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04/09/2011

Libye: Opération « Unified protector » en Libye;

OTAN libye.jpg
Victime collatérale

jeudi 1er septembre 2011, par Philippe Leymarie

Opération UP Libye.jpg
On vient de s’en aperçevoir, sur les décombres encore fumants de la « victoire » en Libye … Cette guerre a fait une victime collatérale, parmi d’autres : l’Europe de la défense. Le président français Nicolas Sarkozy, plus va-t-en-guerre que jamais (il menace désormais l’Iran de frappes préventives, dans le style de l’ex-président George W. Bush !), a prononcé lui-même l’hommage funèbre, à l’ouverture de la 19ème Conférence des ambassadeurs, avant de présider à Paris avec le premier ministre britannique, M. David Cameron, la Conférence internationale de soutien à la Libye nouvelle : « Pour la première fois depuis 1949, s’est-il félicité, l’OTAN s’est mise au service d’une coalition emmenée par deux pays européens déterminés. »

Les deux « pays déterminés » sont le Royaume Uni et bien sûr la France, dont l’entente est d’autant plus cordiale qu’ils sont pilotés actuellement par deux gouvernements conservateurs : « A eux seuls, fait valoir Nicolas Sarkozy, la France et le Royaume Uni représentent la moitié des budgets et les deux tiers de la recherche de défense. Unis comme jamais depuis le Traité de Lancaster House, nos deux pays sont pratiquement les seuls en Europe à atteindre la norme de 2 % du PIB consacrés à la défense. » Et de brocarder cette Europe menacée de « rétrécissement stratégique » : « Que voit-on ? Une baisse continue des efforts de défense ; l’invocation d’un “soft power” qui sert de paravent au renoncement ; et, trop souvent, l’aveuglement face aux menaces. »

Donc, pour le numéro un français, « les Européens ont démontré pour la première fois qu’ils étaient capables d’intervenir de façon décisive, avec leurs alliés, dans un conflit ouvert à leurs portes — un progrès remarquable par rapport aux guerres de Bosnie et du Kosovo ». Et bienvenu, au moment où la nouvelle vision de l’engagement militaire américain présentée par le président Barack Obama « implique que les Européens assument davantage leurs responsabilités ».

Deuxième étape du raisonnement, le plaidoyer pro domo. « C’est parce que nous avions repris toute notre place dans le commandement intégré de l’OTAN que cela a été possible. » Le président français omet bien sûr de rappeler que cette réintégration au sein de l’Alliance devait être compensée par la création d’un « pilier européen » de défense, autonome par rapport aux Etats-Unis. De cela, il n’est plus trop question. Ou alors, c’est bien d’un pilier au sein de l’OTAN qu’il s’agit. Les rêveurs des états-majors de l’UE, à Bruxelles, qui glosent depuis dix ans sur « l’Europe de la défense », n’ont qu’à se rhabiller...

Autre « victoire » que revendique le numéro un français : le viol du Conseil de sécurité. La résolution 1973 légitimant une opération en Libye avait été arrachée le 17 mars 2011, essentiellement sous la pression de Paris (qui en avait obtenu une autre du même genre sur la Côte d’Ivoire quelques mois plus tôt). « En mobilisant le Conseil de sécurité sur ces deux crises, nous avons concrétisé pour la première fois un principe d’action, que la France avait réussi à faire adopter à l’ONU en 2005 : la responsabilité de protéger. » Et c’est parti pour de nouvelles aventures, avec l’ONU en dispensatrice de bénédictions plus ou moins extorquées ; et l’OTAN comme bras armé d’une « communauté internationale » très occidentalisée...

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03/09/2011

ONU: Origines et vicissitudes du « droit d’ingérence »; Interventions militaires en Libye et en Côte d’Ivoire

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En moins d’un mois, l’Organisation des Nations unies (ONU) a autorisé par deux fois le recours à la force, en Libye et en Côte d’Ivoire. Exceptionnelles, puisque la Charte de l’ONU prône le règlement pacifique des différends, ces décisions sont fondées sur la récente reconnaissance du « devoir des Etats de protéger les populations civiles ». L’ONU serait-elle en passe de valider un « droit d’ingérence » à géométrie variable ?

Par Anne-Cécile Robert

« J’ai donné l’ordre de prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’usage d’armes lourdes contre la population civile », déclare le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), M. Ban Ki-moon, le 4 avril 2011. Quelques heures plus tard, à Abidjan, les hélicoptères de combat de l’ONU et la force française Licorne se joignent à l’offensive des troupes de M. Alassane Dramane Ouattara contre celles du président sortant Laurent Gbagbo.

Dans les couloirs de l’organisation, à New York, cette décision suscite un certain malaise. Si la résolution (n° 1975) du Conseil de sécurité qui la fonde a été adoptée à l’unanimité, le 30 mars 2011, des fonctionnaires expriment des doutes quant au pouvoir du secrétaire général de donner un tel « ordre » (qui reviendrait au seul Conseil de sécurité) et soulignent l’ambiguïté de l’expression « mesures nécessaires ». La grande liberté que laisse celle-ci aux acteurs engagés au nom de l’organisation fait craindre des dérives. « Ce n’est pas dans la culture des Nations unies de mener des actions militaires fortes ou de prendre parti dans une guerre civile. La Libye, puis la Côte d’Ivoire : cela commence à faire beaucoup », confie un fonctionnaire qui souhaite garder l’anonymat (1). Un autre ajoute : « Il ne faudrait pas que le recours à la guerre se banalise. »

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Côte d’Ivoire : Choï disculpe Gbagbo

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ABIDJAN – L’ex-Représentant de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Young Jin Choï a nié mardi l’existence de « massacre d’envergure » sous le régime du Président Gbagbo.

« S’il y avait eu des massacres civils d’envergure, notre mission aurait échoué »
, a soutenu le diplomate coréen au micro de Radio France International (RFI). Le représentant spécial de l’ONU affirme quitter la Côte d’Ivoire avec le sentiment de ne pas voir échoué.

Ce témoignage du très conversé « Samouraï » s’oppose aux accusations de « criminels » portés par les pro-Ouattara contre le régime du Président Gbagbo.

Le couple présidentiel a été inculpé en août de « crimes économiques » après 4 mois de détention illégale sous prétexte de « crimes contre l’humanité ». Les manifestations de protestation se multiplient pour demander leur libération ainsi que celle de tous les d étenus politiques.

Publié le31 août 2011 pardirectscoop