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06/12/2012

Côte d'Ivoire : Les "gueules cassées" de la crise ivoirienne

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Sur le camp de l'ex-3e bataillon d'infanterie d'Anyama, à 10 kilomètres d'Abidjan, une centaine d'ex-combattants échangent armes et tenues militaires contre un survêtement et une carte de 'démobilisé', passeport pour l'entrée dans la vie civile. L'opération est menée par l'Autorité pour la démobilisation, le désarmement et la réinsertion (ADDR), créée en août par le président Alassane Ouattara.

Effectif pour l'heure dans la seule région d'Abidjan, ce processus est censé assurer un avenir de garde pénitencier à ceux que le test psychologique et la visite médicale auront déclarés « aptes ». Pour tous les autres, l'ADDR promet des « solutions de réinsertion », sans toutefois en préciser les contours.
Mais déjà, en ville, les critiques se multiplient contre cette nouvelle autorité. En cause, le processus de sélection des 2000 ex-combattants candidats à la réinsertion. Il est en fait délégué aux anciens "chefs de guerre" qui auraient vendu les places aux plus offrants. Des personnes qui n'ont pas combattu se retrouveraient ainsi dans ce processus de réintégration.

À Abobo, les anciens combattants sont rongés par l'amertume. Dans cette commune populaire d'Abidjan, la jeunesse a pris les armes contre les hommes de Laurent Gbagbo pour défendre le candidat élu, Alassane Ouattara. Parmi eux, beaucoup ont été blessés au combat. Là, où ils espéraient une prise en charge, ils n'ont jamais été approchés par les autorités depuis la guerre.

Massouma était chauffeur de taxi avant de rejoindre la rébellion à PK18, ce quartier d'Abobo où les affrontements entre les pro-Ouattara et les Forces de sécurité de l'ancien président ont été les plus sanglants. Touché d'une balle dans la cuisse en avril 2011, il est aujourd'hui incapable de conduire : le plomb est toujours logé dans sa jambe, la plaie à vif, mais il n'a pas les moyens de se faire opérer. C'est le docteur Krouma, connu dans le quartier comme le dernier recours de ces nouveaux indigents, qui lui fait gratuitement ses pansements et lui administre des piqûres antibiotiques quand sa maigre pharmacie le lui permet.


Des vies brisées comme celle de Massouma, il en existe dans toute la Côte d'Ivoire. Rencontre en images avec les combattants oubliés de la crise post-électorale.


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Dr Krouma vit à PK18, le quartier d'Abobo à Abidjan où ont eu lieu les plus violents combats pendant la crise. Kinésithérapeute de formation, il s'est improvisé chirurgien sur le front au plus fort de la guerre. Il suit encore aujourd'hui de nombreux ex-combattants blessés. Malgré ses multiples demandes, aucun d'entre eux n'a pour l'heure reçu d'aides de la part des autorités.



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Tous les deux jours, le Dr Krouma fait un nouveau bandage sur la jambe de Massouma, ancien combattant pro-ouattara blessé pendant la crise.



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Le docteur, qui soigne gratuitement, manque de matériel et de médicaments.



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Richard Dei, 20 ans habite Duékoué, à l'ouest du pays. Il est entré dans le groupe d'autodéfense APWE, l'association des patriotes Wé, qui défendait la ville contre l'avancée de la rébellion à l'ouest. Il a été amputé après avoir été touché par une balle.


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Faute de moyens pour l'emmener à l'hôpital, la mère de Richard apaise la douleur en le massant avec du beurre de karité.




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Moustapha Touré vit à Man, à l'ouest du pays. Il a rejoint la rébellion en 2002. Blessé à la jambe à Bloléquin, il a été amputé quelques semaines plus tard après avoir été envoyé par ses chefs militaires pour être soigné dans une petite structure au Burkina Faso. Depuis son retour à Man, il y a un peu moins d'un an, il n'a bénéficié d'aucune aide.


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Moustapha était caporal dans les Forces Nouvelles, la rébellion nordiste. Il dirigeait une section d'une vingtaine d'hommes. Aujourd'hui, il vit avec d'autres locataires dans une petite maison du quartier de Domoraud à Man. Il se fait aider financièrement par des proches. Il lui arrive de revendre 1500 frcs CFA à l'unité ses munitions pour subvenir à ses besoins. Il a aussi vendu des bérets et des uniformes militaires.

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Tous les jours, il prend sa douche seul, malgré son handicap. Il n'a pas pu payer ses dernières factures d'eau et se débrouille aujourd'hui avec des bassines que des amis lui préparent quotidiennement.

source: france24

09/08/2012

Crise ivoirienne : un rapport officiel omet les auteurs de 829 crimes contre l'humanité

Selon le rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) ci-dessous, la commission a enregistré « 3 248 » personnes tuées durant la crise reparties de la façon suivante:

- Les forces armées pro-Gbagbo: 1 452

- les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara: 727

- les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels « dozos » miliciens pro-Ouattara: 200

Total: 1 452+727+200= 2 379

Omis: 3 248-2 379= 869

A qui la commission attribue t'elle les 869 personnes restantes ? Qui sont les auteurs ? Où a eu lieu ses massacres ? Ce rapport peut être crédible ? Autant de questions, alors que nous attendons des réponses.

Ci-dessous le rapport publié par jeuneafrique:
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Le rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE), remis le mercredi 8 août au président Alassane Ouattara, estime que les forces armées de ce dernier ont tué plus de 700 personnes durant la crise postélectorale de 2010-2011. Les forces pro-Gbagbo sont, elles, accusées de la mort de plus de 1 400 personnes.

Les soubresauts de la crise postélectorale sont toujours bien visibles en Côte d'Ivoire. Depuis le début de la semaine, plusieurs attaques ont fait une dizaine de morts et plusieurs blessés parmi les soldats des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).

Une enquête réclamée par Alassane Ouattara - mais dont l'impartialité est contestée par les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo et de nombreuses ONG (HRW, Amnesty International, ICG...) - permet d'en savoir un peu plus sur les violences commises durant la crise de 2010-2011. Remise mercredi au président ivoirien par Paulette Badjo, présidente de la Commission nationale d'enquête (CNE), ce rapport conclut que les forces armées pro-Ouattara ont causé la mort de plus de 700 personnes et celles de l'ex-chef de l'État Laurent Gbagbo d'environ deux fois plus.

« La crise a donné lieu à de massives violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire », a déclaré Paulette Badjo en remettant son rapport, issu d'un an d'enquête et de l'audition de près de 16 000 personnes.

Créée par le chef de l'État, la commission a enregistré « 3 248 » personnes tuées durant la crise, un chiffre qui « reste certainement en-deçà de la réalité », a-t-elle indiqué.

Les forces armées pro-Gbagbo sont responsables de la mort de 1 452 personnes (dont 1 009 exécutions sommaires), tandis que les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara ont causé la mort de 727 personnes (dont 545 exécutions sommaires), selon les données citées par Mme Badjo, qui n'a pas précisé l'identité ni le statut (civil ou militaire) des victimes.

Environ 3 000 morts, selon l'ONU

La commission a aussi mis en cause les forces non conventionnelles qui ont combattu, comme les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels « dozos » qui, selon de nombreux témoignages recueillis par la CNE, ont agi aux côtés des FRCI et ont tué quelque 200 personnes.

Le chiffre communément admis, notamment par l'ONU, est d'environ 3 000 personnes tuées durant la crise postélectorale. Elle était née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010 et s'était achevée par l'arrestation de l'ex-président le 11 avril 2011 après deux semaines de guerre.

Visiblement ému par le tableau de ces « horreurs », selon son expression, M. Ouattara a remis le rapport de la commission au Premier ministre et ministre de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou, afin qu'il prenne des « mesures ».

Réaffirmant son engagement pour la « lutte contre l'impunité », le président ivoirien a assuré que « toutes les personnes qui ont posé des actes répréhensibles pendant la crise postélectorale répondront de leurs actes devant la justice ».

Le FPI dénonce une "justice des vainqueurs"

Régulièrement interpellé par les ONG internationales sur les crimes commis par ses forces durant la crise, en particulier dans l'Ouest, et sur l'absence de poursuites contre les siens, M. Ouattara a expliqué depuis un an attendre les conclusions de la Commission avant d'agir.

Le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), avait par avance récusé en février les conclusions de la CNE, dénonçant une « justice des vainqueurs ».

De son côté, l'ex-chef de l'État est incarcéré depuis fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité. Une vingtaine de figures du camp Gbagbo, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, et des dizaines d'autres personnes de ce bord (des civils et des militaires) sont inculpées et détenues en Côte d'Ivoire.

(Avec AFP)

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