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12/04/2013

FRANCE - CORRUPTION : entre Ziad Takieddine et Claude Guéant qui ment, qui dit la vérité ?

Par france24

Ziad Takieddine : "Sarkozy a été acheté de toutes pièces par le Qatar"france, corruption, nicolas sarkosy, présidentielle 2007, Libye, Quatar, kadhafi
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Mis en examen dans l'enquête sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, Ziad Takieddine réitère ses accusations contre l'ex-président sur FRANCE 24. "Choqué" par les propos de l’homme d’affaires, Claude Guéant réagit.france, corruption, nicolas sarkosy, présidentielle 2007, Libye, Quatar, kadhafi

Ziad Takieddine… Son nom défraye la chronique judiciaire depuis plusieurs années. Soupçonné d’avoir joué un rôle-clé dans l’affaire Karachi, le richissime homme d’affaires franco-libanais est mis en examen depuis 2011 pour complicité et recel d'abus de biens sociaux, faux témoignages et depuis 2012 pour blanchiment de fonds.

Des accusations farouchement réfutées par l’intéressé qui n’a de cesse de clamer son innocence et a juré de se venger. Ses cibles : Jacques Chirac et désormais Nicolas Sarkozy. Bien qu’il assure détenir les preuves de la culpabilité des anciens présidents dans plusieurs affaires de corruption, aucun document n’a, à ce jour, été dévoilé.

Quelques jours avant la perquisition menée à son domicile parisien, Ziad Takieddine s’était entretenu en exclusivité avec FRANCE 24. Il réitère ses attaques, en accusant le président sortant d’avoir perçu des financements occultes du Qatar et de la Libye dans le cadre de la libération des infirmières bulgares.

FRANCE 24 a ensuite soumis les accusations de Takieddine à l’ex-ministre Claude Guéant, proche de Nicolas Sarkozy et dont le domicile et les locaux ont également été perquisitionnés il y a un mois et demi. Il condamne fermement l’ensemble des accusations de l’homme d’affaires.

L’affaire des infirmières bulgares

Juillet 2007. Après d’ultimes négociations à couteaux tirés, cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien détenus par le régime libyen de Kadhafi sont libérés et ramenés à Sofia par Cécilia Sarkozy, l’épouse à l’époque du président fraîchement élu, et par Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée. Une libération acclamée qui a pourtant bien failli capoter, selon Takieddine.

Ziad Takieddine : "À la dernière minute, avant la libération qui a eu lieu à 4h30 du matin, vers 23h30, je reçois un coup de fil de Claude Guéant. Il me dit : 'On a un problème, ils demandent 135 millions de dollars de garantie par la France sur les contrats à venir avec les sociétés françaises […] Il n’est pas question qu’on accepte.' Puisque Guéant et Sarkozy avaient des relations avec le Qatar, je me suis permis de dire : 'Utilisez vos relations, appelez l’émir du Qatar.'"

Claude Guéant : "C’est vrai qu’il y a eu des contacts entre le Qatar et le gouvernement libyen avant la libération des infirmières. Je ne sais pas le contenu de ces contacts mais ce n’était pas au moment indiqué par Takieddine, c’était beaucoup plus tôt dans la journée…"

FRANCE 24 : Quid des 135 millions de garantie évoqués par Ziad Takieddine ?

Claude Guéant : "Je n’ai pas eu de conversation à ce propos avec Takieddine, je n’en ai aucun souvenir. Je pense que ces questions ont été évoquées avec le Qatar mais je ne connais pas les conclusions données à ces entretiens…"

Les financements occultes du Qatar

Ziad Takieddine affirme que le Qatar, plutôt qu’une garantie de 135 millions de dollars, aurait proposé de donner 300 millions de dollars à la Libye.

FRANCE 24 : Vous affirmez que le Qatar, au lieu de payer la Libye, a envoyé cet argent à travers la Suisse, mais à qui ? Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ?

Ziad Takieddine : "Oui totalement. […] Les 300 millions n’ont pas été envoyés. Mais ils ont été payés autrement, par Lugano (importante place financière suisse, ndlr) et autres à travers le Qatar pour finir dans les poches de Guéant et Sarkozy."

FRANCE 24 : Avez-vous des preuves ?

Ziad Takieddine : "Oui, j’ai tout ce qu’il faut. Pas personnellement sur moi mais j’ai vu… Je peux vous dire que le Qatar va avoir beaucoup de peine à prouver que les 300 millions ont été payés à la Libye […] Je sais très bien où se trouve tout ça et je connais très bien quand et comment cela va sortir."

Claude Guéant : "Ce qui est dit là est profondément scandaleux et choquant, c’est inadmissible de tenir des propos comme ça."

Selon Takieddine, si le Qatar intervient dans cette affaire, s’il investit en France, au travers du Paris-Saint-Germain, des prises de participations dans des entreprises ou des biens immobiliers de luxe, c’est qu’il poursuit un double objectif : faire de bonnes affaires et au passage, gagner de l’influence politique.

Ziad Takieddine : "Ces investissements par les dirigeants du Qatar sont faits pour acheter, acheter les dirigeants français. Et ça commence avec Nicolas Sarkozy qu’ils ont acheté de toutes pièces."

Claude Guéant : "Je ne vois pas en quoi le Qatar achète qui que ce soit en France lorsqu’il investit dans un établissement hôtelier. À quoi ça rime ? Ça n’a strictement aucun sens !"

Le financement de la campagne de 2007 par Kadhafi

Autres propos que réfutent Claude Guéant: les accusations selon lesquelles le colonel Mouammar Kadhafi lui-même aurait financé la campagne de Sarkozy en 2007. Elles sont lancées d’abord par Saif al-Islam, le sulfureux fils de Kadhafi lors d’une interview choc en mars 2011, juste avant la guerre en Libye. Puis un an plus tard par le site d’investigation Mediapart. Takieddine avait, à l’époque, nié ce financement libyen sur FRANCE 24 avant de revenir, aujourd’hui, sur ses déclarations.

Ziad Takieddine : "Oui monsieur Sarkozy a été financé par la Libye […] mais sous formes différentes : des contrats non réalisés, des prestations pas faites, des paiements à X, Y ou Z. Aujourd’hui, quand je dis que les montants ont dépassé 400 millions de dollars…" (grand sourire)

Il affirme savoir où se trouvent les preuves de ce financement mais refuse d’en dire plus. Il a abordé le sujet une fois avec le juge Van Ruymbeke fin 2011et Takieddine refuse dorénavant de répondre au magistrat qui l’a mis en examen.

Claude Guéant : "Franchement, c’est absolument faux et c’est vraiment scandaleux que l’on puisse proférer de telles accusations sans fondement."

Accusations véhémentes contre démentis outragés, l’affaire tourne au règlement de comptes. Et pour Takkieddine la meilleure défense, c’est l’attaque.

Ziad Takieddine : "Oui il est corrompu, oui qu’il vienne se défendre M. Sarkozy, qu’il vienne se défendre devant les juges français !"

Vindicte d’un homme blessé, traqué par la justice et qui se sent lâché par les politiques qui le fuient dorénavant comme la peste ? Coup de bluff ? Ziad Takieddine a beau affirmer vouloir tout dire et ne plus fuir la lumière, il garde une part d’ombre que seuls les juges pourront percer.

25/05/2012

France - Côte d'Ivoire - ONU : Arrestation du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011: Une décision "de la France et des Nations unies"

France / Côte d’Ivoire / 11 avril 2011 -
Article publié le : mardi 17 avril 2012 - Dernière modification le : mardi 17 avril 2012
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Par Christophe Boisbouvier / RFI

Quel a été le rôle de la France lors de l’arrestation de Laurent Gbagbo ? Un an après, voici le témoignage de Jean-Marc Simon sur les événements du 11 avril 2011. Ambassadeur de France à Abidjan au moment des faits, il est aujourd'hui à la retraite.


RFI : Le 11 avril 2011, c’est le dénouement. Mais l’explication finale n’a-t-elle pas commencé la veille, le dimanche 10 ?

Jean-Marc Simon : En effet, le dimanche 10 dans la soirée, la décision a été prise de recommencer les frappes. Vous vous souvenez qu’il y avait eu une première série de frappes destinées à détruire l’armement lourd dont disposait Laurent Gbagbo et qui menaçait les populations de la capitale et son agglomération. Apparemment, ces frappes n’avaient pas été suffisantes pour l’amener à la raison. Il avait à nouveau réarmé, appelé des miliciens à son secours, des enfants-soldats. La décision a été prise par les Nations unies et par la France. Il faut bien dire que la France n’a jamais agi seule. Elle est toujours intervenue en liaison avec les Nations unies et en fonction d’un mandat du Conseil de sécurité.

RFI : Alors, tout le monde n’était pas d’accord avec ces frappes d’hélicoptères français. Certains disent que c’est vous qui avez pesé dans la décision…

J.M.S. : Je n’ai pas le souvenir de discussions à ce sujet. C’est une décision qui a été prise conjointement entre le président de la République et le secrétaire général des Nations unies. Il pouvait dès lors ne pas y avoir beaucoup d’états d’âme.

RFI : Ce 11 avril au matin, au lever du jour, les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ndlr) de Guillaume Soro se sont lancées dans un premier assaut contre la résidence de Laurent Gbagbo dans le quartier Cocody d’Abidjan. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ?

J.M.S. : En réalité, ce n’est pas au petit matin. Dès le début des frappes, à la tombée de la nuit, le dimanche 10, les FRCI ont tenté d’approcher de la résidence de Laurent Gbagbo. Elles se sont heurtées à une résistance extrêmement forte. Il y avait un armement absolument démentiel autour de la résidence et sur tous les carrefours de Cocody si bien que les FRCI se sont retrouvées en difficulté. Au petit matin, elles ne parvenaient pas à passer ces lignes, après avoir essuyé de nombreuses pertes en matériel mais aussi en vies humaines. La décision a été prise d’en finir avec cette tragédie qui menaçait le pays d’une véritable guerre civile. L’intervention de la Force Licorne s’est faite à ce moment-là, pour ouvrir les axes et permettre aux FRCI d’avancer vers la résidence de Cocody. L’ordre a été donné de déployer les chars de la Licorne dans Cocody, ce qui n’était pas une décision facile à prendre. Cela n’était pas exempt de risques : il fallait traverser toute la ville, de Port-Bouët jusqu’à Cocody, passer à proximité du Plateau où il y avait des tireurs embusqués. Et nous risquions fort de perdre des éléments blindés et leurs équipages. Donc, c’est une décision très courageuse qui honore ceux qui l’ont prise à Paris.

RFI : A-t-elle été prise au plus haut niveau ?

J.M.S. : Elle a été prise au plus haut niveau, naturellement, par le président Nicolas Sarkozy.

RFI : Les forces du général Dogbo Blé - pro-Gbagbo -, qui étaient en surplomb sur la colline du Plateau, n’auraient-elles pas pu tirer sur les blindés français ?

J.M.S. : Bien sûr qu’elles auraient pu le faire. Elles ne l’ont pas fait. La colonne a pu avancer sans difficultés.

RFI : Comment s’est passé ce deuxième assaut de la résidence de Laurent Gbagbo ?

J.M.S. : Dès lors que les carrefours ont pu être sécurisés, les FRCI ont pu faire leur approche et arriver jusqu’à la résidence de Laurent Gbagbo. Cela a demandé quand même quelques heures. Cela a été d’autant plus difficile que l’ordre était strict. Nous étions en relation permanente avec le président Alassane Ouattara et le Premier ministre Guillaume Soro pendant tous ces moments-là. Il ne fallait absolument pas toucher et faire prendre le moindre risque à la vie de Laurent Gbagbo et de ses proches.

RFI : Quel rôle ont joué les blindés français dans cette dernière phase ?

J.M. S. : Les blindés français ont permis aux FRCI d’avancer et de pénétrer dans la résidence de Laurent Gbagbo. Et ce que je tiens à dire, c’est qu’à aucun moment avant 13h08, heure de l’arrestation de Laurent Gbagbo, aucun élément français civil ou militaire n’a pénétré à l’intérieur de cette résidence présidentielle.

RFI : Mais les Français n’ont-ils pas neutralisé une mitrailleuse qui était devant la résidence ?

J.M.S. : Les Forces Licorne ont pu intervenir à un moment donné parce qu’elles ont été prises à partie, à quelques centaines de mètres de cette résidence où elles étaient stationnées, et elles ont neutralisé les armes qui les menaçaient.

RFI : Dans son livre Abobo la guerre, notre consœur Leslie Varenne affirme que des gendarmes français du GIGN [Groupe d´intervention de la gendarmerie nationale, ndlr] sont entrés dans la résidence de Laurent Gbagbo ?

J.M.S. : J’ai lu le livre de Leslie Varenne qui est un livre très intéressant ; c’est une enquête de terrain. Malheureusement, j’y ai relevé beaucoup d’inexactitudes, notamment celle-là.

RFI : Donc, vous êtes formel : aucun élément français ?

J.M.S. : Je suis absolument formel. Je l’ai dit le jour-même, peut-être même sur votre antenne et je le répète aujourd’hui, un an plus tard.

RFI : A la suite de cette action à Abidjan, vous avez été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et promu au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Mais y a-t-il quelque chose que vous regrettez ?

J.M.S. : Lorsque j’ai appris à 13 h10 que Laurent Gbagbo venait d’être arrêté et qu’il avait la vie sauve ainsi que tous ses proches, ça été un grand soulagement. Mais ce grand soulagement était aussi doublé d’une angoisse parce que, rappelez-vous, nous avions depuis l’après-midi du 4 avril quatre expatriés, dont deux de nos ressortissants, qui avaient été pris en otage à l’hôtel Novotel et dont nous étions sans nouvelle. Et aussitôt après la capture de Laurent Gbagbo, nous nous sommes employés à les rechercher jours et nuits, jusqu’à ce que finalement nous apprenions malheureusement qu’ils avaient été exécutés dans les pires conditions et vraisemblablement avant même les premières frappes du 4 avril.

RFI : Et ça, c’est un souvenir qui vous hante encore aujourd’hui?

J.M.S. : C’est un souvenir douloureux.

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier

Commentaires personnels: Les incongrutés de M. Jean Marc Simon sont en italique.

- des enfants soldats qui résistent aux miliciens de Ouattara, aux forces onuciennes et à la licorne. Cela devait être très embêtant pour ce monsieur sans scrupule.

- être soulagé que le Président Gbagbo soit vivant, alors que l'on a passé le temps à bombarder sa résidence qui était mitoyenne à la résidence de l'ambassadeur de France.

- Souffrir pour la mort d'hommes d'affaire et ne rien ressentir pour les autres.

Seul DIEU est juge et chacun payera pour ce qu'il a fait à ce beau pays.