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21/03/2012

Côte d'Ivoire - France : Y a t-il eu en Côte d'Ivoire, Fiasco des sondages ou perversion des sondages pendant les élections présidentielles de 2010 ?

En lisant l'article ci-dessous titré "Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010", j'ai eu des intérogations que je souhaite partager avec vous:
- Y a t-il eu un fisco des sondages en Côte d'Ivoire pour les élections présidentielles de 2010 ?
- Y a t-il eu une perversion des sondages en Côte d'Ivoire ?

Les sondages en soit ne sont pas mauvais et aident à la prise de décisions aussi bien au niveau commercial que politique. A bien lire cet article, l'Afrique ne serait pas prête à cette outil. Si donc l'Afrique n'est pas prête aux sondages comme le laisse croire cet article, elle n'est pas prête pour la démocratie. Arrêter donc de venir installer la démocratie en Afrique avec les armes. Si les sondages sont pas bons pour l'Afrique, alors la démocratie n'est bonne pour l'Afrique pourrait-on conclure.

Ce que je retiens de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire, c'est que les sondages ont été pervertis à des buts malsains et inavoués car les élections ce n'est pas un jeu d'addition comme l'indique cette phrase du paragraphe 3 "Aux habituelles concessions sur les imperfections, il ajoutait un argument politique sur le score pas si favorable de Laurent Gbagbo, dépassé par ses concurrents si ceux-ci s’unissaient : « Plutôt que de critiquer ces sondages, l’opposition ferait mieux de les regarder de près : unie, elle gagne au premier tour et, avec un transfert de voix majoritaire entre ses deux candidats, elle gagne au second tour."

Nous savons tous que les sondages ont une marge d'erreurs, mais cela n'enlève en rien leur crédibilité si tout le monde respecte le jeu démocratique. Nous rappelons que le camp Ouattara a aussi fait des sondages qui n'ont jamais été publiés.

Lire ci-dessous l'article du monde diplomatique
Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010
mardi 13 mars 2012, par Alain Garrigou

TNS-Sofres.jpg

« Les sondages ne peuvent se tromper à ce point. Nous avons fait depuis un an et demi huit sondages et je suis toujours en tête. » Ainsi se rassurait Laurent Gbagbo, président ivoirien, dans une interview avant l’élection présidentielle de 2010 (JDD, 29 octobre 2010). On sait ce qu’il advint. Le 28 novembre 2010, Alassane Ouattara remporta l’élection avec 54,1 % des suffrages contre 45,9 % à Laurent Gbagbo. Histoire banale de sondages qui se trompent, comme il en existe quelques-unes depuis la victoire de Truman en 1948 contre les chiffres de Gallup ? Non seulement Laurent Gbagbo perdit mais il n’admit pas sa défaite, et la Côte d’Ivoire s’enfonça dans la guerre civile avant l’intervention française et l’arrestation du vaincu. Son camp accusa le vainqueur Alassane Ouattara de fraude massive. N’avait-il donc pas triché ? Pas assez, firent observer des observateurs cyniques ou réalistes. En termes plus clairs, ils mirent en cause les sondages qui avaient si bien conforté le président en place dans son optimisme qu’il n’avait pas autant truqué les chiffres que l’adversaire. Si Laurent Gbagbo était annoncé vainqueur par tous les sondages, il fallait que le vainqueur ait triché. Cette affaire est en partie un équivalent ivoirien du 21 avril 2002 en France, où les sondages sont censés avoir induit en erreur les protagonistes [1]. La contestation était cependant cocasse, venant de ceux-là mêmes qui avaient cru les utiliser à leur profit.

Pendant la campagne, les opposants au président Gbagbo avaient mis en cause TNS-Sofres, qui avait réalisé les sondages en Côte d’Ivoire. Ou plutôt, accusaient-ils, sous-traité ceux-ci à une entreprise ivoirienne dont le savoir-faire était douteux — autant que sa neutralité politique, puisqu’elle était dirigée par un partisan de Laurent Gbagbo. Le sondeur français n’a pas eu à se justifier, même si l’on sait que dans ses rangs, certains ne sont pas fiers de leur rôle, inquiets d’une responsabilité dans le déclenchement des combats, et sans doute rassurés que l’affaire n’ait pas défrayé la chronique en France et ailleurs. Cette affaire est significative de l’introduction des sondages dans de nouveaux pays et aussi, bien sûr, de nouveaux marchés. On sait que les sondeurs, sûrs d’avoir partie naturellement liée avec la démocratie, se pensent comme des missionnaires de la démocratie. On se souvient des autocélébrations de leur arrivée dans les pays délivrés du communisme comme en Roumanie en 1989, après la chute de Ceaucescu, où les employés de BVA s’émouvaient devant ces Roumains qui faisaient la queue pour répondre aux questions des enquêteurs travaillant dans la rue. Quant aux révolutions arabes, l’enthousiasme fut tel qu’on aurait pu croire qu’elles attendaient les sondeurs. C’est en tout cas ce qu’affirmèrent certains d’entre eux. L’affaire ivoirienne nous ramène à un sain réalisme.

L’introduction des sondages dans la politique africaine n’est pas banale. En l’occurrence, une explication en est certainement la confiance du commanditaire, le président Laurent Gbagbo qui, selon Jeune Afrique, « croit aux sondages, tout au moins à ceux qu’il a commandés à l’institut français TNS-Sofres et qui, depuis huit mois le donnent régulièrement vainqueur au second tour de la présidentielle » (15 avril 2010). Dans le sixième et dernier de la série, l’ancien président ivoirien était crédité de 46 % des intentions de vote devant Henri Bédié (26 %) et Alassane Ouattara (24 %). Effectué auprès de 1 400 personnes, ce sondage donnait par ailleurs un score de satisfaction fort élevé pour Laurent Gbagbo (49 %) et sur son programme (69 %). Ces « bons » chiffres amenaient immanquablement le soupçon. « De trop beaux sondages ? », s’interrogeait Jeune Afrique, qui signalait le scepticisme local : « Ni ses adversaires, ni la France officielle, ni même une partie de son propre entourage n’assurent accorder crédit à ces enquêtes, qui, à les entendre, seraient trop favorables à leur commanditaire pour être prises au sérieux » (15 septembre 2010). Le correspondant de l’agence Reuters avertissait de son côté que « la fiabilité des sondages en Côte d’Ivoire comme dans le reste de l’Afrique de l’Ouest est mise en doute par certains diplomates qui soulignent que les instituts n’en ont pas eu une grande pratique dans le passé » (Reuters, 14 octobre 2010). Les sondages étaient pourtant effectués par un des grands instituts internationaux, TNS Sofres, et précisément son antenne parisienne. A Paris, s’éleva la plainte d’un porte-parole de Alassane Ouattara qui accusait le camp présidentiel de « préparer les esprits à un cambriolage électoral » (28 août 2010). Avec des accusations plus précises : « TNS Sofres n’a jamais envoyé d’équipe en Côte d’Ivoire pour faire des enquêtes en vue d’un sondage. L’institut fait de la sous-traitance avec une boite en Côte d’Ivoire, appelée Marketing Field Force, dont le responsable est bel et bien M. Djahi Serge qui est un partisan du président-candidat Laurent Gbagbo » (Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne, ACSCI, 24 avril 2010). Le 28 août, une plainte était déposée au tribunal de grande instance de Paris par le mouvement interafricain de réflexion et d’action (MIRA) dirigé par le dénonciateur, M. Mamadou Touré, qui reprochait à TNS-Sofres des « sondages frauduleux ».

Brice Teinturier.jpg
Brice Teinturier, directeur-adjoint de TNS Sofres [2], se défendit : « Notre échantillon représentatif a été constitué à partir du dernier recensement de 1998 amélioré par nos propres bases de données, TNS Sofres réalisant régulièrement des études de marché en Côte d’Ivoire, et à partir de statistiques départementales et de la population enrôlée sur les listes électorales, disponibles auprès de la primature, de la CEI [Commission électorale indépendante] et de Sagem Sécurité » (Jeune Afrique, 15 avril 2010). Aux habituelles concessions sur les imperfections, il ajoutait un argument politique sur le score pas si favorable de Laurent Gbagbo, dépassé par ses concurrents si ceux-ci s’unissaient : « Plutôt que de critiquer ces sondages, l’opposition ferait mieux de les regarder de près : unie, elle gagne au premier tour et, avec un transfert de voix majoritaire entre ses deux candidats, elle gagne au second tour. » Curieux argument qui balaie la critique au nom de l’équilibre politique des chiffres. Comme si l’opposition était seulement (et à tort) mauvaise joueuse. Le sondeur pourrait cependant faire valoir que ses chiffres n’étaient pas si erronés puisqu’une majorité d’opposition s’est bien dégagée. Les écarts par rapport aux intentions de vote sautent néanmoins aux yeux puisque au premier tour, Laurent Gbagbo obtint 38,30 %, Alassane Ouattara 31,08 % et Henri Bedié 25,24 %. Avec de telles approximations, la question de la fiabilité a-t-elle encore un sens ?

Sur la sincérité des réponses, le sondeur apporte une réponse incohérente en assurant que les « interrogations » seraient « valables d’ailleurs pour tous les candidats » mais ajoute que « les redressements assurés par nos soins ont été volontairement plus durs avec le président sortant qu’avec ses concurrents ». Manière de reconnaître que la sincérité était plus problématique avec un pouvoir ayant plus de capacité d’intimidation que l’opposition. C’est pour le moins une question rapidement réglée dans un pays où la liberté d’expression est limitée. Le sondeur peut-il s’en tirer à si bon compte par une correction méthodologique d’un redressement plus sévère pour l’autocrate ? Conformément à la loi française (!), Brice Teinturier ne révèle pas quels sont les coefficients de redressement. Il n’a cependant pas besoin de dire que la méthode pour l’opérer n’est pas celle du dernier souvenir du vote (les élections précédentes ayant eu lieu en 2000). Le redressement a dû emprunter à la recette du doigt mouillé. Enfin, le sondeur affirme avoir envoyé une vingtaine d’enquêteurs. Même effectué en une semaine en face-à-face, chose qui n’est pas précisée, pour 1 400 sondés, cela ferait beaucoup de travail pour chacun d’entre eux. On a quelques raisons de douter que les employés de TNS Sofres, débarqués de France et « blancs de peau », aient « passé » les questionnaires. Ceux-ci ont donc bien été sous-traités. A qui ? M. Teinturier ne semble pas ému par l’identité du commanditaire. Certes, les sondeurs travaillent pour les pouvoirs publics en France. Il est cependant interdit au service d’information du gouvernement (SIG) et aux ministères à Paris de commander des sondages électoraux. Est-il neutre de le faire en Côte d’Ivoire pour le président du pays ? D’autant plus que personne d’autre n’en commande. Le sens démocratique et la déontologie chers aux sondeurs français ont subi une singulière dévaluation sous les tropiques. Cela n’empêche nullement de lancer des oukases contre les critiques : « Les enquêtes d’intentions de vote sont volontiers clouées au pilori. Ce procès est révélateur d’une conception réactionnaire du vote et du citoyen », lançait Brice Teinturier (Le Monde, 8 novembre 2011).

Au-delà de cette manifestation nouvelle de la Françafrique, l’épisode ivoirien soulève des questions épistémologiques sur les conditions de possibilité de sondages, c’est-à-dire d’enquêtes statistiques reposant sur la représentativité. En d’autres termes, peut-on faire des sondages dans n’importe quelle société ? Il s’agit moins ici de la liberté politique minimale nécessaire pour que les réponses soient fiables, que de la structuration sociale et de ses rapports à la politique. Si le vote est organisé sur des principes régionaux, religieux ou ethniques, quelle pertinence peut avoir un échantillon représentatif basé sur les variables sociologiques et selon la méthode des quotas ou la méthode aléatoire utilisées dans les sociétés occidentales ?

Notes
[1] Le 21 avril 2002, alors que tous les sondages avaient annoncé un second tour opposant Jacques Chirac (président sortant) et Lionel Jospin (premier ministre), la deuxième place de Jean-Marie Le Pen constitua une immense surprise. Les sondages furent mis en cause pour avoir démobilisé les électeurs du premier tour (record d’abstention avec 28,4 %) et avoir pemis la dispersion des suffrages de gauche.

[2] Brice Teinturier est devenu directeur général délégué d’Ipsos en septembre 2010.

source: monde-diplomatique.fr

17/01/2012

France : Quand la bataille médiatique rattrape l'élysée

Perte du AAA : Fillon et Copé dénoncent un "petit tsunami médiatique indécent"

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Le premier ministre, François Fillon, en réponse à une question du patron de l'UMP, Jean-François Copé, a de nouveau dénoncé, mardi 17 janvier à l'Assemblée nationale, la réaction de la gauche à la dégradation de la note de la France, la qualifiant de "petit tsunami médiatique qui était par moments aussi indécent que déplacé".

Le député de Seine-et-Marne et maire de Meaux avait aussi fustigé, dans sa question, les réactions socialistes, en particulier celle du candidat à la présidentielle François Hollande : "J'ai été comme beaucoup indigné de voir M. Hollande, depuis les Antilles, dans une salle, il est vrai, à moitié vide, penser que ce qui est une mauvaise nouvelle pour la France serait une bonne nouvelle pour lui".

"TRÈS GRANDE INCERTITUDE"


Pour François Fillon, qui a rappelé les différentes décisions prises par les trois principales agences vis-à-vis du triple A français, Standard & Poor's, Moody's et Fitch, "à leur manière, disent la même chose".

"Elles disent qu'il y a une très grande incertitude qui pèse sur l'économie européenne, et il est donc parfaitement inutile de se jeter avec gourmandise sur leurs jugements pour leur faire dire ce qu'ils ne disent pas", a-t-il plaidé.

Evoquant notamment la légère baisse des taux d'emprunt à 10 ans pour la France, il a argué que, "pour une fois", les marchés avaient "été un peu moins erratiques que les responsables politiques".

"CHERCHER LA CROISSANCE"


"Notre pays a (...) besoin d'unité nationale. Nous ne demandons pas à l'opposition d'approuver nos choix et notre bilan, nous lui demandons simplement de ne pas aggraver les difficultés de notre pays", a encore clamé le premier ministre, longuement applaudi sur les bancs de la majorité.

A la veille du sommet sur la crise à l'Elysée, M. Fillon a en outre fait valoir que celui-ci devait permettre "de regarder avec les partenaires sociaux comment la France peut aller chercher la croissance en améliorant [sa] compétitivité". "Désormais, la priorité doit être à la recherche de la croissance", a-t-il insisté.

source lemonde.fr

NB: Ils détruisent les pays Africains et parlent 'unité nationale chez eux. Quand est ce que les Africains vont se reveiller? Car ce jour là, la france sombrera.

16/12/2011

France : Déplacements de Sarkozy : le PS écrit à la Commission des comptes de campagne

sarko le nain.jpg
Tandis que le Parti socialiste accuse Nicolas Sarkozy de faire campagne aux frais de l'Etat, le député PS de l'Ardèche et président de la commission de contrôle financier du parti, Pascal Terrasse, et l'ancien ministre de l'intérieur et mandataire de François Hollande, Daniel Vaillant, ont écrit, mercredi 30 novembre, à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), chargée de comptabiliser les dépenses électorales des candidats.

Dans un courrier dont Le Monde.fr a obtenu copie, adressé au président de la CNCCFP, François Logerot, les deux élus PS demandent notamment à la Commission "de déterminer s'il est légitime que les frais engagés par le président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes de propagande soient assumés par le contribuable, et s'ils doivent ou non entrer dans le cadre des comptes de campagne".


"LE PS NE VA PAS INTERDIRE LE PRÉSIDENT DE PRÉSIDER", BALAIE L'ELYSÉE

"et ce sont les mêmes qui parlent de bonne gouvernance aux autres" donc Sarko le nain peut être candidat 100% et président 100%?

L'argument est rejeté d'un revers de la main par l'Elysée et l'UMP. "Le PS ne va pas interdire au président de présider. Il lui conseille sans doute de rester à l'Elysée mais le chef de l'Etat continuera jusqu'à la fin de ce quinquennat de faire deux à trois déplacements par semaine comme depuis 2007", répond Franck Louvrier, conseiller en communication de M. Sarkozy, interrogé par Le Monde.fr. M. Louvrier estime que le PS qui "n'a rien à dire sur le fond, essaie d'attaquer sur la forme".

C'est "une fausse polémique : une campagne électorale commence quand le candidat dit qu'il est candidat", a fait valoir de son côté Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, mercredi, sur France Info. Avant de juger l'attaque "absurde", sur iTélé : "Depuis cinq ans, le président de la République se déplace quasiment toutes les semaines en France, je ne vois pas pourquoi il arrêterait brutalement alors qu'il n'est pas encore candidat."

Les deux socialistes affirment pourtant dans leur courrier : "Depuis plusieurs semaines, le président de la République multiplie les déplacements en province, dont le choix des thèmes et l'organisation indiquent qu'il est d'ores et déjà candidat à sa propre succession, et que ces déplacements réguliers relèvent d'actes de propagande."

Et d'ajouter : "Nous estimons que la démarche de Nicolas Sarkozy ne relève pas de ses fonctions de président de la République mais de celles de candidat à sa propre succession." "Outre un détournement des fonds publics et du pouvoir conféré par son statut présidentiel, la démarche de Nicolas Sarkozy paraît constituer une infraction à la législation électorale", écrivent encore MM. Vaillant et Terrasse.

UNE ÉVALUATION POURRA AVOIR LIEU APRÈS L'ÉLECTION


Interrogé par Le Monde.fr, la CNCCFP estime qu'"au sens électoral du terme", Nicolas Sarkozy ne peut pas être considéré à l'heure actuelle comme étant en campagne. Une évaluation pourra avoir lieu à posteriori, "deux mois après l'élection présidentielle, une fois que les candidats ont déposé leurs comptes de campagne", explique la Commission. "Nous examinons les dépenses jusqu'à un an avant le premier tour, et si nous estimons qu'un événement visait à obtenir des suffrages, nous comptabilisons cette dépense au compte de campagne. En 2007, nous avions par exemple ajouté les frais d'un déplacement de M. Sarkozy à Villepinte [Seine-Saint-Denis] à son compte, alors qu'il n'était pas encore candidat", explique-t-on.

Par ailleurs, affirmer qu'un "président-candidat" profite des moyens de l'Etat à des fins électorales est un argument récurrent sous la Ve République et dont le PS avait déjà usé en 2007 face à Nicolas Sarkozy.

par Alexandre Lemarié, lemonde


>> Voir le courrier en intégralité



Pascal TERRASSE
Député de l’Ardèche, Président du Conseil général
Président de la Commission nationale de contrôle financier du Parti socialiste

Daniel VAILLANT
Député de Paris

M. François LOGEROT
Président
Commission nationale des comptes decampagne et des financements politiques
33, avenue de Wagram
75176 Paris cedex 17

Réf. : DV/PT/LD/0627

Paris, le 30 novembre 2011

Objet : Saisine de la CNCCFP

Monsieur le Président,

Depuis plusieurs semaines, le Président de la République multiplie lesdéplacements en province, dont le choix des thèmes et l'organisation indiquent qu'il estd'ores et déjà candidat à sa propre succession, et que ces déplacements réguliers relèventd'actes de propagande.

En effet, à titre d’exemple, lors de son déplacement sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme), Nicolas Sarkozy a utilisé la tribune qui lui était offerte pour attaquerl'un de ses adversaires sur ses propositions relatives à la politique énergétique de la France. A cette occasion, a par ailleurs été organisé le déplacement de nombreux militants du parti politique dont il est issu, sans que toute transparence ait été faite sur l'origine des fonds (s'agissait-il de l'Etat, de l'UMP ?). De plus, les frais engagés lors de ce déplacementqui s'inscrit dans le cadre de la campagne présidentielle n'ont pas été intégrés aux comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

Nous estimons que la démarche de Nicolas Sarkozy ne relève pas de ses fonctions de Président de la République mais de celles de candidat à sa propre succession. Le Président de la République se sert de l'argent des contribuables pour financer sa stratégie de communication, et ce sans que les frais engagés ne soient par ailleurs intégrés à sescomptes de campagne, conformément aux dispositions de l'article L. 52-11 du Code électoral (le compte de campagne retrace, selon leur origine, l’ensemble des recettes perçues et, selon leur nature, l’ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l’élection, hors celles de la campagne officielle prises en charge par l’État aux termes du
décret n° 2001-213 du 8 mars 2001, par lui-même ou pour son compte, pendant l’année précédant le premier jour de l’élection et jusqu’à la date du dépôt du compte de campagne).

Outre un détournement des fonds publics et du pouvoir conféré par son statutprésidentiel, la démarche de Nicolas Sarkozy paraît constituer une infraction à lalégislation électorale.Nous nous permettons donc de saisir la Commission nationale des comptes decampagne et des financements politiques afin de déterminer s'il est légitime que les fraisengagés par le Président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes depropagande soient assumés par le contribuable, et s'ils doivent ou non entrer dans le cadredes comptes de campagne.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.


Daniel VAILLANT Pascal TERRASSE