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26/12/2013

Côte d'Ivoire : crise à prévoir pour la filière hévéa ?

Chronique des Matières Premières
Par Stanislas Ndayishimiye

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Inquiétudes des producteurs de caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire, suite à des mesures fiscales décidées par le gouvernement en 2012. Des mesures qui, si elles sont maintenues, « peuvent conduire à la faillite de la filière hévéa en 2014 ».

C’est un cri d’alarme que lancent les deux syndicats de la filière hévéa de Côte d’Ivoire depuis quatre mois. Même la chute des prix au producteur les inquiète moins, avec 391 francs CFA le kg aujourd’hui contre 500 francs CFA en janvier dernier.

A côté des 25% sur le bénéfice industriel et commercial que doivent payer les sociétés agricoles à l’Etat de Côte d’Ivoire, les usiniers de la filière hévéa doivent depuis l’année dernière s’acquitter de trois nouvelles taxes. 5% de leur chiffre d’affaires, une taxe foncière de 7 500 francs CFA par hectare de surface plantée en hévéa par toute société agro-industrielle ainsi que la TVA au moment de l’exportation.

Elles doivent normalement se faire rembourser cette TVA, parce que la filière est exclusivement tournée à l’exportation. Or, les entreprises concernées auraient du mal à récupérer l’argent qui leur est dû. Et ce sont des démarches supplémentaires à faire. Ces mesures fiscales ne touchent bien sûr directement que les portefeuilles des usiniers. Les petits planteurs sont individuellement épargnés. Pour les usiniers, cette récente triple-taxation affaiblit fortement leur trésorerie et réduit leur capacité d’investissement.

Selon les syndicats de la filière hévéa, ces conséquences touchent indirectement les petits planteurs, qui étaient auparavant habitués à toucher leur argent soit au moment de la vente de leurs productions, soit 48 heures après. Ils doivent aujourd’hui attendre parfois deux mois pour être payés. Il n’en fallait pas plus pour que certains planteurs, inquiets de ne pas avoir des rentrées d’argent tous les mois, essayent d’écouler une partie de leur production vers les pays voisins et même les pays les plus éloignés.

D’après les responsables syndicaux, 4 000 tonnes de caoutchouc naturel ivoirien ont été exportées vers la Malaisie en 2013. Ils affirment, sans en donner la quantité, que les planteurs ivoiriens se tournent aussi vers les acheteurs du Liberia et du Ghana. Toujours selon les syndicalistes, le caoutchouc ivoirien pourrait être moins compétitif sur le marché mondial si la nouvelle fiscalité appliquée à la filière n’est pas allégée. Leur crainte étant que les usiniers ne soient tentés de délocaliser leur activité vers les pays voisins.

source : http://www.rfi.fr/emission/20131225-cote-ivoire-crise-prevoir-filiere-hevea