topblog Ivoire blogs

09/08/2012

Crise ivoirienne : un rapport officiel omet les auteurs de 829 crimes contre l'humanité

Selon le rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) ci-dessous, la commission a enregistré « 3 248 » personnes tuées durant la crise reparties de la façon suivante:

- Les forces armées pro-Gbagbo: 1 452

- les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara: 727

- les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels « dozos » miliciens pro-Ouattara: 200

Total: 1 452+727+200= 2 379

Omis: 3 248-2 379= 869

A qui la commission attribue t'elle les 869 personnes restantes ? Qui sont les auteurs ? Où a eu lieu ses massacres ? Ce rapport peut être crédible ? Autant de questions, alors que nous attendons des réponses.

Ci-dessous le rapport publié par jeuneafrique:
alassane dramane ouattara,crise post-electorale,enquête,crimes contre l'humanité,impunité,frci,dozos,miliciensalassane dramane ouattara,crise post-electorale,enquête,crimes contre l'humanité,impunité,frci,dozos,miliciens
Le rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE), remis le mercredi 8 août au président Alassane Ouattara, estime que les forces armées de ce dernier ont tué plus de 700 personnes durant la crise postélectorale de 2010-2011. Les forces pro-Gbagbo sont, elles, accusées de la mort de plus de 1 400 personnes.

Les soubresauts de la crise postélectorale sont toujours bien visibles en Côte d'Ivoire. Depuis le début de la semaine, plusieurs attaques ont fait une dizaine de morts et plusieurs blessés parmi les soldats des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).

Une enquête réclamée par Alassane Ouattara - mais dont l'impartialité est contestée par les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo et de nombreuses ONG (HRW, Amnesty International, ICG...) - permet d'en savoir un peu plus sur les violences commises durant la crise de 2010-2011. Remise mercredi au président ivoirien par Paulette Badjo, présidente de la Commission nationale d'enquête (CNE), ce rapport conclut que les forces armées pro-Ouattara ont causé la mort de plus de 700 personnes et celles de l'ex-chef de l'État Laurent Gbagbo d'environ deux fois plus.

« La crise a donné lieu à de massives violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire », a déclaré Paulette Badjo en remettant son rapport, issu d'un an d'enquête et de l'audition de près de 16 000 personnes.

Créée par le chef de l'État, la commission a enregistré « 3 248 » personnes tuées durant la crise, un chiffre qui « reste certainement en-deçà de la réalité », a-t-elle indiqué.

Les forces armées pro-Gbagbo sont responsables de la mort de 1 452 personnes (dont 1 009 exécutions sommaires), tandis que les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara ont causé la mort de 727 personnes (dont 545 exécutions sommaires), selon les données citées par Mme Badjo, qui n'a pas précisé l'identité ni le statut (civil ou militaire) des victimes.

Environ 3 000 morts, selon l'ONU

La commission a aussi mis en cause les forces non conventionnelles qui ont combattu, comme les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels « dozos » qui, selon de nombreux témoignages recueillis par la CNE, ont agi aux côtés des FRCI et ont tué quelque 200 personnes.

Le chiffre communément admis, notamment par l'ONU, est d'environ 3 000 personnes tuées durant la crise postélectorale. Elle était née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010 et s'était achevée par l'arrestation de l'ex-président le 11 avril 2011 après deux semaines de guerre.

Visiblement ému par le tableau de ces « horreurs », selon son expression, M. Ouattara a remis le rapport de la commission au Premier ministre et ministre de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou, afin qu'il prenne des « mesures ».

Réaffirmant son engagement pour la « lutte contre l'impunité », le président ivoirien a assuré que « toutes les personnes qui ont posé des actes répréhensibles pendant la crise postélectorale répondront de leurs actes devant la justice ».

Le FPI dénonce une "justice des vainqueurs"

Régulièrement interpellé par les ONG internationales sur les crimes commis par ses forces durant la crise, en particulier dans l'Ouest, et sur l'absence de poursuites contre les siens, M. Ouattara a expliqué depuis un an attendre les conclusions de la Commission avant d'agir.

Le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), avait par avance récusé en février les conclusions de la CNE, dénonçant une « justice des vainqueurs ».

De son côté, l'ex-chef de l'État est incarcéré depuis fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité. Une vingtaine de figures du camp Gbagbo, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, et des dizaines d'autres personnes de ce bord (des civils et des militaires) sont inculpées et détenues en Côte d'Ivoire.

(Avec AFP)

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Crise ivoirienne : un rapport officiel impute la majorité des morts aux forces pro-Gbagbo | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

03/07/2012

Côte d'Ivoire : LE CAS DE L'OUEST DU PAYS, enfin les médias étrangers en parlent avec objectivité.

cote d'ivoire,colonisation,alassane dramane ouattara,burkinabé,blaise compaoré,cedeao,frci,milice,miliciens
Le cas de l'OUEST de la Côte d'Ivoire est très sérieux et préoccupant. Là où le pouvoir d'Abidjan ne voit que des miliciens pro-gbagbo, la communauté internationale à travers ses médias commence à prendre du recul et cherche à savoir et commence à comprendre que le véritable problème de l'OUEST est un problème foncier et de colonisation d'immigrants de la CEDEAO.

Voici ci-dessous les articles de jeuneafrique et tv5 :

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : la réconciliation impossible ?

Côte d'Ivoire : la réconciliation impossible ?

03/07/2012 à 09h:01 Par Pascal Airault

Difficile de faire la paix, un an après la fin de la crise postélectorale. Les attaques répétées dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et la violence du débat politique à Abidjan n'aident pas. Pas plus que les accusations de complot portées contre des proches de l'ancien président.

Diéhiba, Para, Saho, Sakré... Des villages attaqués les uns après les autres. La frontière avec le Liberia n'est pas loin et, en moins de deux mois, vingt-huit personnes (vingt civils, sept Casques bleus nigériens et un militaire) ont été tuées au cours de raids menés par des hommes en armes. Un an après la fin de la crise postélectorale, les violences ne se sont pas tues dans l'extrême ouest de la Côte d'Ivoire, compliquant le travail des humanitaires et le retour des réfugiés et des déplacés de guerre. Selon les Nations unies, 140 000 d'entre eux devaient pourtant rejoindre leurs villages cette année.

À Abidjan, pouvoir et opposition se renvoient la responsabilité de ces attaques. Si l'ONU reste prudente sur l'identité de leurs commanditaires, l'ONG Human Rights Watch (HRW) y voit la main d'anciens combattants pro-Gbagbo et de mercenaires libériens. Ces derniers seraient près de 400, qui s'entraîneraient dans des camps au Liberia et y recruteraient des enfants-soldats avant de passer la frontière. L'argent, ce sont d'anciens caciques du régime de Laurent Gbagbo qui le leur fourniraient. Ils le trouveraient aussi en exploitant des mines d'or artisanales. Ils auraient également de nombreuses caches d'armes en Côte d'Ivoire, dissimulées dans la forêt ou dans les villages. La végétation est dense, la frontière est poreuse et les assaillants passent facilement d'un pays à l'autre, compromettant les efforts de réconciliation. Les autorités ivoiriennes ont d'ailleurs affirmé, début juin, avoir déjoué un putsch ourdi par des pro-Gbagbo en exil.

L'ouest de la Côte d'Ivoire, c'est le carrefour de la haine.
Francis Akindès, Université de Bouaké

L'Ouest a toujours été une région difficile. Ses populations ont d'abord résisté au colonisateur français avant de défier l'autorité du président Félix Houphouët-Boigny. Depuis vingt ans, les conflits fonciers opposent autochtones, allochtones et allogènes originaires du Burkina Faso et du Mali venus travailler dans les plantations de cacao et d'hévéas. Les agriculteurs étrangers ont parfois été chassés des terres qu'ils cultivaient. Après septembre 2002, des affrontements sanglants ont opposé des miliciens pro-Gbagbo et des rebelles venus du Nord. « C'est le carrefour de la haine », explique le professeur Francis Akindès, de l'université de Bouaké. Fidèles à Laurent Gbagbo, les natifs de la région ont beaucoup perdu à la faveur de la crise postélectorale : nombre d'entre eux se sont vus chassés de leurs maisons et de leurs terres, à l'exemple des Oubis, expropriés au profit de nouveaux arrivants.

L'installation des étrangers et des travailleurs agricoles originaires du Nord est appuyée par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, dont le commandement est assuré dans la région par Losseni Fofana, dit Loss, un ex-rebelle) et par les Dozos, ces chasseurs traditionnels d'Afrique de l'Ouest qui ont troqué leurs vieux fusils contre des kalachnikovs. Ces derniers seraient aujourd'hui 10 000, contre un petit millier avant la crise : ils règnent en seigneurs de guerre et font payer un droit de protection aux nouveaux arrivants. En ville, c'est la même chose. Les commerçants doivent verser leur obole. « Sous l'ancien régime, les étrangers craignaient les miliciens pro-Gbagbo, explique un cadre onusien. Aujourd'hui, les autochtones redoutent les exactions des FRCI et des Dozos, c'est-à-dire les vols, les viols, les tortures et les exécutions sommaires. » Il y a aussi les miliciens burkinabè installés avec les hommes dans les forêts classées de l'Ouest. Parmi eux : Issiaka Tiendrébéogo et Amadé Ouéremi - lequel est soupçonné par HRW d'avoir joué un rôle dans les massacres de Duékoué, en mars 2011.

"Mercenaires de guerre"

cote d'ivoire,colonisation,alassane dramane ouattara,burkinabé,blaise compaoré,cedeao,frci,milice,miliciens


« Ces mercenaires de guerre sont connus mais jamais interpellés », dénonce Laurent Akoun, le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo). Surtout, reconnaît-on à Abidjan, ils entretiennent avec les FRCI un système d'activités illégales mais fort lucratives : trafic d'armes, exportation de cacao vers le Burkina Faso, exploitation aurifère, forestière, et vente de terres.

La police et la gendarmerie ont bien commencé à se redéployer dans la région, mais leurs hommes ne sont pas armés. Pour tenter de régler les conflits et d'apaiser les tensions, le ministère de l'Intérieur a également créé des comités d'alerte rapide composés de chefs traditionnels et de représentants des autorités locales, des partis politiques et de la société civile. Avec peu de résultats pour l'instant. Les préfets s'impliquent, eux aussi, dans la réconciliation, mais les autochtones n'ont guère confiance : leur champion est emprisonné à La Haye, et les fils de la région (Alphonse Voho Sahi, ex-conseiller et plume de Gbagbo, et Marcel Gossio, ancien puissant directeur du port d'Abidjan) sont en exil. Pour ne rien arranger, ils subissent chaque jour arrestations arbitraires, rackets et vexations en tout genre.

cote d'ivoire,colonisation,alassane dramane ouattara,burkinabé,blaise compaoré,cedeao,frci,milice,miliciens
Sur le plan national, le dialogue entre le pouvoir et l'opposition n'enregistre pas plus d'avancées significatives. Hamed Bakayoko, le ministre de l'Intérieur, reçoit régulièrement, dans un cadre plus ou moins formel, les anciens fidèles de Gbagbo. Mais le FPI, qui a boycotté les législatives de décembre 2011, exige toujours la libération de tous « ses » prisonniers, le dégel de leurs avoirs, le retour des exilés volontaires... Les plus radicaux demandent la libération de Gbagbo et la réorganisation des dernières élections. Des exigences jugées aberrantes par le pouvoir. « Pour dialoguer, il faut être deux, explique un proche du président Alassane Ouattara. Les cadres du FPI ne sont pas disposés à s'accorder sur quoi que ce soit au niveau politique. »

Dans ce dialogue de sourds, les durs des deux camps, toujours animés par un esprit de vengeance, mènent la danse, et les modérés n'arrivent pas à imposer leurs vues. La participation de l'opposition - qui n'est représentée que de manière marginale à l'Assemblée nationale - aux élections municipales et régionales programmées fin 2012 est donc très incertaine.

Rien de tout cela ne facilite la tâche de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), présidée par l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny. Installée en grande pompe à Yamoussoukro en septembre, celle-ci avance en terrain miné. Censée être financièrement autonome et juridiquement indépendante, elle a tenu plusieurs missions consultatives, mais peine à rassembler les financements des bailleurs de fonds. Du coup, son déploiement sur le terrain, à travers la création de 36 commissions locales, n'a pas encore débuté. C'est pourtant de cette manière que seront recueillis les témoignages des victimes et que des réparations pourront être accordées. « La réconciliation est sur de très mauvais rails », confie un diplomate ouest-africain.

Début juin, devant les blocages, Banny a envoyé un de ses émissaires rencontrer Laurent Gbagbo, à La Haye, pour jauger son état d'esprit. Difficile toutefois d'envisager de l'impliquer dans le processus de réconciliation tant qu'il sera derrière les barreaux et que les pires charges (crimes de guerre et crimes contre l'humanité) pèseront sur sa tête. Lors d'un séminaire de la CDVR, à Bouaké, les participants ont également évoqué la possibilité d'une amnistie pour les crimes postélectoraux, ce qui permettrait de libérer la parole et d'aider à la manifestation de la vérité. « Je n'y suis pas favorable sans concertation préalable ni accord national, réplique Patrick N'Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne. Les victimes ont droit à la justice. »

À ce jour, 148 personnes ont été formellement accusées de crimes commis pendant la crise postélectorale. Toutes faisaient partie ou étaient proches du régime de Laurent Gbagbo. Ce qui n'a fait que renforcer le sentiment d'une justice de vainqueurs et d'une situation d'impunité pour les forces qui ont porté Ouattara au pouvoir. Pour la société civile, toutes les questions sont intimement liées. « La réconciliation nationale passe par une remise à plat de tous les problèmes, plaide N'Gouan. Il faut trouver un consensus sur les questions de justice, de sécurité et de refonte de l'armée, de règlement des problèmes fonciers, de politique d'immigration et de naturalisation, de relance de l'emploi. » Les représentants de la société civile ont rencontré le président Ouattara le 16 mai au palais présidentiel d'Abid­jan. « Il paraît plus ouvert au dialogue, conclut N'Gouan. Gbagbo, lui, ne nous avait jamais reçus. »

Reportage TV5 Afrique- les Burkinabés occupent les terres à l'ouest de la Cote d'Ivoire

Ci-dessous le lien pour la vidéo

http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw