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25/01/2013

France - Armement : La France dans le peloton de tête des exportateurs d'armes

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Le Parlement a présenté son rapport annuel sur les exportations d'armes. En 2011, la France a enregistré 6,5 milliards d'euros de prises de commandes, 27% de plus qu'en 2010. Pour la première fois, le ministre de la Défense a été auditionné par les parlementaires sur ce sujet. Ce que plusieurs ONG réclamaient depuis des années.Mirage 2000 français.jpg

En 2011, l'Inde a passé une importante commande à la France pour moderniser ses Mirage 2000 © Reuters
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La France est l'un des cinq premiers pays exportateurs d'armes. Sur la période 2006-2011, la France s'est classé quatrième exportateur au monde derrière les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. L'an dernier, les entreprises françaises ont vendu pour 6,5 milliards d'euros d'armes, 27% de plus qu'en 2010 ou 5,12 milliards d'euros de commandes avaient été passées.
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Selon le rapport annuel du Parlement, la région Asie-Pacifique a absorbé la plus grande partie des commandes l'an dernier. L'Inde a notamment passé une importante commande de modernisation de ses 51 avions de combat Mirage 2000. La Malaisie a commandé des équipements pour blindés. Sur les cinq dernières années, les entreprises françaises ont majoritairement vendu en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis.

"Le début d'un processus"
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Pour la première fois, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a été auditionné jeudi par les parlementaires sur ce sujet. Il répondait ainsi à une promesse de campagne de François Hollande. Jean-Yves Le Drian a notamment appelé à une "transparence" sur le sujet.

Bien, mais peut mieux faire, estime Oxfamfrance, une ONG qui réclame depuis des années ce contrôle parlementaire sur les exportations d'armes. Pour Nicolas Vercken, responsable du bureau des conflits au sein de cette organisation, "c'est la première fois que ça arrive et c'est le début d'un processus".

Le problème, dit-il, "c'est que l'on est fin 2012 et que l'on parle des exportations de 2011. Au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, il y a un rapport annuel mais aussi des rapports d'étape tous les trois ou quatre mois. Cela permet de voir les exportations autorisées et d'effectuer un contrôle".

Plus de 80 millions d'armes à la Libye
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Ainsi, note Nicolas Vercken, le rapport montre qu'en 2011, la France a vendu 87 millions d'armes à la Libye, "mais on ne sait pas lesquelles, quand et à qui. Tout l'enjeu est de pouvoir organiser un contrôle de la part de la représentation parlementaire mais aussi de la société civile qui doivent se saisir de ce dossier".

La question est sensible pour la France, puisque le secteur de la défense représente 165.000 emplois en France. Chaque année, il réalise un chiffre d'affaires de 16 milliards d'euros. Et les exportations jouent un rôle de plus en plus important dans le maintien de l'activité économique de ce secteur, puisque dans le même temps le budget de la défense nationale est en baisse.

18/01/2013

France - Mali : François Hollande, Chef de guerre !

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Des avions de chasse décollent tous feux allumés dans la nuit africaine, des colonnes de blindés s’élancent sur les pistes en latérite, de vaillants soldats débarquent leur paquetage et leurs armes, un officier galvanise sa troupe. Telles sont les images que toutes les chaînes françaises de télévision nous présentent en boucle depuis une semaine. A la vue du déploiement de cette panoplie guerrière, les sondages favorables s’envolent, le peuple frémit et se rassemble derrière son chef. L’onction militaire le métamorphose. Voici le Président de la République devenu chef de guerre.

Et les médias de claironner à l’unisson : François Hollande a acquis une nouvelle stature ; il a atteint une dimension régalienne ; il a enfin, a-t-on même entendu sur France Info, gagné sa légitimité de chef d’Etat. Comme si la légitimité du Président de la République ne provenait pas du suffrage universel, mais de sa capacité à décider d’engager les forces armées dans de véritables combats. Comme si l’acte guerrier faisait l’homme d’Etat !

Depuis le début de l’opération militaire française au Mali, ce discours domine chez bon nombre de journalistes et d’observateurs. Et bien des signes indiquent que l’opinion publique confère au chef de l’Etat une fermeté virile qu’il lui niait jusqu’alors.

Quelle est donc cette France qui aurait besoin d’un chef de guerre pour conférer des qualités d’homme d’Etat ? Quel est donc ce peuple qui aurait besoin de gestes guerriers pour reconnaître son chef ?

Ne se rend-on pas compte que nos directeurs de consciences médiatiques, avec un tel discours, nous invitent à retrouver les plus grégaires, les plus primitifs des réflexes ? N’aurions-nous pas progressé ? L’acte guerrier demeure-t-il le véritable signe distinctif du chef ? Comme chaque fois que la civilisation a reculé.

Gouverner, c’est choisir, affirmait tranquillement Pierre Mendès-France. Et c’est la capacité de faire des choix et de s’y tenir qui fait l’homme d’Etat. Pas des qualités guerrières érigées en vertus.

18 janvier 2013 Par RAOUL MARC JENNAR

17/01/2013

Mali : chronologie d'une crise

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Le coup d'État du 22 mars 2012 à Bamako a entraîné la partition du Nord. Depuis, le Mali est en crise.

22 mars 2012 : des militaires annoncent avoir renversé le régime du président Amadou Toumani Touré, l'accusant d' "incompétence" dans la lutte contre la rébellion et les groupes islamistes dans le Nord. Rassemblés derrière le capitaine Amadou Haya Sanogo, les membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) décident de suspendre la Constitution.



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30 mars : le mouvement islamiste armé Ansar Dine, appuyé par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et des éléments d'Aqmi, s'empare de la ville de Kidal (nord-est). Le 31, les rebelles prennent Gao et le lendemain, c’est au tour de Tombouctou de tomber aux mains du MNLA.



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6 avril : le MNLA proclame unilatéralement l’indépendance de la région de l’Azawad. Le même jour, un accord-cadre est signé entre la junte et la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest). Il prévoit un transfert du pouvoir aux civils.



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12 avril 2012 : Dioncounda Traoré, ancien président de l’Assemblée nationale, est investi président. Le 17, l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra devient Premier ministre de transition.


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30 avril : les forces restées loyales à l’ex-président Amadou Toumani Touré mènent des attaques contre le camp des militaires putschistes à Kati, contre l’aéroport et la radio-télévision nationale. La junte affirme le lendemain avoir fait échouer cette tentative de contre-coup d’État. Les combats ont fait 22 morts et des dizaines de blessés.



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19 mai : un accord est conclu entre la junte et la Cédéao. Les militaires putschistes se voient garantir l’amnistie. Le capitaine Sanogo obtient le statut d’ancien chef de l’État et le président Dioncounda Traoré est confirmé à son poste pour un an. Un délai qui doit permettre d’organiser des élections.



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21 mai : Dioncounda Traoré est agressé dans son bureau par des manifestants, malgré la présence sur place de la Garde nationale. Il est hospitalisé et part se faire soigner en France.





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28 juin : les rebelles touaregs du MNLA quittent Tombouctou. Les islamistes du Mujao prennent le contrôle total de Gao après de violents combats avec des rebelles touaregs.



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du 30 juin au 2 juillet : à Tombouctou, les islamistes d'Ansar Dine détruisent de nombreux mausolées et monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco.




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1er juillet : la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, déclare que la destruction de lieux saints musulmans à Tombouctou est un "crime de guerre" passible de poursuites de la CPI.



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8 juillet : réunion à Ouagadougou du Groupe de contact sur le Mali (présidents de six pays d'Afrique de l'Ouest) qui demande la formation d'un gouvernement d'union nationale d’ici fin juillet.




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27 juillet 2012 : retour du président intérimaire Dioncounda Traoré à Bamako. Deux jours plus tard, il annonce la création d'un Haut conseil d'État, qu'il prévoit de diriger et d'un gouvernement d'union nationale.




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20 août : Cheick Modibo Diarra annonce la composition d'un gouvernement d'union nationale. Il comprend plusieurs personnalités proches des putschistes, ainsi qu'un ministre touareg.




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9 octobre : l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, est désigné comme envoyé spécial pour le Sahel par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies.




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12 octobre : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pressant les pays ouest-africains de préciser leurs plans en vue d'une intervention militaire destinée à reconquérir le nord du Mali. Le texte invite aussi le gouvernement malien et les rebelles touaregs, évincés dans le nord malien par les islamistes, à entamer un processus de négociation.




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11 novembre : sommet sur le Mali à Abuja. Des dirigeants de la Cédéao et d'autres pays africains décident d'envoyer 3.300 militaires pour aider l'armée à chasser les groupes islamistes du Nord.




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14 novembre : Ansar Dine renonce à vouloir imposer la loi islamique dans tout le pays, sauf dans son fief de Kidal. Le groupe armé se dit prêt à aider à "débarrasser" le Nord du "terrorisme" et des "mouvements étrangers".




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16 novembre : des représentants d'Ansar Dine et du MNLA rencontrent le médiateur Blaise Compaoré à Ouagadougou. Ils se disent prêts à "un dialogue politique" avec Bamako.




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19 novembre : les ministres des Affaires étrangères de Union européenne donnent leur accord de principe à l'envoi de 250 formateurs au Mali à partir de janvier 2013, pour entraîner les forces maliennes. Le Mujao chasse les rebelles touaregs de la localité de Menaka après de sanglants combats.




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nuit du 10 au 11 décembre 2012 : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra est arrêté par une vingtaine de militaires sur ordre du capitaine Sanogo. Quelques heures plus tard, il annonce à la télévision la démission de son gouvernement. Diango Cissoko, médiateur de la République, est nommé dès le 11 décembre pour le remplacer.



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10 janvier 2013 : les insurgés islamistes progressent vers le sud et chassent l'armée de la localité stratégique de Konna.




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11 janvier : répondant à l'appel à l'aide lancé par le président malien, la France intervient militairement dans le cadre d'une opération baptisée "Serval".
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