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04/04/2012

Mali - CEDEAO : Décryptage des Marionnettes de la CEDEAO par la presse malienne

Lu dans la presse malienne : "SANCTIONS DE LA CEDEAO : Quand le Club des chefs d’Etat mal élus décide du sort du Mali"
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( L' Inter de Bamako ) Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest sur la situation du Mali, les chefs d’Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l’ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d’Etat, mais pour se prémunir d’un scénario dont ils ne sont jamais à l’abri.


Avant de monter sur l’arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d’œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l’ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l’instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et n’ont choisi par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l’Afrique en sens dessous dessus, assassinant l’espoir de tout un continent qui ne rêvait qu’à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l’exécution des mots d’ordre de l’épreuve de dictée préparée qu’ils ont subie dans l’Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d’une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l’indépendance aux organisations continentales et sous- régionales. Ainsi l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l’Union africaine (UA) en 1999 à l’image de l’Union européenne (UE) menacée d’implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu’on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l’appellation de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu’un seul objectif : l’instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu’ils jouent parfaitement leur rôle dans la Francafrique.

Mais de là, à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même.
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Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l’assassinat d’un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d’abord à éliminer tous ses frères d’armes qui l’ont aidé à abattre le jeune capitaine, l’incarnation de l’espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n’est pas épargnée. Le journaliste d’investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d’un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1999.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l’Afrique de l’Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous- région.

Du Libéria à la Sierra- Leone en passant par la Côte d’Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l’armée du pays des Hommes intègres et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays au moment de la guerre la plaque tournante du trafic de l’or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.

Ce criminel, qui n’a que sa place dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d’Ivoire.

En un mot, cet homme n’incarne que le Satan personnifié.
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Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO


Son cas est des plus pathétiques. Incapable d’arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N’eut été le poids économique de la Côte d’Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l’époque, le géant de l’Afrique de l’Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l’installer au pouvoir et les pressions économiques de l’UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d’une élection déjà pipée à l’avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d’être un modèle pour donner des leçons à d’autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d’être un coup d’Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l’armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d’Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c’est que les militaires maliens n’ont pas pris l’avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.
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Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l’Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l’omission sur le fichier électoral d’un million d’électeurs dans le camp de l’opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d’être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.
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Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d’Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu’un coup d’Etat est inversement apprécié selon qu’il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu’il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est- ce pas ? Le silence serait d’or pour vous.
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Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria, (Prix Nobel de la Paix)

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l’ancienne puissance entre les deux tours d’une élection qu’elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu’elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

par Yoro SOW

Coup d’État du CNRDRE: Les 4 vérités du doyen Seydou Badian

Par Info Matin
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Le Dr Seydou Badian: J'ai entendu les grandes déclarations: la CEDEAO. J'ai entendu quelqu'un parler de réinstaller ATT même s'il faut avec les armes. Ça m'a fait sourire. Mais s'ils l'installent avec les armes, ils vont rester, ils vont nous occuper alors. Parce que pas question de l'installer avec les armes et de tourner le dos, nous laisser. Il faut qu'ils assurent sa sécurité. Alors, ces hommes, ces grandes déclaration martiales, quant nous nous étions envahis, nos enfants égorgés, on n'a pas entendu beaucoup de choses. On n'a pas entendu beaucoup de voix. Alain JUPPÉ est venu, ce qu'il a dit est dans la mémoire de chacun de nous: «Les rebelles ont remporté quelques succès, il faut négocier». En somme, nous sommes en position de faiblesse, il faut qu'on accepte leurs conditions, c'est cela. Je n'ai pas entendu l'Union africaine (UA) faire de grandes déclarations, je n'ai pas entendu la CEDEAO faire de grandes déclarations. Il faut négocier, il faut négocier...Il faut négocier quoi? Ces gens veulent le partage du Mali, ils veulent dépecer le Mali. Et, je suis triste de constater que ceux qui veulent le partage du Mali sont bien reçus à Nouakchott et bien reçus à Ouagadougou. Nous sommes devenus quoi? Nous sommes devenus la risée de nos voisins.

L'arrivée de la délégation de la CEDEAO?

Le Dr Seydou Badian: Ça me fait rire. Qu'est ce qu'ils vont dire? On les connaît, on se connaît. Non, le Mali n'est pas une terre que l'on peut fouler impunément, où l'on peut venir s'amuser. Le Mali n'est pas une terre où on peut venir effrayer: effrayer à droite, effrayer à gauche. Ça ne marchera pas. Nous leur demandons, ce sont nos voisins, ce sont nos frères, qu'ils ne se mêlent pas de nos affaires à ce point. Ils ne peuvent pas nous occuper: ils sont nos voisins, ils sont nos pairs; mais ils ne sont pas nos maîtres. Ils ne peuvent pas occuper le Mali. On n'a pas d'ordre à recevoir d'eux.

Transcrit par Hamidou TOGO

Lu dans la presse malienne: Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali

Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali : Le président ivoirien tente de bloquer le fonctionnement de l’économie malienne en asséchant la liquidité des banques maliennes.

En fermant l’agence de la Bceao pour le Mali, Alassane va progressivement priver les banques maliennes de la possibilité d’accéder à leurs ressources déposées à la Banque centrale. Ces ressources sont en réalité les dépôts des clients maliens. Si cette situation perdure, elle va entraîner une défiance des déposants vis à vis des banques, créer un réflexe de gérer à domicile les espèces et provoquer l’arrêt des versements des clients dans les banques et institutions financières.

De cette façon, les banques ne pourront pas fournir à l’économie les moyens de paiements liquides dont elle a besoin pour fonctionner normalement. Cette crise de liquidité va donc avoir des conséquences incalculables sur l’économie malienne qui va subir des chocs endogènes profonds et irréversibles.

L’économie malienne retournera à l’âge du troc si cette opération doit s’étaler dans la durée.

En répliquant sur le Mali les méthodes de guerre financière expérimentées contre Gbagbo, Alassane veut détruire le fonctionnement de l’économie malienne pour satisfaire des objectifs politiques.

De quel droit, Alassane peut-il imposer aux populations maliennes plus de souffrances qu’elles n’endurent déjà ?


Juridiquement, a-t-il le droit de bloquer les avoirs des ménages et des entreprises maliennes entreposés à la Banque centrale via le système bancaire ? La réponse est non.

Par ailleurs, en asséchant la liquidité dans l’économie, le Mali va perdre la guerre du Nord, n’ayant aucune ressource liquide pour faire face à l’achat de carburant et à d’autres dépenses où l’utilisation des espèces est nécessaire.

Si la population n’a plus de moyens de paiement, ce sera l’émeute et la junte sera rendu responsable de la pire des situations économiques que le Mali aura connu alors que le véritable coupable seraient Alassane Ouattara et le gouverneur de la Bceao.

Pour sauver un membre du club des chefs d’Etats, Alassane est-il prêt à sacrifier le Nord du pays pour mériter son poste de Président de la Cedeao et satisfaire la France et les puissances occidentales ?


La junte à intérêt à s’attacher les services d’avocats internationaux pour obliger la Bceao à fournir en continue de la liquidité à l’économie malienne. Priver les banques de la possibilité d’accéder à leurs avoirs à la Bceao est un moyen de coercition illégal et illégitime.

Ceci pose, en filigrane, la mainmise des Ivoiriens sur l’Institut d’émission via un gouverneur ivoirien qui doit son poste à son pays. Le fait qu’un seul pays préside aux destinées de l’Institut d’émission commun, depuis sa création, en 1960, alors que les textes prévoient une rotation, est d’ailleurs un anachronisme.

Le Mali sera en mesure de porter plainte contre la Bceao pour détournement de pouvoir et alignement sur des chapelles politiques. Ce n’est pas son rôle, ce n’est pas sa mission.

Question : si une junte militaire avait pris le pouvoir au Nigeria, la Cedeao sera-t-elle en mesure de brandir des menaces du genre «on va les obliger militairement à quitter le pouvoir»? La réponse est évidemment : non ! Boni Yayi doit faire attention à ne pas aggraver la situation par des propos insensés. A-t-il pu contraindre la Cedeao à intervenir pour rétablir la légalité constitutionnelle en Cote d’Ivoire en faveur du même Alassane Ouattara qui peinait à retrouver son fauteuil ? Ou croit il que les Maliens prennent au sérieux de telles menaces qui sont contre productives et sources de tensions inutiles entre le Mali et le Bénin?

Aux dernières nouvelles, la Bceao a rouvert ses guichets aux banques pour qu’elles s’approvisionnent en liquidité. Mais la menace illégale demeure et elle est prégnante. On ne peut continuer à permettre à la Bceao de faire de la politique au profit de dirigeants déchus.

L’intervention militaire prévue dans les textes de la Cedeao est relative à la défense de l’intégrité des pays- membres, mais pas pour rétablir un pouvoir désavoué et dont les dirigeants se seraient rendus coupables de forfaiture.

Birama FALL

29/03/2012

Mali: Oh Honte la CEDEAO !!!

Ils se sont réunis à Abidjan, se sont bandés les muscles pour instaurer l'ordre constitutionnel au Mali avec les déclarations fracassantes. Ils n'ont pu mettre pieds sur le sol Malien. Lisez plutôt cet article de jeuneafrique.

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Mali : les chefs d'État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako

Une manifestation de partisans de la junte malienne sur le tarmac de l'aéroport de Bamako a empêché la délégation de chefs d'État de la Cedeao d'atterrir. Un sommet d'urgence de l'organisation ouest-africaine a été convoqué dans la foulée à Abidjan.

Alors qu’il était dans l’espace aérien du Mali, Alassane Ouattara a fait demi-tour pou revenir à Abidjan. Il devait présider à Bamako une délégation de chefs d’État de la Cedeao venus discuter avec la junte qui a renversé, le 22 mars, le président malien Amadou Toumani Touré (ATT).

La décision de ne pas atterrir au Mali a été prise après une brève manifestation à l'aéroport par des dizaines de partisans des putschistes qui ont envahi le tarmac. Une mobilisation qui faisait suite à celle de la veille, dans les rues de Bamako, où plusieurs milliers de manifestants pro-junte ont marché pour protester contre la Cedeao, la France, et la communauté internationale en général qui a unanimement condamné le coup de force des militaires maliens.

Restaurer l'ordre constitutionnel

Les autres chefs d’État de la délégation ouest-africaine ont eux aussi détourné leur vol pour se rendre à Abidjan, où une réunion d’urgence a été convoquée. Parmi eux, le médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, Blaise Compaoré (Burkina Faso) et le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Béninois Boni Yayi.

La Cedeao entend trouver une solution permettant de restaurer l’ordre constitutionnel au Mali. Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, ladite solution pourrait passer par « une transition » dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Mais les putschistes ne semblent pas vouloir négocier pour le moment. Ils ont proclamé mardi une nouvelle Constitution institutionnalisant la junte comme « organe suprême » jusqu'à des élections présidentielle et législatives dont la date n'a pas été fixée. Et le chef de la junte, Amadou Haya Sanogo, a pris le statut de chef de l'État.

ATT semble quant à lui complètement hors-jeu dans la crise, du moins à juger par son intervention du mercredi 28 mars.

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Mali : les chefs d'État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

28/03/2012

Mali: Première interview du Président Malien ATT après son renversement

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Amadou Toumani Touré à RFI : «le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne»

Note personnelle: "ATT coupe les herbes sous les pieds des va t'en guerre de la CEDEAO par cette interview accordée à RFI. Ils envisagent maintenant son remplacement par le Président de l'Assemblée Nationale. Merci Président de ne pas leur donner l'opportunité de brûler ton pays car c'est leur marque de fabrique."

Lisez plutôt:

Par RFI

Le président malien, Amadou Toumani Touré, dont on était quasiment sans nouvelles depuis le coup d'Etat du 21 mars dernier, a accordé ce mercredi un entretien à RFI. Il affirme être au Mali, en bonne santé et libre. Et il appelle ses compatriotes à soutenir le plan de sortie de crise proposé par la Cédéao.


Amadou Toumani Touré : Je voudrais tout d'abord prononcer une petite déclaration : j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt les conclusions à l'issue du sommet extraordinaire de la Cédéao, tenu mardi à Abidjan. Je souscris entièrement aux propositions faites par les chefs d'Etat pour une sortie de crise dans notre pays. Cela s'entend par le retour à l'ordre constitutionnel normal ce qui est cardinal. Et cela nous permettra certainement d'éviter toute aventure. Cela passe aussi par la remise en place des institutions de la République qui ont été démocratiquement élues par le peuple souverain du Mali. Le « cas ATT » est certainement le plus simple. A deux mois de la fin de mon mandat, je reste disponible et surtout compréhensif pour toute solution allant dans le sens de l'apaisement et de la sauvegarde de la démocratie malienne citée en exemple. Démocratie que, avec tant d'autres Maliens, tant d'autres démocrates, j'ai contribué à mettre en place. Je demande à mes compatriotes maliens et aux amis de notre pays de soutenir cette sortie de crise. Le Mali ne mérite pas du tout cette période de crise.

RFI : Monsieur le président, cela fait 7 jours que l'on est sans nouvelles de vous. Comment vous portez-vous ? Quel est votre état de santé ?

ATT : Je me porte très bien. La seule chose qui me manque c'est un peu de sport. Mais je me porte très bien et ma famille aussi.

RFI : Où vous trouvez-vous actuellement ? Etes-vous toujours en territoire malien ? A Bamako ou à l'intérieur du pays ?

ATT : Je suis à l'intérieur du Mali. Chez moi, au Mali.

RFI : Etes-vous détenu par les mutins ou libre de vos mouvements ?

ATT : Je ne suis pas détenu par les mutins. Je suis libre dans mon pays.

RFI : Mais vous n'êtes pas à Bamako ?

ATT : Je vous ai dit que j'étais au Mali, et la prochaine fois que nous nous verrons je vous dirai où j'étais pendant tout ce temps...

RFI : Comment voyez-vous cette décision de la Cédéao qui consiste à vous réinstaller dans vos fonctions de président de la République ?

ATT : Je dis que le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne. Je suis à deux mois de la fin de mon mandat. Je pense que le plus important aujourd'hui, c'est, de manière consensuelle, avec l'ensemble de la classe politique malienne et l'ensemble des parties présentes, et l'ensemble des chefs d'Etat de la Cédéao, de ménager une sortie de crise. Je pense que le plus important aujourd'hui, ce n'est pas ATT, ce n'est pas les hommes, ce qui est important c'est la démocratie, c'est les institutions, et c'est le Mali.

RFI : Vous êtes donc prêt à partir ? A vous retirer ?

ATT : La question ne m'a pas encore été posée, mais sachez que, il y a 22 ans que je pense être utile à mon pays. 22 ans après, je suis là encore, face à cette crise. Et pour moi c'est le Mali d'abord et le Mali avant tout.

RFI : Est-ce que vous vous considérez toujours comme le président du Mali ?

ATT : Je ne veux pas rentrer dans cette polémique. Je me considère d'abord comme un citoyen malien, comme un démocrate. Aujourd'hui ce qui compte pour moi, ce n'est pas ma douleur, elle n'est rien. Mais ce qui me peine, c'est la situation dans laquelle je vois mon pays.

RFI : Une nouvelle Constitution vient d'être présentée par la junte qui se propose de ne pas se présenter aux prochaines élections. Cela vous semble-t-il recevable ?

ATT : Je pense que ce n'est vraiment pas à moi de décider. Les chefs d'Etat de la Cédéao viendront à Bamako, ils discuteront avec les uns et les autres, et c'est le plus important.

RFI : Revenons sur la journée du mercredi 21 mars. Comment êtes-vous parti du palais présidentiel ? Comment s'est passée cette journée pour vous ?

ATT : J'ai passé toute la journée sous les canons depuis pratiquement 16 heures. Canons de chars, canons de véhicules blindés, toutes sortes de tirs étaient concentrés sur mon bureau, sur mon domicile et sur ma famille. Et aux dires de certains, il ne reste plus rien, tout est calciné. Mais pour un vieux commando, il reste toujours un moyen de se tirer d'embarras et c'est ce que j'ai fait.

RFI : Mais avez-vous délibérément demandé à la garde présidentielle de ne pas répliquer, de ne pas combattre ?

ATT : En aucune manière je ne souhaiterais jamais que des soldats de l'armée malienne tirent sur d'autres soldats de l'armée malienne. Pour moi qui suis aussi soldat et officier de cette armée, vous pouvez imaginer que je n'aurais jamais souhaité des affrontements entre les forces armées uniquement pour protéger un homme. Le plus important aujourd'hui, c'est d'en appeler à l'unité, c'est d'en appeler à la cohésion pour faire face à tous les défis qui attendent le pays.

RFI : Etes-vous encore entourés de quelques fidèles ?

ATT : Je ne pourrais pas vous le dire. Vieux soldats, il y a quelques secrets militaires que je garde pour moi. Mais le plus important c'est que je me porte bien et que je suis en République du Mali.

RFI : Etes-vous favorable à une intervention militaire comme le suggère la Cédéao en cas de refus du plan de sortie de crise par les mutins ?

ATT : Je ne répondrai pas à une telle question. Je n'ai pas été contacté officiellement et je ne suis pas à l'aise pour répondre à des questions qui ne m'ont pas été posées.

Propos recueillis par Boniface Vignon