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04/04/2012

Crise Malienne: Les barbus d’AQMI et la “barbe” burkinabè

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La situation sécuritaire du Mali inquiète ses voisins, en particulier le Burkina échaudé par les dégâts collatéraux de la crise ivoirienne. Le Faso pouvait-il échapper au statut de médiateur?

Après avoir éternué quand son voisin ivoirien s'enrhumait, le Burkina Faso a de nouveau des picotements dans les narines. Cette fois-ci, c’est la situation d’un autre pays limitrophe qui suscite l’inquiétude. L’offensive éclair, de Kidal à Tombouctou, du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) déploie le spectacle d’un Mali coupé en deux où s’enchevêtrent, dans la confusion, intérêts loyalistes, putschistes, rebelles et islamistes. Et la ville malienne de Gao se trouve à moins de 200 kilomètres de la frontière burkinabè…


Déjà, du côté du “pays des Hommes intègres”, les autorités de la ville nordique de Dori se remettent péniblement d’échauffourées qui nécessitèrent, fin mars, un couvre-feu suite au mécontentement d’un mouvement de jeunes à l’égard d’une compagnie minière canadienne. Déjà, il y a moins de deux ans, les Volontaires du Corps de la paix, les Peace corps américains quittaient le Nord du Faso sur la pointe des pieds, arguant que l’ombre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) planait sur le pays.

Conséquences économiques et humanitaires

Sur le plan économique, et même si le Mali ne représente pas un corridor aussi déterminant que la Côte d’Ivoire, des effets collatéraux de la crise militaire malienne ne peuvent manquer de se faire sentir au Burkina. Au-delà du risque supportable de pénurie de bazin, aujourd’hui, comme d’attiéké (semoule de manioc), hier, c’est à la complexification de la gestion de la crise alimentaire annoncée que se heurte le Burkina.

L’insécurité croissante au Mali perturbe, en effet, l’approvisionnement en denrées à prix abordables des communautés menacées de famine. Selon l’ONG Oxfam, cette crise affecte 13 millions de personnes au Sahel. Au Mali, c’est quelque 3.575.000 personnes qui vivraient dans des zones à risque. Dans des villes comme Gao, directement concernées par le conflit nord-malien, les prix des céréales seraient déjà 70% plus élevés que la moyenne de ces cinq dernières années.

Pris dans un étau, entre des marchés régionaux qui ne fonctionnent plus normalement et une situation politico-militaire confuse, les populations maliennes n’ont souvent d’autres choix que de quitter leurs villages. Le HCR, le 19 mars dernier, évaluait le nombre total de personnes déplacées à 206.000. Plus de 23.000 auraient passé la frontière du Burkina Faso, exacerbant les problèmes de vivres, d’eau potable ou d’hygiène.

Risque de contagion

«Quand la barbe de ton voisin brûle, arrose d’eau la tienne», indique un proverbe sahélien. Mais quand c’est la case du voisin qui brûle, il devient dérisoire d’enfouir sa tête dans le sable. Les destins du Mali et du Burkina sont historiquement parallèles. Même si les populations des deux pays n’ont pas oublié la «Guerre de Noël» qui les opposa brièvement en décembre 1985, autour de la bande de terre semi-désertique d’Agacher, c’est à une franche coopération qu’elles assistent depuis les années 90, amitié sahélienne sublimée par l’entente cordiale d’Amadou Toumani Touré et de Blaise Compaoré, deux anciens militaires officiellement ou officieusement adeptes de putschs «moralisateurs».

Mais où le parallélisme s’arrêtera-t-il? Le Burkina célèbre le premier anniversaire des mutineries qui secouèrent le régime pendant de longues semaines. Alors, pour que le concept de destins parallèles ne se mue pas en oracle pour le président du Faso, les autorités burkinabè ne peuvent pas se contenter d’arroser d’eau leur menton.

Si l’Ivoirien Ibrahim “I.B.” Coulibaly avait pu tranquillement préparer son hypothétique destin national à Ouagadougou, en 2002, les rebelles maliens présents sur le territoire burkinabè, eux, se sont vu rapidement remis à leur place. Lorsqu’en février, le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga donna la parole à un colonel touareg présent au Burkina, le Conseil supérieur de la Communication déplora officiellement la légèreté avec laquelle le journal ouvrait ses «colonnes à des rebelles qui tiennent des propos racistes et appellent à la partition d'un Etat souverain voisin.»

Pendant le bras de fer entre l’organe de régulation et la presse, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération Régionale, Djibrill Bassolé, enfonçait le clou en rappelant leur droit de réserve à tous les réfugiés présents sur le territoire national. Pas question que le Faso, longtemps considéré comme un pompier-pyromane dans les crises de la région, ne devienne une base arrière de la rébellion malienne. Pour mieux empêcher toute contagion putschiste, le régime a choisi d’annihiler toute importation politique.

Le Burkina, éternel médiateur

Mais l’implication du Burkina Faso n’a pu se cantonner à la neutralité passive et à la bienveillance humanitaire. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’est-elle pas désormais incarnée par un Burkinabè, le frais émoulu président de la commission Désiré Kadré Ouédraogo, ancien Premier ministre du président du Faso Blaise Compaoré? Blaise Compaoré, lui-même, doyen des chefs d’Etat de la sous-région, n’est-il pas considéré comme un médiateur tout-terrain, depuis ses interventions directes dans les crises togolaise, ivoirienne ou guinéenne et indirectes au Soudan ou en Guinée-Bissau?

Dès les années 90, n’avait-il pas été mis à contribution pour résoudre les problèmes qui opposaient des Touaregs –déjà– au pouvoir nigérien? Nommé officiellement médiateur dans la crise malienne, par la Cédéao, en sommet extraordinaire en Côte d'Ivoire, le président du Faso semble unanimement soutenu par les chancelleries occidentales. Le 30 mars dernier, le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina, l’ambassadeur Alain Holleville, affirmait que l’institution qu’il représente ne pouvait «que s’associer aux efforts actuellement déployés dans la sous-région (…) surtout par le médiateur, de façon à favoriser un retour à l’ordre constitutionnel au Mali».

Le week-end du 1er avril a été un feu d’artifice d’images incarnant cette intervention burkinabè dans la crise malienne. Au Burkina, un Compaoré empêché d’atterrir quelques jours plus tôt à Bamako, recevait une délégation de la junte menée par le colonel Moussa Sinko Coulibaly. Quelques heures plus tard, c’est sous l’œil d’un Djibrill Bassolé omniprésent médiatiquement, que le capitaine Amadou Haya Sanogo annonçait le retour à l'ordre constitutionnel.

Pas de triomphalisme prématuré. Les accords de Ouagadougou, signés en 2007 par les parties ivoiriennes, n’avaient pas empêché la douloureuse crise postélectorale de 2010. De même, le chassé-croisé diplomatique du week-end dernier ne reconduit pas Amadou Toumani Touré au pouvoir, de même qu’il n’établit pas de négociation formelle avec les rebelles du Nord-Mali. Mais Compaoré a attiré l’attention sur les dangers que la crise malienne fait courir à son pays. Une communauté internationale bienveillante, maintenant, ne devrait pas manquer d’eau pour arroser la barbe burkinabè. Pour le reste, il faut apprécier le billard à trois bandes à la fin des parties.

Damien Glez sur www.slateafrique.com

Mali - CEDEAO : Décryptage des Marionnettes de la CEDEAO par la presse malienne

Lu dans la presse malienne : "SANCTIONS DE LA CEDEAO : Quand le Club des chefs d’Etat mal élus décide du sort du Mali"
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( L' Inter de Bamako ) Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest sur la situation du Mali, les chefs d’Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l’ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d’Etat, mais pour se prémunir d’un scénario dont ils ne sont jamais à l’abri.


Avant de monter sur l’arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d’œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l’ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l’instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et n’ont choisi par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l’Afrique en sens dessous dessus, assassinant l’espoir de tout un continent qui ne rêvait qu’à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l’exécution des mots d’ordre de l’épreuve de dictée préparée qu’ils ont subie dans l’Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d’une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l’indépendance aux organisations continentales et sous- régionales. Ainsi l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l’Union africaine (UA) en 1999 à l’image de l’Union européenne (UE) menacée d’implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu’on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l’appellation de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu’un seul objectif : l’instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu’ils jouent parfaitement leur rôle dans la Francafrique.

Mais de là, à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même.
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Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l’assassinat d’un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d’abord à éliminer tous ses frères d’armes qui l’ont aidé à abattre le jeune capitaine, l’incarnation de l’espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n’est pas épargnée. Le journaliste d’investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d’un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1999.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l’Afrique de l’Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous- région.

Du Libéria à la Sierra- Leone en passant par la Côte d’Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l’armée du pays des Hommes intègres et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays au moment de la guerre la plaque tournante du trafic de l’or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.

Ce criminel, qui n’a que sa place dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d’Ivoire.

En un mot, cet homme n’incarne que le Satan personnifié.
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Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO


Son cas est des plus pathétiques. Incapable d’arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N’eut été le poids économique de la Côte d’Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l’époque, le géant de l’Afrique de l’Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l’installer au pouvoir et les pressions économiques de l’UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d’une élection déjà pipée à l’avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d’être un modèle pour donner des leçons à d’autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d’être un coup d’Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l’armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d’Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c’est que les militaires maliens n’ont pas pris l’avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.
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Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l’Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l’omission sur le fichier électoral d’un million d’électeurs dans le camp de l’opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d’être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.
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Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d’Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu’un coup d’Etat est inversement apprécié selon qu’il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu’il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est- ce pas ? Le silence serait d’or pour vous.
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Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria, (Prix Nobel de la Paix)

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l’ancienne puissance entre les deux tours d’une élection qu’elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu’elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

par Yoro SOW

Coup d’État du CNRDRE: Les 4 vérités du doyen Seydou Badian

Par Info Matin
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Le Dr Seydou Badian: J'ai entendu les grandes déclarations: la CEDEAO. J'ai entendu quelqu'un parler de réinstaller ATT même s'il faut avec les armes. Ça m'a fait sourire. Mais s'ils l'installent avec les armes, ils vont rester, ils vont nous occuper alors. Parce que pas question de l'installer avec les armes et de tourner le dos, nous laisser. Il faut qu'ils assurent sa sécurité. Alors, ces hommes, ces grandes déclaration martiales, quant nous nous étions envahis, nos enfants égorgés, on n'a pas entendu beaucoup de choses. On n'a pas entendu beaucoup de voix. Alain JUPPÉ est venu, ce qu'il a dit est dans la mémoire de chacun de nous: «Les rebelles ont remporté quelques succès, il faut négocier». En somme, nous sommes en position de faiblesse, il faut qu'on accepte leurs conditions, c'est cela. Je n'ai pas entendu l'Union africaine (UA) faire de grandes déclarations, je n'ai pas entendu la CEDEAO faire de grandes déclarations. Il faut négocier, il faut négocier...Il faut négocier quoi? Ces gens veulent le partage du Mali, ils veulent dépecer le Mali. Et, je suis triste de constater que ceux qui veulent le partage du Mali sont bien reçus à Nouakchott et bien reçus à Ouagadougou. Nous sommes devenus quoi? Nous sommes devenus la risée de nos voisins.

L'arrivée de la délégation de la CEDEAO?

Le Dr Seydou Badian: Ça me fait rire. Qu'est ce qu'ils vont dire? On les connaît, on se connaît. Non, le Mali n'est pas une terre que l'on peut fouler impunément, où l'on peut venir s'amuser. Le Mali n'est pas une terre où on peut venir effrayer: effrayer à droite, effrayer à gauche. Ça ne marchera pas. Nous leur demandons, ce sont nos voisins, ce sont nos frères, qu'ils ne se mêlent pas de nos affaires à ce point. Ils ne peuvent pas nous occuper: ils sont nos voisins, ils sont nos pairs; mais ils ne sont pas nos maîtres. Ils ne peuvent pas occuper le Mali. On n'a pas d'ordre à recevoir d'eux.

Transcrit par Hamidou TOGO

Lu dans la presse malienne: Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali

Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali : Le président ivoirien tente de bloquer le fonctionnement de l’économie malienne en asséchant la liquidité des banques maliennes.

En fermant l’agence de la Bceao pour le Mali, Alassane va progressivement priver les banques maliennes de la possibilité d’accéder à leurs ressources déposées à la Banque centrale. Ces ressources sont en réalité les dépôts des clients maliens. Si cette situation perdure, elle va entraîner une défiance des déposants vis à vis des banques, créer un réflexe de gérer à domicile les espèces et provoquer l’arrêt des versements des clients dans les banques et institutions financières.

De cette façon, les banques ne pourront pas fournir à l’économie les moyens de paiements liquides dont elle a besoin pour fonctionner normalement. Cette crise de liquidité va donc avoir des conséquences incalculables sur l’économie malienne qui va subir des chocs endogènes profonds et irréversibles.

L’économie malienne retournera à l’âge du troc si cette opération doit s’étaler dans la durée.

En répliquant sur le Mali les méthodes de guerre financière expérimentées contre Gbagbo, Alassane veut détruire le fonctionnement de l’économie malienne pour satisfaire des objectifs politiques.

De quel droit, Alassane peut-il imposer aux populations maliennes plus de souffrances qu’elles n’endurent déjà ?


Juridiquement, a-t-il le droit de bloquer les avoirs des ménages et des entreprises maliennes entreposés à la Banque centrale via le système bancaire ? La réponse est non.

Par ailleurs, en asséchant la liquidité dans l’économie, le Mali va perdre la guerre du Nord, n’ayant aucune ressource liquide pour faire face à l’achat de carburant et à d’autres dépenses où l’utilisation des espèces est nécessaire.

Si la population n’a plus de moyens de paiement, ce sera l’émeute et la junte sera rendu responsable de la pire des situations économiques que le Mali aura connu alors que le véritable coupable seraient Alassane Ouattara et le gouverneur de la Bceao.

Pour sauver un membre du club des chefs d’Etats, Alassane est-il prêt à sacrifier le Nord du pays pour mériter son poste de Président de la Cedeao et satisfaire la France et les puissances occidentales ?


La junte à intérêt à s’attacher les services d’avocats internationaux pour obliger la Bceao à fournir en continue de la liquidité à l’économie malienne. Priver les banques de la possibilité d’accéder à leurs avoirs à la Bceao est un moyen de coercition illégal et illégitime.

Ceci pose, en filigrane, la mainmise des Ivoiriens sur l’Institut d’émission via un gouverneur ivoirien qui doit son poste à son pays. Le fait qu’un seul pays préside aux destinées de l’Institut d’émission commun, depuis sa création, en 1960, alors que les textes prévoient une rotation, est d’ailleurs un anachronisme.

Le Mali sera en mesure de porter plainte contre la Bceao pour détournement de pouvoir et alignement sur des chapelles politiques. Ce n’est pas son rôle, ce n’est pas sa mission.

Question : si une junte militaire avait pris le pouvoir au Nigeria, la Cedeao sera-t-elle en mesure de brandir des menaces du genre «on va les obliger militairement à quitter le pouvoir»? La réponse est évidemment : non ! Boni Yayi doit faire attention à ne pas aggraver la situation par des propos insensés. A-t-il pu contraindre la Cedeao à intervenir pour rétablir la légalité constitutionnelle en Cote d’Ivoire en faveur du même Alassane Ouattara qui peinait à retrouver son fauteuil ? Ou croit il que les Maliens prennent au sérieux de telles menaces qui sont contre productives et sources de tensions inutiles entre le Mali et le Bénin?

Aux dernières nouvelles, la Bceao a rouvert ses guichets aux banques pour qu’elles s’approvisionnent en liquidité. Mais la menace illégale demeure et elle est prégnante. On ne peut continuer à permettre à la Bceao de faire de la politique au profit de dirigeants déchus.

L’intervention militaire prévue dans les textes de la Cedeao est relative à la défense de l’intégrité des pays- membres, mais pas pour rétablir un pouvoir désavoué et dont les dirigeants se seraient rendus coupables de forfaiture.

Birama FALL

29/03/2012

Mali: Oh Honte la CEDEAO !!!

Ils se sont réunis à Abidjan, se sont bandés les muscles pour instaurer l'ordre constitutionnel au Mali avec les déclarations fracassantes. Ils n'ont pu mettre pieds sur le sol Malien. Lisez plutôt cet article de jeuneafrique.

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Mali : les chefs d'État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako

Une manifestation de partisans de la junte malienne sur le tarmac de l'aéroport de Bamako a empêché la délégation de chefs d'État de la Cedeao d'atterrir. Un sommet d'urgence de l'organisation ouest-africaine a été convoqué dans la foulée à Abidjan.

Alors qu’il était dans l’espace aérien du Mali, Alassane Ouattara a fait demi-tour pou revenir à Abidjan. Il devait présider à Bamako une délégation de chefs d’État de la Cedeao venus discuter avec la junte qui a renversé, le 22 mars, le président malien Amadou Toumani Touré (ATT).

La décision de ne pas atterrir au Mali a été prise après une brève manifestation à l'aéroport par des dizaines de partisans des putschistes qui ont envahi le tarmac. Une mobilisation qui faisait suite à celle de la veille, dans les rues de Bamako, où plusieurs milliers de manifestants pro-junte ont marché pour protester contre la Cedeao, la France, et la communauté internationale en général qui a unanimement condamné le coup de force des militaires maliens.

Restaurer l'ordre constitutionnel

Les autres chefs d’État de la délégation ouest-africaine ont eux aussi détourné leur vol pour se rendre à Abidjan, où une réunion d’urgence a été convoquée. Parmi eux, le médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, Blaise Compaoré (Burkina Faso) et le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Béninois Boni Yayi.

La Cedeao entend trouver une solution permettant de restaurer l’ordre constitutionnel au Mali. Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, ladite solution pourrait passer par « une transition » dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Mais les putschistes ne semblent pas vouloir négocier pour le moment. Ils ont proclamé mardi une nouvelle Constitution institutionnalisant la junte comme « organe suprême » jusqu'à des élections présidentielle et législatives dont la date n'a pas été fixée. Et le chef de la junte, Amadou Haya Sanogo, a pris le statut de chef de l'État.

ATT semble quant à lui complètement hors-jeu dans la crise, du moins à juger par son intervention du mercredi 28 mars.

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