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23/05/2012

AFRIQUE - FRANCE : Dis-moi président combien tu déclares…

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Comparées à celle de François Hollande, les récentes déclarations de patrimoine de plusieurs chefs d’Etat africains révèlent des surprises.

Enquête.

Selon la mise à jour du 6 avril de sa déclaration de biens déposée un an auparavant devant le Conseil constitutionnel de transition, lors de son entrée en fonction, le Nigérien Mahamadou Issoufou Afrique, France, françafrique, CFA, euro, economie, élection présidentielle, alassane dramane ouattara, Hollande, Macky Sallpossède neuf villas et quatorze parcelles non bâties.

Investi le 2 avril, son homologue sénégalais, Macky Sall, ne détient, selon le Journal Officiel de la République sénégalaise du 24 avril, "que" cinq villas, trois terrains et un appartement de 300 m2 à Houston, au Texas, évalué à 220 000 $ (112 millions F CFA). En comparaison, le nouveau président français est un petit joueur. François Hollande ne possède qu’une maison individuelle de 130 m2 à Mougins et deux appartements (de 54 et 80 m2) à Cannes. Afrique, France, françafrique, CFA, euro, economie, élection présidentielle, alassane dramane ouattara, Hollande, Macky Sall

A la différence de Macky Sall, ni Mahamadou Issoufou ni François Hollande ne disposent de biens à l’étranger. Le président sénégalais, détenteur de parts majoritaires dans deux sociétés dakaroises, aligne par ailleurs un parc de 35 véhicules, contre cinq pour Issoufou. Hollande préfère, lui, se déplacer en scooter…

Côté bancaire, le successeur de Nicolas Sarkozy affirme détenir trois comptes dans sa déclaration publiée le 11 mai au Journal officiel de la République française : ils affichent un solde global de 8 260 €.

Alors que Macky Sall n'a pas communiqué sur ce sujet, Mahamadou Issoufou, membre de l’Internationale socialiste (IS), a déclaré quatre comptes (deux au Niger et deux en France), d'un solde global de 67 700 €. Grand propriétaire terrien (23 propriétés foncières, dont neuf bâties), le président nigérien pourrait sans problème ouvrir une ferme avec ses deux chevaux et ses 20 moutons. Ou, à défaut, un magasin spécialisé dans le mobilier avec ses dix canapés, 40 fauteuils, 20 lits, 64 chaises, quatorze réfrigérateurs et neufs téléviseurs déclarés

Au total, la fortune personnelle du chef d'Etat du Niger s’établit à 1,1 million €. Elle est presque aussi élevée que celle de Hollande (1,2 million €). Loin devant, celle de Macky Sall atteint près de 2 millions €, véhicules non compris.


Qu'en est-il de notre champion international de fuite en avant Alassane Dramane Ouattara?

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Vraie-fausse promesse d'ADO

Pourquoi le président Alassane Ouattara n’a-t-il toujours pas effectué sa déclaration de patrimoine, alors qu’il s’était engagé à le faire durant sa campagne électorale ?

source la lettre du continent N° 635 17/05/2012

25/04/2012

FRANCE - AFRIQUE : Franc-maçonnerie, l'Afrique bien logée

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Rares sont ceux qui avouent leur appartenance. Pourtant, avec ses rites et son goût du secret, la franc-maçonnerie fascine et fait chaque jour de nouveaux adeptes. Et sur le continent, dans les cercles du pouvoir, beaucoup en font partie.
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À Libreville, on l'a surnommé « Papa Roméo ». On a remarqué qu'il avait préféré se faire discret et ne pas se montrer au grand raout annuel des francs-maçons (les Rencontres humanistes fraternelles africaines et malgaches, Rehfram), qui s'est tenu les 9 et 10 mars dans la capitale gabonaise. On sait aussi qu'il avait peu apprécié de voir diffusées, il y a deux ans, les images de son intronisation. Lui, c'est Ali Bongo Ondimba, grand maître de la Grande Loge du Gabon et président de la République (le PR à l'origine du nom de code « Papa Roméo »).


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Le chef n'était pas là, mais ses « frères » et « soeurs » avaient fait le déplacement jusqu'au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville. Deux jours durant, ils ont planché sur un thème, aux allures de mantra : « Si nous persévérons sur le chemin de la vertu, la vie devient calme et paisible ». Un exercice purificatoire ? Peut-être. Les francs-maçons sont accusés d'avoir perdu les valeurs de justice, de liberté et de tolérance qu'ils étaient censés défendre. « En France, ils peuvent se prévaloir d'avoir mené certains combats pour la laïcité ou l'abolition de la peine de mort, explique un leader de la société civile gabonaise. Chez nous, ils sont arrivistes et carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l'espoir de rencontrer un ministre ou de faire une affaire. »

Mafia

L'imaginaire populaire va plus loin encore, faisant de la franc-maçonnerie une société mystérieuse et redoutable, où les rites ont des parfums de messe noire, et que les profanes qualifient parfois de « mafia » ou même de « synagogue de Satan ». « Personne ne parle de nos oeuvres de bienfaisance et de nos actions sociales, déplore un frère gabonais. Notre image est détruite. On va jusqu'à nous accuser de crimes liés aux rituels et de trafics d'organes humains. »

En Côte d'Ivoire, plusieurs membres influents du gouvernement ont été initiés.
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Importée en Afrique dans les cantines des administrateurs coloniaux, la franc-maçonnerie enregistre pourtant chaque jour de nouvelles recrues dans les rangs du monde politique, économique et militaire... En Côte d'Ivoire, les vocations sont nombreuses. Si le président Ouattara n'est pas connu officiellement pour être un frère triponctué, son Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, et son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, le sont. Près de la moitié du gouvernement actuel fréquenterait les temples. La Grand Loge de Côte d'Ivoire (GLCI), installée dans le quartier de Marcory-Zone-4, à Abidjan, est pilotée par le grand maître Magloire Clotaire Coffie. Elle aurait récemment accueilli le procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio. D'autres personnalités, comme Georges Ouegnin, ancien directeur de protocole d'État, et Laurent Ottro Zirignon, oncle de l'ancien président Gbagbo, « manient la truelle ».

Élite

Chez les voisins maliens et guinéens, on observe le même phénomène d'expansion. Amadou Toumani Touré, renversé le 21 mars, et Alpha Condé veillent aux destinées respectivement de la Grande Loge du Mali et de celle de Guinée. Quant à Blaise Compaoré, il était - jusqu'à ce qu'il cède la place à Djibrill Bassolé, son chef de la diplomatie - grand maître de la Grande Loge du Burkina, qui compte dans ses rangs de nombreux ministres, diplomates et hommes d'affaires, notamment une partie de la direction de la chambre de commerce nationale. Plus au sud, le Béninois Thomas Boni Yayi, évangéliste patenté, a toujours contesté son appartenance à la franc-maçonnerie mais cultive d'étroites relations dans le milieu. Le Togolais Faure Gnassingbé entretient le doute, et fait sourire certains frères : « Ce jeune président a vite compris le moyen de contrôler son élite », remarquent-ils.

Seul le Sénégal, berceau de la franc-maçonnerie africaine au XIXe siècle, semble connaître un léger recul. Pourquoi ? Les confréries y tiennent une place plus importante, au point que l'appartenance à telle ou telle loge a été utilisée comme une arme de dénigrement au cours de la campagne présidentielle. Le camp d'Abdoulaye Wade, le chef de l'État sortant, a accusé Macky Sall d'« en être » (information démentie par l'intéressé), oubliant au passage que « Gorgui » avait lui-même été initié. Avant lui, l'ancien président Abdou Diouf était réputé très proche de la maçonnerie.

Cooptation

Combien sont-ils ? Difficile à dire avec exactitude. « On compte entre 25 000 et 30 000 francs-maçons en Afrique francophone, dont 15 % de femmes, estime Hervé-Emmanuel Nkom, initié au Grand Orient. Nos soeurs sont bien implantées en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Gabon et à Madagascar. » Elles sont avocates, médecins, pharmaciennes, journalistes... Sur le plan de l'africanisation de la maçonnerie, la Grande Île est très avancée avec une dizaine d'obédiences, dont le Grand Rite malgache (GRM), la Grande Loge traditionnelle et symbolique de Madagascar (GLTSM) ou le Grand Rite malgache féminin (GRMF). L'homme d'affaires Andry Rabefarihy et l'ancien directeur général de l'Institut malgache d'innovation Martial Rahariaka ne font pas mystère de leur appartenance.

Frère célèbre, le Gabonais Omar Bongo Ondimba pensait que « l'engagement à l'Art royal exig[eait] des frères et soeurs qu'ils s'impliquent de plus en plus dans les choses de la cité ». Les francs-maçons régnaient alors à tous les échelons du pouvoir à Libreville, même si le chef permettait à des non-initiés d'accéder à des postes à responsabilités. Bongo père avait même réussi le pari d'unifier la maçonnerie gabonaise masculine en créant, en 1978, le Grand Rite équatorial, reconnu par le Grand Orient de France (GODF) et par la Grande Loge de France (GLDF).

En 2010, Ali Bongo Ondimba n'avait pas aimé de voir diffusées les images de son intronisation.
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Le Congolais Denis Sassou Nguesso perpétue aujourd'hui cette politique : il a initié le Centrafricain François Bozizé et se pose en doyen des grands maîtres des loges de l'Afrique francophone. Le président Idriss Déby Itno est le très discret grand maître de la Grande Loge du Tchad. Son homologue camerounais, Paul Biya, qui a souvent été présenté comme un rosicrucien (c'est-à-dire comme un membre de l'ordre de la Rose-Croix, société ésotérique), aurait autrefois été initié à la franc-maçonnerie mais serait en sommeil depuis longtemps. La Grande Loge unie du Cameroun (Gluc), pilotée par le grand maître Denis Bouallo, a son site internet, interface pour la cooptation de nouveaux membres.

Depuis plus de vingt ans, la Grande Loge nationale française (GLNF) mène une large offensive afin de s'implanter dans les cercles du pouvoir africain où ministres et chefs d'État ont déjà été initiés. L'ex-grand maître Jean-Charles Foellner, très souvent en mission en Afrique, et son successeur, l'avocat d'affaires niçois proche de Nicolas Sarkozy, François Stifani, ont été les principaux artisans de cette conquête. Initié dans une loge au Sénégal, c'est devant Foellner que Denis Sassou Nguesso a prêté serment comme grand maître de la Grande Loge du Congo en novembre 2007. Parmi les personnalités présentes, le neveu du président congolais et patron du Conseil national de sécurité (CNS), l'influent Jean-Dominique Okemba. Trois mois plus tard, le Congo accueillait à Pointe-Noire la seizième édition des Rehfram. Représenté par Émile Ouosso, déjà ministre de l'Équipement et des Travaux publics, le président congolais donnait sa vision du franc-maçon : « Un être de progrès qui avance, un être de dépassement, capable de s'affranchir des exigences du milieu, un être de perspectives dont les anticipations peuvent et doivent aller au-delà de la contrainte de sélection. » Aujourd'hui, une bonne partie du gouvernement et de l'appareil sécuritaire du pays est franc-maçon. Et l'opposant Guy-Romain Kinfoussia est le grand maître du Grand Orient du Congo - ce qui n'est pas sans rappeler la guerre qui avait opposé, à la fin des années 1990, Sassou Nguesso et Pascal Lissouba, initié au Grand Orient de Besançon.

Sous Ali Bongo Ondimba, le système maçonnique a été reconduit à Libreville. L'émission Infrarouge diffusée en décembre 2010 sur France 2 a dévoilé les dessous de son intronisation, le fils reprenant le maillet de son père pour officier au grade de grand maître de la Grande Loge du Gabon. Ce 31 octobre 2009, on reconnaît sur la vidéo l'ex-ministre des Affaires étrangères Paul Toungui, son collègue de l'Éducation nationale Séraphin Moundounga, le doyen du Sénat Marcel Sandoungout, le patron du Conseil national de sécurité Léon Paul Ngoulakia, des généraux de l'armée et même plusieurs cadres de l'opposition.

Le chef de l'État gabonais souhaite aujourd'hui placer Jean-Baptiste Bikalou, patron de la Chambre de commerce et d'industrie du Gabon, à la tête de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG, proche du Grand Orient de France). C'est du moins ce qu'affirme un proche de l'actuel grand maître, Antoine Embinga, par ailleurs débarqué de son poste de commandant en chef de la police en janvier dernier. La cousine germaine du chef de l'État, Nicole Assélé, est, quant à elle, vénérable à la Grande Loge féminine du Gabon. Et Ali Bongo Ondimba n'a plus rien à craindre de l'ex-ministre de l'Intérieur et opposant « éclairé » André Mba Obame, qui s'est mis en sommeil et exilé à Paris.

Lobbying

Pour beaucoup, ce système de gouvernance par cooptation trouve son fondement dans la Françafrique. De Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, à Nicolas Sarkozy, en passant par François Mitterrand, la franc-maçonnerie a souvent servi de réseau d'information et de lobbying dans les plus hautes sphères du pouvoir économique et politique. Nombre de ministres de la Coopération (dont Christian Nucci et Jacques Godfrain), des responsables des services de renseignements (comme Marcel Leroy ou Alain Juillet) ou des responsables de l'Agence française de développement (AFD) sont ou ont été francs-maçons.

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Des réseaux qui peuvent aussi s'affronter au gré des intérêts politiques ou économiques ou des alternances au pouvoir. Ce qui explique que les querelles soient fréquentes à la tête des loges. Aujourd'hui, de grandes figures comme Denis Sassou Nguesso et Djibrill Bassolé, patron de la Grande Loge du Burkina, sont souvent appelées pour ramener le calme, comme dans le conflit qui a opposé l'avocat Louis Mbanewar Bataka, ancien grand maître de la Grande Loge nationale du Togo (GLNT) peu désireux de passer la main, à Roggy Kossi Paass, l'ex-directeur général chargé du Togo à la Banque internationale pour l'Afrique de l'Ouest (BIAO), qui lui a finalement succédé.

Une certitude : la fascination des dirigeants pour la franc-maçonnerie ne se dément pas. « Mais ce n'est pas un mal africain, plaisante un frère. Dans les années 1970, en France, Giscard d'Estaing voulait lui aussi entrer à la Grande Loge de France (GLDF). Mais il ne souhaitait pas faire son apprentissage : il voulait gravir rapidement tous les échelons. » Du coup, l'affaire a tourné court, et Giscard est resté profane.

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Pascal Airault, envoyé spécial à Libreville.

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Franc-maçonnerie : l'Afrique bien logée

22/06/2011

Cote d'Ivoire: DES REVELATIONS DE TEMOINS OCCULAIRES SUR L'ARRESTATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Exclusif : Arrestation de Laurent Gbagbo; L'ex Dame de compagnie de Simone Gbagbo fait des révélations

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Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien(Fpi) jusqu’au 11Avril 2011,Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l’Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d‘Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l’arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livredans cet entretien les derniers instants dans le bunker…

Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d’Angré que nous sommes, ce n’était pas du tout le repos car la nuit c’était les bruits d’armes en provenance d’Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d’Abidjan ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d’habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j’ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d’avant nous avions été informés que j’étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j’habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j’apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ‘’Allées’’ et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu’ à l’arrestation du Président Gbagbo. D’ailleurs je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvé dans les mêmes circonstances et je me suis rendu utile. J’ai ouvert les bureaux de la première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d’être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J’étais la quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n’était pas en fuite. J’ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l’accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s’est passé, il faut noter qu’avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d’arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en actions. Ainsi, il y a eu l’attaque de l’école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d’Agban( etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l’Ambassade du japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l’Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l’entrée de la résidence. C’est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l’arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au dessus de sa chambre alors qu’il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous sol car c’est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D’autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21h à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au levé du jour. Le bureau de la première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l’Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l’accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c’est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu’ à l’arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous nous attendions 21 heures pour la ‘’pluie de feux’’, comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s’est poursuivi jusqu’ à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n’a pas atteint l’intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d’égouts. Cela s’est transformé en une fumée opaque. Ils l’ont fait a dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d’électricité étaient à cet endroit. Le commandant Seka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la notre, il n’y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adje Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ‘’certainement’’ la Première Dame, le Ministre Aboudramane Sangare, etc.

Le Ministre Tagro s’est proposé à la négociation. Je l’ai vu et entendu téléphoner quelqu’un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, « demandez leur d’arrêter de tirer, je viens discuter ». J’ai appris plus tard que cette personne était l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l’attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous - sol, il était encore à l’entrée de la résidence, téléphone à l’oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine, a-t-il mis le nez dehors qu’il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d’entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grande chose. Quelques instants après, d’autres (soldats rebelles ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo ndlr) qu’ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit, qu’ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s’il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c’est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d’autres garder notre porte. La suite de l’arrestation, vous l’avez vu par les images qu’ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury , le Ministre Adjobi Christine, l’ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en dessous de l’aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l’assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant complètement trempé de son sang. Il est allé s’adosser au mur de la résidence de l’Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l’un d’eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L’objectif des deux groupes (forces licorne et des forces rebelles ndlr) était de tuer le Pr Laurent GBAGBO et d’éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d’entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armée des forces nouvelles ndlr) pour commettre l’exploit de l’assassinat de plus d’une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n’ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C’est Dieu qui a travaillé en notre faveur, psaume 23

Abidjandirect.net : Qu’en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l’enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d’une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d’un obus la veille, n’ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu’après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l’Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s’échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s’ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C’est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu’elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n’étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c’est qu’il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l’Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu’ au golf.

Réalisé par Abidjandirect.net

La suite dans nos prochaines éditions
source : abidjandirect.net



Dans l’enfer de l’arrestation du président Gbagbo . Un sachant témoigne

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Il a rejoint la résidence de Laurent Gbagbo à Cocody le 3 avril dernier. L’arrivée de cet inconditionnel de Gbagbo dans ce lieu objet de toutes les attentions et de toutes les brimades a coïncidé avec les bombardements français et onusiens.
Mais de cette date jusqu’à ce 11 avril 2011, date fatidique, il n’est plus ressorti de cette résidence tant convoitée par les Français et les hommes de Ouattara. Il a donc tout suivi ou presque. Il nous livre son témoignage. Ames sensibles, s’abstenir!


Le Président français Nicolas Sarkozy ayant pris parti pour la rébellion dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, a décidé de mépriser la procédure de recomptage des voix au profit de l’utilisation abusive de la force militaire contre le Président Laurent Gbagbo. Pour faciliter le renversement de ce «félin politique», Sarkozy et son gouvernement ont, sous le parapluie de l’ONU, pris l’option de déclencher une tempête de feu meurtrière contre notre peuple et notamment la résidence du chef de l’Etat ivoirien, le palais présidentiel et certains sites stratégiques d’Abidjan.

A l’effet de fragiliser la garde républicaine en se tenant hors d’atteinte de ses frappes, l’armée française a eu recours aux avions de guerre français, pour accomplir sa forfaiture, au détriment des contribuables français. Oui, cette attaque virulente était motivée par la volonté débridée de M. Sarkozy de rétablir l’hégémonie de la France sur la Côte d’Ivoire et l’Afrique, comme au temps colonial.

L’optimisation de ses intérêts l’a conduite à agir en déployant des capacités de nuisance absurdes, pour refuser l’instant d’après d’assumer son coup d’Etat qui a remis le pouvoir à M. Alassane Dramane Ouattara, son ami. Mais que s’est-il passé dans cet exécrable enfer créé par la Force Licorne et l’ONUCI, dans le processus de l’arrestation du chef de l’Etat ivoirien ? Voici, à ce sujet, le témoignage d’un compagnon des instants d’enfer du président Laurent Gbagbo.

«Je me suis joint à l’équipe qui entoure le Président Gbagbo le 1er avril 2011.

Ma venue a pratiquement coïncidé avec des frappes en provenance d’hélicoptères français contre la résidence du chef de l’Etat et la destruction de ses portails. Les bombardements s’étendent à la garde républicaine et détruisent toutes les entrées. Ces frappes destructrices se sont poursuivies le 03 avril 2011, avec rage.

Dès le 04 avril à 18heures, l’on constate à l’entrée principale de la résidence, un rassemblement massif de la jeunesse patriotique qui exprime son soutien au chef de l’Etat. Contre toute attente, cette jeunesse aux mains nues subit des frappes d’hélicoptères français, faisant plusieurs centaines de morts et de blessés. Ce même jour, vers 20heures, trois hélicoptères de l’armée française s’engagent dans un nouveau processus de frappes à répétition contre la résidence. Mais ces appareils ont comme par enchantement cessé leur action destructrice dès 21heures. Ce calme plat inattendu se prolongera jusqu’au lendemain matin, autorisant ainsi un semblant de repos aux otages politiques de Sarkozy et de ses rebelles ivoiriens.

Les 05 et 06 avril 2011, la détermination de Sarkozy à poursuivre sa barbarie contre le Président Gbagbo et la Côte d’Ivoire s’exprime par la venue de six (06) hélicoptères de guerre français. Ceux-ci vont pilonner différents sites de la ville d’Abidjan au moyen de rafales et de missiles, à partir de positions qui leur sont avantageuses. La résidence est à cette occasion assidûment pilonnée, à l’effet d’activer la reddition du chef de l’Etat. Dommage !! À cette violence démentielle provenant des hélicoptères français, s’ajoutent des tirs nourris en provenance de la résidence de l’ambassadeur français, juste à quelques pas du domicile du président ivoirien. Cette violence s’est exercée de jour comme de nuit, les bourreaux tirant sur tout ce qui bouge.

Décidément, la volonté meurtrière de Sarkozy gagne en ampleur les 07 et 08 avril 2011. Ici, l’armée française procède au bombardement systématique des chars et véhicules stationnés à l’intérieur de la résidence présidentielle. Elle tire également sur la Garde Républicaine jouxtant la résidence, y fait d’énormes dégâts. En fait, en anéantissant le dispensaire de la résidence qui abrite des malades et des blessés, l’on a compris que l’armée française célébrait son insensibilité, affirmait qu’à la place des cœurs, il n’y avait que des pierres et que les militaires qu’ils sont n’ont vocation qu’à obéir servilement. C’est à l’occasion de ces nombreux tirs et bombardements que le colonel-major Hilaire Babri Gohourou a été grièvement atteint pour ensuite rendre l’âme, car il était impossible de le soigner.

Le samedi 09 avril 2011, les bombardements sur la résidence s’intensifient davantage, et se veulent plus meurtriers et destructeurs, traduisant l’obsession de Sarkozy à se débarrasser d’une personnalité dont le crime est de s’être engagé politiquement à promouvoir la démocratie, défendre la souveraineté des institutions de son pays, et rêver à la dignité africaine. Oui, Sarkozy veut rapidement mettre un terme à cet idéal politique qui rame certainement à contre-courant des valeurs que sont : Liberté, Egalité, Fraternité. Il est guidé par cette volonté coloniale et ce rêve hégémonique débridé au point d’agir rapidement pour mettre un pays sous le contrôle de la France, par personnes interposées.

A cet effet, le 10 avril 2011 à 17heures, des missiles sont tirés d’un hélicoptère français sur la résidence. Le Président était alors à table, s’efforçant de manger un peu. C’est alors qu’une détonation assourdissante frappe une des vitres arrière blindées de la résidence. La violence du bombardement contraint alors le Chef et son entourage à descendre au sous-sol jusqu’au lendemain matin. Le lundi 11 avril 2011 jour fatidique, dès 8 heures, les bombardements s’enclenchent à nouveau sur la résidence, sans aucun répit. On aurait dit que l’on traque un fauve intrépide et criminel dont la prise apportera quiétude et apaisement aux chasseurs.

Ce fauve humain n’est nul autre que Laurent Gbagbo, un iconoclaste qui ose se dresser dignement contre le maître de l’empire colonial françafricain, Nicolas Sarkozy, homme pétri de culture hongroise et française, mais à la profondeur personnelle assez approximative. Face à ce déferlement de violence inouïe, Laurent Gbagbo s’interroge sur la raison profonde de ces actes absurdes de l’armée française, étant donné qu’il n’y a jamais eu de déclaration de guerre de la France. Cette violence sans nom était-elle vraiment motivée par un banal contentieux électoral, ou était-ce un acte prémédité de Nicolas Sarkozy pour laver un affront et ainsi évacuer un complexe?

Chose singulière, malgré la tempête de feu ininterrompue déclenchée par la force Licorne, le Président Gbagbo n’esquissait aucun signe de panique. Il gardait son calme habituel, arborait un sourire constant et détendait l’atmosphère grâce à son humour légendaire. Il rappelait assez souvent à son entourage sa philosophie du pouvoir et sa vision de la démocratie. Il parlait aussi du processus de construction d’une Afrique digne.

Pendant que ces interrogations se bousculaient dans la tête du Président, l’on signale le déclenchement d’un feu au dehors. Aussitôt après, la fumée passant par les commissures des portes provient de l’une des salles et envahit le sous-sol où nous nous trouvons. Dans un habile réflexe, Michel Gbagbo met en marche le grand ventilateur à portée de main, dans l’intention d’évacuer cette fumée. Il déroule en outre la lance à l’effet d’éteindre l’incendie déclarée au dehors. Je réalise alors, fort de l’expérience acquise sous d’autres cieux, qu’il ne s’agit pas d’une fumée banale, mais d’un gaz, pour sa nuisance respiratoire et les picotements qu’elle génère. En effet, la présence persistante du gaz amplifie les difficultés respiratoires à tel point que le chef de l’Etat conseille à tous d’emprunter le tunnel qui conduit à la petite bibliothèque. Mais la porte qui donne accès audit tunnel est fermée et l’on ne dispose pas de la clef pour l’ouvrir. C’est alors que le ministre Désiré Tagro, aidé par d’autres personnes assez fortes, défonce la porte, pour faciliter la montée de tous vers le haut. Alors que nous faisons mouvement vers la petite bibliothèque, le Président Gbagbo instruit Tagro d’annoncer la fin de la guerre aux ennemis, par le moyen d’un drapeau blanc.

En remontant vers la surface, on voit dans les escaliers des militaires français. Le ministre Tagro fait alors mouvement pour leur parler, mais très vite, il retourne, car il essuie des rafales de leur part. Il n’est heureusement pas atteint. L’homme s’écrie alors : «On m’a tiré dessus, peut-être qu’ils vont le tuer ! ». Mais les circonstances l’obligent à surmonter ses angoisses pour s’adresser aux militaires et ainsi mettre fin aux belligérances, par les moyens conventionnels. La première dame met à profit ce temps pour ouvrir la porte de la petite bibliothèque, où toutes les autorités de premier ordre se retrouvent. On y trouvait entre autres personnalités : le Président Laurent Gbagbo et son épouse, M. Yanon Yapo, ministre de la Justice, M. Dakouri Tabley, ex- gouverneur de la Bceao, le ministre Jean Jacques Béchio, madame la ministre Christine Adjobi, madame Géneviève Bro Grébé, Présidente des femmes patriotes. On y trouvait également MM. Abou Drahamane Sangaré, Kuyo Téa Narcisse, Mme Obodou Marceline, secrétaire particulière du chef de l’Etat etc. En fait, il se trouvait dans cette résidence que l’armée française a décidé de pilonner sur ordre de Sarkozy et avec la honteuse complicité de l’ONU, au moins 250 personnes, toutes des morts virtuels.

En effet, après s’être assurés qu’il n’y avait plus de résistance armée à l’intérieur de la cour et dans le bâtiment, l’armée française cède la place à des militaires des forces africaines Ecomog qui font mouvement vers nous, tout excités.

Ils nous interrogent alors sur un ton sévère : «Où est le Président Gbagbo ? ». Dans leur élan de colère, ils exécutent deux personnes conduites dans le sous-sol. Cela oblige plusieurs autres personnes à remonter dans le hall. Et dans un sang-froid total, la Première Dame ouvre la porte de la petite bibliothèque. Elle sort alors, suivie du ministre Tagro et du Président Laurent Gbagbo qui dit d’une voix calme aux soldats en face : «Ne me tuez pas, allons-y ! ». Ces soldats ordonnent à tout le monde de se déshabiller. L’exécution de cette injonction leur fait pousser des clameurs du vainqueur en disant : «On a arrêté le Président Gbagbo, il s’est rendu».

Malheureusement, l’arrestation du Président va être suivie dans l’espace de la résidence, d’une violence inouïe. En effet, les soldats des FRCI sur les lieux, utiliseront les crosses de leurs fusils pour molester avec rage les cuisses, les genoux et mollets des «ennemis» en présence. Ils utiliseront aussi des armes blanches, des faucilles et bien d’autres objets tranchants pour agresser l’entourage du Président au point où certaines des victimes se meuvent aujourd’hui difficilement.

Ainsi, l’on pouvait voir le sang couler des têtes, des fesses, des corps de la plupart des personnes présentes. C’était une vraie orgie meurtrière. Mais nous étions aussi soumis à d’autres actes dégradants, car il nous était exigé de nous mettre nu comme à la naissance d’une part et d’autre part de répéter mécaniquement et avec joie cet hymne à Alassane Ouattara : «Gbagbo est arrêté, Alassane est président ! ». Dans cette grisaille humiliante savamment orchestrée par l’armée française, pour livrer des intelligences respectées à des soldats, la Croix Rouge jouait habilement sa partition en donnant les premiers soins aux blessés graves, pour ensuite les conduire au CHU de Cocody, sous le regard froid des soldats français.

Dans le même temps, le Président Gbagbo et certains de ses collaborateurs sont manu militari conduits au Golf Hôtel, Quartier Général de M. Ouattara, pour les exhiber comme des trophées de guerre. Oui, l’ancienne ministre de la Culture du Mali a raison de s’écrier que «l’art de vaincre sans avoir raison est le propre de l’occident», surtout que le profil de Laurent Gbagbo ne répond pas aux critères des gouvernants français».

Au total, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo a été orchestrée et exécutée par l’armée française sur ordre de M. Sarkozy et avec la complicité active de l’ONU. Elle a exécuté l’acte en usant à fond sa capacité de nuisance, pour favoriser la reddition du chef de l’Etat ivoirien et sa remise entre les mains des forces rebelles de M. Ouattara. En le faisant, Sarkozy tente de ruiner le charisme mythique de Laurent Gbagbo, acteur politique majeur en Afrique du fait de sa vision dynamique pour son pays et le continent tout entier. Le néocolonialiste Nicolas Sarkozy lance ainsi un ultimatum vibrant à tous ceux qui couvent des velléités indépendantistes et souverainistes au sein de la Françafrique.

Il les appelle à une discipline absolue vis-à-vis du gendarme de l’Afrique qu’est la France. Sarkozy montre aussi que cette France, pour assurer sa survie par la forfaiture, monte des rébellions et les utilise contre ceux qu’elle redoute. Cette entreprise honteuse contre le continent se réalise avec la complicité d’acteurs politiques nationaux, et des organisations régionales et sous régionales passives, pour retarder l’essor de l’Afrique. En Côte d’Ivoire, le Président français et son armée ont défriché le champ de la terreur par l’intermédiaire d’une opposition rebelle. Ils ont ainsi favorisé une rupture de grande ampleur politique et sociale au nom de leurs intérêts, en faisant la guerre contre un Etat souverain sous l’excellent prétexte de protéger des civils. Ce voile pudique de protection des civils pour commettre les forfaitures, Sarkozy et son équipe l’utilisent également en Lybie. En agissant ainsi, le supposé réalisme politique de Sarkozy profite-t-il vraiment à la France, ou prépare-t-il cette nation à vivre en temps opportun les lugubres réalités de la transposition de la terreur sur le théâtre français?

source: Zabril Koukougnon – Notre Voie