09.05.2012
FRANCE : Après la défaite de Sarkozy, un dernier conseil des ministres empreint de nostalgie
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réuni mercredi un dernier conseil des ministres empreint de nostalgie trois jours après sa défaite à l'élection présidentielle et a invité les membres du gouvernement à ne pas céder à l'amertume.
Le Premier ministre François Fillon, en poste pendant tout le quinquennat, remettra jeudi au président sortant la démission du gouvernement, qui gérera cependant les affaires courantes jusqu'à la passation de pouvoir du 15 mai.
Généralement peu loquaces à l'issue des conseils, ministres et secrétaires d'Etat se sont attardés dans la cour de l'Elysée pour parler aux nombreux journalistes présents.
Beaucoup emportaient en souvenir leur maroquin et le chevalet de carton portant leur nom, dédicacé par le président sortant, qui a souhaité, selon eux, "bonne chance à la nouvelle équipe" et au président socialiste élu, François Hollande.
"Ne soyez pas tristes parce que quand une démocratie fonctionne bien, il n'y a aucune raison d'être triste", a-t-il déclaré aux membres du gouvernement, selon la ministre de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot.
Des propos confirmés par d'autres participants, selon qui le président sortant a été applaudi debout à la fin du conseil.
"Il nous a dit 'occupez-vous de vos familles, elles ont toutes beaucoup trop souffert pendant ce quinquennat'", leur a-t-il recommandé, selon la porte-parole du gouvernement.
Nicolas Sarkozy, qui a effectué 367 déplacements en province et 167 voyages à l'étranger pendant son quinquennat, "a reconnu qu'il avait lui-même beaucoup fauté en la matière et qu'il comptait bien se rattraper", a ajouté Valérie Pécresse.
Pendant le conseil François Fillon a dressé un bilan de ces cinq dernières années.
ÉMOTION, FRUSTRATION ET DIGNITÉ
"J'ai rappelé que l'engagement principal de Nicolas Sarkozy en 2007 avait été tenu", a-t-il dit. "Cet engagement c'était remettre la France en mouvement. Nous l'avons fait avec un nombre de réformes qu'aucun autre quinquennat n'a engagées, dans un climat de crise européenne et de crise mondiale."
Des réformes, a ajouté François Fillon, "que d'ailleurs personne ne remettra en cause".
"J'ai le sentiment du devoir accompli", a dit la ministre de l'Apprentissage, Nadine Morano, fidèle parmi les fidèles, tout en avouant sa "frustration" de ne pas aller plus loin.
Selon Patrick Ollier (Relations avec le Parlement), le chef de l'Etat a "quasiment remonté le moral de tout le monde".
Le ministre centriste de la Ville, Maurice Leroy, qui était au Parti communiste en mai 1981 lors de l'élection du premier président socialiste de la Ve République, François Mitterrand, a assuré que Nicolas Sarkozy n'était en rien "revanchard".
"Personne ne peut vouloir que ses successeurs se plantent, c'est le pays qui se planterait", a-t-il dit. "Comme centriste, je me bats pour une démocratie apaisée. Eh bien nous y sommes. En 1981, c'était un drame, après moi le chaos. Ce n'est pas 1981, c'est une autre ambiance. Il aura contribué à ça aussi."
BACHELOT INVITE SES CUISINIERS
Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a souhaité le succès du nouveau président "parce qu'il faut que la France réussisse", tout en avertissant : "Nous serons vigilants".
Son collègue de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, a dit partir "sans amertume" - "On n'est pas ministre à vie, ça fait partie des règles de la République (...) Je vais maintenant servir la République chez moi, en Haute-Loire."
Beaucoup vont s'engager maintenant dans la campagne des législatives, comme le ministre des Transports, Thierry Mariani, candidat dans une circonscription des Français de l'étranger, qui partira dès samedi pour une tournée électorale de 21 jours dans les capitales d'Asie et du Pacifique.
Roselyne Bachelot a pour sa part dit avoir invité les cuisiniers de son ministère à déjeuner au restaurant - "Ils m'ont servie toutes ces années. C'était bien leur tour d'être servis", a-t-elle expliqué.
Selon Valérie Pécresse, Nicolas Sarkozy aura quant à lui "une autre vie" mais "n'a parlé ni de retrait ni de retraite".
"Il nous a dit qu'il allait installer bientôt ses nouveaux bureaux", a précisé Nadine Morano.
Une des dernières mesures du gouvernement est la nomination de l'ex-chef de cabinet et directeur de campagne du chef de l'Etat sortant Guillaume Lambert au poste de "préfet hors cadre chargé d'une mission de service public".
Reuters Par Emmanuel Jarry
Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse
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03.05.2012
Mali - Union Européenne : Le MNLA active ses relais à l'Europarlement

Entre les eurodéputés favorables à la cause touareg et les partisans d'une intervention militaire, la situation chaotique du Nord-Mali suscite de vifs débats au sein de l'Union européenne.
Le 20 avril, une résolution approuvée par les députés européens (475 voix pour, 40 contre et 30 abstentions) a salué les initiatives de la CEDEAO, tout en approuvant un soutien militaire aux autorités maliennes pour sécuriser les zones non occupées par des groupes armés, contrairement à la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, qui opte pour un soutien en vue de restaurer l’intégrité territoriale totale du pays. Plusieurs eurodéputés emmenés par François Alfonsi réprouvent cette dernière solution, préférant négocier avec les groupes présents dans le Nord. Membre du Partitu di a Nazione Corsa (PNC, allié aux Verts) et principal avocat de la cause touareg, Alfonsi dit craindre qu'une solution militaire ne jette les Touareg dans les bras des groupes terroristes d'obédience salafiste. L’eurodéputé français entend plaider la cause touareg devant le Parlement en invitant, le 22 mai à Strasbourg, une délégation de haut niveau du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).
Une autre formation alliée au PNC, la puissante Nieuwe-Vlaamse Alliantie (N-VA), premier parti belge dirigé par Bart De Wever, doit recevoir des représentants du même mouvement, le 9 mai, au Parlement flamand à Bruxelles. En Europe, le MNLA bénéficie déjà du soutien des Verts et de 35 partis autonomistes, voire indépendantistes, dont certains comme Esquerra Republicana de Catalunya, le Scottish National Party ou Plaid Cymru (Pays-de-Galles) comptent des députés à Strasbourg.
par la lettre du continent N° 634 03/05/2012
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Côte d'Ivoire : Selon La Lettre du Continent – Ouattara fait exploser le budget de souveraineté !
Alors que les Ivoiriens ploient sous le poids de la vie chère et de la destruction d’emplois – comme les discours du 1er mai ont pu le montrer –, l’actuel maître d’Abidjan, Alassane Ouattara, ne se refuse rien.
Si l’on en croit La Lettre du Continent, il s’octroie un budget de souveraineté de 300 milliards, et «offre» la même chose à son épouse Dominique. «Alors qu’il avoisinait 100 milliards F CFA sous Laurent Gbagbo, le fonds de souveraineté de la présidence ivoirienne atteint désormais plus de 300 milliards F CFA (457 millions €).
C’est Téné Birahima Ouattara, alias « IBO », frère cadet d’Alassane Ouattara, qui gère cette cagnotte. Celui-ci cumule la fonction de directeur financier et de ministre chargé des Affaires présidentielles. Le cabinet autonome de la première dame, Dominique Ouattara fonctionne à partir du même fonds de souveraineté», écrit le périodique parisien, généralement informé par des milieux françafricains qui ont, on le sait, pignon sur rue à la présidence ivoirienne.
L’on se souvient qu’Alassane Ouattara et son parti n’avaient eu de cesse de critiquer le budget de souveraineté du président Laurent Gbagbo, qui gérait un pays déchiré par un conflit et faisant face à une multitude d’imprévus. Un budget qui était passé d’une trentaine de milliards avant le conflit à 76 milliards de FCFA en 2009, selon des données rendues publiques à l’époque par un député membre de la Commission des Affaires économiques et financières, Ibrahim Sanogo.
Ouattara a donc multiplié par quatre le fameux budget de souveraineté. Et octroie à son épouse une somme complètement affolante pour ses mondanités et bonnes œuvres auxquelles participent de manière rémunérée des vedettes hexagonales sur le retour comme l’acteur Alain Delon.
par La rédaction le Nouveau Courrier
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