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13/02/2013

Côte d'Ivoire: A quelques jours de l'audience de confirmation de charges contre Laurent GBAGBO, des voix s'élèvent pour fustiger le vrai coupable du drame ivoirien depuis 1999, Alassane Dramane Ouattara

Connivences et construction d’un Etat criminel et irresponsable en Côte d’Ivoire par Mamadou KOULIBALY, Président de LIDER
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«J’entends dire que l’argent ne circule pas ! Sachez cependant que l’argent travaille.» Alassane Dramane Ouattara (président de la république de Côte d’Ivoire)

«On accusait autrefois les hommes politiques de ne songer qu'à "se remplir les poches". Aujourd'hui, on ne leur reproche plus guère que de vider les nôtres.» André Frossard (journaliste, essayiste et académicien français)

Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, qui a du mal à s’enclencher efficacement, tend à situer les responsabilités des différents acteurs de la crise ivoirienne. La responsabilité politique repose, entre autres, sur une certaine liberté dans l’exercice du pouvoir. Sans liberté, pas de responsabilité, même dans le crime. Le crime au sens large du concept est la transgression des lois justes, quelle qu’en soit la gravité : de l’évasion fiscale au génocide, en passant par les meurtres prémédités, le stationnement interdit et le vol à main armée. Sans aucun jugement moral, cette définition analytique permet clairement de distinguer d’un côté les actes criminels et de l’autre les activités légitimes. L’activité criminelle n’est payante que tant que le risque d’être appréhendé et condamné est faible. Le crime prospère donc lorsque la police et la justice sont faibles et que l’impunité devient la norme.

La planification de la défaillance de l’Etat

Pour ne pas faire trop d’histoire, retenons que le régime de Ouattara date officiellement d’avril 2011 lorsque, après avoir gagné les élections présidentielles de 2010, il lui a fallu faire une guerre pour accéder à un trône qui avait été confisqué par son adversaire.

Pour cette guerre, le président Ouattara s’est appuyé sur les Forces armées des forces nouvelles (Fafn) et a recruté des combattants de différentes tribus et ethnies du nord de la Côte d’Ivoire, qu’il a transformés, par le pouvoir d’une ordonnance illégale, en armée régulière ivoirienne dénommée Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme pour bien rappeler que ce sont les militants du Rassemblement des Républicains qui devenaient la nouvelle armée de notre pays. Le R des deux sigles ne semble pas se référer à la République, mais aux républicains du Rdr. Les Fafn venaient de prendre l’ascendant sur les Forces armées nationales (Fanci) et se substituaient automatiquement à elles. Les Frci, dont Ouattara est le chef suprême, ont une histoire que l’on peut faire remonter au putsch manqué de septembre 2002. Elles sont alors une mosaïque d’associations de fait : Mpci, Mpigo, Mjp. Ces forces sont celles qui ont participé, entre septembre et décembre 2002, à l’étranglement du marché du cacao dans les zones de production de Vavoua, Danané et Daloa, permettant ainsi à certains négociants, qui leur avaient payé des sommes colossales, de s’enrichir tout en leur livrant armes sophistiquées et munitions en grandes quantités. Ces bandes armées vont ainsi devenir les forces d’occupation rebelles de la moitié nord du pays. Plus tard, les responsables de ces groupes nous expliqueront que les armes se sont imposées à eux, pensant ainsi attirer de la compassion à leur endroit. Nous ne reviendrons pas sur les détails de ces origines, mais une description détaillée de cette naissance peut être lue dans l’enquête menée par le journaliste Guy-André Kieffer, disparu curieusement quelques temps après.

Cette occupation du Septentrion sera le début d’activités criminelles intenses, qui durent jusqu’à aujourd’hui : L’exploitation des zones occupées et le pillage systématique des ressources de leur sol et sous-sol, agrémentés par des meurtres et des casses de banques, et en particulier ceux des agences locales de la Bceao, qui ont fait perdre à cette institution financière internationale plus de cinquante huit (58) milliards de francs cfa, que l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’obligation de rembourser par la suite, sans qu’aucun coupable n’ait été arrêté ni inquiété. L’expropriation des propriétaires fonciers traditionnels, l’exploitation et l’occupation illégales de terres agricoles pour la culture de drogues sont devenues coutumières. L’un des prototypes de ce type d’activités criminelles organisées reste M. Ouédraogo Rémi, ancien combattant des Forces nouvelles, qui bénéficie aujourd’hui encore de la protection et de la bénédiction du régime Ouattara qui, à la recherche de camps d’entrainement, n’ose pas déloger ce bandit de grand chemin, pilleur des forêts classées de l’ouest du pays, alors que tous les journaux ont décrit dans le détail les activités de "Ouremi" dans le Mont Peko. Des guerres de leadership sont aussi le propre des rebellions et sont responsables de la disparition de certains chefs de guerre tels que Sam Boukary alias Mosquitto, Zaga Zaga, Adams, Kass, IB et autres, tous victimes de la loi du crime organisé dans les zones Cno, comme à la belle époque décrite dans le roman «Le Parrain» de Mario Puzo et superbement mise en scène à Hollywood par Francis Ford Coppola avec Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone.

Dans ces zones, pendant les dix années du règne des Fafn, les modalités de gouvernement ont été celles de tout système de crime organisé.

- Ils ont fait disparaitre l’Etat et l’ont remplacé par une administration militaire dirigée par les commandants de zones dits com-zones ;

- Ils ont supprimé les caisses de l’Etat et les ont remplacées par une agence unique dite «la centrale», qui collecte les impôts, douanes et autres rapines et butins de guerre pour le compte des com-zones et autres chefs des Fafn ;

- Ils ont instauré l’autorité des Fafn et proscrit définitivement celle des préfets, sous-préfets et autres administrations civiles, représentants de la République ;

- Ils ont organisé une branche politique et une branche armée avec une répartition des tâches : la première partageait le pouvoir dans les zones hors Cno tandis que la seconde participait aux activités du centre de commandement intégré. Ceci a permis aux Fafn d’être à la fois les seuls maîtres dans les zones Cno et de partager la maîtrise du terrain et le pouvoir dans le reste du pays.

- Ils géraient ainsi de façon collégiale le pouvoir d’Etat, avec l’appui de différents accords de paix (Marcoussis, Pretoria, Ouagadougou) et la complicité des refondateurs au pouvoir, qui avaient appelé à la soupe les autres partis signataires de l’accord de Marcoussis, accepté et célébré par tous. Les milices de toutes sortes se sont mises en place et ont profité d’activités criminelles sur l’ensemble du pays, qui s’est retrouvé gouverné non pas par un parti ou par un homme, mais par un collège de managers que l’on appelait à l’époque "la bande des quatre grands" : Ouattara, Bédié, Soro, Gbagbo. Ces quatre personnalités avaient tous rang de présidents d’institution de la République et jouissaient des privilèges liés. Ces quatre ont mis en place un système de gestion piloté par le Cadre Permanent de Concertation (Cpc) et ont accepté tous ensemble de mettre en berne la constitution et l’Etat de droit pour rechercher, disaient-ils, la paix. Selon leur plan de travail, le droit ne pouvait permettre d’arriver à la paix, il fallait en sortir, trouver la paix, pour ensuite revenir avec cette paix dans l’Etat de droit. Les bases criminelles de l’Etat étaient ainsi posées. Le refondateur s’est prostitué avec la rébellion pour garder ce qui lui semblait être l’essentiel: le pouvoir.

- La justice, dans les zones Cno, était militaire. L’administration militaire et l’Etat sont devenus malfaiteurs. C’est sur cette administration et ces forces qu’Alassane Ouattara s’est appuyé. Cette force dont il avait le contrôle n’était pas officiellement au pouvoir à Abidjan, mais avait le pouvoir. Notons d’ailleurs que le président de la République de l’époque a toujours fait scrupuleusement ce que les Forces nouvelles voulaient, alors que lui-même n’est jamais arrivé à leur faire accepter quoique ce soit de significatif. Laurent Gbagbo était au pouvoir à Abidjan, mais ce sont les Fafn qui avaient le pouvoir dans les zones Cno, malgré les multiples accords de paix. En dix ans, il n’a obtenu ni unicité de caisse, ni contrôle de l’intégralité du pays, ni restauration de l’intégrité du territoire, ni redéploiement de l’administration dans les zones Cno, ni désarmement des forces combattantes, rien qui relève de la souveraineté de l’Etat. Dans les zones hors Cno, Laurent Gbagbo était certes au pouvoir, mais c’est Ouattara qui avait le pouvoir.

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2002-2010 : Gbagbo sur le trône, Ouattara aux commandes

Pour comprendre ce qui s’est alors passé il faut d’abord saisir l’essence du pouvoir. Une personne A a du pouvoir par rapport à une personne B, si A est en mesure d’inciter ou d’empêcher B d’accomplir ou pas une action donnée. Dans cette acception du pouvoir, l’on reconnait que A et B ne sont pas des robots, mais ont des volontés actives et que l’obéissance ne se fait pas sous une emprise magique. L’on admet aussi qu’à travers cette volonté, B est libre de désobéir mais qu’en pareil cas, A peut lui infliger des sanctions dont la crainte oblige B à obtempérer.

Si l’on transpose cette analyse de base à la politique ivoirienne durant la dernière décennie, on constate que Laurent Gbagbo était certes au pouvoir de 2002 à 2010 mais que, d’évidence, c’est Alassane Dramane Ouattara qui détenait le pouvoir. Pourtant, la gouvernance de la Côte d’Ivoire durant cette période est communément attribuée à Gbagbo, qui croyait d’ailleurs lui-même en être le détenteur. Il ne détenait en fait que le fauteuil présidentiel, alors que Ouattara gouvernait effectivement avec l’appui des Fafn dans les zones Cno. Laurent Gbagbo avait l’illusion du pouvoir, Ouattara en avait la réalité. Gbagbo était satisfait d’être au pouvoir et Ouattara lui faisait faire tout ce qu’il voulait et l’empêchait de faire tout ce qu’il ne voulait pas. Gbagbo se contentait d’être au pouvoir, de signer des accords avec les mandants de Ouattara et de les exécuter selon la volonté de Ouattara, à la seule condition que lui reste au pouvoir. Or être au pouvoir et avoir le pouvoir sont deux choses différentes. Etre au pouvoir ne veut pas dire automatiquement avoir le pouvoir. Gbagbo l’aura appris à ses dépens. Ouattara, lui, s’est contenté, depuis la signature de l’accord de Marcoussis, d’avoir le pouvoir sans être dans le fauteuil présidentiel. Un bref survol des évènements de la période suffit à convaincre que cette réalité et de cette thèse.

- La rébellion non matée était une victoire de Ouattara sur la république de Gbagbo.

- Les accords de Marcoussis, scandaleux arrangements présentés comme un «médicament amer» à essayer, étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Les accords de Pretoria, qui ont conduit Gbagbo à modifier ou rejeter toutes les lois votées par l’Assemblée nationale conformément à la constitution ivoirienne, instaurant entre autre l’actuelle Cei (Commission Electorale Indépendante), étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- L’accord politique de Ouagadougou, dans ses quatre versions (I, II, III et IV) était aussi une expression de l’ascendance du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Proclamer que nous irons aux élections sans désarmement et tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, en violation complète des lois et règlements de notre pays, était une victoire du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

- Le déroulement des élections et le cafouillage de la proclamation des résultats étaient l’expression du pouvoir qu’avait Ouattara, l’opposant d’alors, sur le président Gbagbo qui était au pouvoir et à la tête du groupe informel qu’on appelait à l’époque la majorité présidentielle (Lmp).

- Le déroulement de la crise postélectorale montrera aussi cette différence entre Gbagbo, qui était au palais présidentiel, avait prêté serment devant le Conseil constitutionnel et croyait donc qu’il avait le pouvoir et Ouattara, qui était au Golf hôtel, avait prêté serment par lettre et n’était pas reconnu par le Conseil constitutionnel, tout en ayant le pouvoir de fermer les banques, les ports, l’aéroport, les administrations, d’ériger une armée, d’affecter des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires acceptés par le monde entier.


De 2002 à 2010, Gbagbo était de fait au pouvoir, mais il faut retenir que sur la même période, c’est Ouattara qui avait le pouvoir. Tout bilan de cette décennie devrait tenir compte de cette situation et savoir que le pouvoir était partagé par les signataires des accords de Marcoussis. Ils ont exercé le pouvoir ensemble. Les refondateurs ont accepté la perversion de leur pouvoir par les rebelles. Ils en ont profité. Il serait trop facile, à l’heure du bilan, de dire que Gbagbo était seul au pouvoir, donc il doit en assumer seul le bilan. Il y a celui qui était au pouvoir et celui qui l’exerçait.

La rebfondation a ainsi préparé la criminalisation de l’Etat, qui est aujourd’hui pleinement exercée par le président Ouattara. Cette criminalisation a été le socle de la déconstruction de l’Etat de droit, minutieusement planifiée, à dessein ou pas, par la rebfondation. Il était donc facile pour Ouattara d’y installer les Frci et d’étendre, cette fois à l’ensemble du pays, les pratiques de gouvernance qui avaient cours pendants dix ans dans les zones Cno. L’Etat malfaiteur est dorénavant devenu la norme et le repère. Cette fois, Ouattara est au pouvoir et a le pouvoir. Il installe le système des com-zones partout sur le territoire. Il nomme des anciens chefs de guerre préfets de région, il instaure des com-secteurs, nouvelle catégorie jusqu’à présent inconnue dans l’armée et dans l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Il redéploye, jusqu’aux petites contrées, la milice de son parti, qui tient lieu d’autorité civile et militaire en même temps.

Ce sont les représentants locaux des Frci qui ont le pouvoir local, qu’ils exercent en s’appuyant sur les structures locales du Rdr. Ils sont à la fois juges, sous-préfets, maires, chefs de canton et de village. L’armée a le pouvoir local par délégation du chef supérieur des armées, Alassane Dramane Ouattara. L’Etat-criminel est dominé par une milice ethnique et sa branche politique, le Rdr. Ses équipes se spécialisent dans l’exploitation des ressources minières nationales pour leur propre compte. Ils animent des réseaux intouchables de crime organisé dans les forêts classées et les terres rurales, desquelles ils chassent les propriétaires coutumiers traditionnels. Ils passent des marchés de plusieurs milliards au nom de l’Etat, sans aucun respect des procédures d’appel d’offre telles qu’instituées par le code des marchés publics. Ils gèrent un Etat formel avec des procédures informelles. Ils privatisent pour leur clan et les chefs des milices des pans entiers de l’activité économique de l’Etat. Ils profitent de la protection que leur apportent les Nations Unies pour s’adonner à des activités criminelles, sans que les bailleurs de fonds, piégés, ne puissent protester ouvertement, eux qui croyaient que Ouattara aurait été un président moderne. La communauté internationale découvre plutôt un Etat-trafiquant en tous genres, qui met les institutions au service du crime organisé, en dehors des lois de la République. Elle découvre un Etat qui multiplie les milices ethniques en remplacement des anciennes. Elle découvre un Etat qui criminalise les pratiques de pouvoir.

On voit donc que la déconstruction des institutions de l’Etat ivoirien, minutieusement planifiée par un groupe d’hommes assoiffés de pouvoir, est le socle de toute la souffrance des populations qui croupissent dans une pauvreté toujours plus profonde et dans une oppression dont le niveau est devenu intolérable. Dans ce contexte, il est important de dénoncer massivement ce système, en commençant par en prendre l’entière conscience, et en luttant, chacun à notre niveau. Aussi infime que soit l’action de chacun, il est important que, individuellement et collectivement, la classe politique, la société civile, les ménages et les entreprises, nous fassions notre part d’effort sur nous-mêmes, dans la vérité et la responsabilité, pour espérer sortir de ce chaos, insoutenable malgré tous les slogans qui nous rabâchent le contraire. Il est important de refuser catégoriquement toute velléité d’amnistie, qui permettrait à la classe politique bourreau des populations depuis trop longtemps, de s’exonérer encore une fois de ses responsabilités criminelles. Nous devons refuser que s’installe plus longtemps dans notre pays une classe de citoyens à irresponsabilité illimitée. Il y va de notre survie, de l’avenir de la paix, de la liberté, de la démocratie et de la prospérité.


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Les hommes d’Ib font de graves révélations par Le Collectif des ex-membres de la branches politiques de l’Unir (proche du Sergent Chef IB) en exil

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A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999 avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruits sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc. Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang.

Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force ? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux Pc-Crise ? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux ?

Bref ! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du Pc-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina Faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de se revenir de leurs émotions, M. leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connut une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche. Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation ?

Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche ? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire ? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits ? Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout ; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec.
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Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002
. Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité : éliminer sans état d’armes tous ceux qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus ; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo.

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La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays. Après une lecture objective de la situation socio –politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens.
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Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone Cno pendant ces huit années d’occupation et nous intéressons enfin à la crise post électorale. M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les Forces nouvelle devaient intervenir après résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des Forces nouvelles est rappellé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le sergent chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne. Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous même, fut détaché à la maison du Pdci à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la Fesci qu’on nous avait décrite comme une milice pro Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité rouge, du Campus 2000 et ceux de la cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010. Ainsi des jeunes filles étaient elles violées pendendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des Fds au siégé du Pdci, ce matin du 4 Janvier2011. Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre.
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Grâce au Rhdp, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique ? Comment se fait il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune ? Où alors l’Onuci qui se chargeait du ramassage des corps avec la croix rouge a-t-il emporté les cadavres d’Abobo ? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo.

Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du Cecos avant leur exécution ? Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer ? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens ? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prisons à la Cpi, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale».

Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait empêché cette prétendue marche sur la Rti pour l’installation de M. Brou Aka Pascal ? Je révélerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-Fds en se servant des marcheurs comme bouclier humain.

De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le président Gbagbo et ses proches.



29/12/2012

Côte d'Ivoire: Selon Mamadou Coulibaly, Soro Guillaume fait du charlatanisme politique et est un criminel d'Etat et de l'Etat. Sa place est à la CPI

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Le meilleur des premiers ministres de Gbagbo Laurent aime raconter comment de nombreux lauriers doivent lui revenir et pourquoi il doit être traité comme le meilleur des citoyens de notre pays, celui qui a sauvé la Côte d’Ivoire. En un an comme en dix, n’a-t-il pas mieux fait que tous ?

Voilà plus de dix-huit mois qu’il est au pouvoir sans qu’il n’y ait eu de rébellion organisée contre lui qui, en septembre 2002, se jetait contre l’Etat de Côte d’Ivoire avec sa horde de rebelles en armes. Ils étaient venus y mettre de l’ordre, disaient ceux qui ont été identifiés plus tard comme le Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire, dont Soro était le secrétaire général. Contre lui, personne n’a encore monté une rébellion. Qui dit mieux, en un an comme en dix ?

Dans le débat politique, la liberté d’expression exige, – en démocratie en tout cas –, que toutes les opinions puissent s’exprimer. Personne ne peut interdire que certains puissent écrire et publier que le soleil se lève au nord et se couche à l’ouest, que l’homme et la femme sont du même sexe, que Houphouët Boigny n’est pas mort mais qu’il a simplement émigré en Australie, que les poules ont des dents que seules des lunettes spécifiques permettent de voir, que le 19 septembre 2002 il n’y a eu aucun événement choquant en Côte d’Ivoire, que les prophéties de Malachie sont en cours de réalisation, etc. Toutes ces affirmations, dans un certain sens, découlent de la liberté d’expression. Dans le processus de construction d'une nation sur des bases démocratiques, tout doit être fait pour sauvegarder cette pluralité des opinions, même si certaines paraissent absurdes, saugrenues et politiquement insensées. Cependant, la liberté d’exprimer ses opinions ne signifie pas la libre acceptation de toutes les opinions exprimées, parce qu’il existe un filtre dans le débat qui permet à notre entendement de sélectionner la vérité et de réfuter l’erreur et le mensonge. Le débat d’idées, la confrontation des opinions sur les questions politiques et économiques comme sur toutes les questions sociales, recourent à l’approche scientifique, à la démonstration argumentée pour exclure les opinions perverses de la dialectique et de la rhétorique.

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Le président de l’Assemblée nationale croit que le débat politique est une foire d’opinions de toutes sortes, et ignore que le respect de l’opinion signifie rigueur analytique. Pour lui, comme nous sommes dans le débat politique, n’importe quelle affirmation est bonne à exprimée car, après tout, chacun de nous n’est-il pas propriétaire et responsable de ses idées, de ses sentiments et de ses opinions? Procéder ainsi, comme il le fait, sur des questions sérieuses, relève du charlatanisme politique, car c’est pervertir le débat que d’y jeter de la confusion intellectuelle et morale.

Le charlatanisme politique est une imposture qui tente de se confondre avec la science politique. Dans notre pays, lorsqu’au sommet de l’Etat l’opinion majoritairement exprimée relève de ce type de confusion, c’est la démocratie que l’on assassine et avec elle, la liberté d’opinion et la liberté tout court. Les hommes et les femmes qui font de la politique dans notre pays et qui estiment qu’il s’agit de leur métier, leur gagne-pain, aiment se mettre dans cette posture de perversion de la dialectique, ce qui les amène parfois à suggérer l’enseignement dans nos classes primaires, secondaires et même supérieures de n’importe quoi, n’importe comment et avec n’importe quel moyen, au point de dévaloriser l’école et l’éducation publiques, d’amener les enfants et leurs parents à mépriser la vérité et à croire que la tricherie, le faux, la falsification, la fraude, le mensonge sont des valeurs qui payent plus que la vérité et la rigueur. En la matière, le président du parlement ivoirien est passé maitre. Lui ne se contente pas de pervertir la dialectique; il tente aussi depuis de longues années de pervertir la rhétorique. Les orateurs sérieux dans la politique cherchent normalement à convaincre leur auditoire avec certaines vérités que leurs adversaires du moment peuvent réfuter. Ils restent dans le respect et la noblesse de l’entendement d’autrui. Chez nous, les orateurs se prennent pour des tribuns dès lors qu’ils peuvent, de façon vicieuse, jouer sur les capacités d’erreur de leur auditoire et les persuader du faux. Lorsque la rhétorique abandonne la vertu et recoure au cynisme et aux passions personnelles de l’orateur, à sa cupidité, sa vanité, ses ambitions, son désir de remplir son ventre ou de sauver sa tête, le débat est perverti et les citoyens qui écoutent sont rabaissés au rang de simple foule pour laquelle l’on n’a aucun respect et devant qui l'on n’a aucune responsabilité à assumer. C’est la célébration de cette forme de rhétorique qui tue la démocratie naissante dans notre pays, car le message politique se résume à de la simple propagande qui exige pour son triomphe que l’on supprime toutes les voix discordantes et toute opposition. Cette orientation du débat tue la démocratie et fait place libre à l’autocratie, à la haine de l’autre et à la criminalisation de l’Etat.

Pour illustrer ces propos, nous présenterons deux cas qui montrent bien comment le président de l'Assembée, Monsieur Soro Kigbafori Guillaume aime à pervertir la vérité et ériger le mensonge en système de justification de crimes de la rébellion et des crimes d’Etat.

Le premier exemple est celui du bilan des dix ans de gouvernance de la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo en tant que président de la république.

Le bilan de ces dix ans, selon Soro, est plus faible que son bilan annuel à lui. Comme il est aisé de le dire et comme il est erroné d’y croire ! Ne regardons même pas le contenu du bilan, qui a par ailleurs été dressé plusieurs fois et qui dépend des optiques des uns et des autres. Regardons simplement la forme de cette proposition, sans défendre d’ailleurs Gbagbo, qui se promenait en bateau avec Soro sur les lagunes d’Abidjan et le présentait toujours comme le meilleur de ses premiers ministres, c'est-à-dire celui qui aura mieux contribué au bilan que Affi N’guessan, Seydou Diarra ou Charles Konan Banny.

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Soro est celui qui a représenté la rébellion contre l’Etat de Côte d’Ivoire, dix-huit mois seulement après l’accession de Gbagbo au pouvoir. Il a été ministre de la communication, puis premier ministre, tout en gardant la moitié du pays sous le contrôle du MPCI, dont il était le secrétaire général. La bonne méthode consisterait pour lui à évaluer son bilan en tant que responsable à la fois des zones CNO pendant dix ans, et à faire celui des zones non CNO pendant la même période. Il a joué sur les deux tableaux en même temps et ne peut donc se contenter d’évaluer les autres en s’oubliant comme acteur de premier plan de part et d’autre de la zone de confiance.

Comme il le soutient lui-même, le bilan est largement positif pour lui. Les zones CNO sont devenues plus pauvres que le reste du pays pendant les dix ans de gestion des FAFN, dont Mr Soro était aussi le secrétaire général. Il y a eu plus de vols, de pillages, de viols, de braquages, de rackets dans les zones CNO qu’ailleurs dans le pays. Le pillage était systématique et la "Centrale", qui avait été érigée en ministère des finances de la rébellion, s’est enrichie des prélèvements obligatoires illicites sur les populations, des butins issus des casses de banques et des agences locales de la Bceao, de l’exploitation illégale des forêts et des minerais de métaux précieux. Soro a réussi à faire payer par l’Etat de Côte d’Ivoire le remboursement intégral des sommes emportées par lui et ses compagnons des FN lors des casses de la Bceao à cette institution. Sans ce remboursement, les comptes de la Bceao n’auraient pas été certifiés par les auditeurs. Qui dit mieux face à de telles performances? N’importe qui d’autre aurait fait cela, qu’il aurait été en prison pour crimes économiques. Mais dans le cas de monsieur Soro, c’est plutôt lui qui juge les autres. Le pire fait le procès du mal.

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Dans les zones CNO, des quantités inestimables de productions agricoles ont été volées et détournées en direction de sites de transformation et d’exportation installés dans les pays voisins pour le compte de Soro, du MPCI et des FN au moment où plusieurs de leurs animateurs étaient installés à Abidjan comme membres du gouvernement et chargés d’empêcher le parlement de l’époque de travailler. Soro avait non seulement le contrôle de Gbagbo, mais il pouvait faire en sorte que ce dernier prenne des ordonnances illégales, sous l'étiquette de la paix, pour modifier toutes les lois de la République juste cote d'ivoire,alassane dramane ouattara,soro guillaume,rebellion,vol,pillage,braqueurs,fafn,frci,bandits,voleurspour le bon plaisir de Ouattara. Qui dit mieux ? Ne parlons pas des biens qu’il a acquis alors qu’il gérait l’Etat de Côte d’Ivoire en complicité avec Gbagbo, tout en pillant les zones CNO. En résumé, disons qu'effectivement, personne n’a fait mieux que Soro ces dix dernières années dans la destruction et la criminalisation de l’Etat. Il a été un des grands maîtres de la rebfondation. Il est inégalable dans l’art du pillage systématique du pays. Sur ce plan, sa rhétorique le condamne comme un criminel. D’autres que Soro auraient eu de telles performances qu’ils auraient été internés à la Haye ou ici, dans une de nos prisons obscures. Lui pas. Qui dit mieux ?

Le second exemple qu’il faut comprendre est beaucoup moins évident. Nous voyons le président Soro raconter partout que les armes se sont imposées à lui et qu’il a accepté de les prendre pour obtenir les cartes d’identité de ceux au nom desquels la rébellion aurait été organisée.

A écouter cette rhétorique, la rébellion serait le fruit de frustrations ressenties par de nombreuses personnes privées de leurs pièces d’identité. M. Soro et ses amis ont donc pris les armes pour que cette identité soit rétablie et que ces droits soient reconnus. Grâce à la rébellion, les FAFN auraient donc réussi à faire obtenir leurs papiers d’identité et leur droit de vote à de nombreuses personnes, dans un pays qui les excluaient. A écouter ce discours, Guillaume Soro et ses amis des FAFN, devenues aujourd’hui FRCI, auraient pris en otage une moitié du pays, partagé le pouvoir de Gbagbo et les ressources de l’autre moitié pour que les questions de l’identité et de l’électorat soient réglées. Dix ans de criminalisation de l’Etat de Côte d’Ivoire, plus de 500 milliards de francs cfa dépensés, de nombreux morts des deux cotés, une quantité énorme d’armes mise en circulation, un accroissement de la pauvreté et de la misère partout, mais pour quel résultat à part l’enrichissement illicite des animateurs des FAFN et leur impunité ? Telle est la question.

Supposons que Soro ait raison et que les armes se soient imposées à lui pour qu’il vienne obtenir les cartes d’identité et les cartes d’électeurs pour de nombreuses populations de Côte d’Ivoire frustrées. Regardons quel est le degré de robustesse, de pertinence de cette proposition rhétorique. Une méthode simple mais heuristique est de prendre l’évolution du nombre d’électeurs dans notre pays lors des différentes échéances présidentielles et de voir quelle part nous devons attribuer au travail héroïque de la rébellion de Soro et des FRCI pendant les dix ans au cours desquelles ils ont impunément endeuillé la Côte d’Ivoire.

Aux élections présidentielles de 2000, il y avait en Côte d’Ivoire près de 5,5 millions d’électeurs âgés de plus de 18 ans et ce chiffre était en hausse de 1,7 millions par rapport à l’électorat de 1995. Ce qui nous donne un taux d’accroissement de l’électorat entre 1995 et 2000 d’environ 31%.

En 2000, sur les 5 millions et demi d’électeurs, seulement 2.049.018 sont allés voter et nous avons enregistré un taux d’abstention élevé de 62%, qui représente les citoyens passifs qui rendent moribonde toute démocratie. En 2010, après dix ans de rébellion et l’inscription de tous les frustrés de Soro, la liste électorale définitive donne 5.780.804 électeurs, dont seulement 4.689.366 ont voté. Rappelons que le taux d’accroissement de la population électorale entre 1995 et 2000 était de 31% environ. Si nous appliquons mécaniquement ce taux à l’électorat de 2000, nous pouvons estimer qu’en 2005, si des élections avaient eu lieu, nous aurions eu l’électorat de 2000 augmenté de 31%, soit environ 1.650.000 personnes en plus, ce qui nous aurait donné en 2005 une liste de 7.150.000 votants potentiels. Et si nous appliquons le même taux d’accroissement de 31% à ce nombre de 2005, nous aurions obtenu en 2010, théoriquement, compte tenu du profil démographique du notre pays et toutes choses étant égales par ailleurs, une liste électorale en hausse de 2.216.500 personnes, situant l’électorat potentiel à environ 9.366.500 personnes (7.150.000+2.216.500).

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Or, après dix ans de rébellion, de tergiversations et après avoir dépensé des sommes astronomiques pour un petit pays pauvre et surendetté, nous n’avons obtenu que 5.780.804 électeurs. Alors de deux choses l’une. Soit Soro a pris les armes et il a eu gain de cause et a réussi à inscrire tous les frustrés identitaires, auquel cas, en comparant la liste de 2000 avec celle de 2010 effectivement réalisée par Soro et par la CEI, nous avons juste une différence de 280.804 électeurs (5.780.804-5.500.000). Dans ce premier cas de figure, Soro devrait être bien déçu de ce piètre résultat. Entre 1995 et 2000, sans rébellion armée, sans destruction de vies humaines, la liste électorale a pu enregistrer des inscriptions supplémentaires de 1.700.000 personnes en seulement cinq ans. Or, entre 2000 et 2010, donc sur une durée plus longue de 10 ans et après la prise des armes par la rébellion, le pillage des zones CNO et l’enrichissement des «com zones» et autres animateurs des FAFN, monsieur Soro, alors premier ministre, n’est arrivé à obtenir les cartes d’identité et les cartes d’électeurs que pour 280.804 personnes supplémentaires. Dire les choses ainsi suppose que nous acceptions que les 280.804 personnes aient été exclusivement inscrites du fait de l’action rebelle de Soro et que les inscriptions des nouveaux majeurs ne sont pas prises en compte ou bien sont le fait exclusif de Soro, que toutes les nouvelles inscriptions ne sont dues qu’à l’action unique de l’unique Soro. Or cette hypothèse elle-même est très osée et inacceptable de façon tout à fait évidente. La rébellion de Soro, en termes d’obtention de papiers d’identité, est d’un résultat très mitigé pour ne pas dire inconséquent. L’effet Soro sur la liste électorale peut donc être qualifié d’insignifiant statistiquement. Les rebelles auraient donc pris les armes pour autre chose que l’obtention des cartes d’identité et d’électeurs pour de nombreuses populations en Côte d’Ivoire. Le mensonge d’Etat se dévoile dans toute sa splendeur. N’est ce pas surprenant ?

Dans le second cas, le taux d’accroissement normal de l’électorat est de 31% en prenant pour base les élections de 1995. Nous aurions dû avoir donc théoriquement en 2010 environ 9.366.500 électeurs. Or dans les faits, avec l’action conjuguée de la CEI et des armes de Soro, nous ne sommes arrivés à obtenir que 5.780.804 inscrits sur la liste électorale de 2010. On peut donc, en comparant ce qui aurait été l’électorat sans les armes de Soro à ce qu’il a été avec les armes de Soro, se rendre compte que l’électorat a reculé avec la rébellion. Au lieu de 9.366.500 inscrits, nous n’avons eu que 5.780.804 personnes. Quelle déception ! Dans ce second cas de figure, le seul effort remarquable de la rébellion aura été l’exclusion de plus de 3 millions et demi de personnes de la liste électorale (9 366 500 - 5 780 804 = 3 585 696). L’effet Soro serait ici négatif. Soro aura pris les armes non pas pour obtenir les cartes d’identité et les cartes d’électeurs pour des populations au nom desquelles il tente aujourd’hui de se justifier, mais plutôt pour empêcher une évolution normale, naturelle de l’électorat vers son niveau optimal et adéquat.

Commentaire personnel: la rebellion de Soro aurait donc tuée plus de 3 millions d'ivoiriens.

La rhétorique de Soro est mensongère et criminelle. Dans le premier cas de figure, elle est fondée sur une propagande apocryphe, car en terme d’inscriptions sur la liste électorale, son effet est totalement peu convaincant au regard des moyens justificatifs déployés de l’ex chef rebelle. Dans le second cas, la rhétorique est criminelle, car sa rébellion aura plutôt exclu des millions d’électeurs potentiels de la liste électorale. Guillaume Soro fait du révisionnisme en essayant de nous convaincre du contraire, alors que les faits sont si récents et les témoins encore tous vivants.

Dans un cas comme dans l’autre, personne n’a fait mieux que Soro ces dix dernières années (2002-2012). En plus, il faut noter qu’alors qu’il était premier ministre au moment des élections de 2010, et avec seulement 280.804 inscriptions supplémentaires, Mr Soro a obtenu au premier tour des élections présidentielles 941.045 abstentions, c’est à dire des électeurs passifs, identifiés, inscrits et qui ont soit refusé d’aller voter, soit n’ont pas obtenu leurs papiers lors de la distribution organisée par Soro, signataire du fameux Accord politique de Ouagadougou. 500.000 personnes au moins sont dans ce dernier cas. A ces abstentionnistes volontaires ou non, il faut ajouter 225.625 bulletins blancs ou nuls. Ce qui nous donne un total de 1.166.669 personnes qui étaient sur la liste électorale et qui, par exclusion, par refus de voter ou par erreur de vote, ont participé négativement au scrutin, sanctionnant ainsi l’ambiance de terreur instaurée par la rébellion. Il n’y a qu’à voir la distribution de ces abstentions sur l’ensemble du territoire pour le comprendre. Cette tendance abstentionniste sera encore confirmée au second tour des élections, où ce sont cette fois 1.091.438 personnes qui ont regardé avec dégoût ce scrutin, refusant d’y participer, en plus des 99.147 bulletins nuls ou blancs.

Dans le débat politique ivoirien, nous devons faire la chasse aux contre-vérités et aux idées reçues passe-partout, non argumentées, non démontrées et non fondées sur une rigueur analytique. C’est rendre service à la démocratie que de chasser de la liberté d’expression toutes les perversions de la dialectique et du charlatanisme dans la rhétorique. Renforcer la démocratie ne signifie pas être au parlement, dans un ministère ou bien à la présidence de la République. Notre manière quotidienne de traiter les faits, d’analyser la politique, l’économie et la société contribue elle aussi au renforcement de la démocratie. De nombreuses personnes entendent le président de l’Assemblée nationale parler, mais ses propos sont loin d’être conséquents et rigoureux. Et ceux qui l’entendent se posent des questions. De nombreuses personnes pensent que Soro est un homme puissant qui contrôle les Frci ; elles se trompent. Dans la dynamique de criminalisation de l’Etat instaurée par Ouattara, ce n’est pas Soro qui contrôle les Frci, mais bien le contraire. Ce sont les Frci, ex FAFN, qui contrôlent et Soro, et Ouattrara. Les discours révisionnistes et mensongers ne servent qu’à rassurer leurs milices armées érigées en armée républicaine et leurs supplétifs dozos, sur la pérennité et la vulgarisation sur toute l'étendue du territoire du mode de gestion qui a été appliqué pendant ces dix dernières années dans les zones CNO. Et c'est une réalité: Le pays est de facto administré par les hordes FRCI, les Factions Répressives de Côte d’Ivoire. Nous sommes tous des otages et de potentielles victimes de ces factions ethniques armées. Leur répartition sur l’ensemble du pays n’est rien d’autre que le déploiement d’une armée de réserve qui attend son heure, celle des élections, pour retourner l’ascenseur à leur serviteur d’aujourd’hui.

Alors que faire?

Nous suggérons simplement que l’ONU prenne en main notre ministère de la défense et de la sécurité et nous bâtisse une armée, une gendarmerie et une police dignes d’une République moderne. La réforme du secteur de la sécurité sera à ce prix. Autrement, nous laisserons le destin sécuritaire de la Côte d’Ivoire dans les mains de charlatans qui nous abreuveront chaque jour de propagande, de faux et d’illusions dans le seul but de maintenir à leur profit la criminalisation de l’Etat.

Commentaire personnel:
Je suis tout à fait d'accord avec vous monsieur le Professeur, car c'est l'ONU qui a declaré président Alassane Dramane Ouattara, qui a fait la guerre pour l'installer au pouvoir et qui protège son fauteuil et son pouvoir alors que la population est livrée aux hordes de bandits de grands chemins appelées frci.

La victoire de notre pays sur sa profonde crise ne sera pas politique. Ce ne sera pas celle d’un parti, ni d’un groupe ethnique encore moins celle d’un homme. Elle sera d’abord une victoire des idées. Dans notre pays, il y a ceux qui font la politique uniquement pour devenir quelqu’un ou quelque chose, et ceux qui la font d’abord comme service qu’ils offrent à leur pays, à sa population. Pour cette seconde catégorie, les contorsions partisanes et les arrangements politiques institutionnels qui violent les fondements doivent être abandonnés et proscrits. La politique ne doit pas être vue comme l’art du mensonge et de la roublardise, mais plutôt comme lieu de promotion et de triomphe des principes et des valeurs qui fondent l’harmonie de la vie en société, la vérité et la liberté.


Mamadou KOULIBALY
Président de LIDER

19/11/2012

Côte d'Ivoire : Human Rights Watch (HRW) accuse les FRCI (l'armée de Ouattara) d`atteintes aux droits de l`homme

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Dans un rapport intitulé « Bien loin de la réconciliation : Répression militaire abusive en réponse aux menaces sécuritaires en Côte d’Ivoire », Human Rights Watch accuse l’armée de Côte d’Ivoire d’atteintes aux droits humains généralisées en août et septembre 2012. Le rapport assure que les menaces sécuritaires auxquelles la Côte d’Ivoire est confrontée sont réelles, mais pointe les abus généralisés perpétrés par les militaires... (miliciens de Ouattara).




Lire l'intégralité du rapport en cliquant sur le lien ci-dessous.......

Rapport de HRW_Bien loin de la réconciliation.pdf