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18/12/2013

Cacao - Chocolat : Au secours ! Nous allons manquer de chocolat

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Le déficit atteint cette année 160 000 tonnes de fèves de cacao. Il risque de grimper encore si les petits paysans continuent d'abandonner les plantations.

De notre correspondant à Genève, Ian Hamel

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La presse suisse a momentanément abandonné sa chronique sur les malheurs de sa place financière pour se pencher sur l'avenir du chocolat. Un avenir pas si radieux que cela. À la veille de Noël (période durant laquelle se réalisent 10 % des ventes), les géants du chocolat, qui sont souvent suisses, tirent la sonnette d'alarme. La production de fèves de cacao s'est élevée entre octobre 2012 et septembre 2013 à 3,931 millions de tonnes, alors que la demande est estimée à 4,091 millions de tonnes, selon l'International Cocoa Organization (ICCO).
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Un déficit de 160 000 tonnes qui pourrait s'aggraver très rapidement, et atteindre d'ici quatre ou cinq ans un million de tonnes, soit le quart de la demande. Dans la société suisse, cet aliment sucré est presque aussi important que le secret bancaire et la neutralité. Les Helvètes, premiers consommateurs au monde, mangent 12 kilos de chocolat par an par habitant, loin devant les Français (7,4 kilos). La banque Vontobel révèle dans une très sérieuse étude que le chiffre d'affaires mondial du chocolat (105 milliards de dollars) pourrait à l'avenir subir un coup d'arrêt.

Flambée des cours de cacao

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Les raisons ? Face aux géants de cette branche, les suisses Nestlé et Barry Callebaut, ainsi que Mondelez, Mars, Ferrero, une multitude de petits producteurs africains et sud-américains peu armés pour se défendre, et donc exploités. Des ONG constatent que le revenu des paysans en Côte d'Ivoire et au Ghana, les principaux producteurs mondiaux, "est bien inférieur au seuil de pauvreté". En clair, ils ne profitent guère de la flambée des cours du cacao, encore moins de la hausse des prix du chocolat (le chocolat au lait a grimpé de 25 % en un an).

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Résultat, les paysans abandonnent le cacao au profit de cultures plus rentables, notamment vivrières. D'autant que cette plante est très gourmande en eau, nettement plus que le café et le thé. Enfin, l'absence de mécanisation entraîne de très faibles rendements. Or, la demande de chocolat ne cesse d'augmenter, notamment en Asie. "Nous nous attendons à ce que l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord ne pèsent plus que 50 % du marché mondial en 2017, contre 62 % en 2007", souligne la banque Vontobel interrogée par le quotidien genevois Le Temps.

Améliorer l'éducation et la santé

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"Vous ne pouvez pas augmenter le rendement du cacao si vous n'améliorez pas les pratiques des fermiers, leur éducation et leur santé. Ce sont des éléments essentiels sur lesquels Barry Callebaut veut agir de manière exemplaire et renforcer ainsi son avantage compétitif", reconnaît de son côté Juergen Steinemann, président exécutif de Barry Callebaut, dans le quotidien financier L'Agefi.

On peut se demander pourquoi ce géant (3,9 milliards de chiffres d'affaires), installé à Zurich, qui transforme 17 % de la production mondiale de fèves de cacao, ne s'est pas aperçu un peu plus tôt que les petits producteurs africains et sud-américains n'avaient pas les moyens de se soigner et d'envoyer leurs enfants à l'école...

source :
http://www.lepoint.fr/societe/au-secours-nous-allons-manquer-de-chocolat-17-12-2013-1770574_23.php

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