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04/03/2015

France : Comment la France organise les assassinats des individus génants ?

Opérations spéciales. "Du jamais vu depuis la guerre d'Algérie"

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Après trois ans d'enquête, le journaliste Vincent Nouzille publie un livre qui révèle comment sont utilisés les services spéciaux de la République. Tueurs Alpha de la DGSE, commandos marine... Sous François Hollande, les opérations de "neutralisation" n'ont jamais été aussi nombreuses.

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Dans votre livre, vous expliquez que la République puise dans ses forces spéciales (environ 3.500 militaires) et le service action (900 à 1.000 militaires) de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) pour mener des opérations très sensibles. Qui sont ces militaires ? A quoi servent-ils ?

"Tout d'abord il faut rappeler que les forces spéciales sont des forces militaires d'élite qui agissent en petit nombre, rapidement, et de manière autonome, mais au nom de la France, en tenue militaire, même si leurs actions sont discrètes. Le service action de la DGSE, lui, intervient de manière totalement clandestine et secrète pour ne pas impliquer l'Etat français. Il s'agit là d'opérations que l'Etat ne veut pas revendiquer. : assassinats, sabotage, etc. Pour les opérations "homo" (homicides), il existe au sein du service action de la DGSE une unité encore plus secrète et cloisonnée : celle des tueurs Alpha. Ils n'agissent que sur ordre direct du président de la République et du directeur de la DGSE. Au sein des forces spéciales, une escouade spéciale de neutralisation et d'observation (ESNO) a été mise sur pied en 2013. Les commandos marine (Lorient essentiellement) en constituent l'ossature. Dans le Sahel, des drones peuvent repérer les cibles à éliminer. Dans les deux heures qui suivent, si les conditions d'intervention sont réunies et les feux verts accordés, des snipers interviennent pour l'éliminer."

Cela ressemble un peu à ce que font les drones américains...

"Oui. Mais là, c'est très ciblé. Il n'y a pas, à ma connaissance, de dégâts collatéraux. Mais l'attitude de la France est assez hypocrite au sujet des frappes des drones armés, car les Français demandent parfois aux Américains de frapper à leur place. D'ailleurs je suis persuadé que nous aurons tôt ou tard des drones armés. En terme d'efficacité, de coût et de sécurité, il n'y a pas photo disent les spécialistes."

Pas de dégâts collatéraux ? Vous citez, concernant le service action de la DGSE, l'exemple de la tentative de libération de l'otage Denis Allex en 2012. Lors de la progression vers leur cible, vous affirmez que les militaires français ont tué "plusieurs dizaines de civils" pour qu'aucune alerte ne puisse être donnée. Vous confirmez ?

"Oui, je suis très formel sur ce point. Cela a été masqué dans les versions semi-officielles qui sont sorties. Tout comme a été gommée l'intervention d'un avion américain C130 venue à la rescousse. Sans ce "gunship", il y aurait eu beaucoup plus de morts côté français."

Qu'avez-vous découvert en enquêtant sur l'emploi de ces forces par le pouvoir politique ?

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"Tout d'abord, derrière les démentis officiels, des guerres clandestines sont bien menées par la France. C'est le cas en Libye par exemple. Ensuite, cet emploi dépend vraiment de la personnalité du président de la République. Pompidou était assez ferme. Giscard avait une mentalité de chasseur au sang-froid. Mitterrand était louvoyant. Chirac très prudent, voire craintif. Sarkozy est devenu plus ferme sur la fin de son mandat. Mais ma plus grande surprise a été de découvrir que Hollande était probablement le plus ferme de tous. Il assume tout. On connaissait le chef de guerre, avec l'opération Serval au Mali. Là, il apparait encore plus froid et déterminé, en contradiction avec la réputation de mollesse qu'on lui prête. Les militaires n'avaient pas connu ça depuis la guerre d'Algérie. Les consignes sont très claires et fermes : frapper, détruire, tuer."
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Est-ce efficace ?

"Les terroristes n'ont pas l'air terrorisés et ils sont toujours là. On observe d'ailleurs une escalade dans les menaces et les répliques. Le risque d'engrenage est réel. La France ne se laisse plus marcher sur les pieds, certes. Mais où cela va-t-il mener ? On n'en sait rien. Après, se posent les questions de la légitimité et de la légalité : jusqu'où peut-on aller ? Cela se comprend quand on est en légitime défense. Est-ce encore le cas quand on agit à titre préventif ?"

Vincent Nouzille, Les Tueurs de la République (Ed Fayard, 342 pages, 20 €)

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/france/operations-speciales-du-jamais-vu-depuis-la-guerre-d-algerie-04-03-2015-10544811.php

20/09/2012

Côte d'Ivoire : Coup d'état manqué, Rebellion armée du 19 septembre 2002, Guerre post-électorale en 2010, on leur a promis monts et merveilles, et pourtant "Le désarroi d’un ancien combattant ivoirien mutilé"

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Un an et demi après la fin de la crise post-électorale, un nombre indéfini d’anciens soldats attendent d’être indemnisés pour les dommages subis pendant la guerre. Notre Observateur, qui a servi aux côtés des forces favorables au président Alassane Ouattara, nous raconte comment sa vie a basculé.

Il y a trois semaines démarrait à Bouaké, au centre du pays, le recensement des ex-combattants impliqués dans la crise post-électorale. L’objectif : retrouver à travers tout le territoire les dizaines de milliers d’anciens soldats qui ont pris les armes entre décembre 2010 et avril 2011 et identifier les préjudices qu’ils ont subis durant la guerre. Ils sont estimés pour le moment à 100 000, un nombre que les spécialistes du dossier jugent largement supérieur à la réalité et que ce recensement est censé préciser. Des solutions seront ensuite élaborer pour leur futur. L’opération ne devrait pas dépasser "un mois" selon Bertin Kouassi Yao, conseiller technique au ministère de la Défense et coordonnateur du recensement.

En parallèle, une nouvelle Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration a également été créée fin août par le président Alassane Ouattara. Cet organisme a vocation à remplacer toutes les autres structures chargées depuis une dizaine d’années de désarmer et de réintégrer les anciens combattants dans les corps armés. En effet, depuis la première crise ivoirienne (2002-2007), les programmes de "désarmement, démobilisation et réintégration" (DDR) se sont succédés sans produire de réels résultats. L’Onuci, la force de l’ONU en Côte d’Ivoire, est associée à cette nouvelle opération, non encore effective sur le terrain.

"J’ai pris le train pour me faire soigner au Burkina Faso […]. Très vite, j’ai compris que je devrais me débrouiller seul"
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Moustapha Touré, originaire d’Odienné (nord-ouest), vit à Man (ouest). Il était soldat au sein des Forces nouvelles, l’ex-rébellion favorable à Alassane Ouattara. Partis du nord du pays après l’élection présidentielle de novembre contestée par l’ancien président Laurent Gbagbo, les rebelles étaient entrés dans Abidjan fin mars, où ils avaient remporté la guerre contre les forces pro-Gbagbo après deux semaines d'intenses combats.
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J’ai rejoint l’armée en 2002 alors que le commandant Zacharia Kone était en train de se battre contre les forces de Laurent Gbagbo. Qu’aurais-je pu faire d’autre ? En tant qu’enfant du Nord, il fallait s’impliquer car à ce moment-là, les Forces nouvelles se battaient pour nous et manquaient d’hommes.

Comme je savais conduire, on m’a mis au volant d’un 4x4. En tout, nous avons fait un an de front en allant de ville en ville. Puis, il y a eu le cessez-le-feu et s’en est suivie une période de désarmement. Pendant les années après, il y a eu quelques conflits mais au sein même de notre camp, installé à Odienné. Le reste du temps, on était plutôt tranquille.
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Lors de l’élection présidentielle de novembre 2010, j’ai été désigné par ma hiérarchie pour sécuriser la zone de Soubré [sud-ouest] et m’assurer que les règles électorales étaient bien respectées. Puis, Laurent Ggagbo a refusé de connaître les résultats et nos chefs nous ont expliqué que nous devrions en passer par la voie militaire. Nous sommes alors partis vers Danané [ouest] pour rencontrer d’autres chefs. C’était au mois de février 2011. Sur place, un premier échange de tirs a eu lieu avec des mercenaires libériens de Laurent Gbagbo alors que nous essayions d’attaquer une de leurs positions. Nous avons été les premiers à ouvrir le feu. Puis nous avons continué de ville en ville. Certaines batailles étaient beaucoup plus éprouvantes que d’autres. Il nous est arrivé de perdre une vingtaine d’hommes d’un coup.

"J’ai reçu une balle dans la jambe et les médecins ont décidé de me plâtrer"


Puis, à la fin mars, nous avons avancé sur Bloléquin [ouest]. Là-bas, j’étais chargé de faire un ratissage pour récupérer les civils. Dans la soirée de notre arrivée, j’en avais rassemblé une centaine mais comme nous manquions de véhicules, nous les avons mis à l’abri dans la préfecture de Bloléquin en attendant qu’un camion vienne le lendemain matin. Avec le reste de la troupe, on veillait à une centaine de mètres de là quand, à 4 heures du matin, des miliciens nous ont attaqués. Nous étions tous en demi-sommeil, on s’est vraiment fait surprendre. C’est là que j’ai pris une balle dans la cuisse, alors que nous essayions de nous replier. Un camarade m’a porté sur ses épaules pour m’emmener un peu plus loin. Mais tout le monde n’a pas eu ma chance. Au moins quatre soldats sont morts.

J’ai ensuite été emmené en voiture dans un hôpital à Odienné, où se trouvait une de nos bases arrières. Mais en temps de guerre, les soins sont plus que rudimentaires. L’endroit où j’étais n’avait aucun moyen. Finalement, les médecins ont décidé de me plâtrer la jambe. Je suis resté comme ça pendant un mois avant que ma hiérarchie ne décide que je devais partir me faire soigner au Burkina Faso. Avec ma mère, mon amie et mon petit frère, nous sommes montés à bord d’un train direction Ouagadougou. J’y suis resté 62 heures, c’était un calvaire dans ma situation. Et c’est moi qui ai payé tout le voyage.
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"Le pied avait pourri et les nerfs ne répondaient plus, il n’y avait pas d’autre solution que de m’amputer"

Dans une petite localité à côté de la capitale, j’ai été pris en charge par des médecins italiens membres d’une association chrétienne. Quand l’un d’eux a ouvert mon plâtre, il m’a immédiatement dit qu’il fallait amputer. C’était devenu une question de survie. Deux ou trois semaines plus tôt, je m’en serais sorti d’après lui, mais là le pied avait pourri et les nerfs ne répondaient plus. Ma mère était contre cette idée. Je suis son premier fils, ça a été comme un coup de poignard pour elle.

Je suis resté six mois sur place mais jamais mes chefs n’ont pris de mes nouvelles, pas un appel. J’ai vite compris que je devrais me débrouiller seul. Mais dans ma situation, c’était très compliqué. Rapidement, je me suis retrouvé à court d’argent, je ne pouvais donc pas payer mes opérations. J’insistais pour obtenir un certificat de sortie auprès de l’hôpital pour retourner en Côte d’Ivoire mais le médecin me répétait que je n’étais pas guéri. Finalement, il a accepté. C’était mon seul espoir, rencontrer mes chefs pour qu’ils aient pitié de moi et m’aident financièrement.

"Mes anciens chefs de l’armée font semblant de ne pas me reconnaître"

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De retour à Man, en septembre, j’ai croisé plusieurs fois des chefs de l’armée mais tous m’ont ignoré. Aujourd’hui, ils font semblant de ne pas me reconnaître. Et quand j’arrive un tant soit peu à exposer mon problème, en définitive, je suis toujours rejeté. Un jour, j’ai approché un de mes anciens commandants, qui m’a demandé ce que je lui voulais. J’ai répondu : "Je veux être autonome et pour ça j’ai besoin d’argent". Il m’a répondu : "C’est ton destin d’être comme ça !". cote d'ivoire,coup d'etat,soro,alassane,forces nouvelles,rebellion armée,prise en charge,desarmement,réinsertion

Heureusement, j’ai des connaissances qui m’aident financièrement de temps à autre parce qu’ils ont pitié de moi. Mon frère, qui est en France, m’a fait envoyer des béquilles. Mais j’ai encore besoin d’une prothèse. J’ai six enfants à charge, dont trois que j’ai récupéré après la mort d’un autre frère, tué pendant cette guerre. Je ne pourrai même pas envoyer mes enfants à l’école cette année.

"J’ai été enregistré mais pour le moment, ça n’a abouti à rien du tout"

Ici, on a vu plusieurs organisations gouvernementales chargées du recensement des victimes de guerre. On est venu me chercher et j’ai été enregistré. Le problème, ce n’est pas le recensement, mais c’est que ça n’abouti à rien du tout. J’ai essayé de contacter les autorités militaires d’Abidjan par le biais d’une connaissance afin que l’on m’aide à financer une prothèse. Ils m’ont demandé des tas de papiers médicaux pour faire un dossier. Ça fait cinq ou six mois maintenant et je n’ai eu aucune nouvelle. On meurt à petit feu ici. Et je ne suis pas le seul dans cette situation.

Moi, ce que je voudrais, c’est un peu de matériel pour aller cultiver les terres de mes parents. Il me faut quelque chose qui me permette de tenir sur le long terme. Peu importe mon handicap, si j’ai les machines, je saurai me débrouiller."

Par les observateurs de france24

19/09/2012

Côte d'Ivoire : Rebellion armée du 19 septembre 2002, dix ans après, que sont devenus les putschistes du 19 septembre 2002 ?

Côte d'Ivoire : dix ans après, que sont devenus les putschistes du 19 septembre 2002 ?
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Le 19 septembre 2002, le pouvoir de Laurent Gbagbo vacille sous la pression de la rébellion venue du Nord. Si le coup d'État échoue, beaucoup considèrent cette date comme le point de départ d'une décennie de guerre. Dix ans plus tard, les acteurs de ce coup de force, chefs rebelle et com'zones, ont pour beaucoup profité de l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara.cote d'ivoire,coup d'état,alassane dramane ouattara,soro,ib,forces nouvelles,rebellion,gbagbo laurent

Ce fut un acte manqué. Un échec. Le 19 septembre 2002, le pouvoir de Laurent Gbagbo a résisté. Abidjan n'est pas tombée aux mains de la rébellion. En revanche, la moitié du pays est passée sous le contrôle des rebelles, dont beaucoup sont des soldats qui ont été exclus de l'armée ivoirienne à l'époque du général Gueï. Entrainés au camp de Pô au Burkina Faso, ainsi qu'au Mali, ils sont équipés d'armes neuves et appuyés par des combattants provenant de plusieurs pays de la région. Souvent jeunes, leur entrée dans l'Histoire de la Côte d'Ivoire est fracassante. Dix ans plus tard, la plupart n'ont pas quitté la scène politico-militaire. Ils ont même, pour certains, conquis les sommets. Découvrez, en images, ce que sont devenus les acteurs-clés du 19 septembre 2002, de Losseni Fofana à Issiaka Ouattara, en passant par Guillaume Soro et Alain Lobognon.

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