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17/01/2013

Guerre au Mali : Le prétexte de la démocratie, un classique. Sécuriser l'approvisionnement français en uranium la vraie raison

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Le 11 janvier 2013, l’armée française est intervenue au Mali à la suite de mouvements, vers Bamako, de groupes armés islamistes. Depuis des mois, ces derniers tiennent tout le nord du Mali et se seraient enhardis au point, nous dit-on, de vouloir occuper l’ensemble du pays.

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Personne ne niera que ces groupes soient composés d’horribles individus qui, sous prétexte de convictions « religieuses », battent toute personne dont le comportement ne leur plaît pas, coupent les mains des voleurs (réels ou supposés), exécutent – en particulier des femmes – pour des broutilles ou même pour rien.

Pour autant, de la même façon qu’au moment de l’intervention militaire contre Kadhafi en Libye, il est insupportable de se retrouver sommé de soutenir une intervention militaire déployée par ceux qui sont largement responsables de la gravité de la situation.

Qui croira qu’il s’agit de sécuriser la région ?
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Qui plus est, qui peut vraiment croire qu’il s’agit d’une opération « pour la démocratie au Mali » ? Cela fait des décennies qu’elle est bafouée dans ce pays par des régimes corrompus. largement soutenus par la France. Alors, pourquoi cette subite urgence « démocratique » ?

De même, qui croira qu’il s’agit de « sécuriser la région » ? En réalité, il s’agit de sécuriser l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises en uranium : ce dernier est en effet extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali. par une ligne sur les cartes géographiques.

A ce propos, on soulignera l’extrême perversité des ex-puissances coloniales qui ont jadis tracé des frontières absurdes, faisant fi de l’implantation des populations, et créant des pays aux contours bien curieux : le Niger et le Mali sont tous les deux en forme de sablier, une partie sud-ouest contenant la capitale, totalement excentrée et éloignée d’une immense partie nord-est, principalement désertique.

Salariés d’Areva enlevés

C’est ainsi que, pendant 40 ans, Areva (auparavant la Cogéma) a pu s’accaparer en toute tranquillité l’uranium nigérien dans ces mines situées à 500 kilomètres de la capitale et du fragile « pouvoir » politique nigérien.

Ces dernières années, des groupes armés se sont organisés dans cette région : des Touaregs, dépités d’être méprisés, déplacés, spoliés. Et des groupes plus ou moins islamistes, certains issus des anciens GIA qui ont semé la terreur en Algérie, d’autres contrôlés par Kadhafi, et autonomisés suite à la disparition de ce dernier.

Des salariés d’Areva, cadres dans les sociétés d’extraction de l’uranium, ont été enlevés en septembre 2010 au Niger, transférés au Mali et retenus depuis. Puis, le 7 janvier 2011, deux jeunes français ont à leur tour été enlevés au Niger.

L’Observatoire du nucléaire a été une des rares voix à dénoncer l’opération militaire immédiatement lancée par les autorités françaises. Ces dernières avaient en effet, de toute évidence, décidé de châtier coûte que coûte les preneurs d’otages, quitte à ce que cela se termine dramatiquement pour les deux jeunes otages. qui ont effectivement été tués dans l’opération.

Ces deux jeunes ne travaillaient pas pour l’extraction de l’uranium mais, c’est évident, l’idée était de décourager d’éventuelles prochaines actions contre des salariés d’Areva.

En intervenant, la France reprend la main
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Depuis, les mouvements touaregs laïques et progressistes ont été marginalisés, en particulier par la montée en force du groupe salafiste Ansar Dine. Puissant et lourdement armé, ce dernier s’est allié à Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), faisant courir un risque de plus en plus évident pour les activités françaises d’extraction de l’uranium au nord du Niger.

La France a soutenu avec la plus grande constance les gouvernements corrompus qui se sont succédé au Mali, aboutissant à un délitement total de l’Etat. C’est probablement cet effondrement qui a amené les groupes islamistes à s’enhardir et à avancer vers Bamako.

De même, la France a maintenu depuis 40 ans le pouvoir du Niger dans un état de faiblesse et de dépendance par rapport à l’ancienne puissance coloniale et son entreprise d’extraction de l’uranium, la Cogéma devenue Areva. Alors que les dirigeants nigériens essaient tant bien que mal de contrôler ce que fait Areva, la France reprend totalement la main avec son intervention militaire.

Les récents mouvements des groupes islamistes n’ont effectivement fait que précipiter l’intervention militaire française qui était en préparation. Il s’agit indéniablement un coup de force néocolonial, même si les formes ont été mises avec un opportun appel à l’aide du Président par intérim du Mali, dont la légitimité est nulle puisqu’il est en place suite à un coup d’Etat qui a eu lieu le 22 mars 2012.

Le prétexte de la démocratie, un classique

Précisons à nouveau que nous n’accordons pas le moindre crédit aux dangereux fondamentalistes qui sont aussi des trafiquants de drogue et d’armes et n’hésitent pas à blesser et tuer.
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Par contre, nous refusons la fable de l’intervention militaire « pour la démocratie ». Ce prétexte a déjà beaucoup servi, en particulier lorsque les USA ont voulu mettre la main sur des réserves pétrolières, et le voilà encore de mise parce que la France veut assurer l’approvisionnement en uranium de ses réacteurs nucléaires. Notons d’ailleurs que, à 27 000 euros l’heure de vol d’un Rafale, le tarif réel du courant d’origine nucléaire est encore plus lourd que ce que l’on pouvait craindre...

En conclusion, il est une nouvelle fois démontré que l’atome, et la raison d’Etat qui l’entoure, ne nuit pas seulement à l’environnement et aux êtres vivants mais aussi à la démocratie.

source: http://www.rue89.com/2013/01/15/securiser-le-mali-ou-assurer-notre-approvisionnement-en-uranium-238620

10/08/2012

Afrique de l'Ouest : Compaoré, faiseur de paix ou marchand de guerre?

S'il est souvent chargé des grandes médiations ouest-africaines, le président burkinabè n'en est pas moins un négociateur controversé.
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22 mars 2012, des militaires séditieux renversent le président du Mali, Amadou Toumani Touré. Ce coup d'Etat ouvre la voie à une instabilité politique qui vient s’ajouter à une rébellion touareg et islamiste dans le nord du pays.

Le problème malien devient alarmant, dès lors que son ampleur menace de concerner ses voisins immédiats qui se saisissent du dossier.

Au sein du club des chefs d’Etat ouest-africains qui se rendent au chevet du Mali, c’est le président du Burkina, Blaise Compaoré, qui est désigné comme médiateur.

Sa double mission est de ramener les putschistes à la raison, afin que le pays retrouvre l'ordre constitutionnel, et de négocier une solution de paix avec les rébellions islamistes et touareg.

Ce choix ne fait pas l’unanimité, y compris à Bamako, la capitale malienne, où l'on dénonce bien vite une ingérence de la part de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), qui a mandaté Compaoré.

L'une des raisons majeures de sa désignation est sa connaissance des acteurs qui tiennent le nord en otage. Seulement, cela joue à la fois pour et contre lui.

En effet, le dirigeant burkinabè semble en mesure de trouver un interlocuteur chez les islamistes armés jugés infréquentables et peut se prévaloir de ses entrées dans les milieux touareg.

Depuis son arbitrage dans un cas similaire de rébellion au Niger, en 1994, il a conservé cette réputation.

Mathieu Guidère, le spécialiste du monde arabe et musulman avançait une raison supplémentaire dans une interview à Slate Afrique:

«Si Compaoré s’est mis en avant, c’est parce que personne ne voulait ou ne pouvait le faire sur ce dossier. Sa médiation s’est imposée par défaut. Personne n’a dit qu’il était l’homme de la situation. Bien au contraire, tout le monde pense que ce n’est probablement pas la bonne solution que Compaoré soit le médiateur attitré.»

Rôle trouble au Mali

Et certains n’hésitent pas à le dire. Très vite, l’entregent du Burkina est dénoncé. Les journaux maliens se répandent en accusations de partialité. On le soupçonne de vouloir faire le jeu des Touaregs.

Aux premières heures de la rébellion touareg, un chef militaire du MNLA s’était permis de s’exprimer librement dans les colonnes d’un grand quotidien ouagalais, depuis son refuge burkinabè.

Ce qui n’avait manqué d’être perçu comme un cautionnement de la part du pays d’accueil. Un rappel à l’ordre des autorités burkinabè vis-à-vis de l’hôte encombrant rappelé à son devoir de réserve de «réfugié» avait permis de clore l’incident.

Mais lorsque survient une tentative de contre-putsch, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012, le rôle trouble de Blaise Compaoré est de nouveau indexé.

La junte évoque la présence de militaires burkinabè parmi les bérets rouges, qui ont tenté de la neutraliser. Ils auraient été arrêtés en possession de pièces d’identité étrangères qui prouve leur provenance.

L’affaire est finalement vite étouffée entre Bamako et Ouagadougou. On ne parle plus de ce sujet qui fâche. Amadou Sanogo, le chef de la junte, a-t-il été amadoué avec la promesse d’obtenir le statut d’ancien chef d’Etat? Ladite promesse ne sera de toute façon, qu’à moitié tenue.

Ces rebelles Ivoiriens qui venaient de Ouaga

Mais, surtout, l’histoire prend-elle un malin plaisir à se répéter? Les mises en causes multiples du dirigeant du pays des hommes intègres sonnent comme un air de déjà entendu.

Déjà, en 2002, Compaoré avait été accusé de jouer un rôle de déstabilisateur en Côte d’Ivoire, par le régime de Laurent Gbagbo.

Accusations plus ou moins fondées d’implication dans la crise politico-militaire qui se déclenche le 19 septembre 2002.

Ce jour-là, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle des villes d’Abidjan, Bouaké et Korhogo.

Ils échouent dans leur tentative de s’emparer de la capitale économique mais sont victorieux dans les deux autres villes, situées respectivement dans le centre et au nord du pays coupant ainsi le territoire ivoirien en deux.

Après cinq années de crise marquées par les échecs répétés des différentes médiations (sud-africaine et ghanéenne notamment) le pouvoir en place parvient à la conclusion que la crise ne pourra être résolue qu’en remontant à ses origines.

Fin politique, Laurent Gbagbo a compris que «les rebelles sont venus de Ouaga, et (que) c’est de Ouaga qu’ils déposeront leurs armes.» Il sollicite donc le président du Faso pour mener des négociations directes avec la rébellion qui a pris le nom de «Forces nouvelles.»

Cela a abouti à la signature, le 4 mars 2007, de l’accord politique de Ouagadougou (APO) entre le chef rebelle Guillaume Soro et le président ivoirien Laurent Gbagbo.

L'élection présidentielle prévue dans ce cadre, est organisée le 31 octobre 2010 au terme de quatre accords complémentaires.

La guerre, officiellement terminée reprendra lors de la crise déclenchée à l’issue d’un second tour qui voit les deux candidats revendiquer la victoire.

La suite est connue, un conglomérat de forces militaires onusiennes, françaises venues en appui au Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), fidèles à Alassane Ouattara, lui permettent de s’emparer d’un pouvoir que le monde entier lui reconnaît.

D'Abidjan à Conakry, c’est toujours l’ami de Compaoré qui gagne

Ce dénouement «heureux» n’est pas sans rappeler la conclusion de la crise politique guinéenne qui s’est achevée favorablement pour un autre «ami» de Blaise Compaoré.

Sollicité par la Cédéao pour «faciliter» la transition guinéenne en péril suite à coup d’Etat consécutif au décès de l’ancien président Lansana Conté le 22 décembre 2008 le président burkinabè conduit une médiation mouvementée.

Avec le capitaine putschiste, Moussa Dadis Camara, subtilement écarté du pouvoir après une tentative d’assassinat qui le laisse longtemps affaibli, il signe un accord de sortie de crise à Ouagadougou le 15 janvier 2010.

La troisième partie signataire, le général Sékouba Konaté, jusqu’ici vice-président devient chef de l’Etat intérimaire et se montre plus docile pour aller à des élections qu’il organise avec empressement.

Le premier tour de l’élection présidentielle se tient le 27 juin 2010, conformément à la feuille de route.

Après trois mois de vives tensions entre les deux candidats arrivés en tête et une déclaration faite à Ouagadougou sous l’égide du «facilitateur» le second tour se déroule le 7 novembre 2010. Les suffrages portent Alpha Condé au pouvoir.

A l’instar de son homologue Alassane Ouattara, l’amitié de longue date entre Alpha Condé et le président burkinabè n’est pas un secret. Sitôt élu, le chef d’Etat guinéen effectue son premier voyage à l’étranger au Burkina.

«Même si Blaise Compaoré n’était pas le médiateur de la crise guinéenne, j’effectuerais ma première visite officielle dans ce pays», confiera-t-il. La démocratie a gagné et Condé veut se montrer reconnaissant.

Dans ce dernier cas, si à aucun moment le rôle déstabilisateur de Blaise Compaoré n’a été avéré de quelque façon que ce soit, l’issue avantageuse de la crise guinéenne pour Alpha Condé n’a pas manqué de faire jaser.

Cellou Dalein Diallo, prétendant malheureux se prévalant d’un report de voix qui le donnait mathématiquement gagnant, ne cessera jamais de contester les résultats.

Une réputation qui s’est faite au Togo

De fait, l’homme fort de Kosyam (palais présidentiel), devenu le doyen des chefs d’Etat de la sous-région, en termes de longévité au pouvoir, a acquis une stature de parrain régional.

Dans ce rôle, il a peu à peu enfilé les habits, au départ trop grands pour lui, du premier président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, décédé en 1993 et longtemps laissé sans héritier.

Cette année déjà, Blaise Compaoré qui anticipe la succession, s’essaie à la médiation dans la crise togolaise qui voit chanceler le pouvoir du président Etienne Eyadema Gnassingbé.

Elle débouche sur la signature d’un accord le 11 juillet 1993. Il met fin aux affrontements armés.

Un diplomate burkinabè analyse:

«Cette toute première médiation a retenu l’attention de la communauté internationale et a sans doute eu une influence dans le choix du président du Faso en tant que médiateur dans d’autres processus de sortie de crise.»

13 années, plus tard, le costume du pacificateur est plus seyant. La médiation du président Compaoré est de nouveau demandée par les acteurs politiques togolais, suite aux violences qui émaillent l’élection présidentielle de 2005 tenues après la mort du président Gnassingbé père remplacé par son fils, Faure.

Les négociations menées à Lomé et à Ouagadougou, aboutissent à la signature le 20 août 2006, d’un accord politique global qui permet l’organisation d’élections législatives en octobre 2007.

Une seconde (ou troisième, c’est selon) médiation dans ce pays, à la demande de la Cédéao fait suite à des tensions qui surgissent à l’approche de l’élection présidentielle en 2010.

Ces nouvelles négociations menées avec l’ensemble de la classe politique débouchent sur la composition consensuelle de la Commission électorale et à la fixation des conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle. A l’issue de ce scrutin, le fils Gnassingbé est réélu.

Agent occidental inamovible?

La réélection de Blaise Compaoré, elle n’est pas certaine. Et pour cause, Il ne peut constitutionnellement se représenter pour un mandat supplémentaire en 2015.

A moins de modifier la loi fondamentale. Si tel était le cas, la communauté internationale, puissances occidentales en tête applaudiront-elles une telle volonté de maintien? La France de Sarkozy ne s’était pas déclarée favorable à cette option.

Mais d’aucuns affirment que le chef de l’Etat burkinabè est devenu le «pilier de la françafrique» en Afrique de l’Ouest, ainsi que l’analyse Le Monde diplomatique en janvier 2010.

En plus de détenir les clés des grandes crises régionales, Il semble incontournable dans les problématiques de prises d’otages.

Mystérieusement, le président du Faso semble bénéficier d’une oreille chez les professionnels de l'enlèvement qui sévissent dans la bande sahélienne. Par son intermédiaire, de nombreuses libérations d’otages occidentaux ont été possibles.

Au fil du temps, Ouagadougou s’est progressivement affirmée comme place stratégique dans la sous-région.

Les Américains y ont établi leur base secrète la plus importante, dans la zone militaire de l’aéroport de la capitale d’où ils opèrent des missions de surveillance sur toute la zone Afrique de l’Ouest.

Autant de gestes de coopération qui traduisent la volonté acharnée de se poser comme l’allié indispensable de l’occident.

Sauront-ils faire oublier son incrimination dans le dossier libérien, où il se trouve accusé d’avoir fourni armes et soldats à la sanglante rébellion de Charles Taylor? Blaise Compaoré à la CPI ou prix Nobel de la paix?

Malik D. Ouedraogo

source: http://www.slateafrique.com/91955/burkina-faso-blaise-compaore-faiseur-de-paix-ou-perturbateur

24/07/2012

JeuneAfrique : Faites maintenant le portrait de Alassane Dramane Ouattara!

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Dans son article paru ce jour 24 juillet 2012 sur son site internet, jeuneafrique dépeint négativement le Dr Check Modibo Diarra et veut le faire passer pour l'homme qui serait à la base de l'échec de la résolution de la crise malienne parce qu'il ne serait pas le toutou de big Ouattara, l'homme au carnet d'adresses très chargé qui est plus dans les airs que sur les réalités de la terre. Dans cet article ci-dessous, l'on dresse même le curriculum vitae du personnage. Il est écrit qu'un diplomate ouest-africain parlant de lui a dit ceci: « C'est un grand scientifique, mais un très mauvais politique, commente sèchement un haut diplomate ouest-africain. Il tourne en rond, s'agite, parce que la mission le dépasse. Il n'a pas la carrure. »
Nous savons que nul n'est prophète chez soi, mais ce n'est pas normal et digne de détruire nos dirigeants parce qu'ils ne sont pas d'accord ou n'ont pas la même vision que le brave tchè (surnom donné à Ouattara par ses admirateurs).

Nous demandons à jeuneafrique de faire la pareille pour Alassane Dramane Ouattara, que l'on nous a présenté comme un grand économiste aux milles solutions (ADO solutions marque déposée), qui n'a malheureusement que des embargos, des armes, des hommes armés et des guerres dans sa serviette. Or donc un "grand" économiste ne fait pas forcement un bon politique!!!

Ci-dessous l'article de jeuneafrique

Par 24/07/2012 à 12h:05 Par Malika Groga-Bada

Crise malienne : la comète Cheick Modibo Diarra
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Beaucoup de déceptions et très peu de résultats pour le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra, en fonction depuis avril dernier. Le pays est toujours au bord du précipice. L'ancien ingénieur de la Nasa découvre une planète pour laquelle il n'est, à l'évidence, pas fait.

« I've always been lucky in my life » (« J'ai toujours été chanceux dans la vie »), avait l'habitude de déclarer Cheick Modibo Diarra. L'est-il toujours autant ? Trois mois après sa prise de fonctions, le Premier ministre de transition, 60 ans, a perdu de nombreux soutiens. Au Mali, mais surtout à l'extérieur, où l'on a fini par se lasser de ses atermoiements. Réunis à Ouagadougou les 6 et 7 juillet, les chefs d'État du groupe de contact de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ne l'ont pas invité et l'ont mis sur la touche. En demandant aux « forces vives » de proposer des noms au président Dioncounda Traoré, encore convalescent en France, pour la formation d'un gouvernement d'union nationale avant le 31 juillet. « C'est un grand scientifique, mais un très mauvais politique, commente sèchement un haut diplomate ouest-africain. Il tourne en rond, s'agite, parce que la mission le dépasse. Il n'a pas la carrure. »

Espoirs et déceptions

Il tourne en rond, s'agite, la mission le dépasse. Selon un diplomate ouest-africain

La tension était montée d'un cran lors du précédent sommet, le 29 juin, à Yamoussoukro. Le déclencheur ? Un échange houleux avec Boni Yayi, le chef de l'État béninois et président en exercice de l'Union africaine, à propos du retour au pays de Dioncounda Traoré. Modibo Diarra affirme que le président par intérim, « à qui [il] parle quotidiennement », veut rentrer même si le souvenir de son agression, en plein palais présidentiel, est encore vivace. Boni Yayi, qui l'a rencontré à Paris le 1er juin, dit le contraire. La tension monte. Excédé, le président béninois finit par s'emporter : « Monsieur le Premier ministre, me traiteriez-vous de menteur ? » Ambiance... « Modibo est un chic type, mais il ne respecte pas les codes de la bienséance, ne connaît pas le personnel politique ni le fonctionnement d'un État », résume l'un de ses amis. Cela fait beaucoup de handicaps lorsqu'on conduit la destinée d'un pays au bord du précipice.

Pourtant, il suscitait beaucoup d'espoirs lorsqu'il a pris ses fonctions le 17 avril. Dans le Nord, les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et les combattants djihadistes occupent le territoire. Dans le Sud, l'imbroglio après le coup d'État du 21 mars qui a renversé Amadou Toumani Touré ne trouve pas d'issue. Après deux semaines de tractations entre le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDRE, l'ex-junte militaire) et la classe politique malienne, sa feuille de route est ambitieuse mais claire : la pacification du Nord - par la négociation ou par la force - et l'organisation d'élections transparentes. Un contrat à durée déterminée de un an qui semblait convenir à ce candidat à la présidentielle avortée d'avril dont la précampagne ne décollait pas. Du côté de la classe politique, l'on a fait fi du fait qu'il a vécu une grande partie de sa jeunesse à Ségou, ville d'origine du capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo. Jusqu'à ce qu'il confie le portefeuille de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à Harouna Kanté, oncle du militaire. Le gradé et le Premier ministre ont, semble-t-il, beaucoup échangé jusqu'au mois dernier. De quoi dessiner les contours d'une convergence de vues, voire d'une alliance objective. Quant aux conclusions des Conseils des ministres, elles sont une succession de nominations de militaires...

Pendant ce temps, les Maliens attendent toujours un plan de sortie de crise. Les groupes armés plastronnent chèche au vent dans l'immensité saharienne, instaurent la charia et commencent à détruire des mausolées dans la ville sainte de Tombouctou... Quant à l'opération militaire africaine préconisée par la Cedeao et l'Union africaine, Bamako n'a cessé d'envoyer des messages contradictoires plaidant surtout pour une solution nationale. Pis, le gouvernement a annoncé, le 9 juillet, la création d'un corps d'élite de 1 200 hommes pour sécuriser les institutions et reconquérir le Nord. Cela ressemble presque à une opération de torpillage des scénarios militaires élaborés par les voisins. Et les fréquents déplacements à l'étranger du Premier ministre - parfois avec l'avion présidentiel - irritent les Maliens, inquiets des dépenses qu'ils engendrent. « Tous ces voyages ne servent à rien, s'énerve-t-on à l'Alliance IBK Mali 2012, une coalition de partis politiques qui soutenait la candidature d'Ibrahim Boubacar Keïta. Dire qu'il prétendait avoir un réseau. Tout cela, c'est de la poudre aux yeux ! »

En effet, les Maliens attendaient beaucoup du docteur Cheick Modibo Diarra et de ses connexions à l'international. Une réputation bâtie sur son expérience à la Nasa, l'agence spatiale américaine. La mission d'exploration de la planète rouge, Mars Pathfinder, ce serait lui. Sa percée médiatique date de juillet 1997, lorsque France 2 diffuse un reportage sur l'Africain de l'agence américaine. Diarra a alors 45 ans, il travaille depuis neuf ans dans le Saint des Saints de la recherche spatiale, le Jet Propulsion Laboratory (JPL), filiale de la Nasa, et est marié depuis 1993 à Assa, la fille de l'ex-président Moussa Traoré.

Son parcours est si impressionnant qu'il est nommé en 1998 ambassadeur de bonne volonté de l'Unesco, agence onusienne pour l'éducation, la science et la culture. En 1999, Diarra crée la Fondation Pathfinder pour l'éducation et le développement, qui offre chaque année des bourses d'études supérieures à des lycéennes africaines en Europe ou aux États-Unis, financée par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. En 2002, il est recteur de l'Université virtuelle africaine (UVA), basée à Nairobi, un projet financé en grande partie par la Banque mondiale et soutenu notamment par Microsoft, avant de lancer son propre projet, l'Université numérique francophone mondiale, en 2005. Puis, en janvier 2006, Modibo Diarra devient président de Microsoft Afrique, avec pour mission d'oeuvrer à l'émergence des nouvelles technologies de la communication et de l'information.

Zones d'ombre

Voix grave et sourire débonnaire, c'est aussi un émotif qui n'hésite pas à pleurer en public, comme lors de l'agression du président de transition. Auréolé de son statut de navigateur interplanétaire et d'ambassadeur de bonne volonté, il impressionne et séduit jeunes et moins jeunes. Toutes les portes s'ouvrent devant ce colosse au verbe facile, qui parle avec les mains en regardant son interlocuteur droit dans les yeux. Familier du Palais du bord de mer du temps d'Omar Bongo Ondimba, il sera nommé conseiller spécial de son fils et successeur, Ali Bongo Ondimba, en 2009. Il finit même par vaincre les réticences du méfiant Blaise Compaoré, puis à devenir régulier du palais de Kosyam.

Il n'empêche. Des zones d'ombre subsistent dans le parcours atypique de l'enfant de Nioro du Sahel, petite bourgade située non loin de la frontière mauritanienne. S'il est présenté comme le chef de la mission Mars Pathfinder, les archives de la Nasa n'en gardent pas les mêmes traces (lire encadré p. 30). Son entrée à l'UVA s'est faite en grande pompe, en 2001. Son départ, un an plus tard, a été beaucoup plus discret. Seule certitude, il a été contraint à la démission, « votée à l'unanimité par les membres du conseil d'administration », relate une source très informée. En 2003, il était un familier de la tente de l'ex-« Guide » libyen, Mouammar Kaddafi. Celui-ci l'a-t-il aidé à monter l'Université numérique francophone mondiale en 2005 ? Quand à son titre, ronflant, de président Afrique de Microsoft, avec des bureaux à Johannesburg, en Afrique du Sud, ce n'est qu'un leurre. Les décisions opérationnelles sont toujours prises par un directeur exécutif à Johannesburg ou à Dubaï. Un « passeport » en tout cas pour celui qui a fait le tour du continent et de ses dirigeants pour défendre l'idée d'une « Afrique numérique ».

Cheick Modibo Diarra dirigera-t-il le nouveau gouvernement d'union nationale ? Pour l'heure, l'intéressé se dit « ouvert » et a annoncé le lancement de « larges consultations ». « Pas sûr qu'il reste en poste, anticipe toutefois notre diplomate ouest-africain. Diarra a de mauvais rapports avec la plupart des chefs d'État de la Cedeao : Ouattara ne le reçoit pas, et Compaoré, qui avait pourtant cru en lui, donne des signes de lassitude. Il faut des autorités crédibles, et cela passe sans doute par une miniconférence nationale pour organiser cette transition et les prochaines élections. » Avant de lâcher : « Il faut tout reprendre à zéro. »

Un "navigateur vulgarisateur"

Dans son autobiographie, Navigateur interplanétaire (Albin Michel, 2000), le scientifique raconte avec force détails les missions de la Nasa sur lesquelles il a travaillé pendant plus d'une dizaine d'années. Ce diplômé en ingénierie spatiale calculait les trajectoires des sondes envoyées par l'agence américaine. Mais concernant la mission Mars Pathfinder, en 1996 et 1997, dont la légende - qu'il a laissée prospérer - le plaçait à la tête de l'opération, il convient d'être plus mesuré. « Son travail a d'abord porté sur la navigation [le guidage de l'engin spatial, NDLR], mais son rôle principal a ensuite porté sur la vulgarisation », raconte Donna Shirley, avec qui il a travaillé de 1994 à 1998. « Il a notamment développé le site internet et conçu le programme pédagogique pour les enfants », précise la directrice du programme d'exploration de Mars au sein du Jet Propulsion Laboratory, qui ajoute : « Cheick est un homme merveilleux, brillant, et je pense très fort à lui depuis qu'il est rentré au Mali. » Jean-Eric Boulin, à New York.


Bio express

1952 Naissance à Nioro du Sahel

1972 Arrivée en France

1979 S'installe aux États-Unis

1983 Diplômé en ingénierie spatiale, il enseigne à l'université Howard, à Washington

1988 Entre au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa

1997 Premières apparitions télé à propos de Mars Pathfinder

1998 Ambassadeur de bonne volonté de l'Unesco

2000 Parution de son autobiographie

2002 Recteur de l'Université virtuelle africaine

2006 Présidentde Microsoft Afrique

2012 Premier ministre du Mali.


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Crise malienne : la comète Cheick Modibo Diarra