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18/09/2012

Nouvel ordre mondial : Le résultat de la démocratie par les armes, le cas de la Lybie et la Côte d'Ivoire

J'ai decidé de publier cette interview tant la situation décrite en Lybie est identique à la Côte d'Ivoire, mon pays. Je ne ferai pas de commentaires, lisez et chacun se fasse sa propre opinion.

Bonne Lecture:
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Les Etats-Unis ne doivent pas interférer dans les affaires libyennescôte d'ivoire,lybie,khadafi,obama,sarkozy,cameron,ouattara,démocratie,armées,armes,bombes,onu,arabes,printemps arabes,salafistes,islam

Patrick Haimzadeh, auteur de «Au cœur de la Libye de Kadhafi» (JC Lattès), analyse les causes de la montée des tensions en Libye. Pays où a longtemps vécu ce diplomate français et où il vient de passer plusieurs mois.

SlateAfrique - L'attentat de Benghazi est-il une réponse au film L'Innocence des musulmans ou une attaque planifiée de longue date?
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Patrick Haimzadeh - Je ne crois pas trop à la théorie du complot. Il y a déjà eu une série d’attentats depuis la chute du régime de Kadhafi, principalement cette année contre des intérêts occidentaux: le consulat étatsunien en juin 2012, la tentative d’assassinat de l’ambassadeur de Grande-Bretagne en juin aussi, les locaux de l’ONU, etc...

Un grand nombre de ces actions ont d’ailleurs été revendiquées par un groupe armé qui se réclame du Cheikh Omar Abdel Rahman. Il est à l'origine de l’attentat du World Trade Center en 1993, et se trouve en prison aux Etats-Unis.

Il est évident qu’on ne peut pas nier que ce film ait suscité un mécontentement. En 2006, une manifestation à propos des caricatures de Mahomet a fait 11 morts à Benghazi. Ce genre d’attaques n’est pas nouveau. Il ne faut donc pas y voir une planification. En plus l’attaque était assez chaotique.

Autre facteur important: des gens se promènent à présent de plus en plus avec des armes en Libye. Il est donc tout à fait crédible que des éléments armés se soient greffés à cette manifestation, afin de susciter une provocation, un affrontement.

Est-ce qu’ils savaient que l’ambassadeur américain était présent? Ce n’est même pas sûr. Seuls les résultats d’une enquête pourront mettre la lumière sur ces événements.

SlateAfrique
- D’aucuns voient la main d’al-Qaida derrière cette action...

P.H. - Rien n’est impossible, mais cela me paraît improbable. Il est facile de mettre une voiture piégée ou une bombe devant un consulat. C'est plutôt le mode opératoire d'Al Qaïda. Imaginer qu’il y ait encore des directives données par une voix hiérarchique me semble difficile.

Al-Qaida est devenue une nébuleuse, une franchise. Je pense que tous les mouvements en Afrique du Nord et au Sahel s’autonomisent plus ou moins avec un niveau de décision qui est de plus en plus souvent local.

Il faut vite refermer la boîte de Pandore

Il est quasiment sûr qu’il y a une convergence dans l’idéologie, mais moins qu’il y a un mot d’ordre d’un noyau central d’al-Qaida comme cela a pu être le cas pour le 11-Septembre.

Cependant qu’al-Qaida essaie de justifier a posteriori et de légitimer à nouveau sa puissance ou sa capacité de nuisance est possible. D’ailleurs il n’a pas manqué de le faire.

SlateAfrique - la ville de Benghazi est-elle un fief des islamistes?

P.H. - La série d’attentats contre les Occidentaux a eu lieu en Cyrénaïque (est de la Libye). Cette région a toujours été très conservatrice, même sous Kadhafi. Beaucoup de groupes armés comme "La Montagne verte" sont originaires de cette région. Des membres de ces groupes étaient enfermés et ont été libérés avant la chute du guide libyen.

On ne l’a pas souvent évoqué dans les médias français, mais pendant la guerre civile, à côté des étudiants, ces groupes ont aussi pris les armes. Dès le départ! Ce sont des hommes aguerris. Ils ont déjà fait la guerre en Afghanistan et en Irak dans les années 2000.

Ils sont idéologiquement formés et sont structurés en milices. Ils se sont battus jusqu’au bout, jusqu’à la chute de Syrte (Kadhafi est mort le 20 octobre 2011). Il faut savoir que toutes les poursuites de reprises des combats ont vu ses milices envoyées par le gouvernement de transition.

Nombre de ces milices ont ensuite été intégrées dans l’appareil sécuritaire en cours de formation en Libye. Ces hommes se sont battus, ont des armes. Ils ont pignon sur rue et ont des connivences et des connexions à l’intérieur de tout l’appareil sécuritaire libyen dans l’est et dans une moindre mesure à l’ouest aussi.

SlateAfrique - En portant secours à cette région, la coalition a donc aidé ces groupes proches des islamistes et anti-Occidentaux?

P.H. - La coalition a fourni beaucoup d’armes. Des armes qui se retrouvent entre les mains des salafistes. Ça fait partie des choses qu’on a dites et répétées à l’époque. On ouvrait effectivement une boîte de Pandore et on ne connaissait pas l’issue de cette intervention, de cette guerre civile. Tout ça ne me surprend guère.côte d'ivoire,lybie,khadafi,obama,sarkozy,cameron,ouattara,démocratie,armées,armes,bombes,onu,arabes,printemps arabes,salafistes,islam

Les milices tribales se font noyauter par les salafistes. Ces milices qui n’avaient pas de programme politique se font peu à peu désarmer par ces organes plus idéologues qui ont réussi à s’intégrer dans l’appareil d’Etat.

Le Qatar et l’Arabie saoudite jouent aussi un rôle prépondérant. L’Arabie saoudite n’arrête pas d’envoyer des délégations dites caritatives en Libye, sachant que le pays est riche et n’a pas besoin d’aide humanitaire.

SlateAfrique - Peut-on alors parler de deux tendances qui se dégagent au sein des réigmes: des technocrates pro-Occidentaux et de l’autre côté des islamistes plus radicaux qui possèdent une influence croissante?

P.H. - Il y a plusieurs pôles de pouvoirs, mais c’est vrai qu'il s'agit de deux grands pôles importants. Il peut y avoir une répartition des tâches sans s’affronter. Les uns ont le pouvoir formel qui gère un peu la gestion économique et technocratique du pays. Quant aux autres, ils détiennent le monopole de la violence.

Cette situation est identique à celle qui existait sous Kadhafi. Il existait des institutions plus ou moins virtuelles avec le pouvoir gestionnaire, le pouvoir révolutionnaire et celui des tribus notamment celles fidèles à Khadafi..

SlateAfrique - Comment réagit la population à ces actions violentes des salafistes?

P.H. - Majoritairement les Libyens ne soutiennent pas les salafistes. Un sursaut ou une réaction pourrait venir de là. Le peuple pourrait prendre les armes contre ce qu’il considère comme une dérive de leur révolution. Il est important de rappeler que la population n’a pas voté pour eux en juillet 2012.

Il y a un décalage entre les aspirations d’une grande partie de la population et le système qui est en train de se mettre en place en Libye.

Beaucoup de Libyens estiment qu’ils ne sont pas sortis de l’ère Kadhafi pour se jeter ensuite entre les mains des groupes islamistes. Cependant il manque à la population l’organisation et l’idéologie. Ce qui permet aux islamistes d’avancer leurs pions.

Les risques de surenchère

SlateAfrique - Comment les Occidentaux peuvent-ils réagir?

P.H. - On est en période électorale aux Etats-Unis. Il peut y avoir un risque de surenchère. Ces trois derniers jours, une quarantaine de drones se trouvaient dans l’espace aérien libyen. A tel point qu’ils vont devoir cesser tout vol civil à partir de l’aéroport de Benghazi.

C’est une atteinte à la souveraineté libyenne très mal vue par la population. Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils vont envoyer une centaine d’hommes pour sécuriser leur ambassade. C’est énorme! Et un début de présence militaire.

Du côté américain, il y a un programme politique. Déployer des drones ou envoyer un porte-avions, c’est peut-être de la gesticulation. Mais pour la population libyenne, ils représentent un signal d’atteinte à leur souveraineté, qui décrédibilise par la même les autorités libyennes.

Si jamais les Etats-Unis commencent à entrer dans cet engrenage comme ils l’ont déjà fait au Yémen ou ailleurs, ils signent la fin de la souveraineté de la nouvelle Libye. Et pousseront de nombreux Libyens à devenir candidats pour rejoindre les mouvements salafistes. Ils représenteront en effet aux yeux des Libyens le meilleur rempart contre l’Occident.

Les Etats-Unis doivent être discrets et surtout interférer le moins possible dans les affaires libyennes.

SlateAfrique - Que peut faire le gouvernement libyen?

P.H. - Ils ont annoncé des arrestations. Mais nul n’est dupe! Le gouvernement libyen prend des mesures de façade de nature à essayer de satisfaire le gouvernement américain.

Pour mettre fin aux activités des milices salafistes qui ont pignon sur rue, il faudrait reprendre les armes. Tâche qui s’annonce difficile, vu que la Libye n’a pas d’armée.

En outre, le gouvernement veut absolument éviter tous les affrontements armés. Il privilégie la discussion comme la tradition libyenne le veut. La police va arrêter des sous-fifres, mais ça ne va pas régler le problème.

Le gouvernement libyen a une marge de manœuvre extrêmement étroite. L’avenir de la Libye s’est joué dans les tout premiers mois. Difficile de faire marche arrière à présent.

Propos recueillis par Maïmouna Barry et Pierre Cherruau

06/08/2012

Côte d'Ivoire : six hommes tués dans l'attaque d'un camp militaire à Abidjan

source: lepoint.fr
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Au moins six hommes en treillis ont été tués durant l'attaque menée tôt lundi matin par des assaillants non identifiés contre un camp militaire d'Abidjan, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Quatre corps étaient visibles par terre dans un bâtiment à l'entrée du camp d'Akouédo (nord d'Abidjan), dont la porte avait été défoncée. Du sang avait été projeté sur le sol et les murs. A un poste de garde et à une sortie deux autres corps gisaient au sol, a-t-on constaté. Tous étaient vêtus de treillis.

La situation était calme aux abords du camp, où la circulation avait repris.


Le camp, situé dans le quartier de Cocody, a été le théâtre d'échange de tirs nourris d'armes automatiques et de kalachnikov entre 03H00-04H00 et 06H00 du matin (locales et GMT), avaient indiqué plus tôt des résidents interrogés par l'AFP.

Aucune information n'était dans l'immédiat disponible sur l'identité des assaillants, ni sur un éventuel lien avec la mort de cinq militaires dimanche, tués dans l'attaque d'un commissariat et d'un poste de contrôle de l'armée par des hommes lourdement armés à Yopougon, quartier ouest de la capitale économique ivoirienne.

Par jeuneafrique:

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Des inconnus armés ont attaqué un camp militaire d'Abidjan lundi 6 août au petit matin. Le bilan provisoire fait état d'au moins un mort et plusieurs blessés.

À peine vingt-quatre heures après l'assassinat de cinq membres des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) dans le quartier de Yopougon, de nouvelles violences ont éclaté à Abidjan. Cette fois, c'est un camp militaire de la capitale économique ivoirienne qui a été visé par des inconnus armés. Au moins une personne a été tuée et plusieurs ont été blessées lors de cette attaque, survenue tôt lundi matin. D'après la correspondante de la Radio télévision ivoirienne (RTI), le bilan provisoire s'élève à au moins six morts.

« Il y a un mort et des blessés, les infirmiers du camp sont en train de faire des pansements », a déclaré une source militaire.


Le camp d'Akouédo, situé dans le quartier de Cocody (nord d'Abidjan), a été l'objet de tirs nourris d'armes automatiques et de kalachnikov entre 04h00 et 06h00 du matin par des assaillants non identifiés. Selon des sources concordantes, des éléments des FRCI sont arrivés ensuite en renfort et ont pris position autour du camp.

Retour au calme

« Les FRCI procèdent à des contrôles et fouillent les véhicules qui passent devant le camp », a raconté un habitant. « Le calme est revenu, les gens commencent à sortir dans la rue », a indiqué une résidente du secteur.

Cette attaque survient au lendemain de la mort de cinq militaires des FRCI tués dans l'attaque d'un commissariat et d'un poste de contrôle de l'armée par des hommes lourdement armés à Yopougon.

L'insécurité a reculé dans le pays depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 ayant fait environ 3 000 morts. La circulation d'armes en tous genres, des ex-combattants mécontents de leur sort et des tensions ethniques toujours vives, en particulier dans l'Ouest, nourrissent encore des incidents meurtriers.

(Avec AFP)

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : au moins un mort dans l'attaque d'un camp militaire

Côte d'Ivoire : A Abidjan, on peut louer une kalachnikov pour 30 euros


ABIDJAN (AFP) - 06.08.2012 10:18 - Par Christophe KOFFI

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Certains à Abidjan ont besoin d'une "machine" pour "aller sur le terrain". Traduction d'un trafiquant: ils veulent une arme pour commettre un braquage. Dans la capitale économique ivoirienne, plus d'un an après la fin d'une crise armée, on peut louer une kalachnikov pour 30 euros

"Les +kalach+, ça court les rues à Abidjan"
, se lamente un policier membre d'une unité de lutte contre le grand banditisme, interrogé par l'AFP.

Dans un quartier populaire, un trafiquant qui se fait appeler "commandant Tasman" (le feu, en langue malinké) opère dans l'arrière-cour d'une boutique transformée en armurerie clandestine. Carrure de basketteur et lunettes noires, il brandit fièrement une "kalach" et annonce ses tarifs.

Vingt mille francs CFA (30 euros) la journée pour louer ce type de fusil d'assaut, entre 150.000 et 200.000 FCFA (230-300 euros) à l'achat, un pistolet automatique autour de 15.000 FCFA (23 euros) à la location et environ 150.000 FCFA à l'achat. "Tasman" explique pouvoir même fournir des lance-roquettes, pour 500.000 FCFA (750 euros) l'unité.

Il était de ceux qui ont combattu pour le président Alassane Ouattara durant la crise de décembre 2010-avril 2011, née du refus de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l'élection de novembre 2010.

Epilogue d'une décennie de tourmente politico-militaire, la crise s'est terminée par dix jours de guerre à Abidjan, a fait quelque 3.000 morts et vu une prolifération sans précédent d'armes en tous genres, en violation flagrante d'un embargo sur les armes décrété par l'ONU en 2004.

Des dizaines de milliers d'armes seraient aujourd'hui en circulation, selon des estimations faites en l'absence de données officielles.

Si l'insécurité a reculé en plus d'un an, le phénomène inspire l'inquiétude et favorise les actions des bandits, notamment des "coupeurs de route" présents en particulier dans le nord du pays.

Et l'attaque contre un commissariat et un poste de contrôle de l'armée par des inconnus "lourdement armés", qui a fait officiellement cinq morts parmi les militaires dimanche dans un quartier d'Abidjan, est venue rappeler l'ampleur du problème de la circulation des armes.

Structure étatique créée en 2009, la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (Comnat) tente, à travers des opérations de sensibilisation et avec le soutien de la force onusienne Onuci, d'obtenir que les ex-combattants rendent volontairement leurs armes.

"Le pays n'a plus besoin de ça, on sort de crise. C'est la reconstruction du pays qui s'impose à tout le monde", expliquait le général Désiré Adjoussou à l'occasion d'une cérémonie de destruction d'armes mi-juillet à Abidjan.

Mais guère plus de 2.000 armes ont pu jusque-là être collectées et stockées par l'Onuci. Une goutte d'eau.

"Nous avons pris des armes lors de la bataille d'Abidjan, mais rares sont ceux qui les ont rendues", confirme "Jagger", un ex-milicien pro-Gbagbo devenu boucher. "Mon arme est un souvenir", lâche-t-il, installé derrière son étal.

Un autre ancien milicien, désormais vigile dans un quartier chic, a préféré enterrer dans un terrain vague les kalachnikov que lui et ses compagnons ont utilisées lors des combats. S'il ne les restitue pas, c'est par peur d'être identifié et de subir les foudres de l'armée, confie-t-il.

Pour Adama, ex-combattant pro-Ouattara, la situation du pays reste trop incertaine pour qu'il se débarrasse de sa "machine". "On parle de plus en plus d'un éventuel retour de Gbagbo et ça (la crise, ndlr) peut recommencer", soutient-il.

Prévue à partir du 13 août, l'audience de confirmation des charges pesant sur l'ancien président, incarcéré à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l'humanité, a été reportée sine die dans l'attente d'une évaluation médicale. Mais en Côte d'Ivoire certains craignent et d'autres espèrent sa libération, d'autres encore la jugent improbable.

Une chose est certaine: inutile, pour les ex-combattants, d'attendre que les autorités leur rachètent leurs armes, comme cela avait été envisagé un temps. "Il n'en est pas question", insiste le général Adjoussou, car "cela développerait le trafic".

Les milliers d'ex-combattants devraient en revanche être pris en charge par un futur programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).

Réclamé par l'Onuci et les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire et promis par le gouvernement, ce programme jugé crucial pour la stabilité du pays se fait toujours attendre.

© 2012 AFP