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27/08/2013

Côte d'Ivoire - RHDP: Bédié va t-il conduire le PDCI et le pays tout droit dans le mur comme en 1999 ?

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Le comportement peu catholique des journaux "griots" du régime ont fait sorti l'ambassadeur émérite, son excellence Georges Ouégnin de sa réserve imposée par ses fonctions.

De quoi s'agit-il ?

Eh bien, il s'agit du choix du futur président du PDCI, parti politique allié au régime barbare et dictatorial de Alassane Dramane Ouattara dans ce qu'ils appellent le RHDP. Le président sortant Aimé Henri Konan Bédié disqualifié par la limite d'âge et son clan se sont lancés dans une guerre sans merci contre d'autres candidatures. C'est ainsi qu'ils veulent se frotter à l'ambassadeur Ouégnin que nous respectons tous dans ce pays pour son dévouement à cette nation.

Tout est parti de l'annonce de la candidature du secrétaire général sortant comme postulant au poste de président du plus vieux parti politique de Côte d'Ivoire, le PDCI-RDA.

Le journal ci-dessous publia à sa "UNE" une photo de la famille de l'ambassadeur. C'est la goutte d'eau qui a fait débordé le vase et sortir son excellence de sa réserve.
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Lisez plutôt sa réaction.



Par Georges Ouégnin
Oui, j’ai demandé pardon au Président Bédié !
Quand et pourquoi.


Le mercredi 21 août 2013, à l’invitation du secrétaire général du Pdci-Rda, j’ai assisté, en même temps que plusieurs autres cadres du parti fondé par le Président Félix Houphouët-Boigny, à une rencontre à la « Maison » du Parti. Rencontre au cours de laquelle, le secrétaire général a déclaré sa candidature à la présidence du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA).

En tant que militant du Pdci-Rda, c’était mon devoir de répondre à son invitation. Jusqu’à preuve du contraire, M. Djédjé Mady demeure le secrétaire général du Pdci-Rda. C’était donc mon devoir d’aller l’écouter.
Faire cela, ce n’est trahir personne. Je suis militant du Pdci-Rda et je resterai militant du Pdci-Rda.

Mais depuis cette rencontre, comme si j’avais commis un crime, il ne se passe pas un seul jour, sans que des journaux ne s’en prennent à ma personne. Tantôt, on écrit que je suis un homme fini (has been), tantôt, on écrit que j’ai trahi le Président Bédié, voire le Président Alassane Ouattara. Comme s’il y avait un quelconque lien entre les affaires internes du Pdci-Rda et le Président de la République Alassane Ouattara.

Je n’aurais jamais réagi devant ces écrits qui n’honorent même pas leurs auteurs qui parlent de démocratie en combattant curieusement la liberté d’expression et la pluralité de pensées, si l’un de ces journaux, dont les responsables ont absolument le droit de prendre fait et cause pour qui ils veulent, ne s’était pas attaqué, non pas à moi seul, mais aussi à ma famille. Ma famille qui est pour moi, quelque chose de sacré.

Ce journal que je ne veux même pas nommer en raison de ses propres contradictions (chanter la démocratie et la tolérance en vouant aux gémonies tous ceux qui pensent autrement), a écrit, ce samedi 24 août en publiant à sa « Une » une photo de moi et de ma famille, que je serais rentré « en rébellion contre les présidents Bédié et Ouattara ».

Et cela, du seul fait d’avoir assisté à la rencontre convoquée par le secrétaire général du Pdci-Rda.

Je ne rentrerai pas dans le contenu de l’article qui est à lui seul la preuve que la Côte d’Ivoire va très mal, je m’attarderai simplement sur l’exposition de ma famille à la « Une » de ce journal avec une légende insultante : « Le jour où Ouegnin demandait « pardon » à Bédié pour que sa fille Yasmina soit candidate Pdci à Cocody aux législatives du 11 décembre 2012 ».

D’abord il ne s’agit pas des législatives du 11 décembre 2012, mais celles du 11 décembre 2011. Ensuite, je n’ai jamais été au domicile du Président Bédié avec toute ma famille pour le supplier d’accepter que ma fille Yasmina soit la candidate du Pdci. Ces photos ont été prises, le jour où, après l’investiture de Yasmina en qualité de candidate du Pdci, j’ai été, avec toute ma famille, rendre visite au Président Bédié, lequel avait été invité à prendre part à cette cérémonie mais n’a pu effectuer le déplacement pour des raisons d’agenda.

Son directeur de cabinet, le Dr Lenissongui est témoin des propos que j’ai tenus ce jour-là.

D’où vient-il alors, que près de deux ans plus tard, on sorte une photo prise à l’occasion de cette rencontre, pour me présenter comme un ingrat, en écrivant que je suis allé demander pardon au Président Bédié pour qu’il accepte de faire de ma fille, la candidate du Pdci ?

Quelles sont les motivations réelles d’une telle action ? Que veut-on démontrer ?

Je vais faire un aveu et désormais, ce sera ainsi, chaque fois qu’on s’en prendra indirectement ou directement à ma famille.

Oui, c’est vrai, je l’avoue. Oui, je le reconnais. J’ai demandé pardon au président Bédié. C’était la seule fois de ma vie que je le faisais. Mais ce n’était pas pour qu’il accepte de faire de ma fille la candidate du Pdci-Rda aux législatives de 2011 à Cocody.

La seule fois de ma vie où j’ai demandé pardon au Président Bédié, c’était le mardi 21 décembre 1999. Ce jour-là, il était encore le Président de la République de Côte d’Ivoire et je l’ai trouvé dans sa chambre. Il préparait le message qu’il devait adresser le lendemain à la Nation, à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Je me suis mis à genoux, je dis bien, à genoux devant le Président Bédié, il ne peut démentir ce que je dis aujourd’hui.

Je lui ai tenu les pieds, le suppliant presque, pour lui dire : M. le Président, libérez les dirigeants du RDR, Henriette Diabaté, Hamed Bakayoko et tous les autres que vous avez fait emprisonner en novembre 1999, à la suite d’une manifestation organisée pour réclamer des réformes démocratiques en vue des élections de 2000.


Je lui ai dit : faites comme le Président Houphouët-Boigny, profitez de votre passage devant l’Assemblée nationale à l’occasion de votre message à la nation, pour libérer, devant le peuple de Côte d’Ivoire, tous ces dirigeants du Rdr. Vous leur diriez, bientôt c’est la fête de noël, bientôt c’est la Tabaski (cette année-là, ces fêtes coïncidaient presque), bientôt, c’est l’an 2000, le nouveau millénaire. Profitez de cela M. le Président et dites-leur, rentrez chez vous, allez retrouver vos familles, on va travailler tous ensemble pour la Côte d’Ivoire, notre patrie commune.

Le Président Bédié m’a dit textuellement : « Non, non, tu vas voir ce que je vais faire… »

Et je lui ai dit, toujours à genoux devant lui : non, M. le Président, votre image est à terre, et en Côte d’Ivoire et à travers le monde ; vous devez vous ressaisir. Franchement, si vous faites ce geste, vous rentrerez dans l’histoire. C’est ce que le Président Houphouët-Boigny a fait quand il a libéré les prisonniers de Yamoussoukro. Il les a amenés à l’Assemblée et il a dit : « nous avons commencé à construire la Côte d’Ivoire, allez, rentrez chez vous et mettez votre pierre dans cette construction… »

Le Président Bédié m’a, de nouveau, répondu : « Oui, oui, tu vas voir mon discours… »

La suite, on la connaît…et je n’en dirai pas plus !

Je reconnais donc que là, je lui ai demandé pardon, Dieu m’en est témoin. Et il est témoin que, en novembre 2011, lorsque je lui ai rendu visite avec toute ma famille, ce n’était pas pour le supplier de faire de ma fille la candidate du Pdci.
Si mes supplications avaient de l’effet sur M. Henri Konan Bédié, il n’y aurait jamais eu le 24 décembre 1999 et la Côte d’Ivoire aurait fait l’économie de toutes les meurtrissures, toutes les haines, toutes les fractures, tout le sang du peuple ivoirien versé inutilement depuis la disparition du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Je n’en dirai pas plus…

Maintenant, si ceux qui se sont érigés en propriétaires de la Côte d’Ivoire veulent que je parle d’autres choses, s’ils veulent que je mette fin au devoir de réserve que je me suis imposé sans discontinuité depuis la mort du Président Houphouët-Boigny, alors, je les invite à continuer à s’attaquer à ma famille…

Si on veut s’en prendre à moi seul, Georges Ouegnin, me livrer à la vindicte populaire au simple motif que j’ai participé à une rencontre sur invitation du secrétaire général du Pdci-Rda, cela ne me pose aucun problème.
Mais si on s’en prend aussi à ma famille en publiant des photos sur lesquelles je suis avec mon épouse et mes enfants, et légendées de façon insultante, alors les commanditaires en assumeront toutes les conséquences…

J’ai servi avec affection, loyauté et dévouement, pendant plus de 40 ans, la Côte d’Ivoire. D’abord avec le Président Houphouët-Boigny, jusqu’à sa disparition, puis avec le président Henri Konan Bédié, jusqu’à son départ du pouvoir, puis avec le général Guéi et enfin, avec le président Gbagbo

Je n’accepterai pas que, sous la dictée, un journaliste qui vient à peine de naître et qui ne sait pas le millième de ce que je sais sur l’histoire de la Côte d’Ivoire et celle de ceux qui y font maintenant la pluie et le beau temps, écrive que j’ai trahi. Cela est inacceptable.

Je n’ai jamais trahi, ni la Côte d’Ivoire, ni aucun Ivoirien et jamais je ne le ferai. Personne ne peut mettre en doute ma loyauté vis-à-vis de ce pays et mon dévouement vis-à-vis de ses chefs d’Etat que j’ai servis, successivement.
Jusqu’à nouvel ordre, le Pdci signifie Parti « Démocratique » de Côte d’Ivoire. D’où vient-il alors que dans un parti démocratique, on veuille instaurer la pensée unique en crucifiant tous ceux qui expriment des idées contraires ?

Georges Ouégnin
Ambassadeur



Bédié va t-il écouter les supplications des ivoiriens ? Ou est-il prêt à jeter l’opprobre sur le PDCI et la Côte d'Ivoire entière encore une autre fois ?

!!!!!!!!!! Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!!!!!!!!!!!

17/05/2013

Côte d'Ivoire: le pouvoir confronté au malaise des étudiants selon AFP

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ABIDJAN (AFP) - Moins d'un an après la réouverture en grande pompe des universités, le gouvernement ivoirien est confronté au malaise des étudiants, malgré une réhabilitation très coûteuse des campus censée effacer plus d'une décennie de dérives et de violences.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo, l'a constaté à ses dépens cette semaine. Dans l'enceinte de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, il a été pris à partie lundi par plusieurs centaines d'étudiants et a dû battre en retraite sous une pluie de pierres, pendant que la police usait de gaz lacrymogènes. "Bacongo voleur", "Bacongo menteur", scandaient les protestataires.

La colère est à la mesure des attentes suscitées par les travaux impressionnants engagés après la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui avait fait 3.000 morts et entraîné la fermeture de l'université d'Abidjan, la plus grande du pays (plus de 60.000 étudiants sur près de 90.000 au total), durant plus d'un an. Pour la rentrée en septembre 2012, sur le campus refait à neuf, le président Alassane Ouattara avait lui-même donné le coup d'envoi du "départ nouveau", le mot d'ordre officiel.cote d'ivoire, alassane dramane ouattara, cissé bacongo, université, pouvoir, regime, rdr, étudiants

Mais la grogne n'a cessé de monter depuis lors. "Quand on a vu les infrastructures, nous étions satisfaits: des bâtiments fraîchement peints, de l'air conditionné dans les amphithéâtres, de belles pelouses. Mais à peine ces infrastructures ont-elles commencé à fonctionner que nous avons été déçus", explique à l'AFP Gaoussou Diabaté, étudiant en licence de droit public et porte-parole de l'Alliance nationale des étudiants de Côte d'Ivoire (Aneci).
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Les amphithéâtres toujours surpeuplés et les salles trop peu nombreuses (certains cours se font même à l'air libre) sont le premier motif de plainte. Autre sujet de mécontentement: l'insuffisance des transports publics autour de l'université, qui provoque d'interminables files d'étudiants en pleine rue après les cours. La pagaille quand un bus finit par arriver a même déjà causé des décès et des blessés graves, selon les syndicats.cote d'ivoire, alassane dramane ouattara, cissé bacongo, université, pouvoir, regime, rdr, étudiants
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Budget colossal

En outre, "il y a les coupures intempestives d'électricité, des micros qui ne marchent pas, il n'y a aucun document dans les bibliothèques, pas de fontaine sur le campus", déplore Gaoussou Diabaté. "On nous a fait miroiter un rêve".

Nombre d'étudiants réclament donc des comptes sur la gestion des fonds dédiés aux chantiers des cinq universités (installées à Abidjan et dans l'intérieur du pays). Un montant colossal - 110 milliards de francs CFA (167 millions d'euros) - pour un contrat très controversé, jugé opaque par beaucoup. "Il faut qu'à un moment on puisse voir ce à quoi ont servi ces 110 milliards", affirme Armand Kakou, étudiant en lettres modernes.

Du côté du ministère, on recommande la "patience". Le chantier des universités "n'est pas terminé", indique Viviane Krou Adohi, directrice générale de l'Enseignement supérieur, vantant le travail déjà accompli. "Nous n'avons même pas encore utilisé la moitié" du budget alloué, précise-t-elle. Selon cette responsable, les travaux pourraient être bouclés "d'ici la rentrée prochaine".
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Toutefois, sous couvert d'anonymat, une source au ministère dénonce des "sabotages" qui seraient perpétrés sur le campus d'Abidjan par des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, tombé il y a deux ans.




L'incident de lundi, suivi jeudi de bagarres entre étudiants, a en effet rappelé avec force combien l'université reste une question politique et sensible.


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La presse proche du pouvoir a cru voir cette semaine la main de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), syndicat tout-puissant sous le régime Gbagbo. Sous le règne de la Fesci, désormais marginalisée, les milieux universitaires avaient connu une explosion de la violence et des trafics en tous genres. A l'inverse, pour les journaux d'opposition, les étudiants désormais "se révoltent contre Ouattara".


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Il reste que les tensions dans les milieux universitaires sont "une alerte" pour le gouvernement, qui a une vision surtout "macro-économique" des problèmes du pays, estime un diplomate africain en poste à Abidjan. Si la Côte d'Ivoire reste la première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, elle a été durement éprouvée et appauvrie par une longue décennie de tourmente politique, militaire et sociale.

Le diplomate ajoute, en forme d'avertissement: l'impatience de certaines couches sociales "ne peut que renforcer l'opposition", d'ici l'élection de 2015, à laquelle le président Ouattara envisage de se représenter.

24/04/2013

Côte d'Ivoire - Elections : Le vrai visage des démocrates par les armes

Comme un tronc d'arbre qui a duré dans l'eau ne devient pas un caïman, un rebelle même au palais reste un rebelle. Prendre les armes pour imposer la démocratie, voici ce que cela donne:


Côte d'Ivoire : deux jours de violences postélectorales
, 24/04/2013 à 08h:08 Par Jeune Afrique
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Des policiers dispersent des partisans de Cisse Bacongo, un candidat à Koumassi, le 22 avril. Des policiers dispersent des partisans de Cisse Bacongo, un candidat à Koumassi, le 22 avril. © Issouf Sanogo/AFP

Intimidations, protestations, règlements de compte... Les violences qui ont éclaté après les élections locales en Côte d'Ivoire ont fait plusieurs dizaines de blessés depuis lundi, essentiellement à Yamoussoukro ou Abidjan. En cause, entre autres : des partisans du RDR de Alassane Ouattara et du PDCI d’Henri Konan Bédié.

Même sans opposition pro-Gbagbo, qui a décidé de boycotter le scrutin, la Côte d’Ivoire ne peut visiblement pas organiser un scrutin sans que des violences ne se déclenchent. Lundi, des incidents ont éclaté dans le pays, se poursuivant mardi. Des troubles qui ont commencé au lendemain des élections locales et qui ont touché notamment Abidjan et Yamoussoukro.

Madi soir, à Koumassi, un quartier très disputé du sud de la capitale économique, la police a dû faire usage de gaz lacrymogène contre de jeunes manifestants qui avaient dressé des barricades et fait brûler des pneus. Vers 23h00 (locales et GMT), « après l'annonce à la télévision de la victoire du maire sortant de Koumassi, Raymond N'dohi, des partisans de son rival Bacongo Cissé sont sortis dans les rues, ont mis le feu à des pneus et barré une voie », a raconté une résidente. « Les jeunes sont armés de gourdins et de machettes », a rapporté un second témoin. D'autres ont fait état de coups de feu, sans en préciser l'origine. Lors des municipales, Koumassi était parmi les quartiers les plus disputés d'Abidjan entre les deux grands partis de la coalition gouvernementale, le Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-chef d'État Henri Konan Bédié.

Le même genre de scénario s'est déroulé dans d'autres quartiers d'Abidjan et à Yamoussoukro, où des partisans d’un candidat malchanceux ont dénoncé des « fraudes » et se sont violemment heurtés à la police.

S''il n'y pas encore de bilan officiel, le nombre des blessés par armes blanches et même par balles s’élevait déjà à plusieurs dizaines lundi, selon des sources de sécurité consultées par Jeune Afrique. Les autorités avaient pourtant essayé de faire respecter le calme. À Koumassi, dimanche, plusieurs « fauteurs de troubles » - nervis au service d’un candidat - venus intimider les électeurs avaient été arrêtés dimanche, selon une source onusienne. Mais le nombre des protestataire a visiblement surpris les pouvoirs publics.

Casseurs

Des urnes ont été détruites par « près de 200 » casseurs au centre de compilation des résultats de Treichville, un quartier populaire d'Abidjan, a déclaré Inza Diomandé, porte-parole de la CEI. « Malheureusement les forces de l'ordre n'ont pas pu contenir les casseurs », a-t-il regretté. À Ferkessédougou (nord), le siège local de la Commission électorale indépendante (CEI) a lui aussi subi une descente de jeunes. « Ils ont tout saccagé, tous les ordinateurs ont été saccagés », a expliqué un responsable de la CEI.

Des tensions ont aussi été observées à Adjamé, un quartier d'Abidjan, et dans plusieurs autres localités du pays. Selon une source au sein de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui a appuyé les forces de sécurité ivoiriennes le jour du vote, « neuf communes » du pays ont été touchées à des degrés divers par des cas de destructions ou vols d'urnes.

Participation faible

Ces nombreux incidents mettent essentiellement en cause des partisans du Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-chef d'Etat Henri Konan Bédié.

De son côté, le Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo) s'est félicité d'une participation qui s'annonce plutôt faible, y voyant un succès de son appel à bouder une « parodie électorale ». Selon le parti, la participation a oscillé « entre 13% et 15% ». Mais elle a été évaluée par les observateurs à environ 30%, un chiffre confirmé par la CEI. Les résultats complets, dont la proclamation a commencé lundi, sont attendus d'ici au milieu de la semaine.

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Heurts à Abidjan, Dernière mise à jour: 24 avril, 2013 - 10:58 GMT par bbcafrique
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Koumassi, quartier populaire d'Abidjan, déjà le théatre d'incidents, dimanche 22 avril 2013.

Des heurts se sont déroulés mardi soir à Abidjan, la capitale économique de Côte d’Ivoire, après l'annonce des résultats des élections municipales dans la commune de Koumassi.

Des pneus ont été brûlés et des rues barricadées par de jeunes militants du RDR, mécontents de la défaite de leur candidat .

Ils ont été dispersés par des gaz lacrymogènes.

Le dépouillement des élections se poursuit.

Environ deux tiers des résultats des municipales ont été annoncés par la commission électorale et un tiers des régionales.

Petit à petit, la commission électorale centralise et consolide les résultats.

Au fur et à mesure, les tendances se confirment: les indépendants pointent légèrement en tête, devant le RDR d’Alassane Ouattara et le PDCI d’Henri Konan Bédié, qui sont au coude à coude.

Ces nombreuses victoires de candidats indépendants peuvent être perçues comme un vote sanction des deux grands partis de la coalition présidentielle.

Plusieurs indépendants, qui étaient bien implantés dans leur circonscription, sont issu des rangs de la coalition, mais n’avaient pas été choisis pour représenter leur parti, et ont donc fait cavalier seul.

Par ailleurs, le torchon semble brûler entre le RDR et le PDCI.

Ils sont allés aux élections en rangs dispersés, ce qui a accru la compétition sur le terrain, chacune des formation voulant connaître son poids politique.

Les incidents qui émaillent les élections depuis dimanche risquent d’envenimer encore la situation, avec la déclaration du porte-parole du RDR, Joël N'guessan, qui accuse le PDCI d'être à l’origine de ces troubles.

Il indique que son parti a commis des huissiers aux fins de constater les violences et les cas de fraude orchestrés par ses adversaires, en l'occurrence selon lui le PDCI-RDA.

Les observateurs estiment que la coalition RDR/PDCI au pouvoir ne sortira pas indemne de ces élections.

Les élections ont été boycottées par le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, le FPI, qui a dénoncé une "parodie électorale".

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Côte d'Ivoire: le gouvernement appelle au calme après des violences
16:51 - 24/04/13
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ABIDJAN (AFP) - (AFP) - Le gouvernement ivoirien a appelé mercredi au "calme" et a "fermement condamné" les violences survenues, notamment à Abidjan, à la suite de contestations des résultats des élections locales de dimanche.

"Nous appelons les citoyens au calme et à respecter les résultats des urnes proclamés par la CEI" (Commission électorale indépendante), a déclaré devant la presse la porte-parole adjointe du gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine.

"Nous condamnons tous les actes de violences, de quelque bord qu'ils soient", a-t-elle indiqué après le Conseil des ministres.

"Il y a beaucoup de passions autour des élections locales, nous le déplorons, nous le regrettons", a-t-elle ajouté.

Une série d'incidents ont éclaté, notamment dans la capitale économique, du fait de partisans de candidats vaincus et criant à la fraude. Plusieurs personnes ont été blessées depuis le début de la semaine.

Les contestations opposent principalement les deux grands partis de la coalition gouvernementale, le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-chef d'Etat Henri Konan Bédié, qui concouraient très souvent en rangs dispersés.

Les élections régionales et municipales de dimanche ont été boycottées par le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), deux ans après la fin d'une crise postélectorale ayant fait quelque 3.000 morts.

Lors d'une conférence de presse, le porte-parole du FPI, Richard Kodjo, a dénoncé mercredi une "parodie de scrutin émaillée de violences extrêmes" et marquée par "la fraude" dans "de nombreuses localités".

Le parti "ne reconnaîtra pas les résultats" de ce vote et "lance un appel à tous les démocrates, à toutes les forces de progrès afin qu'ils s'unissent sur une plateforme de lutte contre le régime liberticide de M. Alassane Ouattara", a-t-il dit.

Quelques jours avant les élections, le FPI avait lancé au PDCI un appel au "rassemblement", resté pour l'heure sans écho.

Les résultats partiels annoncés par la commission électorale donnent le RDR et le PDCI au coude-à-coude avec les candidats indépendants, dont la percée est la grande surprise du scrutin.