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22/06/2011

Cote d'Ivoire: DES REVELATIONS DE TEMOINS OCCULAIRES SUR L'ARRESTATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Exclusif : Arrestation de Laurent Gbagbo; L'ex Dame de compagnie de Simone Gbagbo fait des révélations

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Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien(Fpi) jusqu’au 11Avril 2011,Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l’Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d‘Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l’arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livredans cet entretien les derniers instants dans le bunker…

Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d’Angré que nous sommes, ce n’était pas du tout le repos car la nuit c’était les bruits d’armes en provenance d’Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d’Abidjan ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d’habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j’ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d’avant nous avions été informés que j’étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j’habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j’apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ‘’Allées’’ et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu’ à l’arrestation du Président Gbagbo. D’ailleurs je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvé dans les mêmes circonstances et je me suis rendu utile. J’ai ouvert les bureaux de la première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d’être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J’étais la quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n’était pas en fuite. J’ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l’accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s’est passé, il faut noter qu’avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d’arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en actions. Ainsi, il y a eu l’attaque de l’école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d’Agban( etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l’Ambassade du japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l’Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l’entrée de la résidence. C’est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l’arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au dessus de sa chambre alors qu’il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous sol car c’est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D’autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21h à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au levé du jour. Le bureau de la première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l’Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l’accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c’est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu’ à l’arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous nous attendions 21 heures pour la ‘’pluie de feux’’, comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s’est poursuivi jusqu’ à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n’a pas atteint l’intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d’égouts. Cela s’est transformé en une fumée opaque. Ils l’ont fait a dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d’électricité étaient à cet endroit. Le commandant Seka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la notre, il n’y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adje Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ‘’certainement’’ la Première Dame, le Ministre Aboudramane Sangare, etc.

Le Ministre Tagro s’est proposé à la négociation. Je l’ai vu et entendu téléphoner quelqu’un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, « demandez leur d’arrêter de tirer, je viens discuter ». J’ai appris plus tard que cette personne était l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l’attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous - sol, il était encore à l’entrée de la résidence, téléphone à l’oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine, a-t-il mis le nez dehors qu’il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d’entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grande chose. Quelques instants après, d’autres (soldats rebelles ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo ndlr) qu’ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit, qu’ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s’il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c’est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d’autres garder notre porte. La suite de l’arrestation, vous l’avez vu par les images qu’ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury , le Ministre Adjobi Christine, l’ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en dessous de l’aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l’assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant complètement trempé de son sang. Il est allé s’adosser au mur de la résidence de l’Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l’un d’eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L’objectif des deux groupes (forces licorne et des forces rebelles ndlr) était de tuer le Pr Laurent GBAGBO et d’éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d’entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armée des forces nouvelles ndlr) pour commettre l’exploit de l’assassinat de plus d’une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n’ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C’est Dieu qui a travaillé en notre faveur, psaume 23

Abidjandirect.net : Qu’en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l’enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d’une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d’un obus la veille, n’ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu’après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l’Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s’échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s’ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C’est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu’elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n’étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c’est qu’il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l’Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu’ au golf.

Réalisé par Abidjandirect.net

La suite dans nos prochaines éditions
source : abidjandirect.net



Dans l’enfer de l’arrestation du président Gbagbo . Un sachant témoigne

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Il a rejoint la résidence de Laurent Gbagbo à Cocody le 3 avril dernier. L’arrivée de cet inconditionnel de Gbagbo dans ce lieu objet de toutes les attentions et de toutes les brimades a coïncidé avec les bombardements français et onusiens.
Mais de cette date jusqu’à ce 11 avril 2011, date fatidique, il n’est plus ressorti de cette résidence tant convoitée par les Français et les hommes de Ouattara. Il a donc tout suivi ou presque. Il nous livre son témoignage. Ames sensibles, s’abstenir!


Le Président français Nicolas Sarkozy ayant pris parti pour la rébellion dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, a décidé de mépriser la procédure de recomptage des voix au profit de l’utilisation abusive de la force militaire contre le Président Laurent Gbagbo. Pour faciliter le renversement de ce «félin politique», Sarkozy et son gouvernement ont, sous le parapluie de l’ONU, pris l’option de déclencher une tempête de feu meurtrière contre notre peuple et notamment la résidence du chef de l’Etat ivoirien, le palais présidentiel et certains sites stratégiques d’Abidjan.

A l’effet de fragiliser la garde républicaine en se tenant hors d’atteinte de ses frappes, l’armée française a eu recours aux avions de guerre français, pour accomplir sa forfaiture, au détriment des contribuables français. Oui, cette attaque virulente était motivée par la volonté débridée de M. Sarkozy de rétablir l’hégémonie de la France sur la Côte d’Ivoire et l’Afrique, comme au temps colonial.

L’optimisation de ses intérêts l’a conduite à agir en déployant des capacités de nuisance absurdes, pour refuser l’instant d’après d’assumer son coup d’Etat qui a remis le pouvoir à M. Alassane Dramane Ouattara, son ami. Mais que s’est-il passé dans cet exécrable enfer créé par la Force Licorne et l’ONUCI, dans le processus de l’arrestation du chef de l’Etat ivoirien ? Voici, à ce sujet, le témoignage d’un compagnon des instants d’enfer du président Laurent Gbagbo.

«Je me suis joint à l’équipe qui entoure le Président Gbagbo le 1er avril 2011.

Ma venue a pratiquement coïncidé avec des frappes en provenance d’hélicoptères français contre la résidence du chef de l’Etat et la destruction de ses portails. Les bombardements s’étendent à la garde républicaine et détruisent toutes les entrées. Ces frappes destructrices se sont poursuivies le 03 avril 2011, avec rage.

Dès le 04 avril à 18heures, l’on constate à l’entrée principale de la résidence, un rassemblement massif de la jeunesse patriotique qui exprime son soutien au chef de l’Etat. Contre toute attente, cette jeunesse aux mains nues subit des frappes d’hélicoptères français, faisant plusieurs centaines de morts et de blessés. Ce même jour, vers 20heures, trois hélicoptères de l’armée française s’engagent dans un nouveau processus de frappes à répétition contre la résidence. Mais ces appareils ont comme par enchantement cessé leur action destructrice dès 21heures. Ce calme plat inattendu se prolongera jusqu’au lendemain matin, autorisant ainsi un semblant de repos aux otages politiques de Sarkozy et de ses rebelles ivoiriens.

Les 05 et 06 avril 2011, la détermination de Sarkozy à poursuivre sa barbarie contre le Président Gbagbo et la Côte d’Ivoire s’exprime par la venue de six (06) hélicoptères de guerre français. Ceux-ci vont pilonner différents sites de la ville d’Abidjan au moyen de rafales et de missiles, à partir de positions qui leur sont avantageuses. La résidence est à cette occasion assidûment pilonnée, à l’effet d’activer la reddition du chef de l’Etat. Dommage !! À cette violence démentielle provenant des hélicoptères français, s’ajoutent des tirs nourris en provenance de la résidence de l’ambassadeur français, juste à quelques pas du domicile du président ivoirien. Cette violence s’est exercée de jour comme de nuit, les bourreaux tirant sur tout ce qui bouge.

Décidément, la volonté meurtrière de Sarkozy gagne en ampleur les 07 et 08 avril 2011. Ici, l’armée française procède au bombardement systématique des chars et véhicules stationnés à l’intérieur de la résidence présidentielle. Elle tire également sur la Garde Républicaine jouxtant la résidence, y fait d’énormes dégâts. En fait, en anéantissant le dispensaire de la résidence qui abrite des malades et des blessés, l’on a compris que l’armée française célébrait son insensibilité, affirmait qu’à la place des cœurs, il n’y avait que des pierres et que les militaires qu’ils sont n’ont vocation qu’à obéir servilement. C’est à l’occasion de ces nombreux tirs et bombardements que le colonel-major Hilaire Babri Gohourou a été grièvement atteint pour ensuite rendre l’âme, car il était impossible de le soigner.

Le samedi 09 avril 2011, les bombardements sur la résidence s’intensifient davantage, et se veulent plus meurtriers et destructeurs, traduisant l’obsession de Sarkozy à se débarrasser d’une personnalité dont le crime est de s’être engagé politiquement à promouvoir la démocratie, défendre la souveraineté des institutions de son pays, et rêver à la dignité africaine. Oui, Sarkozy veut rapidement mettre un terme à cet idéal politique qui rame certainement à contre-courant des valeurs que sont : Liberté, Egalité, Fraternité. Il est guidé par cette volonté coloniale et ce rêve hégémonique débridé au point d’agir rapidement pour mettre un pays sous le contrôle de la France, par personnes interposées.

A cet effet, le 10 avril 2011 à 17heures, des missiles sont tirés d’un hélicoptère français sur la résidence. Le Président était alors à table, s’efforçant de manger un peu. C’est alors qu’une détonation assourdissante frappe une des vitres arrière blindées de la résidence. La violence du bombardement contraint alors le Chef et son entourage à descendre au sous-sol jusqu’au lendemain matin. Le lundi 11 avril 2011 jour fatidique, dès 8 heures, les bombardements s’enclenchent à nouveau sur la résidence, sans aucun répit. On aurait dit que l’on traque un fauve intrépide et criminel dont la prise apportera quiétude et apaisement aux chasseurs.

Ce fauve humain n’est nul autre que Laurent Gbagbo, un iconoclaste qui ose se dresser dignement contre le maître de l’empire colonial françafricain, Nicolas Sarkozy, homme pétri de culture hongroise et française, mais à la profondeur personnelle assez approximative. Face à ce déferlement de violence inouïe, Laurent Gbagbo s’interroge sur la raison profonde de ces actes absurdes de l’armée française, étant donné qu’il n’y a jamais eu de déclaration de guerre de la France. Cette violence sans nom était-elle vraiment motivée par un banal contentieux électoral, ou était-ce un acte prémédité de Nicolas Sarkozy pour laver un affront et ainsi évacuer un complexe?

Chose singulière, malgré la tempête de feu ininterrompue déclenchée par la force Licorne, le Président Gbagbo n’esquissait aucun signe de panique. Il gardait son calme habituel, arborait un sourire constant et détendait l’atmosphère grâce à son humour légendaire. Il rappelait assez souvent à son entourage sa philosophie du pouvoir et sa vision de la démocratie. Il parlait aussi du processus de construction d’une Afrique digne.

Pendant que ces interrogations se bousculaient dans la tête du Président, l’on signale le déclenchement d’un feu au dehors. Aussitôt après, la fumée passant par les commissures des portes provient de l’une des salles et envahit le sous-sol où nous nous trouvons. Dans un habile réflexe, Michel Gbagbo met en marche le grand ventilateur à portée de main, dans l’intention d’évacuer cette fumée. Il déroule en outre la lance à l’effet d’éteindre l’incendie déclarée au dehors. Je réalise alors, fort de l’expérience acquise sous d’autres cieux, qu’il ne s’agit pas d’une fumée banale, mais d’un gaz, pour sa nuisance respiratoire et les picotements qu’elle génère. En effet, la présence persistante du gaz amplifie les difficultés respiratoires à tel point que le chef de l’Etat conseille à tous d’emprunter le tunnel qui conduit à la petite bibliothèque. Mais la porte qui donne accès audit tunnel est fermée et l’on ne dispose pas de la clef pour l’ouvrir. C’est alors que le ministre Désiré Tagro, aidé par d’autres personnes assez fortes, défonce la porte, pour faciliter la montée de tous vers le haut. Alors que nous faisons mouvement vers la petite bibliothèque, le Président Gbagbo instruit Tagro d’annoncer la fin de la guerre aux ennemis, par le moyen d’un drapeau blanc.

En remontant vers la surface, on voit dans les escaliers des militaires français. Le ministre Tagro fait alors mouvement pour leur parler, mais très vite, il retourne, car il essuie des rafales de leur part. Il n’est heureusement pas atteint. L’homme s’écrie alors : «On m’a tiré dessus, peut-être qu’ils vont le tuer ! ». Mais les circonstances l’obligent à surmonter ses angoisses pour s’adresser aux militaires et ainsi mettre fin aux belligérances, par les moyens conventionnels. La première dame met à profit ce temps pour ouvrir la porte de la petite bibliothèque, où toutes les autorités de premier ordre se retrouvent. On y trouvait entre autres personnalités : le Président Laurent Gbagbo et son épouse, M. Yanon Yapo, ministre de la Justice, M. Dakouri Tabley, ex- gouverneur de la Bceao, le ministre Jean Jacques Béchio, madame la ministre Christine Adjobi, madame Géneviève Bro Grébé, Présidente des femmes patriotes. On y trouvait également MM. Abou Drahamane Sangaré, Kuyo Téa Narcisse, Mme Obodou Marceline, secrétaire particulière du chef de l’Etat etc. En fait, il se trouvait dans cette résidence que l’armée française a décidé de pilonner sur ordre de Sarkozy et avec la honteuse complicité de l’ONU, au moins 250 personnes, toutes des morts virtuels.

En effet, après s’être assurés qu’il n’y avait plus de résistance armée à l’intérieur de la cour et dans le bâtiment, l’armée française cède la place à des militaires des forces africaines Ecomog qui font mouvement vers nous, tout excités.

Ils nous interrogent alors sur un ton sévère : «Où est le Président Gbagbo ? ». Dans leur élan de colère, ils exécutent deux personnes conduites dans le sous-sol. Cela oblige plusieurs autres personnes à remonter dans le hall. Et dans un sang-froid total, la Première Dame ouvre la porte de la petite bibliothèque. Elle sort alors, suivie du ministre Tagro et du Président Laurent Gbagbo qui dit d’une voix calme aux soldats en face : «Ne me tuez pas, allons-y ! ». Ces soldats ordonnent à tout le monde de se déshabiller. L’exécution de cette injonction leur fait pousser des clameurs du vainqueur en disant : «On a arrêté le Président Gbagbo, il s’est rendu».

Malheureusement, l’arrestation du Président va être suivie dans l’espace de la résidence, d’une violence inouïe. En effet, les soldats des FRCI sur les lieux, utiliseront les crosses de leurs fusils pour molester avec rage les cuisses, les genoux et mollets des «ennemis» en présence. Ils utiliseront aussi des armes blanches, des faucilles et bien d’autres objets tranchants pour agresser l’entourage du Président au point où certaines des victimes se meuvent aujourd’hui difficilement.

Ainsi, l’on pouvait voir le sang couler des têtes, des fesses, des corps de la plupart des personnes présentes. C’était une vraie orgie meurtrière. Mais nous étions aussi soumis à d’autres actes dégradants, car il nous était exigé de nous mettre nu comme à la naissance d’une part et d’autre part de répéter mécaniquement et avec joie cet hymne à Alassane Ouattara : «Gbagbo est arrêté, Alassane est président ! ». Dans cette grisaille humiliante savamment orchestrée par l’armée française, pour livrer des intelligences respectées à des soldats, la Croix Rouge jouait habilement sa partition en donnant les premiers soins aux blessés graves, pour ensuite les conduire au CHU de Cocody, sous le regard froid des soldats français.

Dans le même temps, le Président Gbagbo et certains de ses collaborateurs sont manu militari conduits au Golf Hôtel, Quartier Général de M. Ouattara, pour les exhiber comme des trophées de guerre. Oui, l’ancienne ministre de la Culture du Mali a raison de s’écrier que «l’art de vaincre sans avoir raison est le propre de l’occident», surtout que le profil de Laurent Gbagbo ne répond pas aux critères des gouvernants français».

Au total, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo a été orchestrée et exécutée par l’armée française sur ordre de M. Sarkozy et avec la complicité active de l’ONU. Elle a exécuté l’acte en usant à fond sa capacité de nuisance, pour favoriser la reddition du chef de l’Etat ivoirien et sa remise entre les mains des forces rebelles de M. Ouattara. En le faisant, Sarkozy tente de ruiner le charisme mythique de Laurent Gbagbo, acteur politique majeur en Afrique du fait de sa vision dynamique pour son pays et le continent tout entier. Le néocolonialiste Nicolas Sarkozy lance ainsi un ultimatum vibrant à tous ceux qui couvent des velléités indépendantistes et souverainistes au sein de la Françafrique.

Il les appelle à une discipline absolue vis-à-vis du gendarme de l’Afrique qu’est la France. Sarkozy montre aussi que cette France, pour assurer sa survie par la forfaiture, monte des rébellions et les utilise contre ceux qu’elle redoute. Cette entreprise honteuse contre le continent se réalise avec la complicité d’acteurs politiques nationaux, et des organisations régionales et sous régionales passives, pour retarder l’essor de l’Afrique. En Côte d’Ivoire, le Président français et son armée ont défriché le champ de la terreur par l’intermédiaire d’une opposition rebelle. Ils ont ainsi favorisé une rupture de grande ampleur politique et sociale au nom de leurs intérêts, en faisant la guerre contre un Etat souverain sous l’excellent prétexte de protéger des civils. Ce voile pudique de protection des civils pour commettre les forfaitures, Sarkozy et son équipe l’utilisent également en Lybie. En agissant ainsi, le supposé réalisme politique de Sarkozy profite-t-il vraiment à la France, ou prépare-t-il cette nation à vivre en temps opportun les lugubres réalités de la transposition de la terreur sur le théâtre français?

source: Zabril Koukougnon – Notre Voie

21/06/2011

Cote d'Ivoire: Avec Alassane Dramane Ouattara, un Etat de droits ou des droits a l'Etat

Me Ahoussou.jpg
Hier, lundi 20 juin 2011, sur TCI au journal de 20h, j'ai ecoute le ministre de la justice du gouvernement du president Alassane Ouattara expliquer la remise en liberte de 17 personnalites proches du President Laurent Gbagbo et j'ai ete vraiment decu. Alors je me suis demande si nous vivons dans un Etat de droits ou si nous devons que des droits a l'Etat. Je me suis vite rendu compte qu'avec Alassane Ouattara, l'Etat de droits n'existe pas, seul l'Etat a des droits de vie ou de mort sur les populations avec ses chiens de chasse (les FRCI: FReres CIsse), de privation de liberte ou de liberation avec la fameuse loi de 1963, des faux complots d'Houphouet dont ils sont les heritiers (le RHDP) ou de gel des avoires et de comptes bancaires.

Sur TCI, maitre Ahoussou Jeannot, explique la liberation des 17 personnalites par un acte de generosite du president Alassane. Il termine son intervention en disant que ces personnes ne sont pas concernees par la procedure judiciaire en cours contre le regime du President Laurent Gbagbo, sans toute fois mentionner que cela fait plus de deux mois que ces personnes sont detenues arbitrairement et illegalement par les nouvelles autorites d'Abidjan et que parmi ces personnes, il y a des deputes. Dans son intervention, il dit que ce n'est pas la premiere fois que Alassane fait cela, liberer des personnes privees de leur liberte sans raisons. Il rappelle le cas d'une soixantaine de personnes liberees au golf hotel, le 13 mai en oubliant de preciser que c'etaient des mineurs et le personnel domestique de la residence presidentielle. Depuis l'arrestation et la dentention arbitraire et illegitime des personnalites du regime du President Laurent Gbagbo, il n'y a aucun acte de justice. Tout se passe selon le bon vouloir du Tyran, le Moro Naba de Cote d'Ivoire. C'est lui qui decide qui doit etre mis en prison et qui doit etre libere. Il n'y a pas de justice.

Lorsqu'on les interpelle sur les exactions des chiens de chasse (les FRCI), ils vous renvoient aux enquetes du procureur. Toutes les organisations des droits de l'homme et leur allie l'ONUCI ont fini les enquetes et ont identifie les coupables. Mais jusqu'a present, aucune arrestation, aucune inculpation, aucune inquietude chez leurs chasseurs d'hommes.

Ne venez surtout pas parler du genocide de l'Ouest, le chef Alassane devient noir de colere, vous parle d'Etat de droit et vous renvoie aux enquetes du procureur. Quelle honte pour la Cote d'Ivoire et l'Afrique.

Un Etat de droits en Cote d'Ivoire avec Alassane, mon oeil! me disait quelqu'un. Avec Alassane, l'Etat vous prendra tout meme vos vies. C'est ce qu'on enseigne au FMI. "No pitie in business".

A bon attendeur, salut!!!!!