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13/02/2013

Côte d'Ivoire: A quelques jours de l'audience de confirmation de charges contre Laurent GBAGBO, des voix s'élèvent pour fustiger le vrai coupable du drame ivoirien depuis 1999, Alassane Dramane Ouattara

Connivences et construction d’un Etat criminel et irresponsable en Côte d’Ivoire par Mamadou KOULIBALY, Président de LIDER
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«J’entends dire que l’argent ne circule pas ! Sachez cependant que l’argent travaille.» Alassane Dramane Ouattara (président de la république de Côte d’Ivoire)

«On accusait autrefois les hommes politiques de ne songer qu'à "se remplir les poches". Aujourd'hui, on ne leur reproche plus guère que de vider les nôtres.» André Frossard (journaliste, essayiste et académicien français)

Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, qui a du mal à s’enclencher efficacement, tend à situer les responsabilités des différents acteurs de la crise ivoirienne. La responsabilité politique repose, entre autres, sur une certaine liberté dans l’exercice du pouvoir. Sans liberté, pas de responsabilité, même dans le crime. Le crime au sens large du concept est la transgression des lois justes, quelle qu’en soit la gravité : de l’évasion fiscale au génocide, en passant par les meurtres prémédités, le stationnement interdit et le vol à main armée. Sans aucun jugement moral, cette définition analytique permet clairement de distinguer d’un côté les actes criminels et de l’autre les activités légitimes. L’activité criminelle n’est payante que tant que le risque d’être appréhendé et condamné est faible. Le crime prospère donc lorsque la police et la justice sont faibles et que l’impunité devient la norme.

La planification de la défaillance de l’Etat

Pour ne pas faire trop d’histoire, retenons que le régime de Ouattara date officiellement d’avril 2011 lorsque, après avoir gagné les élections présidentielles de 2010, il lui a fallu faire une guerre pour accéder à un trône qui avait été confisqué par son adversaire.

Pour cette guerre, le président Ouattara s’est appuyé sur les Forces armées des forces nouvelles (Fafn) et a recruté des combattants de différentes tribus et ethnies du nord de la Côte d’Ivoire, qu’il a transformés, par le pouvoir d’une ordonnance illégale, en armée régulière ivoirienne dénommée Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme pour bien rappeler que ce sont les militants du Rassemblement des Républicains qui devenaient la nouvelle armée de notre pays. Le R des deux sigles ne semble pas se référer à la République, mais aux républicains du Rdr. Les Fafn venaient de prendre l’ascendant sur les Forces armées nationales (Fanci) et se substituaient automatiquement à elles. Les Frci, dont Ouattara est le chef suprême, ont une histoire que l’on peut faire remonter au putsch manqué de septembre 2002. Elles sont alors une mosaïque d’associations de fait : Mpci, Mpigo, Mjp. Ces forces sont celles qui ont participé, entre septembre et décembre 2002, à l’étranglement du marché du cacao dans les zones de production de Vavoua, Danané et Daloa, permettant ainsi à certains négociants, qui leur avaient payé des sommes colossales, de s’enrichir tout en leur livrant armes sophistiquées et munitions en grandes quantités. Ces bandes armées vont ainsi devenir les forces d’occupation rebelles de la moitié nord du pays. Plus tard, les responsables de ces groupes nous expliqueront que les armes se sont imposées à eux, pensant ainsi attirer de la compassion à leur endroit. Nous ne reviendrons pas sur les détails de ces origines, mais une description détaillée de cette naissance peut être lue dans l’enquête menée par le journaliste Guy-André Kieffer, disparu curieusement quelques temps après.

Cette occupation du Septentrion sera le début d’activités criminelles intenses, qui durent jusqu’à aujourd’hui : L’exploitation des zones occupées et le pillage systématique des ressources de leur sol et sous-sol, agrémentés par des meurtres et des casses de banques, et en particulier ceux des agences locales de la Bceao, qui ont fait perdre à cette institution financière internationale plus de cinquante huit (58) milliards de francs cfa, que l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’obligation de rembourser par la suite, sans qu’aucun coupable n’ait été arrêté ni inquiété. L’expropriation des propriétaires fonciers traditionnels, l’exploitation et l’occupation illégales de terres agricoles pour la culture de drogues sont devenues coutumières. L’un des prototypes de ce type d’activités criminelles organisées reste M. Ouédraogo Rémi, ancien combattant des Forces nouvelles, qui bénéficie aujourd’hui encore de la protection et de la bénédiction du régime Ouattara qui, à la recherche de camps d’entrainement, n’ose pas déloger ce bandit de grand chemin, pilleur des forêts classées de l’ouest du pays, alors que tous les journaux ont décrit dans le détail les activités de "Ouremi" dans le Mont Peko. Des guerres de leadership sont aussi le propre des rebellions et sont responsables de la disparition de certains chefs de guerre tels que Sam Boukary alias Mosquitto, Zaga Zaga, Adams, Kass, IB et autres, tous victimes de la loi du crime organisé dans les zones Cno, comme à la belle époque décrite dans le roman «Le Parrain» de Mario Puzo et superbement mise en scène à Hollywood par Francis Ford Coppola avec Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone.

Dans ces zones, pendant les dix années du règne des Fafn, les modalités de gouvernement ont été celles de tout système de crime organisé.

- Ils ont fait disparaitre l’Etat et l’ont remplacé par une administration militaire dirigée par les commandants de zones dits com-zones ;

- Ils ont supprimé les caisses de l’Etat et les ont remplacées par une agence unique dite «la centrale», qui collecte les impôts, douanes et autres rapines et butins de guerre pour le compte des com-zones et autres chefs des Fafn ;

- Ils ont instauré l’autorité des Fafn et proscrit définitivement celle des préfets, sous-préfets et autres administrations civiles, représentants de la République ;

- Ils ont organisé une branche politique et une branche armée avec une répartition des tâches : la première partageait le pouvoir dans les zones hors Cno tandis que la seconde participait aux activités du centre de commandement intégré. Ceci a permis aux Fafn d’être à la fois les seuls maîtres dans les zones Cno et de partager la maîtrise du terrain et le pouvoir dans le reste du pays.

- Ils géraient ainsi de façon collégiale le pouvoir d’Etat, avec l’appui de différents accords de paix (Marcoussis, Pretoria, Ouagadougou) et la complicité des refondateurs au pouvoir, qui avaient appelé à la soupe les autres partis signataires de l’accord de Marcoussis, accepté et célébré par tous. Les milices de toutes sortes se sont mises en place et ont profité d’activités criminelles sur l’ensemble du pays, qui s’est retrouvé gouverné non pas par un parti ou par un homme, mais par un collège de managers que l’on appelait à l’époque "la bande des quatre grands" : Ouattara, Bédié, Soro, Gbagbo. Ces quatre personnalités avaient tous rang de présidents d’institution de la République et jouissaient des privilèges liés. Ces quatre ont mis en place un système de gestion piloté par le Cadre Permanent de Concertation (Cpc) et ont accepté tous ensemble de mettre en berne la constitution et l’Etat de droit pour rechercher, disaient-ils, la paix. Selon leur plan de travail, le droit ne pouvait permettre d’arriver à la paix, il fallait en sortir, trouver la paix, pour ensuite revenir avec cette paix dans l’Etat de droit. Les bases criminelles de l’Etat étaient ainsi posées. Le refondateur s’est prostitué avec la rébellion pour garder ce qui lui semblait être l’essentiel: le pouvoir.

- La justice, dans les zones Cno, était militaire. L’administration militaire et l’Etat sont devenus malfaiteurs. C’est sur cette administration et ces forces qu’Alassane Ouattara s’est appuyé. Cette force dont il avait le contrôle n’était pas officiellement au pouvoir à Abidjan, mais avait le pouvoir. Notons d’ailleurs que le président de la République de l’époque a toujours fait scrupuleusement ce que les Forces nouvelles voulaient, alors que lui-même n’est jamais arrivé à leur faire accepter quoique ce soit de significatif. Laurent Gbagbo était au pouvoir à Abidjan, mais ce sont les Fafn qui avaient le pouvoir dans les zones Cno, malgré les multiples accords de paix. En dix ans, il n’a obtenu ni unicité de caisse, ni contrôle de l’intégralité du pays, ni restauration de l’intégrité du territoire, ni redéploiement de l’administration dans les zones Cno, ni désarmement des forces combattantes, rien qui relève de la souveraineté de l’Etat. Dans les zones hors Cno, Laurent Gbagbo était certes au pouvoir, mais c’est Ouattara qui avait le pouvoir.

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2002-2010 : Gbagbo sur le trône, Ouattara aux commandes

Pour comprendre ce qui s’est alors passé il faut d’abord saisir l’essence du pouvoir. Une personne A a du pouvoir par rapport à une personne B, si A est en mesure d’inciter ou d’empêcher B d’accomplir ou pas une action donnée. Dans cette acception du pouvoir, l’on reconnait que A et B ne sont pas des robots, mais ont des volontés actives et que l’obéissance ne se fait pas sous une emprise magique. L’on admet aussi qu’à travers cette volonté, B est libre de désobéir mais qu’en pareil cas, A peut lui infliger des sanctions dont la crainte oblige B à obtempérer.

Si l’on transpose cette analyse de base à la politique ivoirienne durant la dernière décennie, on constate que Laurent Gbagbo était certes au pouvoir de 2002 à 2010 mais que, d’évidence, c’est Alassane Dramane Ouattara qui détenait le pouvoir. Pourtant, la gouvernance de la Côte d’Ivoire durant cette période est communément attribuée à Gbagbo, qui croyait d’ailleurs lui-même en être le détenteur. Il ne détenait en fait que le fauteuil présidentiel, alors que Ouattara gouvernait effectivement avec l’appui des Fafn dans les zones Cno. Laurent Gbagbo avait l’illusion du pouvoir, Ouattara en avait la réalité. Gbagbo était satisfait d’être au pouvoir et Ouattara lui faisait faire tout ce qu’il voulait et l’empêchait de faire tout ce qu’il ne voulait pas. Gbagbo se contentait d’être au pouvoir, de signer des accords avec les mandants de Ouattara et de les exécuter selon la volonté de Ouattara, à la seule condition que lui reste au pouvoir. Or être au pouvoir et avoir le pouvoir sont deux choses différentes. Etre au pouvoir ne veut pas dire automatiquement avoir le pouvoir. Gbagbo l’aura appris à ses dépens. Ouattara, lui, s’est contenté, depuis la signature de l’accord de Marcoussis, d’avoir le pouvoir sans être dans le fauteuil présidentiel. Un bref survol des évènements de la période suffit à convaincre que cette réalité et de cette thèse.

- La rébellion non matée était une victoire de Ouattara sur la république de Gbagbo.

- Les accords de Marcoussis, scandaleux arrangements présentés comme un «médicament amer» à essayer, étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Les accords de Pretoria, qui ont conduit Gbagbo à modifier ou rejeter toutes les lois votées par l’Assemblée nationale conformément à la constitution ivoirienne, instaurant entre autre l’actuelle Cei (Commission Electorale Indépendante), étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- L’accord politique de Ouagadougou, dans ses quatre versions (I, II, III et IV) était aussi une expression de l’ascendance du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Proclamer que nous irons aux élections sans désarmement et tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, en violation complète des lois et règlements de notre pays, était une victoire du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Le déroulement des élections et le cafouillage de la proclamation des résultats étaient l’expression du pouvoir qu’avait Ouattara, l’opposant d’alors, sur le président Gbagbo qui était au pouvoir et à la tête du groupe informel qu’on appelait à l’époque la majorité présidentielle (Lmp).

- Le déroulement de la crise postélectorale montrera aussi cette différence entre Gbagbo, qui était au palais présidentiel, avait prêté serment devant le Conseil constitutionnel et croyait donc qu’il avait le pouvoir et Ouattara, qui était au Golf hôtel, avait prêté serment par lettre et n’était pas reconnu par le Conseil constitutionnel, tout en ayant le pouvoir de fermer les banques, les ports, l’aéroport, les administrations, d’ériger une armée, d’affecter des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires acceptés par le monde entier.


De 2002 à 2010, Gbagbo était de fait au pouvoir, mais il faut retenir que sur la même période, c’est Ouattara qui avait le pouvoir. Tout bilan de cette décennie devrait tenir compte de cette situation et savoir que le pouvoir était partagé par les signataires des accords de Marcoussis. Ils ont exercé le pouvoir ensemble. Les refondateurs ont accepté la perversion de leur pouvoir par les rebelles. Ils en ont profité. Il serait trop facile, à l’heure du bilan, de dire que Gbagbo était seul au pouvoir, donc il doit en assumer seul le bilan. Il y a celui qui était au pouvoir et celui qui l’exerçait.

La rebfondation a ainsi préparé la criminalisation de l’Etat, qui est aujourd’hui pleinement exercée par le président Ouattara. Cette criminalisation a été le socle de la déconstruction de l’Etat de droit, minutieusement planifiée, à dessein ou pas, par la rebfondation. Il était donc facile pour Ouattara d’y installer les Frci et d’étendre, cette fois à l’ensemble du pays, les pratiques de gouvernance qui avaient cours pendants dix ans dans les zones Cno. L’Etat malfaiteur est dorénavant devenu la norme et le repère. Cette fois, Ouattara est au pouvoir et a le pouvoir. Il installe le système des com-zones partout sur le territoire. Il nomme des anciens chefs de guerre préfets de région, il instaure des com-secteurs, nouvelle catégorie jusqu’à présent inconnue dans l’armée et dans l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Il redéploye, jusqu’aux petites contrées, la milice de son parti, qui tient lieu d’autorité civile et militaire en même temps.

Ce sont les représentants locaux des Frci qui ont le pouvoir local, qu’ils exercent en s’appuyant sur les structures locales du Rdr. Ils sont à la fois juges, sous-préfets, maires, chefs de canton et de village. L’armée a le pouvoir local par délégation du chef supérieur des armées, Alassane Dramane Ouattara. L’Etat-criminel est dominé par une milice ethnique et sa branche politique, le Rdr. Ses équipes se spécialisent dans l’exploitation des ressources minières nationales pour leur propre compte. Ils animent des réseaux intouchables de crime organisé dans les forêts classées et les terres rurales, desquelles ils chassent les propriétaires coutumiers traditionnels. Ils passent des marchés de plusieurs milliards au nom de l’Etat, sans aucun respect des procédures d’appel d’offre telles qu’instituées par le code des marchés publics. Ils gèrent un Etat formel avec des procédures informelles. Ils privatisent pour leur clan et les chefs des milices des pans entiers de l’activité économique de l’Etat. Ils profitent de la protection que leur apportent les Nations Unies pour s’adonner à des activités criminelles, sans que les bailleurs de fonds, piégés, ne puissent protester ouvertement, eux qui croyaient que Ouattara aurait été un président moderne. La communauté internationale découvre plutôt un Etat-trafiquant en tous genres, qui met les institutions au service du crime organisé, en dehors des lois de la République. Elle découvre un Etat qui multiplie les milices ethniques en remplacement des anciennes. Elle découvre un Etat qui criminalise les pratiques de pouvoir.

On voit donc que la déconstruction des institutions de l’Etat ivoirien, minutieusement planifiée par un groupe d’hommes assoiffés de pouvoir, est le socle de toute la souffrance des populations qui croupissent dans une pauvreté toujours plus profonde et dans une oppression dont le niveau est devenu intolérable. Dans ce contexte, il est important de dénoncer massivement ce système, en commençant par en prendre l’entière conscience, et en luttant, chacun à notre niveau. Aussi infime que soit l’action de chacun, il est important que, individuellement et collectivement, la classe politique, la société civile, les ménages et les entreprises, nous fassions notre part d’effort sur nous-mêmes, dans la vérité et la responsabilité, pour espérer sortir de ce chaos, insoutenable malgré tous les slogans qui nous rabâchent le contraire. Il est important de refuser catégoriquement toute velléité d’amnistie, qui permettrait à la classe politique bourreau des populations depuis trop longtemps, de s’exonérer encore une fois de ses responsabilités criminelles. Nous devons refuser que s’installe plus longtemps dans notre pays une classe de citoyens à irresponsabilité illimitée. Il y va de notre survie, de l’avenir de la paix, de la liberté, de la démocratie et de la prospérité.


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Les hommes d’Ib font de graves révélations par Le Collectif des ex-membres de la branches politiques de l’Unir (proche du Sergent Chef IB) en exil

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A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999 avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruits sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc. Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang.

Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force ? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux Pc-Crise ? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux ?

Bref ! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du Pc-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina Faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de se revenir de leurs émotions, M. leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connut une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche. Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation ?

Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche ? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire ? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits ? Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout ; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec.
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Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002
. Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité : éliminer sans état d’armes tous ceux qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus ; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo.

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La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays. Après une lecture objective de la situation socio –politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens.
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Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone Cno pendant ces huit années d’occupation et nous intéressons enfin à la crise post électorale. M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les Forces nouvelle devaient intervenir après résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des Forces nouvelles est rappellé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le sergent chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne. Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous même, fut détaché à la maison du Pdci à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la Fesci qu’on nous avait décrite comme une milice pro Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité rouge, du Campus 2000 et ceux de la cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010. Ainsi des jeunes filles étaient elles violées pendendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des Fds au siégé du Pdci, ce matin du 4 Janvier2011. Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre.
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Grâce au Rhdp, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique ? Comment se fait il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune ? Où alors l’Onuci qui se chargeait du ramassage des corps avec la croix rouge a-t-il emporté les cadavres d’Abobo ? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo.

Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du Cecos avant leur exécution ? Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer ? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens ? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prisons à la Cpi, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale».

Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait empêché cette prétendue marche sur la Rti pour l’installation de M. Brou Aka Pascal ? Je révélerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-Fds en se servant des marcheurs comme bouclier humain.

De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le président Gbagbo et ses proches.



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