que des gendarmes français du GIGN [Groupe d´intervention de la gendarmerie nationale, ndlr] sont entrés dans la résidence de Laurent Gbagbo ?

J.M.S. : J’ai lu le livre de Leslie Varenne qui est un livre très intéressant ; c’est une enquête de terrain. Malheureusement, j’y ai relevé beaucoup d’inexactitudes, notamment celle-là.

RFI : Donc, vous êtes formel : aucun élément français ?

J.M.S. : Je suis absolument formel. Je l’ai dit le jour-même, peut-être même sur votre antenne et je le répète aujourd’hui, un an plus tard.

RFI : A la suite de cette action à Abidjan, vous avez été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et promu au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Mais y a-t-il quelque chose que vous regrettez ?

J.M.S. : Lorsque j’ai appris à 13 h10 que Laurent Gbagbo venait d’être arrêté et qu’il avait la vie sauve ainsi que tous ses proches, ça été un grand soulagement. Mais ce grand soulagement était aussi doublé d’une angoisse parce que, rappelez-vous, nous avions depuis l’après-midi du 4 avril quatre expatriés, dont deux de nos ressortissants, qui avaient été pris en otage à l’hôtel Novotel et dont nous étions sans nouvelle. Et aussitôt après la capture de Laurent Gbagbo, nous nous sommes employés à les rechercher jours et nuits, jusqu’à ce que finalement nous apprenions malheureusement qu’ils avaient été exécutés dans les pires conditions et vraisemblablement avant même les premières frappes du 4 avril.

RFI : Et ça, c’est un souvenir qui vous hante encore aujourd’hui?

J.M.S. : C’est un souvenir douloureux.

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier

Commentaires personnels: Les incongrutés de M. Jean Marc Simon sont en italique.

- des enfants soldats qui résistent aux miliciens de Ouattara, aux forces onuciennes et à la licorne. Cela devait être très embêtant pour ce monsieur sans scrupule.

- être soulagé que le Président Gbagbo soit vivant, alors que l'on a passé le temps à bombarder sa résidence qui était mitoyenne à la résidence de l'ambassadeur de France.

- Souffrir pour la mort d'hommes d'affaire et ne rien ressentir pour les autres.

Seul DIEU est juge et chacun payera pour ce qu'il a fait à ce beau pays.

Commentaires

une telle intervention courageuse, nous a sauvé d'une situation très très catastrophique quoi qu'on dise après tout.
seulement, que DIEU nous en garde désormais pour des siècles et des siècles!

Écrit par : atreman kouakou rodrigue | 27/05/2012

Les commentaires sont fermés.