04.04.2012
Crise Malienne: Les barbus d’AQMI et la “barbe” burkinabè

La situation sécuritaire du Mali inquiète ses voisins, en particulier le Burkina échaudé par les dégâts collatéraux de la crise ivoirienne. Le Faso pouvait-il échapper au statut de médiateur?
Après avoir éternué quand son voisin ivoirien s'enrhumait, le Burkina Faso a de nouveau des picotements dans les narines. Cette fois-ci, c’est la situation d’un autre pays limitrophe qui suscite l’inquiétude. L’offensive éclair, de Kidal à Tombouctou, du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) déploie le spectacle d’un Mali coupé en deux où s’enchevêtrent, dans la confusion, intérêts loyalistes, putschistes, rebelles et islamistes. Et la ville malienne de Gao se trouve à moins de 200 kilomètres de la frontière burkinabè…
Déjà, du côté du “pays des Hommes intègres”, les autorités de la ville nordique de Dori se remettent péniblement d’échauffourées qui nécessitèrent, fin mars, un couvre-feu suite au mécontentement d’un mouvement de jeunes à l’égard d’une compagnie minière canadienne. Déjà, il y a moins de deux ans, les Volontaires du Corps de la paix, les Peace corps américains quittaient le Nord du Faso sur la pointe des pieds, arguant que l’ombre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) planait sur le pays.
Conséquences économiques et humanitaires
Sur le plan économique, et même si le Mali ne représente pas un corridor aussi déterminant que la Côte d’Ivoire, des effets collatéraux de la crise militaire malienne ne peuvent manquer de se faire sentir au Burkina. Au-delà du risque supportable de pénurie de bazin, aujourd’hui, comme d’attiéké (semoule de manioc), hier, c’est à la complexification de la gestion de la crise alimentaire annoncée que se heurte le Burkina.
L’insécurité croissante au Mali perturbe, en effet, l’approvisionnement en denrées à prix abordables des communautés menacées de famine. Selon l’ONG Oxfam, cette crise affecte 13 millions de personnes au Sahel. Au Mali, c’est quelque 3.575.000 personnes qui vivraient dans des zones à risque. Dans des villes comme Gao, directement concernées par le conflit nord-malien, les prix des céréales seraient déjà 70% plus élevés que la moyenne de ces cinq dernières années.
Pris dans un étau, entre des marchés régionaux qui ne fonctionnent plus normalement et une situation politico-militaire confuse, les populations maliennes n’ont souvent d’autres choix que de quitter leurs villages. Le HCR, le 19 mars dernier, évaluait le nombre total de personnes déplacées à 206.000. Plus de 23.000 auraient passé la frontière du Burkina Faso, exacerbant les problèmes de vivres, d’eau potable ou d’hygiène.
Risque de contagion
«Quand la barbe de ton voisin brûle, arrose d’eau la tienne», indique un proverbe sahélien. Mais quand c’est la case du voisin qui brûle, il devient dérisoire d’enfouir sa tête dans le sable. Les destins du Mali et du Burkina sont historiquement parallèles. Même si les populations des deux pays n’ont pas oublié la «Guerre de Noël» qui les opposa brièvement en décembre 1985, autour de la bande de terre semi-désertique d’Agacher, c’est à une franche coopération qu’elles assistent depuis les années 90, amitié sahélienne sublimée par l’entente cordiale d’Amadou Toumani Touré et de Blaise Compaoré, deux anciens militaires officiellement ou officieusement adeptes de putschs «moralisateurs».
Mais où le parallélisme s’arrêtera-t-il? Le Burkina célèbre le premier anniversaire des mutineries qui secouèrent le régime pendant de longues semaines. Alors, pour que le concept de destins parallèles ne se mue pas en oracle pour le président du Faso, les autorités burkinabè ne peuvent pas se contenter d’arroser d’eau leur menton.
Si l’Ivoirien Ibrahim “I.B.” Coulibaly avait pu tranquillement préparer son hypothétique destin national à Ouagadougou, en 2002, les rebelles maliens présents sur le territoire burkinabè, eux, se sont vu rapidement remis à leur place. Lorsqu’en février, le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga donna la parole à un colonel touareg présent au Burkina, le Conseil supérieur de la Communication déplora officiellement la légèreté avec laquelle le journal ouvrait ses «colonnes à des rebelles qui tiennent des propos racistes et appellent à la partition d'un Etat souverain voisin.»
Pendant le bras de fer entre l’organe de régulation et la presse, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération Régionale, Djibrill Bassolé, enfonçait le clou en rappelant leur droit de réserve à tous les réfugiés présents sur le territoire national. Pas question que le Faso, longtemps considéré comme un pompier-pyromane dans les crises de la région, ne devienne une base arrière de la rébellion malienne. Pour mieux empêcher toute contagion putschiste, le régime a choisi d’annihiler toute importation politique.
Le Burkina, éternel médiateur
Mais l’implication du Burkina Faso n’a pu se cantonner à la neutralité passive et à la bienveillance humanitaire. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’est-elle pas désormais incarnée par un Burkinabè, le frais émoulu président de la commission Désiré Kadré Ouédraogo, ancien Premier ministre du président du Faso Blaise Compaoré? Blaise Compaoré, lui-même, doyen des chefs d’Etat de la sous-région, n’est-il pas considéré comme un médiateur tout-terrain, depuis ses interventions directes dans les crises togolaise, ivoirienne ou guinéenne et indirectes au Soudan ou en Guinée-Bissau?
Dès les années 90, n’avait-il pas été mis à contribution pour résoudre les problèmes qui opposaient des Touaregs –déjà– au pouvoir nigérien? Nommé officiellement médiateur dans la crise malienne, par la Cédéao, en sommet extraordinaire en Côte d'Ivoire, le président du Faso semble unanimement soutenu par les chancelleries occidentales. Le 30 mars dernier, le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina, l’ambassadeur Alain Holleville, affirmait que l’institution qu’il représente ne pouvait «que s’associer aux efforts actuellement déployés dans la sous-région (…) surtout par le médiateur, de façon à favoriser un retour à l’ordre constitutionnel au Mali».
Le week-end du 1er avril a été un feu d’artifice d’images incarnant cette intervention burkinabè dans la crise malienne. Au Burkina, un Compaoré empêché d’atterrir quelques jours plus tôt à Bamako, recevait une délégation de la junte menée par le colonel Moussa Sinko Coulibaly. Quelques heures plus tard, c’est sous l’œil d’un Djibrill Bassolé omniprésent médiatiquement, que le capitaine Amadou Haya Sanogo annonçait le retour à l'ordre constitutionnel.
Pas de triomphalisme prématuré. Les accords de Ouagadougou, signés en 2007 par les parties ivoiriennes, n’avaient pas empêché la douloureuse crise postélectorale de 2010. De même, le chassé-croisé diplomatique du week-end dernier ne reconduit pas Amadou Toumani Touré au pouvoir, de même qu’il n’établit pas de négociation formelle avec les rebelles du Nord-Mali. Mais Compaoré a attiré l’attention sur les dangers que la crise malienne fait courir à son pays. Une communauté internationale bienveillante, maintenant, ne devrait pas manquer d’eau pour arroser la barbe burkinabè. Pour le reste, il faut apprécier le billard à trois bandes à la fin des parties.
Damien Glez sur www.slateafrique.com
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Mali - CEDEAO : Décryptage des Marionnettes de la CEDEAO par la presse malienne
Lu dans la presse malienne : "SANCTIONS DE LA CEDEAO : Quand le Club des chefs d’Etat mal élus décide du sort du Mali"

( L' Inter de Bamako ) Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest sur la situation du Mali, les chefs d’Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l’ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d’Etat, mais pour se prémunir d’un scénario dont ils ne sont jamais à l’abri.
Avant de monter sur l’arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d’œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.
Non seulement, ils ne l’ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.
A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.
Depuis l’instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et n’ont choisi par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l’Afrique en sens dessous dessus, assassinant l’espoir de tout un continent qui ne rêvait qu’à des lendemains meilleurs après les années de dictature.
Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l’exécution des mots d’ordre de l’épreuve de dictée préparée qu’ils ont subie dans l’Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.
La mise en route d’une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l’indépendance aux organisations continentales et sous- régionales. Ainsi l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l’Union africaine (UA) en 1999 à l’image de l’Union européenne (UE) menacée d’implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu’on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l’appellation de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).
Toutes ces modifications ne visent qu’un seul objectif : l’instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.
Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu’ils jouent parfaitement leur rôle dans la Francafrique.
Mais de là, à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même.

Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso
Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l’assassinat d’un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d’abord à éliminer tous ses frères d’armes qui l’ont aidé à abattre le jeune capitaine, l’incarnation de l’espoir de la jeunesse africaine.
Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n’est pas épargnée. Le journaliste d’investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d’un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1999.
Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l’Afrique de l’Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous- région.
Du Libéria à la Sierra- Leone en passant par la Côte d’Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l’armée du pays des Hommes intègres et équipés par la France.
Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays au moment de la guerre la plaque tournante du trafic de l’or, du diamant et du cacao.
Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.
Ce criminel, qui n’a que sa place dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d’Ivoire.
En un mot, cet homme n’incarne que le Satan personnifié.

Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO
Son cas est des plus pathétiques. Incapable d’arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N’eut été le poids économique de la Côte d’Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l’époque, le géant de l’Afrique de l’Ouest allait droit au mur.
La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l’installer au pouvoir et les pressions économiques de l’UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d’une élection déjà pipée à l’avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.
Un tel dirigeant est loin d’être un modèle pour donner des leçons à d’autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d’être un coup d’Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l’armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d’Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c’est que les militaires maliens n’ont pas pris l’avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.

Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l’Union africaine
Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l’omission sur le fichier électoral d’un million d’électeurs dans le camp de l’opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d’être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.

Mamadou Issoufou, Président du Niger
Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d’Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu’un coup d’Etat est inversement apprécié selon qu’il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu’il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est- ce pas ? Le silence serait d’or pour vous.

Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria, (Prix Nobel de la Paix)
La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l’ancienne puissance entre les deux tours d’une élection qu’elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu’elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.
par Yoro SOW
Coup d’État du CNRDRE: Les 4 vérités du doyen Seydou Badian
Par Info Matin

Le Dr Seydou Badian: J'ai entendu les grandes déclarations: la CEDEAO. J'ai entendu quelqu'un parler de réinstaller ATT même s'il faut avec les armes. Ça m'a fait sourire. Mais s'ils l'installent avec les armes, ils vont rester, ils vont nous occuper alors. Parce que pas question de l'installer avec les armes et de tourner le dos, nous laisser. Il faut qu'ils assurent sa sécurité. Alors, ces hommes, ces grandes déclaration martiales, quant nous nous étions envahis, nos enfants égorgés, on n'a pas entendu beaucoup de choses. On n'a pas entendu beaucoup de voix. Alain JUPPÉ est venu, ce qu'il a dit est dans la mémoire de chacun de nous: «Les rebelles ont remporté quelques succès, il faut négocier». En somme, nous sommes en position de faiblesse, il faut qu'on accepte leurs conditions, c'est cela. Je n'ai pas entendu l'Union africaine (UA) faire de grandes déclarations, je n'ai pas entendu la CEDEAO faire de grandes déclarations. Il faut négocier, il faut négocier...Il faut négocier quoi? Ces gens veulent le partage du Mali, ils veulent dépecer le Mali. Et, je suis triste de constater que ceux qui veulent le partage du Mali sont bien reçus à Nouakchott et bien reçus à Ouagadougou. Nous sommes devenus quoi? Nous sommes devenus la risée de nos voisins.
L'arrivée de la délégation de la CEDEAO?
Le Dr Seydou Badian: Ça me fait rire. Qu'est ce qu'ils vont dire? On les connaît, on se connaît. Non, le Mali n'est pas une terre que l'on peut fouler impunément, où l'on peut venir s'amuser. Le Mali n'est pas une terre où on peut venir effrayer: effrayer à droite, effrayer à gauche. Ça ne marchera pas. Nous leur demandons, ce sont nos voisins, ce sont nos frères, qu'ils ne se mêlent pas de nos affaires à ce point. Ils ne peuvent pas nous occuper: ils sont nos voisins, ils sont nos pairs; mais ils ne sont pas nos maîtres. Ils ne peuvent pas occuper le Mali. On n'a pas d'ordre à recevoir d'eux.
Transcrit par Hamidou TOGO
Lu dans la presse malienne: Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali
Alassane Ouattara et sa guerre financière illégale contre le Mali : Le président ivoirien tente de bloquer le fonctionnement de l’économie malienne en asséchant la liquidité des banques maliennes.
En fermant l’agence de la Bceao pour le Mali, Alassane va progressivement priver les banques maliennes de la possibilité d’accéder à leurs ressources déposées à la Banque centrale. Ces ressources sont en réalité les dépôts des clients maliens. Si cette situation perdure, elle va entraîner une défiance des déposants vis à vis des banques, créer un réflexe de gérer à domicile les espèces et provoquer l’arrêt des versements des clients dans les banques et institutions financières.
De cette façon, les banques ne pourront pas fournir à l’économie les moyens de paiements liquides dont elle a besoin pour fonctionner normalement. Cette crise de liquidité va donc avoir des conséquences incalculables sur l’économie malienne qui va subir des chocs endogènes profonds et irréversibles.
L’économie malienne retournera à l’âge du troc si cette opération doit s’étaler dans la durée.
En répliquant sur le Mali les méthodes de guerre financière expérimentées contre Gbagbo, Alassane veut détruire le fonctionnement de l’économie malienne pour satisfaire des objectifs politiques.
De quel droit, Alassane peut-il imposer aux populations maliennes plus de souffrances qu’elles n’endurent déjà ?
Juridiquement, a-t-il le droit de bloquer les avoirs des ménages et des entreprises maliennes entreposés à la Banque centrale via le système bancaire ? La réponse est non.
Par ailleurs, en asséchant la liquidité dans l’économie, le Mali va perdre la guerre du Nord, n’ayant aucune ressource liquide pour faire face à l’achat de carburant et à d’autres dépenses où l’utilisation des espèces est nécessaire.
Si la population n’a plus de moyens de paiement, ce sera l’émeute et la junte sera rendu responsable de la pire des situations économiques que le Mali aura connu alors que le véritable coupable seraient Alassane Ouattara et le gouverneur de la Bceao.
Pour sauver un membre du club des chefs d’Etats, Alassane est-il prêt à sacrifier le Nord du pays pour mériter son poste de Président de la Cedeao et satisfaire la France et les puissances occidentales ?
La junte à intérêt à s’attacher les services d’avocats internationaux pour obliger la Bceao à fournir en continue de la liquidité à l’économie malienne. Priver les banques de la possibilité d’accéder à leurs avoirs à la Bceao est un moyen de coercition illégal et illégitime.
Ceci pose, en filigrane, la mainmise des Ivoiriens sur l’Institut d’émission via un gouverneur ivoirien qui doit son poste à son pays. Le fait qu’un seul pays préside aux destinées de l’Institut d’émission commun, depuis sa création, en 1960, alors que les textes prévoient une rotation, est d’ailleurs un anachronisme.
Le Mali sera en mesure de porter plainte contre la Bceao pour détournement de pouvoir et alignement sur des chapelles politiques. Ce n’est pas son rôle, ce n’est pas sa mission.
Question : si une junte militaire avait pris le pouvoir au Nigeria, la Cedeao sera-t-elle en mesure de brandir des menaces du genre «on va les obliger militairement à quitter le pouvoir»? La réponse est évidemment : non ! Boni Yayi doit faire attention à ne pas aggraver la situation par des propos insensés. A-t-il pu contraindre la Cedeao à intervenir pour rétablir la légalité constitutionnelle en Cote d’Ivoire en faveur du même Alassane Ouattara qui peinait à retrouver son fauteuil ? Ou croit il que les Maliens prennent au sérieux de telles menaces qui sont contre productives et sources de tensions inutiles entre le Mali et le Bénin?
Aux dernières nouvelles, la Bceao a rouvert ses guichets aux banques pour qu’elles s’approvisionnent en liquidité. Mais la menace illégale demeure et elle est prégnante. On ne peut continuer à permettre à la Bceao de faire de la politique au profit de dirigeants déchus.
L’intervention militaire prévue dans les textes de la Cedeao est relative à la défense de l’intégrité des pays- membres, mais pas pour rétablir un pouvoir désavoué et dont les dirigeants se seraient rendus coupables de forfaiture.
Birama FALL
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29.03.2012
Mali: Oh Honte la CEDEAO !!!
Ils se sont réunis à Abidjan, se sont bandés les muscles pour instaurer l'ordre constitutionnel au Mali avec les déclarations fracassantes. Ils n'ont pu mettre pieds sur le sol Malien. Lisez plutôt cet article de jeuneafrique.

Mali : les chefs d'État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako
Une manifestation de partisans de la junte malienne sur le tarmac de l'aéroport de Bamako a empêché la délégation de chefs d'État de la Cedeao d'atterrir. Un sommet d'urgence de l'organisation ouest-africaine a été convoqué dans la foulée à Abidjan.
Alors qu’il était dans l’espace aérien du Mali, Alassane Ouattara a fait demi-tour pou revenir à Abidjan. Il devait présider à Bamako une délégation de chefs d’État de la Cedeao venus discuter avec la junte qui a renversé, le 22 mars, le président malien Amadou Toumani Touré (ATT).
La décision de ne pas atterrir au Mali a été prise après une brève manifestation à l'aéroport par des dizaines de partisans des putschistes qui ont envahi le tarmac. Une mobilisation qui faisait suite à celle de la veille, dans les rues de Bamako, où plusieurs milliers de manifestants pro-junte ont marché pour protester contre la Cedeao, la France, et la communauté internationale en général qui a unanimement condamné le coup de force des militaires maliens.
Restaurer l'ordre constitutionnel
Les autres chefs d’État de la délégation ouest-africaine ont eux aussi détourné leur vol pour se rendre à Abidjan, où une réunion d’urgence a été convoquée. Parmi eux, le médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, Blaise Compaoré (Burkina Faso) et le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Béninois Boni Yayi.
La Cedeao entend trouver une solution permettant de restaurer l’ordre constitutionnel au Mali. Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, ladite solution pourrait passer par « une transition » dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Mais les putschistes ne semblent pas vouloir négocier pour le moment. Ils ont proclamé mardi une nouvelle Constitution institutionnalisant la junte comme « organe suprême » jusqu'à des élections présidentielle et législatives dont la date n'a pas été fixée. Et le chef de la junte, Amadou Haya Sanogo, a pris le statut de chef de l'État.
ATT semble quant à lui complètement hors-jeu dans la crise, du moins à juger par son intervention du mercredi 28 mars.
Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Mali : les chefs d'État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
18:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mali, france, cedeao, ouattara, att, rebellion, coup d'etat
28.03.2012
Mali: Première interview du Président Malien ATT après son renversement
Amadou Toumani Touré à RFI : «le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne»
Note personnelle: "ATT coupe les herbes sous les pieds des va t'en guerre de la CEDEAO par cette interview accordée à RFI. Ils envisagent maintenant son remplacement par le Président de l'Assemblée Nationale. Merci Président de ne pas leur donner l'opportunité de brûler ton pays car c'est leur marque de fabrique."
Lisez plutôt:
Par RFI
Le président malien, Amadou Toumani Touré, dont on était quasiment sans nouvelles depuis le coup d'Etat du 21 mars dernier, a accordé ce mercredi un entretien à RFI. Il affirme être au Mali, en bonne santé et libre. Et il appelle ses compatriotes à soutenir le plan de sortie de crise proposé par la Cédéao.
Amadou Toumani Touré : Je voudrais tout d'abord prononcer une petite déclaration : j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt les conclusions à l'issue du sommet extraordinaire de la Cédéao, tenu mardi à Abidjan. Je souscris entièrement aux propositions faites par les chefs d'Etat pour une sortie de crise dans notre pays. Cela s'entend par le retour à l'ordre constitutionnel normal ce qui est cardinal. Et cela nous permettra certainement d'éviter toute aventure. Cela passe aussi par la remise en place des institutions de la République qui ont été démocratiquement élues par le peuple souverain du Mali. Le « cas ATT » est certainement le plus simple. A deux mois de la fin de mon mandat, je reste disponible et surtout compréhensif pour toute solution allant dans le sens de l'apaisement et de la sauvegarde de la démocratie malienne citée en exemple. Démocratie que, avec tant d'autres Maliens, tant d'autres démocrates, j'ai contribué à mettre en place. Je demande à mes compatriotes maliens et aux amis de notre pays de soutenir cette sortie de crise. Le Mali ne mérite pas du tout cette période de crise.
RFI : Monsieur le président, cela fait 7 jours que l'on est sans nouvelles de vous. Comment vous portez-vous ? Quel est votre état de santé ?
ATT : Je me porte très bien. La seule chose qui me manque c'est un peu de sport. Mais je me porte très bien et ma famille aussi.
RFI : Où vous trouvez-vous actuellement ? Etes-vous toujours en territoire malien ? A Bamako ou à l'intérieur du pays ?
ATT : Je suis à l'intérieur du Mali. Chez moi, au Mali.
RFI : Etes-vous détenu par les mutins ou libre de vos mouvements ?
ATT : Je ne suis pas détenu par les mutins. Je suis libre dans mon pays.
RFI : Mais vous n'êtes pas à Bamako ?
ATT : Je vous ai dit que j'étais au Mali, et la prochaine fois que nous nous verrons je vous dirai où j'étais pendant tout ce temps...
RFI : Comment voyez-vous cette décision de la Cédéao qui consiste à vous réinstaller dans vos fonctions de président de la République ?
ATT : Je dis que le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne. Je suis à deux mois de la fin de mon mandat. Je pense que le plus important aujourd'hui, c'est, de manière consensuelle, avec l'ensemble de la classe politique malienne et l'ensemble des parties présentes, et l'ensemble des chefs d'Etat de la Cédéao, de ménager une sortie de crise. Je pense que le plus important aujourd'hui, ce n'est pas ATT, ce n'est pas les hommes, ce qui est important c'est la démocratie, c'est les institutions, et c'est le Mali.
RFI : Vous êtes donc prêt à partir ? A vous retirer ?
ATT : La question ne m'a pas encore été posée, mais sachez que, il y a 22 ans que je pense être utile à mon pays. 22 ans après, je suis là encore, face à cette crise. Et pour moi c'est le Mali d'abord et le Mali avant tout.
RFI : Est-ce que vous vous considérez toujours comme le président du Mali ?
ATT : Je ne veux pas rentrer dans cette polémique. Je me considère d'abord comme un citoyen malien, comme un démocrate. Aujourd'hui ce qui compte pour moi, ce n'est pas ma douleur, elle n'est rien. Mais ce qui me peine, c'est la situation dans laquelle je vois mon pays.
RFI : Une nouvelle Constitution vient d'être présentée par la junte qui se propose de ne pas se présenter aux prochaines élections. Cela vous semble-t-il recevable ?
ATT : Je pense que ce n'est vraiment pas à moi de décider. Les chefs d'Etat de la Cédéao viendront à Bamako, ils discuteront avec les uns et les autres, et c'est le plus important.
RFI : Revenons sur la journée du mercredi 21 mars. Comment êtes-vous parti du palais présidentiel ? Comment s'est passée cette journée pour vous ?
ATT : J'ai passé toute la journée sous les canons depuis pratiquement 16 heures. Canons de chars, canons de véhicules blindés, toutes sortes de tirs étaient concentrés sur mon bureau, sur mon domicile et sur ma famille. Et aux dires de certains, il ne reste plus rien, tout est calciné. Mais pour un vieux commando, il reste toujours un moyen de se tirer d'embarras et c'est ce que j'ai fait.
RFI : Mais avez-vous délibérément demandé à la garde présidentielle de ne pas répliquer, de ne pas combattre ?
ATT : En aucune manière je ne souhaiterais jamais que des soldats de l'armée malienne tirent sur d'autres soldats de l'armée malienne. Pour moi qui suis aussi soldat et officier de cette armée, vous pouvez imaginer que je n'aurais jamais souhaité des affrontements entre les forces armées uniquement pour protéger un homme. Le plus important aujourd'hui, c'est d'en appeler à l'unité, c'est d'en appeler à la cohésion pour faire face à tous les défis qui attendent le pays.
RFI : Etes-vous encore entourés de quelques fidèles ?
ATT : Je ne pourrais pas vous le dire. Vieux soldats, il y a quelques secrets militaires que je garde pour moi. Mais le plus important c'est que je me porte bien et que je suis en République du Mali.
RFI : Etes-vous favorable à une intervention militaire comme le suggère la Cédéao en cas de refus du plan de sortie de crise par les mutins ?
ATT : Je ne répondrai pas à une telle question. Je n'ai pas été contacté officiellement et je ne suis pas à l'aise pour répondre à des questions qui ne m'ont pas été posées.
Propos recueillis par Boniface Vignon
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21.03.2012
Côte d'Ivoire - France : Y a t-il eu en Côte d'Ivoire, Fiasco des sondages ou perversion des sondages pendant les élections présidentielles de 2010 ?
En lisant l'article ci-dessous titré "Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010", j'ai eu des intérogations que je souhaite partager avec vous:
- Y a t-il eu un fisco des sondages en Côte d'Ivoire pour les élections présidentielles de 2010 ?
- Y a t-il eu une perversion des sondages en Côte d'Ivoire ?
Les sondages en soit ne sont pas mauvais et aident à la prise de décisions aussi bien au niveau commercial que politique. A bien lire cet article, l'Afrique ne serait pas prête à cette outil. Si donc l'Afrique n'est pas prête aux sondages comme le laisse croire cet article, elle n'est pas prête pour la démocratie. Arrêter donc de venir installer la démocratie en Afrique avec les armes. Si les sondages sont pas bons pour l'Afrique, alors la démocratie n'est bonne pour l'Afrique pourrait-on conclure.
Ce que je retiens de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire, c'est que les sondages ont été pervertis à des buts malsains et inavoués car les élections ce n'est pas un jeu d'addition comme l'indique cette phrase du paragraphe 3 "Aux habituelles concessions sur les imperfections, il ajoutait un argument politique sur le score pas si favorable de Laurent Gbagbo, dépassé par ses concurrents si ceux-ci s’unissaient : « Plutôt que de critiquer ces sondages, l’opposition ferait mieux de les regarder de près : unie, elle gagne au premier tour et, avec un transfert de voix majoritaire entre ses deux candidats, elle gagne au second tour."
Nous savons tous que les sondages ont une marge d'erreurs, mais cela n'enlève en rien leur crédibilité si tout le monde respecte le jeu démocratique. Nous rappelons que le camp Ouattara a aussi fait des sondages qui n'ont jamais été publiés.
Lire ci-dessous l'article du monde diplomatique
Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010
mardi 13 mars 2012, par Alain Garrigou

« Les sondages ne peuvent se tromper à ce point. Nous avons fait depuis un an et demi huit sondages et je suis toujours en tête. » Ainsi se rassurait Laurent Gbagbo, président ivoirien, dans une interview avant l’élection présidentielle de 2010 (JDD, 29 octobre 2010). On sait ce qu’il advint. Le 28 novembre 2010, Alassane Ouattara remporta l’élection avec 54,1 % des suffrages contre 45,9 % à Laurent Gbagbo. Histoire banale de sondages qui se trompent, comme il en existe quelques-unes depuis la victoire de Truman en 1948 contre les chiffres de Gallup ? Non seulement Laurent Gbagbo perdit mais il n’admit pas sa défaite, et la Côte d’Ivoire s’enfonça dans la guerre civile avant l’intervention française et l’arrestation du vaincu. Son camp accusa le vainqueur Alassane Ouattara de fraude massive. N’avait-il donc pas triché ? Pas assez, firent observer des observateurs cyniques ou réalistes. En termes plus clairs, ils mirent en cause les sondages qui avaient si bien conforté le président en place dans son optimisme qu’il n’avait pas autant truqué les chiffres que l’adversaire. Si Laurent Gbagbo était annoncé vainqueur par tous les sondages, il fallait que le vainqueur ait triché. Cette affaire est en partie un équivalent ivoirien du 21 avril 2002 en France, où les sondages sont censés avoir induit en erreur les protagonistes [1]. La contestation était cependant cocasse, venant de ceux-là mêmes qui avaient cru les utiliser à leur profit.
Pendant la campagne, les opposants au président Gbagbo avaient mis en cause TNS-Sofres, qui avait réalisé les sondages en Côte d’Ivoire. Ou plutôt, accusaient-ils, sous-traité ceux-ci à une entreprise ivoirienne dont le savoir-faire était douteux — autant que sa neutralité politique, puisqu’elle était dirigée par un partisan de Laurent Gbagbo. Le sondeur français n’a pas eu à se justifier, même si l’on sait que dans ses rangs, certains ne sont pas fiers de leur rôle, inquiets d’une responsabilité dans le déclenchement des combats, et sans doute rassurés que l’affaire n’ait pas défrayé la chronique en France et ailleurs. Cette affaire est significative de l’introduction des sondages dans de nouveaux pays et aussi, bien sûr, de nouveaux marchés. On sait que les sondeurs, sûrs d’avoir partie naturellement liée avec la démocratie, se pensent comme des missionnaires de la démocratie. On se souvient des autocélébrations de leur arrivée dans les pays délivrés du communisme comme en Roumanie en 1989, après la chute de Ceaucescu, où les employés de BVA s’émouvaient devant ces Roumains qui faisaient la queue pour répondre aux questions des enquêteurs travaillant dans la rue. Quant aux révolutions arabes, l’enthousiasme fut tel qu’on aurait pu croire qu’elles attendaient les sondeurs. C’est en tout cas ce qu’affirmèrent certains d’entre eux. L’affaire ivoirienne nous ramène à un sain réalisme.
L’introduction des sondages dans la politique africaine n’est pas banale. En l’occurrence, une explication en est certainement la confiance du commanditaire, le président Laurent Gbagbo qui, selon Jeune Afrique, « croit aux sondages, tout au moins à ceux qu’il a commandés à l’institut français TNS-Sofres et qui, depuis huit mois le donnent régulièrement vainqueur au second tour de la présidentielle » (15 avril 2010). Dans le sixième et dernier de la série, l’ancien président ivoirien était crédité de 46 % des intentions de vote devant Henri Bédié (26 %) et Alassane Ouattara (24 %). Effectué auprès de 1 400 personnes, ce sondage donnait par ailleurs un score de satisfaction fort élevé pour Laurent Gbagbo (49 %) et sur son programme (69 %). Ces « bons » chiffres amenaient immanquablement le soupçon. « De trop beaux sondages ? », s’interrogeait Jeune Afrique, qui signalait le scepticisme local : « Ni ses adversaires, ni la France officielle, ni même une partie de son propre entourage n’assurent accorder crédit à ces enquêtes, qui, à les entendre, seraient trop favorables à leur commanditaire pour être prises au sérieux » (15 septembre 2010). Le correspondant de l’agence Reuters avertissait de son côté que « la fiabilité des sondages en Côte d’Ivoire comme dans le reste de l’Afrique de l’Ouest est mise en doute par certains diplomates qui soulignent que les instituts n’en ont pas eu une grande pratique dans le passé » (Reuters, 14 octobre 2010). Les sondages étaient pourtant effectués par un des grands instituts internationaux, TNS Sofres, et précisément son antenne parisienne. A Paris, s’éleva la plainte d’un porte-parole de Alassane Ouattara qui accusait le camp présidentiel de « préparer les esprits à un cambriolage électoral » (28 août 2010). Avec des accusations plus précises : « TNS Sofres n’a jamais envoyé d’équipe en Côte d’Ivoire pour faire des enquêtes en vue d’un sondage. L’institut fait de la sous-traitance avec une boite en Côte d’Ivoire, appelée Marketing Field Force, dont le responsable est bel et bien M. Djahi Serge qui est un partisan du président-candidat Laurent Gbagbo » (Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne, ACSCI, 24 avril 2010). Le 28 août, une plainte était déposée au tribunal de grande instance de Paris par le mouvement interafricain de réflexion et d’action (MIRA) dirigé par le dénonciateur, M. Mamadou Touré, qui reprochait à TNS-Sofres des « sondages frauduleux ».

Brice Teinturier, directeur-adjoint de TNS Sofres [2], se défendit : « Notre échantillon représentatif a été constitué à partir du dernier recensement de 1998 amélioré par nos propres bases de données, TNS Sofres réalisant régulièrement des études de marché en Côte d’Ivoire, et à partir de statistiques départementales et de la population enrôlée sur les listes électorales, disponibles auprès de la primature, de la CEI [Commission électorale indépendante] et de Sagem Sécurité » (Jeune Afrique, 15 avril 2010). Aux habituelles concessions sur les imperfections, il ajoutait un argument politique sur le score pas si favorable de Laurent Gbagbo, dépassé par ses concurrents si ceux-ci s’unissaient : « Plutôt que de critiquer ces sondages, l’opposition ferait mieux de les regarder de près : unie, elle gagne au premier tour et, avec un transfert de voix majoritaire entre ses deux candidats, elle gagne au second tour. » Curieux argument qui balaie la critique au nom de l’équilibre politique des chiffres. Comme si l’opposition était seulement (et à tort) mauvaise joueuse. Le sondeur pourrait cependant faire valoir que ses chiffres n’étaient pas si erronés puisqu’une majorité d’opposition s’est bien dégagée. Les écarts par rapport aux intentions de vote sautent néanmoins aux yeux puisque au premier tour, Laurent Gbagbo obtint 38,30 %, Alassane Ouattara 31,08 % et Henri Bedié 25,24 %. Avec de telles approximations, la question de la fiabilité a-t-elle encore un sens ?
Sur la sincérité des réponses, le sondeur apporte une réponse incohérente en assurant que les « interrogations » seraient « valables d’ailleurs pour tous les candidats » mais ajoute que « les redressements assurés par nos soins ont été volontairement plus durs avec le président sortant qu’avec ses concurrents ». Manière de reconnaître que la sincérité était plus problématique avec un pouvoir ayant plus de capacité d’intimidation que l’opposition. C’est pour le moins une question rapidement réglée dans un pays où la liberté d’expression est limitée. Le sondeur peut-il s’en tirer à si bon compte par une correction méthodologique d’un redressement plus sévère pour l’autocrate ? Conformément à la loi française (!), Brice Teinturier ne révèle pas quels sont les coefficients de redressement. Il n’a cependant pas besoin de dire que la méthode pour l’opérer n’est pas celle du dernier souvenir du vote (les élections précédentes ayant eu lieu en 2000). Le redressement a dû emprunter à la recette du doigt mouillé. Enfin, le sondeur affirme avoir envoyé une vingtaine d’enquêteurs. Même effectué en une semaine en face-à-face, chose qui n’est pas précisée, pour 1 400 sondés, cela ferait beaucoup de travail pour chacun d’entre eux. On a quelques raisons de douter que les employés de TNS Sofres, débarqués de France et « blancs de peau », aient « passé » les questionnaires. Ceux-ci ont donc bien été sous-traités. A qui ? M. Teinturier ne semble pas ému par l’identité du commanditaire. Certes, les sondeurs travaillent pour les pouvoirs publics en France. Il est cependant interdit au service d’information du gouvernement (SIG) et aux ministères à Paris de commander des sondages électoraux. Est-il neutre de le faire en Côte d’Ivoire pour le président du pays ? D’autant plus que personne d’autre n’en commande. Le sens démocratique et la déontologie chers aux sondeurs français ont subi une singulière dévaluation sous les tropiques. Cela n’empêche nullement de lancer des oukases contre les critiques : « Les enquêtes d’intentions de vote sont volontiers clouées au pilori. Ce procès est révélateur d’une conception réactionnaire du vote et du citoyen », lançait Brice Teinturier (Le Monde, 8 novembre 2011).
Au-delà de cette manifestation nouvelle de la Françafrique, l’épisode ivoirien soulève des questions épistémologiques sur les conditions de possibilité de sondages, c’est-à-dire d’enquêtes statistiques reposant sur la représentativité. En d’autres termes, peut-on faire des sondages dans n’importe quelle société ? Il s’agit moins ici de la liberté politique minimale nécessaire pour que les réponses soient fiables, que de la structuration sociale et de ses rapports à la politique. Si le vote est organisé sur des principes régionaux, religieux ou ethniques, quelle pertinence peut avoir un échantillon représentatif basé sur les variables sociologiques et selon la méthode des quotas ou la méthode aléatoire utilisées dans les sociétés occidentales ?
Notes
[1] Le 21 avril 2002, alors que tous les sondages avaient annoncé un second tour opposant Jacques Chirac (président sortant) et Lionel Jospin (premier ministre), la deuxième place de Jean-Marie Le Pen constitua une immense surprise. Les sondages furent mis en cause pour avoir démobilisé les électeurs du premier tour (record d’abstention avec 28,4 %) et avoir pemis la dispersion des suffrages de gauche.
[2] Brice Teinturier est devenu directeur général délégué d’Ipsos en septembre 2010.
source: monde-diplomatique.fr
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08.03.2012
Africains, Quel destin voulons nous? par Bernard Dadié
Remettons nous en mémoire l'histoire récente de notre continent...
« Il y a quelques années, les Français sont arrivés à Sikasso en simples marchands. On ne refuse pas l’hospitalité à un étranger et partout le marchand est le bienvenu. Mais ces Français ont montré leur vrai visage, Un visage de conquérants. Les Blancs ne peuvent rien contre un peuple entier qui s’unit pour leur résister. Mais tant qu’il y aura des Noirs qui acceptent de manger le riz et la viande que les Blancs leur donnent pour trahir leurs frères de race, les Blancs seront redoutables» (Sikasso : Djibril Tamsir Niane) ;
«La civilisation occidentale, tous scrupules étouffés, a vendu son âme à la puissance matérielle de l’argent-dieu. Entre Erasme et Machiavel, elle a choisi le second comme maître. Le racisme est l’idéologie qui a le mieux servi le capitalisme comme stade terminal d’appropriation du monde» (Du racisme français : Odile Tobner).
«Le néocolonialisme relaie, à partir de 1960, jusqu’à nos jours, la colonisation directe. Celui-ci se caractérise par sa duplicité. Après le salut par l’esclavage et la traite, on prône désormais le développement par le pillage. La continuité de l’entreprise est sans faille». (Ibid.)

«L’assassinat de Lumumba, fomenté par les Occidentaux, exécuté par leurs séides africains, marque le coup d’arrêt mis à l’émancipation insupportable de l’Afrique» (ibid.) Ces trois dernières citations, à l’image de la violence qui est faite chaque jour à nos peuples d’Afrique, manquent certes de nuances. Elles sont «globalement» vérifiées.
En écho, ne cessent de résonner en nous ces menaces : «Laurent Gbagbo et son épouse ont leur destin en leurs mains ; si, d’ici à la fin de la semaine, ils n’ont pas quitté le poste qu’ils occupent, le poste qu’il occupe, Laurent Gbagbo… en violation de la volonté du peuple ivoirien… ils seront immédiatement sur le liste des sanctions», dixit le président français, Sarkozy. Et le sang coula en toute liberté, en toute égalité, en toute fraternité.
Mais nos «frères» pour qui l’entraide et la sage pesée des arguments de chacun serait un impératif ? Excepté quelques uns, que nous saluons, ils détournèrent le regard… Certains, «flatteurs», comme les animaux de la fable, applaudissaient, criant encore plus haut, plus fort : «Haro !». Recompter des voix ? Tranquilliser les électeurs incrédules en accordant résultats et transparence ?
Allons donc...
Les illuminations passées n’ont pas suffi à sécher les larmes dans les yeux des enfants qui n’ont plus de pères, de mères qui n’ont plus d’enfants, ni dissiper les souffrances des prisonniers, des exilés, des licenciés de leurs emplois, des chômeurs, des étudiants pauvres, sans université et sans avenir, des paysans chassés de leurs terres à qui il ne reste plus qu’à aller «se chercher» sous d’autres cieux ou grossir dans les quartiers précaires de nos cités les bataillons de la misère sous toutes ses formes… De toutes ces victimes si nombreuses et l’on refuse de voir.
Qui n’a vu ou ne sait quelle sorte de vindicte s’abattit sur la Guinée de Sékou Touré pour un «Non» ? Il fallait la punir et pour cela priver le peuple et les édifices de l’État de tout. On alla jusqu’à enlever les ampoules. La Guinée devait mourir dans les ténèbres… La Conférence de Brazzaville n’avait-elle pas décidé qu’il n’y aurait pas d’évolution hors du bloc français ? Quelle liberté, quelle dignité pouvait-on concéder à des sujets nègres à la sortie d’une guerre aussi meurtrière et aussi dévalorisante pour le prestige du Blanc.
Oui, ces nègres avaient pourtant eu, durant les deux Guerres, une part non négligeable dans la reprise de l’Alsace et de la Lorraine et continuaient de nourrir la France, pour une grande partie. On les parquait dans des «Unions» : unions de la carpe et du brochet. Union française : capitale Paris. L’accueil fervent du Général de Gaulle suffisait, il avait valeur de test et de bulletin.
Nous, nous étions nourris de la lecture de La Case de l’Oncle Tom : «Tom, lui dis-je, je me fie à toi parce que tu es chrétien». Aussi avec le temps a-t-on confié la direction suprême des pays à Tom. Nous chantions : «La France est belle, ses destins sont bénis» et à la fin des messes, nous priions pour elle, elle qui nous a sauvés des dangereux caprices de nos roitelets qu’elle a vaincus.
Ne nous a-t-elle pas apporté la paix et le bonheur ? Combien de saintes chrétiennes n’ont-elles pas veillé sur la naissance de ce Paris d’où l’on nous parlait de fédéralisme ? «Mais tout le monde parlait-il du même Fédéralisme ? M. Sédar Senghor opposait le vrai fédéralisme, qui présuppose une vie politique locale, au fédéralisme «poussif» prôné par les États-généraux de la colonisation française et qui aurait permis à la minorité européenne de chaque colonie de mener les affaires coloniales à sa guise». (De Benoist : La Balkanisation de l’Afrique)
Ainsi, mesurant l’évolution et la constance des appétits du colonat, les Africains vont parler d’ «Indépendance». Le mot biaisé, le mot fâcheux. Les arrestations, les tortures, les blessés et les morts et l’état de guerre qui ne dit pas son nom… Où ? Quand ? Précisez !…

Mais depuis 45, quelle guerre - guerre du grand commerce contre les producteurs indigènes ; guerre de haute finance contre les territoires aux économies encore faibles ; obstacles multiples posés contre le désir des peuples d’exister, de se faire entendre…, - quelle guerre n’a-t-on pas déclenché sur nos têtes, à peine parlions-nous de changement ; à peine prononcions-nous le mot, le mot : Liberté !
Liberté de travailler ! Liberté de s’instruire ! De se soigner ! Liberté de choisir ses alliances ! D’être respecté en tant que personnes, en tant que peuples. Liberté sans laquelle il n’est pas d’indépendance. Comme les autres, avec les autres, et non pas, et non plus, guidés par quelques-uns qui se voudraient toujours nos mentors. Embrasser nous aussi, la terre, l’univers et ses planètes. Vivre…
Enfin!
La guerre que nous venons de subir, montre que notre cri, le cri de Caliban, «Uhuru !», le cri de Béatrice au Bûcher, n’a pas vraiment franchi les océans et jamais ne franchira la Seine. De cette France où il retentit aussi, dans les rues, journellement, rares sont ceux qui nous écoutent, nous entendent et nous répondent avec respect et justice, en toute fraternité. Le crocodile parisien ne supporte aucun autre crocodile auprès de son marigot ; ce vétéran de tant de traites et du pacte colonial est toujours aussi affamé et avide.
Au temps de la Conquête, les premiers collaborateurs du Blanc venaient d’ailleurs : du septentrion et du couchant. Ils portaient des surnoms étranges : «feu», «piment», «lion», «pluie du matin»… Collaborateurs du Blanc, ils étaient détenteurs d’une étincelle de leur prestige. Du moins, le croyaient-ils. On les recevait comme on recevait le maître blanc. Seuls nos vieux crachaient et secouaient la tête. Pouvaient-ils faire mieux ? À l’école, nos livres avaient pour titre Moussa et Gigla, Mamadou et Bineta, des noms de frères.
Insidieusement, tout un peuple était infantilisé et soumis à des traitements sous lesquels il regimbait. Mais sous le couvert de nos arbres, dans les hautes herbes de nos savanes, de tribu à tribu, nos tambours parleurs avaient autrefois transmis leur refus de subir. Personne ne tentait encore alors de nous diviser par des faveurs spéciales. On parle aujourd’hui de «coupeurs de routes» : il y en avait aux premières heures de la conquête, mais ils étaient d’un autre modèle et d’une bien autre trempe. Ils agissaient pour d’autres raisons que de pur banditisme. Ils attaquaient les individus douteux, les porteurs de faux messages et les petits convois du conquérant. Des villages se communiquaient la nouvelle et des groupes de résistants s’organisaient. Paris veut-il nous ramener à ce temps-là ?
Quoique vaincus, nous avons cependant su, nous, les «indigènes», toujours faire la différence entre les racistes, les colonisateurs impénitents, les prédateurs et les autres. Vive Binger et vive tous ceux qui respectèrent le sang rouge des Nègres. Des ampoules emportées, des universités ravagées et fermées, des jeunes que l’on jette dans la rue et l’obscurantisme : sera-ce là notre quotidien ? Nombreux sont les livres publiés sur les événements d’hier et d’aujourd’hui – car aujourd’hui est nécessairement lié à hier -, écrits par des Blancs et des Noirs, et des femmes souvent. Dieu merci, elles ont bonne mémoire.
...Et pourtant, merci Paris, de m’avoir appris à lire, dans Montaigne et Pascal, dans Montesquieu et Jules Vallès, dans Romain Rolland et Gide, Albert Londres et Camus, dans ma propre culture… Pour un jour entamer avec toi le dialogue authentique, celui qui nous lavera de toutes les idées fausses propagées aujourd’hui par le seul langage audible : celui de l’argent et du profit.
«Et si Dieu n’aimait pas les Noirs», demandes-tu, Serge Bilé. Sais-tu qu’il y a des Vierges noires, dans l’église de Chartres comme dans d’autres, ailleurs ? Les couleurs ne permettent de préjuger d’aucune supériorité morale ou intellectuelle. Seule la gent inculte peut établir ce type de différenciation. Les besoins de l’industrialisation au plus bas coût d’investissement en Occident, et la recherche continue de manouvriers se satisfaisant de salaires de misère et de conditions de travail indignes, secondent souvent ce type de comportement. Tout comme, autrefois, dans toute l’Europe des Grandes découvertes, les besoins du Commerce florissant, engendrèrent la Traite et à sa légalisation par l’institution Louis Quatorzième du Code Noir, en dépit de la philosophie naissante du Siècle des Lumières. Au siècle de l’industrialisation et de la recherche de matières premières, le XIXe, la systématisation du colonialisme autorisa la banalisation du racisme. Un racisme à ce point, absurdement «conceptualisé», enseigné, banalisé par l’Occident, qu’en Allemagne nazie des Lois iniques et stupides osèrent l’instituer en le généralisant : Contre les Juifs, les Tziganes et les Noirs…

Le regard de haine et de mépris des Hess, Goering, Goebbels et des autres est-il aussi éteint qu’on le croirait après les procès de Nuremberg ? À leur manière, le paternalisme et la condescendance ne sont-ils pas dangereusement dévalorisants ? Il est des citations que l’on aimerait tant ne plus entendre dans la bouche de nos donneurs de leçons, leaders politique parisiens… « L’étranger », « le migrant économique » est-il plus ou moins estimable, assimilable ou d’une culture respectable, selon qu’il vient de l’Europe ou du sud de la Méditerranée ? Qu’il copie les modes d’être ou de faire du parisien ou qu’il reste raisonnablement luimême ?
Sommes-nous encore pour eux des êtres à «domestiquer» ? «L’Afrique a de l’espace, l’Afrique a des ressources», clame un président des bords de Seine, après s’être moqué du un pour cent de notre poids dans l’économie mondiale. Oui ! Quand cesserons-nous d’assumer le rôle de «tirailleur» au service du Maître, pour laisser la place à des soldats, conscrits de notre Afrique pour défendre le continent de nos origines communes. Pour que Paris invite des hommes, enfin, et non plus des sujets, à ses commémorations. Révolution de 1789 ! Avait-elle aboli l’exploitation des «indigènes» hors de France ? Déchets toxiques… Le bon «patron» quelle que soit sa couleur doit entrer dans les vues des gouvernants de Paris. Sur ces nègres, couleur de ténèbres, si heureux de danser, quelques tonnes de bombes ne changeront rien aux affaires. Bien au contraire !
Sur les bords de Seine, en effet, on catégorise même les morts… Et si les fleuves d’Afrique persistent à rester rouges, du sang des hommes qu’on continue de tuer –incidents regrettables…-, des cases que l’on continue de piller et de brûler – à contretemps, certes… -, il en faut plus pour décourager «nos civilisateurs», qui persistent à ignorer que la vie a partout le même prix et la même valeur, celle des locataires de Palais de rêve comme celle des misérables dans leurs huttes de paille, au fin fond des bois.
Et pourtant, merci Paris, de m’avoir appris à lire, dans Montaigne et Pascal, dans Montesquieu et Jules Vallès, dans Romain Rolland et Gide, Albert Londres et Camus, dans ma propre culture… Pour un jour entamer avec toi le dialogue authentique, celui qui nous lavera de toutes les idées fausses propagées aujourd’hui par le seul langage audible : celui de l’argent et du profit.
L’Afrique mettra-t-elle fin un jour à ces régimes qui l’infantilisent ? Sèchera-telle un jour les pleurs des victimes que l’on n’entend pas, soignera-t-elle un jour les plaies toujours brûlante et suppurantes que l’on refuse de regarder ? Écoutera-t-elle enfin la parole qui libère, et ses peuples non plus jaloux les uns des autres, non plus instrumentalisés voudront-ils enfin agir ensemble et se construire un destin qui enrichisse le monde de toutes nos valeurs ?
Le Ciel lui, a depuis longtemps parlé et délivré son verdict. À la fin de la guerre 39-45, à Assinie, un raz de marée emporta le quartier France, celui où, pour la première fois, ils foulèrent la terre de chez nous. Oui ! Le Ciel balayait le passé pour que nos relations réciproques s’ouvrent enfin sur l’avenir. Pour que naissent des rapports lavés de toute souillure et blessure infligées et que se tissent des rapports nouveaux, humains. Le quartier ré-émergea des flots, peuplé aujourd’hui de Blancs et de Noirs. Mais savent-ils tous ce qui s’est autrefois passé ici et comprennent-ils les langages de la nature ? Elle se prononce toujours, mais combien savent l’entendre ?
En France, la guerre dura quatre ans, en Côte d’Ivoire, elle persiste depuis beaucoup plus que dix ans, parce qu’on y a parlé de richesses, ivoire, gomme, or, arachide, cacao, café… aujourd’hui diamants et pétrole… à emporter. Tout comme on emporte, honteusement, à l’abri de la nuit et des regards, un homme de grand soleil, Laurent Gbagbo. Afrique productrice et en retour consommatrice : tel est le rôle que le monde «développé» continue de lui assigner.
Au regard du nombre d’intellectuels noirs formés par l’Occident et des fonctions occupées par eux dans le «monde», a-t-on jamais mis le nombre de prisons que ce «monde» y a contribué à construire et de prisonniers qui y ont croupi et y croupissent ; le nombre d’exilés que ses appétits y ont provoqué. Au nom de la laïcité, on détruit la statue d’un Saint, mais pourquoi détruit-on un emblème national, et pourquoi garde-t-on à un pont le nom d’un général qui refusait aux pays d’Afrique tout «self-government»… Petitesses, courte vue…
Dans la bataille du quotidien, les Nègres se sont toujours cherchés. En 1954, Sékou Touré faisait naître la CGT africaine. Un «syndicalisme fondé sur l’idée de Dieu et du travail humanisé restituant à l’homme noir sa liberté et sa dignité». Les partis politiques, pour former le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), firent appel à tous les hommes.
Mais des confrères français empêchèrent la venue de certaines délégations. Des hommes et des femmes, parce qu’ils avaient refusé de continuer à dire «oui», furent arrêtés, de jour comme de nuit ; licenciés de leur travail ; des leaders politiques virent leur mandat contesté et furent astreints à la fuite, certains même retrouvés pendus… «On sait que si le Congrès RDA de Bamako n’a pas atteint le but, ni même les objectifs qu’il s’était fixés, c’était parce que trop d’Africains, dont moi-même, avaient obéi aveuglément, en l’occurrence, à des ordres venus de la métropole ». Merci Président Léopold Sédar Senghor pour l’exemple de probité, la leçon magistrale que vous nous donnez par ces mots qui redonnent sens au combat que nous ne cessons de mener.
L’Afrique mettra-t-elle fin un jour à ces régimes qui l’infantilisent ? Sèchera-telle un jour les pleurs des victimes que l’on n’entend pas, soignera-t-elle un jour les plaies toujours brûlante et suppurantes que l’on refuse de regarder ? Écoutera-t-elle enfin la parole qui libère, et ses peuples non plus jaloux les uns des autres, non plus instrumentalisés voudront-ils enfin agir ensemble et se construire un destin qui enrichisse le monde de toutes nos valeurs ?
Bernard Dadié in Le nouveau Courrier
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01.03.2012
CPI - Côte d'Ivoire: Ocampo tergiverse sur la publication des "fameuses preuves" de l'inculpation du Président Laurent Gbagbo


VOICI LES RESERVES EN BETON DE Me ALTIT, CONSEIL DE GBAGBO A LA CPI, SUR LES TENTATIVES DU PROCUREUR OCAMPO DE DISSIMULER LES INFORMATIONS ET PREUVES INDISPENSABLES A LA DEFENSE DE SON CLIENT.
Voici les observations de la défense sur la requête du Procureur aux fins de faire avaliser par la Chambre, des expurgations proposées en vertu des Règles 81(2) et 81 (4) du Règlement de procédure et observations sur la «mise à jour d’autres mesures de protection».
Faits et Procédure
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Le 14 décembre 2011 a eu lieu une audience de mise en état qui portait sur les procédures de divulgation et notamment sur les modalités d’expurgation. Lors de cette audience de procédure, le Juge unique décidait qu’une «proposition conjointe […] du système […] de divulgation à adopter par la Chambre» devait être présentée à la Chambre à la suite de «réunions» entre l’Accusation et la défense.
Les parties se réunirent le 20 décembre 2011. Il fut convenu, concernant les modalités d’expurgation, que : L’expurgation des éléments à décharge se ferait par le biais d’échanges inter parties ; tout besoin de clarification se ferait d’abord de manière informelle puis devant la Chambre en cas de problème ; L’expurgation des éléments à charge serait soumise, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas.
Dans un second temps, si les échanges se déroulent sans heurt, la défense étudierait toute simplification de la procédure des échanges ; à condition qu’une notice explicative accompagne les échanges.
La défense avait en effet demandé au Bureau du Procureur que les documents à charge soient accompagnés d’une notice expliquant les raisons de l’expurgation afin qu’elle puisse disposer d’une base pour discuter les expurgations. Cette notice ou toute autre explication appropriée était l’une des conditions émise par la défense à l’acceptation du système négocié avec le Procureur.
Le Bureau du Procureur soumit, le 12 janvier 2012, une requête dans laquelle il demandait à la Chambre d’avaliser l’accord entre les parties alors même que des points importants, qui étaient la condition même d’un accord, restaient en suspens, notamment concernant les modalités d’expurgation.
L’équipe de défense du Président Gbagbo saisissait à son tour la Chambre, le 13 janvier 2012, afin de lui exposer de la manière la plus précise possible l’état des discussions.
Le 24 janvier 2012, le Juge Unique décidait que les demandes d’expurgation du Procureur devaient être soumises, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas. Le Juge Unique ajoutait que le Bureau du Procureur était désormais tenu d’informer la Défense de l’existence d’une demande d’expurgation concernant une information dont la divulgation pourrait porter préjudice aux enquêtes en cours ou futures. En outre, le Juge demandait au procureur d’indiquer à la défense les fondements légaux et factuels qui sous-tendent sa demande d’expurgation, et ce de la manière la plus complète et détaillée possible.
Le Juge Unique ordonnait aussi au Procureur de soumettre à la Chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d’expurgation portant sur les éléments de preuve recueillis avant le 25 octobre 2011 et sur lesquels le Procureur aurait eu l’intention de se fonder lors de l’audience de confirmation des charges.
Le 13 février 2012, la défense était avisée du dépôt par le Procureur d’une première demande à la Chambre afin de faire avaliser les expurgations proposées en vertu de la Règle 81(2) et 81 (4) du Règlement de procédure et de preuve. Cette requête portait également sur une mise à jour d’autres mesures de protection. À aucun moment l’équipe de défense du Président Gbagbo n’a été informée préalablement par le Bureau du Procureur de l’existence et du dépôt d’une telle demande, contrairement à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Conformément à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012, la défense saisit par la présente la Chambre afin de lui exposer ses observations sur les demandes d’expurgation du Procureur et sur ce qu’il appelle la «mise à jour d’autres mesures de protection».
Discussion
1. Sur l’obligation du Bureau du Procureur d’informer la défense de l’existence d’une demande d’expurgation et de lui indiquer les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent les demandes d’expurgation de la manière la plus détaillée possible.
Dans sa décision établissant un système et un calendrier de divulgation du 24 janvier 2012 (ci-après la Décision du 24 janvier 2012) le Juge unique a ordonné au Procureur d’informer préalablement la défense de l’existence d’une ou de plusieurs demandes d’expurgation qu’il compterait déposer et de lui indiquer de la manière la plus détaillée possible des fondements juridiques et factuels qui sous-tendent cette ou ces demandes.
En l’espèce, d’une part le Procureur n’a pas informé la défense de ce qu’il comptait adresser à la Chambre des demandes d’expurgation ; d’autre part, il n’a pas indiqué à la défense les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent ses demandes d’expurgation.
Par conséquent, l’Accusation n’a pas rempli ses obligations telles qu’ordonnées par le Juge Unique le 24 janvier 2012. De plus, au lieu d’énumérer les raisons justifiant la nécessité de cacher telle ou telle information particulière, le Procureur s’est contenté de solliciter de la Chambre des expurgations à caractère systématiquement, contrairement à la jurisprudence constante de la Cour et à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Ainsi, le Bureau du Procureur souhaite que soient expurgés les noms de tous les membres de son Bureau. À aucun moment, il n’explique pourquoi une telle expurgation, aussi large, serait nécessaire. De plus, il n’explique pas en quoi la divulgation de l’identité des membres du Bureau du Procureur à la défense – et non au public – pourrait créer un risque objectif pour la sécurité des membres de son Bureau ou en quoi la divulgation de ces informations serait préjudiciable à des enquêtes en cours. Il est permis de rappeler que la défense est soumise aux obligations prévues dans le code de conduite professionnelle des Conseils. Selon une jurisprudence constante, le Conseil est présumé agir, en l’absence de preuve du contraire, conformément au code de conduite professionnelle des conseils 9. Le Procureur demande aussi à la Chambre de pouvoir expurger «toute information concernant les sources du Procureur». À aucun moment, il n’explique ce qu’il entend par l’expression «sources du Procureur». S’agit-il de déclarations de témoins ? D’informations documentaires ? De sources « ouvertes » donc publiques ? Il est indispensable de comprendre ce que recouvre la notion de « source » du Bureau du Procureur ; il en va de la capacité de la défense de vérifier l’authenticité et la fiabilité des informations fournies par le Bureau du Procureur. En outre, l’absence de ce type d’information empêcherait que la défense puisse formuler et déposer une réponse construite et argumentée aux demandes d’expurgation du Procureur. De plus, de telles demandes à caractère systématique peuvent avoir pour effet de rallonger les procédures. Si la défense n’était pas en mesure de discuter les décisions d’expurgation, faute d’en connaître les raisons, elle n’aurait comme seul moyen d’action que le dépôt de requêtes contestant ces expurgations. Enfin, une demande d’expurgation à caractère systématique ne peut être acceptée car, par hypothèse si une expurgation peut se justifier dans un cas elle peut l’être moins dans un autre ou bien porter atteinte à la stratégie de la défense : l’examen au cas par cas doit être la règle. Toute démarche systématique porte atteinte aux droits de la défense et à la possibilité qu’elle a de connaître – à travers les éléments de preuve – la nature des charges envisagées par l’Accusation. Les demandes d’expurgations du Bureau du Procureur sont donc trop générales et insuffisamment motivées.
2. Sur les expurgations fondées sur la Règle 81 (2) du Règlement de procédure et de preuve.
2.1 Sur l’expurgation de l’identité de tous les membres du Bureau du Procureur.
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger l’identité de tous les membres de son Bureau dans les documents qu’il désigne ainsi que dans les metadata. L’expression « tous les membres du Bureau du Procureur » englobe, par définition, le Conseil, les enquêteurs, les experts etc. La raison d’être des expurgations est de protéger des sources. La demande d’expurgation portant sur l’identité d’un membre particulier du bureau du Procureur peut se justifier si elle conduit à protéger une source ; demander une expurgation systématique vide le procédé de sa raison d’être parce que cela conduit en réalité à ne plus avoir à justifier les expurgations demandées.
2.1.1 Tout Accusé a le droit de connaître l’identité de celui qui le poursuit de manière à pouvoir mettre en cause sa responsabilité si besoin était. Dans l’affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a considéré que :
«l’identification du personnel du Bureau du Procureur et de l’Unité d’aide aux victimes et aux témoins présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus, de même qu’une condition officielle de leur admissibilité. Supprimer ces informations serait donc préjudiciable ou contraire aux droits de l’accusé et aux exigences d’un procès équitable et impartial». (nous soulignons)
Un groupe d’accusateurs non identifiés représente un danger : l’anonymat est propice à toutes les manoeuvres et à tous les règlements de compte. Pour être crédible dans leur démarche, les membres du Bureau du Procureur doivent donner à la défense et aux Juges l’occasion de retracer ce qui les a conduits à accuser tel ou tel individu. La transparence est une condition de validité non seulement du processus dans son ensemble mais à chaque étape. Ainsi, un enquêteur qui refuserait de donner son identité ne pourrait valablement recueillir une déposition. En d’autres termes, le procès équitable repose sur la transparence. Par exemple, dans la situation en République Démocratique du Congo, la Chambre Préliminaire I a rappelé que l’anonymat n’est pas compatible avec le rôle de Conseil.
2.1.2 C’est pourquoi l’expurgation des noms des membres du Bureau du Procureur devrait toujours être justifiée par la démonstration d’un préjudice objectif possible qui résulterait de la divulgation à la défense de l’identité d’un membre particulier du Bureau du Procureur.
C’est la position qu’a retenue la Chambre d’Appel dans l’affaire Katanga et Ngudjolo15. La Chambre d’Appel a considéré que si en principe la Chambre préliminaire pouvait autoriser l’expurgation des noms des membres du Bureau du Procureur avant l’audience de confirmation des charges, c’était à condition que : «Le Procureur devra établir que le préjudice que pourraient subir les enquêtes est justifiable objectivement, qu’il découlerait de la communication de renseignements à la Défense (et non au public) et qu’il pourrait être écarté ou réduit par les suppressions. Les dangers qui ne peuvent être écartés au moyen de l’expurgation d’un texte parce qu’ils sont inhérents à la situation même ne peuvent donc pas justifier les suppressions. Par exemple, en l’espèce, la Chambre préliminaire devrait déterminer, sur la base de ce qu’elle sait des faits de la cause dans son ensemble, si le danger qu’on entend éviter pourrait être écarté par des suppressions ou s’il découle simplement du fait que les fonctionnaires du Bureau du Procureur et de l’Unité d’aide aux victimes et aux témoins peuvent en général être facilement repérés sur le terrain ».
Surtout, la Chambre d’Appel a rappelé que la divulgation est le principe et l’expurgation l’exception. La Chambre d’Appel établit également à quelle condition l’expurgation d’une identité est possible et détermine les lignes directrices auxquelles elles obéissent:
71. Dans les circonstances à l’examen en l’espèce, on ne peut autoriser la non-communication de certains renseignements en vertu de la règle 81-4 que si, tout d’abord, leur communication mettrait la personne concernée en danger. S’agissant du risque allégué de mise en danger, la Chambre préliminaire doit tenir compte des éléments suivants :
a) le danger allégué doit impliquer un risque objectivement justifiable pour la sécurité de la personne concernée ;
b) ce risque doit découler de la communication de renseignements précis à la Défense, et non au grand public. La Chambre devrait déterminer, entre autres, si le danger pourrait être écarté s’il était décidé que les parties doivent respecter la confidentialité des renseignements en question. Dans le cadre de cette évaluation, il convient de tenir compte de la situation du suspect concerné et, entre autres, de déterminer s’il existe des éléments indiquant qu’il est susceptible de transmettre lesdits renseignements à des tiers ou d’agir de telle sorte qu’il fasse courir un risque à la personne en question.
72. Si la Chambre préliminaire conclut qu’il a été établi que le risque susmentionné existe réellement, elle doit déterminer si les suppressions proposées pourraient écarter ou réduire ledit risque. Dans la négative, les suppressions ne devraient pas être autorisées. Dans pareil cas, les éléments suivants devraient être pris en considération pour déterminer si les droits du suspect ne seront restreints que dans la mesure nécessaire :
a) la Chambre préliminaire devrait déterminer si une mesure autre que l’expurgation pourrait être mise en oeuvre compte tenu des circonstances. S’il est possible et suffisant de mettre en oeuvre des mesures de protection moins restrictives, alors ces mesures doivent être choisies ;
b) la Chambre préliminaire devrait tenir compte du fait que l’autorisation de non-communication demandée ne vaut que pour le stade de la procédure lié à l’audience de confirmation des charges. La Chambre d’appel renvoie, à cet égard, au paragraphe 68 ci-dessus ;
c) la Chambre préliminaire devrait soigneusement apprécier l’intérêt que ces renseignements peuvent présenter pour la Défense. […]. En revanche, si ces renseignements peuvent soutenir la cause du suspect ou s’ils sont de nature à entamer la crédibilité du dossier du Procureur, la Chambre préliminaire devra faire bien attention à l’heure de mettre en balance les intérêts en présence ;
d) si le fait de ne pas communiquer les renseignements en question avait pour effet de rendre l’audience de confirmation des charges, dans son ensemble, inéquitable pour le suspect, alors les suppressions demandées ne devraient pas être autorisées.
73. Il convient de tenir compte des éléments supplémentaires suivants :
a) lorsqu’elle met en balance les divers intérêts en jeu, la Chambre préliminaire doit veiller à ce que la procédure soit assortie de toutes les garanties propres à protéger les intérêts du suspect afin de satisfaire autant que possible aux exigences du contradictoire et de l’égalité des armes ;
b) avant de se prononcer sur une demande d’expurgation, la Chambre préliminaire devrait donner à la Défense la possibilité de formuler dans toute la mesure possible des observations sur les questions en jeu, sans bien entendu lui révéler les renseignements dont le Procureur prétend qu’ils doivent être protégés ; […]
Or, en l’espèce, le Procureur ne respecte aucune de ces conditions et se contente de justifier l’expurgation des noms des membres de son Bureau par des raisons logistiques. Selon lui en effet, l’expurgation des noms de tous les membres de son personnel permettrait de faire des économies en limitant le nombre d’enquêteurs, de traducteurs, de sources et de lieux d’entretien. Cette explication reste un peu obscure pour la défense, la capacité de travail d’un individu ne dépendant pas de son anonymat. Quoi qu’il en soit le Bureau du Procureur ne démontre pas l’existence d’un préjudice objectif que représenterait la divulgation de l’identité des membres de son Bureau à l’équipe de défense du Président Gbagbo. Plus même, en renonçant à utiliser les critères déterminés par la jurisprudence il prouve, de facto, n’avoir aucune bonne raison justifiant une expurgation au cas par cas. Notons d’ailleurs que la défense doit faire face aux même contraintes logistiques que le Procureur, et qu’elle dispose de considérablement moins de moyens que le Bureau du Procureur. La défense ne peut remplacer ses enquêteurs.
2.1.3 La divulgation à la partie adverse de l’identité des membres de son équipe et les risques qui peuvent en découler pour les membres de ladite équipe sont inhérents à la situation elle-même.
Notons ensuite que si pour des raisons de sécurité les membres du Bureau du Procureur ne souhaitaient pas que leur identité soit divulguée au public, ce que l’on peut comprendre, le refus de toute divulgation à la défense n’est lui, pas justifié.
La divulgation des noms des membres du Bureau du Procureur à la défense sur une base confidentielle n’entraîne aucun risque pour le personnel du Bureau du Procureur. Cacher ce type d’information à la Défense ne permettra pas de diminuer la spéculation des médias concernant l’identité des personnes qui auraient approché des témoins éventuels. De plus, les identités de certains membres du Bureau du Procureur sont de notoriété publique (en raison de leur présence aux audiences publiques, à des conférences etc.). Les risques auxquels le Procureur craint de s’exposer émanent plus du fait que les membres de son Bureau sont facilement identifiables que du fait que la défense pourrait divulguer leur identité. Il ne s’agit donc pas de dangers qui peuvent être écartés « au moyen de l’expurgation d’un texte parce qu’ils sont inhérents à la situation même ». Ainsi la demande du Procureur aux fins de cacher l’identité de tous les membres de son Bureau ne repose sur aucun fondement.
2.1.4 Il appartenait au Procureur de s’interroger sur l’existence de mesures alternatives qui seraient suffisantes pour surmonter tout risque.
Par exemple le personnel du Bureau du Procureur jouit – à l’inverse des témoins – de la protection de la section de sécurité de la CPI. Dans le même sens, il appartient aux membres du Bureau du Procureur de veiller à ce que leurs déplacements n’attirent pas l`attention. Il appartient au bureau du Procureur d’envisager la possibilité de mettre en place des méthodes d’enquête particulières ou des mesures de sécurité renforcées pour atténuer les risques auxquels s’exposent les membres de son personnel avant de demander l’expurgation éventuelle des identités des membres de son Bureau.
2.1.5 Le Bureau du Procureur considère que l’expurgation de l’identité de tous les membres de son Bureau n’aurait pas de conséquences inéquitables pour l’Accusé lors de l’audience de confirmation des charges puisque d’après lui elle ne porterait pas sur des informations utiles à la Défense.
Cette interprétation par le Procureur du travail de la défense est erronée.
Au contraire, l’expurgation de l’identité des membres du Bureau du Procureur porte une atteinte disproportionnée aux droits de la défense. La défense à besoin de connaître l’identité des enquêteurs du Bureau du Procureur dans différentes hypothèses : par exemple, la défense doit pouvoir mettre en cause un enquêteur identifié du Bureau du Procureur si elle se rend compte qu’une partie des déclarations qui lui sont soumises a été recueillie par le biais d’une mauvaise technique d’investigation ou si elle apprend que l’enquêteur en question a omis de suivre des pistes pertinentes qui auraient permis de remettre en cause les déclarations litigieuses. La connaissance par l’équipe de défense de l’identité et des qualifications de l’enquêteur sont des éléments cruciaux pour la défense : cela permet d’évaluer le sérieux des enquêtes, d’en mettre en cause le résultat et d’organiser une stratégie fondée sur la faiblesse des déclarations et le manque de crédibilité des témoins. En outre, la défense peut appeler un enquêteur du Bureau du Procureur en tant que témoin lors de l’audience de confirmation des charges afin qu’il explique ou éclaircisse les méthodes d’investigation utilisées par le Bureau du Procureur. Dans le même sens, la défense doit pouvoir vérifier la qualité du travail effectué par les enquêteurs de l’Accusation : en cas de déclarations se ressemblant ou utilisant des termes semblables ou stéréotypés, la défense doit pouvoir vérifier qui est l’enquêteur à l’origine de ces déclarations et s’il a guidé ou influencé le récit des témoins. C’est pourquoi dans l’affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a souligné que l’identification du personnel du Bureau du Procureur présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus. Si le Procureur justifiait d’un préjudice objectif que représenterait la divulgation à la défense de l’identité d’un enquêteur du Bureau du Procureur, il conviendrait d’attribuer à chaque enquêteur un pseudonyme afin que la défense puisse les reconnaître.
2.2 Sur l’expurgation de l’identité des traducteurs et interprètes.
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger l’identité des traducteurs et interprètes23. Il y a en Côte d’Ivoire – en plus du français qui est la langue officielle – un peu plus de 70 langues nationales.
Le travail des interprètes est donc essentiel et participe largement de la récolte de témoignages et du récolement des témoins.
De la même manière que l’équipe de défense doit pouvoir identifier les différents enquêteurs du Bureau du Procureur, elle doit pouvoir identifier aussi qui sont les traducteurs et interprètes afin d’être en mesure d’évaluer leurs qualifications et leur neutralité. En outre, si un interprète a utilisé une fois une terminologie incorrecte, la défense doit pouvoir vérifier si ces erreurs apparaissent dans d`autres déclarations ou d’autres documents qu’il aurait traduits. Par ailleurs, si plusieurs traductions de déclarations se ressemblent, reprennent des termes semblables ou sont stéréotypées la défense doit pouvoir vérifier s’il s’agit de la conséquence du travail de traduction ou si ces similitudes résultent du mode d’investigation utilisé par le Bureau du Procureur. Enfin, la demande du Procureur, parce qu’elle est à caractère systématique, vide le procédé de sa raison d’être parce que cela conduit en réalité à ne plus avoir à justifier les expurgations. Si le Procureur justifiait d’un préjudice objectif que représenterait la divulgation à la défense de l’identité de tel ou tel traducteur, la Défense serait néanmoins disposée à accepter une expurgation à condition que le Procureur prouve à la Chambre que ses interprètes satisfont aux critères requis pour être inscrit sur la liste de la Cour et qu’il remplace leur nom par des pseudonymes, de sorte que la défense puisse vérifier quelles déclarations ont été traduites par quel interprète.
2.3 Sur l’expurgation de la date et du lieu des entretiens avec les témoins.
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger la date et le lieu des entretiens avec les témoins sans jamais justifier au cas par cas les risques éventuels que la divulgation de ces renseignements à la défense pourrait faire courir aux témoins ou en quoi cela pourrait compromettre des enquêtes en cours.
2.3.1 Concernant la date de l’entretien, il s’agit d’un élément clé d’un témoignage.
La date permet de savoir combien de temps après un événement donné un témoin a été interrogé et permet d’évaluer la pertinence du témoignage et sa crédibilité. Elle indique le contexte dans lequel le témoignage a été recueilli. En outre, elle permet à la défense d’orienter ses propres enquêtes. Dans le cas où le témoin aurait fait plusieurs déclarations, les dates sont nécessaires pour retracer la chronologie de ces déclarations et leur évolution. Enfin, la date pourrait coïncider avec des événements qui pourraient avoir une incidence sur le souvenir du témoin ou ses motivations. Il est impensable que la défense n’ai pas connaissance de la date à laquelle un entretien entre le témoin et le Bureau du Procureur a eu lieu. Il s’agirait d’une atteinte disproportionnée aux droits de la défense.
2.3.2 Concernant le lieu de l’entretien, il s’agit ici d’un élément d’information très important pour la défense.
Dans l’hypothèse où un témoin est originaire d’une région donnée ou d’une ville particulière et qu’il a témoigné loin de chez lui, la défense pourra chercher à savoir pourquoi le témoin est parti. Il en va de l’examen de la crédibilité des témoins. Connaître le lieu de l’entretien permet aussi à la défense de recouper les témoignages et d’identifier d’éventuelles collusions entre les témoins ou de déterminer si la présence de membres d’institutions ou d’organisations intervenant dans un lieu précis aurait pu influencer les témoins. Si dans un cas particulier le Procureur souhaitait expurger la date ou le lieu de la prise d’un témoignage précis, il devrait s’adresser à la Chambre et expliquer à la défense de la manière la plus détaillée possible les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent sa demande. Si le Procureur justifiait en outre du préjudice objectif que représenterait la divulgation à la défense du lieu exact de la prise de témoignage, il conviendrait qu’il indique à la défense le lieu-dit ou le quartier où les entretiens ont eu lieu, afin que la défense dispose d’une base d’information suffisante pour évaluer le témoignage.
2.4 Sur l’expurgation de toute information permettant l’identification des sources du Bureau du Procureur.
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger toute information permettant l’identification des sources du Bureau du Procureur. Encore une fois, accéder à la demande du Procureur reviendrait à ne pas respecter les critères nécessaires à toute expurgation tels que déterminés par la jurisprudence de la Cour, à vider de leur sens les dispositions des textes concernant la possibilité de procéder à des expurgations, à permettre au Procureur d’être le seul juge – sans contrôle – des expurgations, à lui donner licence d’agir de manière arbitraire et enfin aboutirait à ce que la décision de la Chambre Préliminaire II du 24 janvier 2012 portant sur le processus d’expurgation soit battue en brèche. En d’autres termes, toute demande du Procureur à caractère systématique devrait être rejetée comme ne respectant le principe de l’égalité des armes et par conséquent mettant en danger le caractère équitable du procès. Faute pour le Procureur d’avoir pris la peine d’expliquer en quoi l’identification d’une source particulière par la défense pourrait constituer un danger ses demandes doivent être rejetées. Notons d’ailleurs, que la formulation retenue par le Procureur « toute information » (any information) si elle était acceptée par le Chambre permettrait au Procureur d’interdire à la défense toute réflexion sur le document en cause puisque la défense serait incapable d’en évaluer et d’en analyser le sérieux.
Par ailleurs, la définition des «sources du Bureau du Procureur» n’est pas claire.
Si cette formulation était retenue par la Chambre cela signifierait que le Procureur aurait le loisir de cacher à la défense toutes les informations nécessaires à l’évaluation et à l’analyse des accusations puisqu’il pourrait faire entrer dans cette catégorie de « sources du Bureau du Procureur » tout et n’importe quoi. De plus, il est important pour la défense de déterminer qui sont les sources du Bureau du Procureur parce que certains éléments de preuve ne prennent de sens que si la personne ayant fournie l’information est identifiée. En l’absence de mention de l’identité de la « source », il est impossible pour la défense de recouper les informations émanant d’une même source. Par exemple, si une même personne est à l’origine d’une information à décharge et d’une allégation à charge, il est important pour la défense de le savoir. En effet, la même information à décharge analysée par la défense de manière isolée pourrait paraître comme peu pertinente alors qu’en réalité elle s’avèrerait fondamentale. Cette information pourrait contredire un élément de preuve incriminant qui aurait été fourni par la même source 25. L’identification permet d’évaluer la crédibilité de l’information fournie par la source. La décision du Juge Unique du 24 janvier 2012 est d’ailleurs claire : si le Procureur souhaite expurger une information spécifique il doit s’adresser à la Chambre d’une part et expliquer à la défense les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent cette demande d’autre part. Si le Procureur justifiait d’un préjudice objectif que représenterait la divulgation à la défense de l’identité de l’une de ses sources, il conviendrait qu’il indique à la défense tout élément utile concernant la source, par exemple son statut, sa profession, son âge, son sexe, ses liens familiaux, son engagement politique etc. notamment et si elle a un lien avec les nouvelles autorités ivoiriennes, les anciens rebelles. Enfin, il conviendrait d’attribuer à chaque source un pseudonyme afin que la défense puisse les reconnaître.
3. Sur les expurgations fondées sur la Règle 81 (4) du Règlement de Procédure et de Preuve.
3.1 Sur l’expurgation d’informations permettant l’identification d’une tierce partie qui serait mise en danger du fait de la révélation de ses liens avec la Cour.
Là encore toute demande du Procureur à caractère systématique devrait être rejetée comme ne respectant pas le principe de l’égalité des armes et par conséquent comme mettant en danger le caractère équitable du procès (Cf Supra 2.4). Le Procureur se garde de définir ce qu’il entend précisément par « tierce partie à risque » ; ce faisant il tente d’obtenir un blanc-seing de la Chambre valable pour le futur et lui permettant de cacher toutes les informations ayant trait à des personnes « courant un danger » dont il sera le seul à pouvoir déterminer la nature. Il ne définit pas plus les risques auxquels ces personnes seraient exposées, se contentant d’affirmer que la situation en Côte d’Ivoire peut conduire à ce que certains de ceux qui collaboreraient avec le Procureur soient menacés. La Chambre d’Appel a souligné que le Bureau du Procureur doit justifier les expurgations au cas par cas (Cf. Supra Jurisprudence Katanga et Ngudjolo), et que les expurgations ne peuvent être fondées que s’il est justifié d’un risque objectif pour une personne particulière. Le Procureur en ne prouvant pas en quoi divulguer l’identité d’une personne à la défense constituerait un risque pour cette personne ne respecte pas cette jurisprudence.
Enfin, le Procureur ne précise pas la nature des documents qui pourraient faire l’objet d’expurgations ;
or il s’agit là d’un point important parce que certains documents, par exemple officiels, ne prennent de sens que si le rédacteur et le destinataire sont identifiés. En outre, la Chambre d’Appel à clairement décidé que non seulement le Procureur pour se voir autoriser une expurgation doit prouver que la divulgation d’une information particulière à la défense pourrait constituer un risque pour la personne en question mais encore qu’il doit prouver que ce danger ne pourrait être écarté par un accord particulier entre accusation et défense fondé sur l’engagement par les deux parties de préserver la confidentialité des informations reçues : « la Chambre devrait déterminer, entre autres, si le danger pourrait être écarté s’il était décidé que les parties doivent respecter la confidentialité des renseignements en question. Dans le cadre de cette évaluation, il convient de tenir compte de la situation du suspect concerné et, entre autres, de déterminer s’il existe des éléments indiquant qu’il est susceptible de transmettre lesdits renseignements à des tiers ou d’agir de telle sorte qu’il fasse courir un risque à la personne en question ». De plus, la Chambre d`appel a récemment reconnu qu`il serait injuste de conditionner l’exercice des droits de la défense à des éléments qui ne sont pas sous le contrôle de la défense : « the assessment of risk must be based on factors related to the defendant himself, and not those of acquaintances or third persons »2930. Faute d’avoir pris la peine d’examiner ces différents points le Procureur doit voir sa demande rejetée.
3.2 Sur l’expurgation d’informations permettant l’identification des membres de la famille des témoins.
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger les informations permettant l’identification des membres de la famille de témoins. Là encore toute demande du Procureur à caractère systématique devrait être rejetée comme ne respectant le principe de l’égalité des armes et par conséquent mettant en danger le caractère équitable du procès (Cf. Supra 2.4).
Il est important de noter que l’identification des membres de la famille d’un témoin est une information qui peut être parfois déterminante pour la défense.
Par exemple, ces déclarations permettent souvent de confirmer ou non les dires et donc la crédibilité d’un témoin, de vérifier son alibi ou de comprendre le contexte dans lequel les évènements se sont déroulés. Les membres de la famille peuvent également indiquer à la défense si un témoin a un intérêt à fournir des informations erronées, ou s’il a une relation à d`autres personnes impliquées dans l`affaire. Contrairement à l`affirmation du Procureur, les membres d’une famille sont donc une source précieuse d`informations pour la défense. L’expurgation des informations ayant trait à la famille peuvent avoir des conséquences importantes sur l’analyse que fait la défense d’un élément de preuve et pourrait conduire à l’empêcher de disposer d’éléments de preuve à décharge. Concernant l’expurgation d’informations permettant l’identification de membres de la famille d’un témoin de l’Accusation qui ne fait pas l’objet de mesures de protection, il convient de noter non seulement qu’elle serait préjudiciable à la défense mais encore qu’elle serait inutile puisque la défense pourrait obtenir ce type d’information dans les registres publics ou par le biais de ses enquêtes. De telles expurgations auraient uniquement pour effet d`épuiser les ressources de la Défense et lui feraient perdre du temps ce qui aurait pour conséquence de donner un avantage inéquitable à l’Accusation dans la préparation de l’audience de confirmation des charges. Surtout, le Juge Unique a décidé le 24 janvier 2012 que si dans un cas particulier le Procureur souhaitait expurger les informations permettant l’identification des membres de la famille d’un témoin, il devrait s’adresser à la Chambre au cas par cas et expliquer à la défense les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent cette demande.
3.3 Sur l’expurgation d’information permettant de localiser des « low-profile witnesses».
Le Procureur demande à la Chambre l’autorisation d’expurger des informations permettant de localiser des «low-profile witnesses». Là encore le Procureur se garde de définir l’expression «low-profile witnesses» ; ce faisant il pourrait potentiellement y faire entrer tout informateur ou témoin. Cette demande est donc dangereuse en ce qu’elle vise à empêcher d’évaluer et d’analyser la crédibilité de ces «témoins». En outre, le Bureau du Procureur se garde de fournir des explications qui permettraient de justifier l’expurgation d’informations concernant ces témoins, probablement parce que s’il devait justifier l’expurgation dans un cas, il ne pourrait le faire dans un autre. Il est clair en effet que toute demande à caractère systématique vise à contourner les critères déterminés par la jurisprudence de la Cour, les dispositions des textes et la décision de la Chambre du 24 janvier 2012 ; le but étant clairement de réduire la marge de manoeuvre de la défense.
4. Sur la date de dépôt de la requête.
Dans sa décision du 24 janvier 2011, le Juge Unique ordonnait au Bureau du Procureur de soumettre à la chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d’expurgation d’éléments de preuve récoltés avant le 25 octobre 2011 sur lesquels il aurait l’intention de se fonder lors de l’audience de confirmation des charges. Le Juge Unique soulignait « the Prosecutor should not wait for the expiration of these deadlines but should submit his requests for authorization of redactions as soon as practicable after he has collected the evidence concerned in order to contribute to the expeditiousness of the proceedings »31. Bien que la demande du Procureur soit datée du 10 Février 2012, elle n’a été distribuée à la défense le 13 Février 2012 et semble-t-il enregistrée le même jour, 13 février 2012 ; ce qui signifie qu’elle a été déposée hors délai. En outre, le Procureur n’a pas jugé utile d’informer la défense d’une telle demande contrairement aux instructions du Juge Unique.
5. Sur la référence au projet de Protocole de confidentialité du Procureur.
Le Procureur tente de revenir sur la discussion portant sur le projet de Protocole de confidentialité sous couvert d’une formulation vague destinée semble-t-il à ne pas attirer l’attention de la défense « mise à jour d’autres mesures de protection ». Le Bureau du Procureur dans sa requête précise que la levée de certaines mentions expurgées figurant dans la demande de délivrance du mandat d’arrêt à l’encontre du Président Gbagbo dépendrait de l’adoption par la Chambre du Protocole régissant l’utilisation de matériel confidentiel par les parties pendant les enquêtes. Il est important de noter que le projet de Protocole de confidentialité proposé par le Procureur et soumis à la Chambre le 8 février 2012 et aurait pu faire l’objet d’une seconde version si l’on en croit la formulation employée par le Procureur dans sa requête enregistrée le 13 février 2012.
La défense demande à être rassurée sur ce point.
La défense s’étonne aussi que dans cette nouvelle requête le Procureur revienne subrepticement sur la question du contenu du Protocole de confidentialité et tente de forcer la Chambre a aller dans son sens. Le Procureur avance en effet, que «l’utilisation de matériel confidentiel par les parties pendant les enquêtes devrait, selon lui, s’étendre à toutes personnes qui s’exposent à des risques du fait de leurs liens avec les activités de la Cour» et ajoute que ce Protocole ne devrait pas se limiter à des personnes qui bénéficient de mesures de protection émanant de la Cour. Il s’agit là d’une position qu’il a déjà exprimée dans sa requête du 8 février et qui a été discutée par la défense. La défense a démontré dans sa propre requête du 8 février qu’accéder aux désirs du Procureur reviendrait à réduire de façon drastique sa capacité à mener des enquêtes et aboutirait à ce qu’elle dispose d’une marge de manoeuvre réduite face au Procureur qui lui a déjà mené ses propres enquêtes. La défense a démontré qu’il était raisonnable de se fonder sur l’exemple Katanga et Ngudjolo pour décider d’un Protocole de confidentialité équilibré. Il est étonnant que le Bureau du Procureur dans sa requête enregistrée le 13 février 2012 agisse comme si son propre projet de confidentialité avait d’ores et déjà été adopté par la Chambre. Ce faisant il tente de mettre et la défense et la Chambre devant le fait accompli et demande à la Chambre – à travers ses demandes d’expurgation – d’avaliser de facto son Protocole de confidentialité avant même que Chambre ne se soit déclarée.
Conclusion :
Les demandes du Procureur par leur caractère systématique tendent toutes à contourner les critères nécessaires à toutes expurgations tels que déterminés par la jurisprudence de la Cour, à vider de leur sens les dispositions des textes concernant la possibilité de procéder à des expurgations, à permettre au Procureur d’être le seul juge – sans contrôle – des expurgations, à lui donner licence d’agir de manière arbitraire et enfin aboutirait à ce que la décision de la Chambre Préliminaire II du 24 janvier 2012 portant sur le processus d’expurgation soit battue en brèche. Si elles étaient acceptées cela conduirait à reconnaître au Procureur la liberté absolue de cacher à la défense de façon arbitraire toutes les informations indispensables à l’évaluation et à l’analyse des preuves présentées par le Procureur. En d’autres termes cela aboutirait à réduire la défense à l’impuissance.
PAR CES MOTIFS, PLAISE À LA CHAMBRE PRÉLIMINAIRE III :
À titre principal :
Rejeter la demande du Procureur s’il était avéré qu’elle a été déposée hors délai ;
À titre subsidiaire :
Rejeter les demandes systématiques d’expurgation du Bureau du Procureur comme étant trop générales et insuffisamment motivées ;
Rejeter la demande du Procureur d’avaliser de facto son Protocole de confidentialité à travers ses demandes d’expurgation avant même que la Chambre se soit prononcée sur les requêtes de l’Accusation et de la Défense du 8 février 2012 ;
Décider pour l’avenir, dans le cadre du dépôt de futures requêtes en expurgation, si le Procureur justifiait d’un préjudice objectif que représenterait la divulgation au cas par cas à la défense de certains éléments d’information visés dans sa requête, qu’il lui doit :
Attribuer à chaque enquêteur un pseudonyme afin que la défense puisse les identifier ;
Prouver que ses interprètes satisfont aux qualités requises pour être un inscrit sur la liste de la Cour
Leur attribuer des pseudonymes ;
Indiquer à la défense le lieu-dit ou le quartier de la ville où les entretiens ont eu lieu;
Indiquer à la défense la nature, le statut, la profession, les liens familiaux, amicaux, professionnels ou politiques d’une source particulière et plus généralement tous les éléments utiles à la défense pour en déterminer la crédibilité ;
Attribuer à chaque source un pseudonyme afin que la défense puisse l’identifier.
Sous toutes réserves
Me Emmanuel Altit
Conseil Principal de M. Laurent Gbagbo
Fait le 20 février 2012
À La Haye, Pays‐Bas
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Côte d'Ivoire : après Gbagbo, Soro et les comzones à la CPI ?


Mauvaise nouvelle pour les acteurs de l'ex-rébellion ivoirienne : les investigations de la Cour pénale internationale (CPI) vont être étendues aux crimes commis depuis le 19 septembre 2002.

Pour la défense de Laurent Gbagbo, c'est une victoire. Les investigations de la Cour pénale internationale (CPI) en Côte d'Ivoire vont être étendues aux crimes commis depuis le 19 septembre 2002, date de la tentative de renversement de l'ancien président ivoirien. « Nous avons obligé le procureur Luis Moreno-Ocampo à changer la nature de son enquête, se réjouit Me Emmanuel Altit, l'avocat de Gbagbo. Initialement, il considérait que le refus allégué de mon client de reconnaître sa défaite électorale était l'élément déclencheur des crimes commis entre novembre 2010 et avril 2011. Les juges lui ont demandé de revenir aux sources de la crise ivoirienne, comme nous l'avions demandé dans un mémorandum envoyé en octobre 2011. »
Ce complément d'enquête demandé par la CPI ne dédouane pas, loin de là, le camp Gbagbo. La liste des présumés crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les milices de l'ancien régime, dont plusieurs exemples sont mentionnés dans la décision des juges du 22 février, est assez longue : exécution de 120 personnes à Monoko-Zohi en novembre 2002, de 60 civils à Bangolo en mars 2003, de 105 autres à Abidjan en mars 2004. Les juges évoquent en outre l'incitation à la haine par les médias d'État, l'existence d'escadrons de la mort et la planification d'actions au plus haut niveau.

Mais ils souhaitent aussi que le procureur se penche sur les crimes du camp de Guillaume Soro, l'actuel Premier ministre, qui dirigeait à l'époque les Forces nouvelles (FN) et les commandants de zone (comzones) de l'ex-rébellion. Les juges dénoncent notamment l'exécution de 131 personnes, dont 61 gendarmes, à Bouaké, en octobre 2002. Dans les prochains mois, les équipes du procureur se rendront sur le terrain.
Nouveau revers pour Ouattara
Pour le camp Gbagbo, ces investigations devraient permettre de faire la lumière sur l'origine de la rébellion, son soutien financier et les puissances étrangères qui l'auraient armée. Elles devraient aussi être l'occasion de rouvrir le dossier des événements de novembre 2004, quand l'armée française avait détruit la flotte aérienne ivoirienne (en représailles au bombardement du camp militaire français de Bouaké) et ouvert le feu sur les Jeunes patriotes (pro-Gbagbo) à Abidjan.

C'est donc un nouveau revers pour le camp Ouattara, déjà critiqué par les ONG et la société civile au sujet de la Commission nationale d'enquête sur les violences postélectorales, mise en place en juillet 2011. Le 23 février, Human Rights Watch s'interrogeait sur le caractère partisan de ses membres et dénonçait un travail « effectué de manière expéditive ». Les investigations n'ont commencé qu'à la mi-janvier, et le rapport serait déjà en cours de rédaction.
La décision de la CPI « n'est pas une bonne nouvelle », reconnaît un proche du pouvoir.

Quand Ouattara a saisi la justice internationale durant le conflit postélectoral, s'attendait-il à cela ?
par Jeuneafrique.com
12:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy, franceafrique, législative 2011, cpi
29.02.2012
Côte d'Ivoire : Voici les vrais ennemis du pays par Ben Soumahoro

Dans la Capitale des Etats Unis Washington DC.On a fini par reconnaître à travers le monde que l’Amérique est née d’une affirmation de non-conformisme. Oui, certes, mais bien plus.
Les Etats Unis sont avant tout le produit de la volonté d’un peuple en devenir révélé à lui même par la force des idées ou, our mieux dire, des mots. ‘’Il est dans notre pouvoir de recommencer le Monde’’ avait écrit THOMAS PAYNE dans son pamphlet Common sense publié au début de 1776. Dont acte.
ANDRE FONTAINE, l’ancien et légendaire rédacteur en chef du journal français ‘’le Monde’’ n’a pas hésité en son temps à écrire que la Nation qui vient de fêter son bicentenaire, si elle est devenue avec le temps une Nation héritée comme les autres, elle a été aussi et à un degré que nulle autre n’a atteint, sauf toutes proportions gardées Israël une Nation choisie. Choisie pour son mode de vie et sa conception de la société : une Nation idéologique bien avant d’être une Nation territoriale. Dont acte.
D’où vient alors qu’une telle Nation s’oppose subitement à l’émancipation d’un tout petit pays digne et fier comme La Côte d'Ivoire? En s’associant ouvertement avec nos agresseurs dont la France de Nicolas Sarkozy, les USA ne déçoivent pas seulement les ivoiriens qui étaient en droit de les appeler à leur secours mais bien plus, la Génération Laurent Gbagbo est troublée par tant d’aveuglement politique qui va jusqu’à nier les droits fondamentaux d’un peuple souverain à se prendre en charge et à faire valoir la légitimité des institutions d’un Pays Indépendant. Barack Obama qui est Américain avant d’être noir a t- il pu succomber aux charmes vénéneux de Nicolas Sarkozy qui se croit encore au temps de la canonnière du Yangsé et du pacte colonial le plus sauvage ? Il est impossible pour un Ivoirien d’imaginer Barack Obama dont il a appelé l’élection de tous ses vœux, partageant un si grand mépris pour un Peuple ‘’indépendant et libre’’.
Pour les Ivoiriens comme pour les Américains de toutes conditions et de toutes couleurs, les souvenirs de l’esclavage et du mépris ne sont pourtant pas si éloignés de nos mémoires. L’Amérique n’a jamais eu de colonies. Sa présence sur le sol Africain est marquée par le sceau de la liberté. Les pays qu’elle a ainsi contribué à créer portent à jamais des noms dont le symbolisme contraste avec l’attitude des Etats unis d’Obama dont la venue à la Maison Blanche avait suscité un espoir incommensurable. La Maison Blanche, ses diplomates et ses lobbyers ont-ils décidé de sacrifier et le Libéria et Freetown et la Côte d’Ivoire sur l’autel d’intérêts économiques mesquins en partage avec des colonialistes indécrottables, haineux et oublieux de leur devoir vis-à-vis d’un pays indépendant et souverain ?
Mais nous savons de science certaine qu’il ya les Etats Unis d’Amérique, la Maison Blanche, le Sénat, la Chambre des Représentants, la Cour Suprême d’un côté et de l’autre les lobbyers, les magouilleurs de tous poils qui modifient, détournent et influencent à leur propre profit la politique extérieure des USA. C’est ce qu’on appelle là-bas ‘’les hommes d’influence’’. Des agences sont créées à cet effet et qui sont reconnues par tous et rémunérées grassement par leurs clients de toutes nationalités dans le but avoué de soutenir ou de déstabiliser n’importe quel régime en Afrique ou ailleurs dans le monde. La Côte d’ivoire se trouve dans le collimateur d’agents troubles qui cherchent à déstabiliser notre pays au profit d’Alassane Ouattara qui feint d’ignorer pour l’instant qu’à dépendre du bon vouloir d’un pays étranger on court le risque d’être sacrifié le jour où ses intérêts auront changé.
Plus grave ! Ces manipulateurs d’opinion et complices d’hommes politiques véreux du type Alassane Ouattara sont cette fois des Ivoiriens prétendument fiers de l’être mais dont le jugement et les actes sont manifestement frappés du sceau de la haine provenant de la nature de leurs origines. Ces guinéens d’origines ont décidé de faire rendre gorge à la Côte d’ivoire coûte que coûte !Pour Alassane Ouattara certes mais pour eux-mêmes, pour régler un compte personnel avec Laurent Gbagbo. Le but de cet article est de vous présenter sous leurs vrais jours les vrais ennemis de notre pays sur le sol américain.

1. Le premier d’entre eux se nomme Diané Mamadi. Né à TREICHVILLE de père et de mère guinéens. Sa mère est la fille d’un grand militant du PDCI RDA compagnon très proche de Félix Houphouët Boigny. Mory Kéita, c’est son nom, a été Député à l’Assemblée Nationale et questeur de cette Institution dont Mamadi Diané et ses compères contestent aujourd’hui la légalité et la légitimité des lois et décisions.
Personne ne peut dire ici que Mamadi Diané a fréquenté une école ou obtenu un diplôme dans aucun lycée ou collège de ce pays. Mais subitement dans les années 70- 80, il expose une fortune colossale à l’origine obscure. Dans son comportement, l’homme va faire vérifier l’adage selon lequel ‘’derrière chaque grande fortune il y a toujours un crime impuni’’.
En effet Mamadi Diané crée une Entreprise d’import- export à Washington DC dont la raison sociale est : AMEX. Une société anonyme à but très lucratif dont le premier client est la Côte d’Ivoire. Il exporte alors des milliers de tonnes de riz en Côte d’Ivoire à une période où le Directeur Général de la caisse de Péréquation Mr Sydia Touré (oui c’est le même) se disait Ivoirien né à Dimbokro (pauvre Dimbokro). Comme de juste Mr Sydia Touré est grand actionnaire de la société de Mamadi Diané AMEX basée à Washington. Sydia Touré convainc par des bakchichs conséquents la plupart des responsables du pays qu’il est plus économique d’importer du bon riz Américain que de développer des plantations déficitaires en Côte d’Ivoire.

Avec l’appui de certaines autorités, Sydia Touré obtient gain de cause et fait supprimer la société d’Etat SODERIZ en faisant une victime de taille au passage. Mr Oulaï Kemiangnan, son ex DG ne s’en est jamais remis. Les Ivoiriens eux avaient subi sans broncher. Nous en supportons encore aujourd’hui les effets.Vous comprendrez alors pourquoi Laurent bagbo dont l’intention avouée est de produire du riz pour tous les Ivoiriens doit être ‘’supprimé’’ pour faire de la place à la même association de malfaiteurs dont le chef est désormais Alassane Ouattara.Simple question de bon sens ! Mamadi Diané et ses complices dont Mr Sydia Touré s’engraissent comme des porcs.La Côte d’Ivoire ne leur suffit plus. Ils étendent leur ombre sur le Sénégal, sur la Guinée Conakry, mais surtout sur le Zaïre, l’Eldorado de la nouvelle Afrique. MAMADI DIANE, sans abandonner son gagne-pain étend désormais ses ailes puissantes à la politique. Mobutu Sesseko Kuku Gbendu Waza Banga roi du Zaïre devient son Mentor. Mamadi n’a plus de imites : Il devient Américain à part entière, prend pied dans LE PARTI DEMOCRATE pour lequel il dépense sans compter et dans lequel il finit par se faire un Nom. Il s’attache des amitiés importantes dont le maire de Washington Mr Marion Barry qui a fini par faire quelques années de prison pour consommation de drogues dures et pour suspicion ’assassinat d’une jeune femme trouvée en sa compagnie dans un hôtel de sa propre ville. Là aussi, Mamadi Diané n’était pas loin… ‘’Dis-moi qui tu hantes je te dirai qui tu es’’.
Introduit dans la CIA par Mobutu, Mamadi Diané devient ouvertement honorable agent de la distinguée mais dangereuse Agence Américaine. Il participe alors à une demi-douzaine de tentatives de coup d’Etat au Ghana qui était alors dans le viseur des Américains à cause de Kwamé N’Kruma. On retrouve même AMEX et Mamadi Diané dans l’affaire de l’assassinat du juge français Borel à Djibouti. Ce qui provoque le départ d’AMEX de son principal actionnaire sénégalais Cheick Tidiane Sy ministre de son Etat.Malgré tous ces petits déboires Mamadi Diané devient puissant et incontournable aux USA. A l’époque de Bill Clinton il avait réussi à imposer tout seul trois Ministres noirs dont celui du Commerce Ron Brown au gouvernement des Etats Unis.La politique Etrangère des USA est tenue aujourd’hui par Mme Clinton qui accorde à Mamadi Diané une grande considération depuis très longtemps Ainsi personne à Washington ne s’étonne que Mamadi ait réussi à faire nommer l’Ambassadeur de son choix à Abidjan pour exécuter le plan de déstabilisation concocté contre Laurent Gbagbo. Ne vous y trompez pas : Philippe Carter III est le bras armé de Mamadi Diané pour abattre notre régime et faire place nette pour Ouattara.
Pourquoi Mamadi Diané est si violemment opposé à Laurent Gbagbo et à son régime ? Fils d’immigrés et petits fils d’immigrés, l’homme se sent naturellement plus à l’aise avec l’imposteur Alassane Ouattara. Ainsi il a dépensé sans compter pour doter la Rébellion de Ouattara et Soro d’armes sophistiquées en grand nombre.
Son soutien financier ne leur a jamais fait défaut. Ensuite Mamadi Diané n’a pas hésité à mettre sur le compte de Laurent Gbagbo l’échec de sa société de Téléphonie Cellulaire CORA de COMSTAR. Il a déployé tous les efforts et mis à contribution toutes ses relations aux USA pour faire éliminer la Côte d’Ivoire au programme de l’AGOA pour cette raison là.
Il disposait de tous les moyens pour réussir son coup pour la simple raison que la plupart des ex sous-secrétaires d’Etat du gouvernement Américain sont récupérés par sa société AMEX pour leur assurer une vie professionnelle et personnelle future mais aussi pour garder une passerelle avec la CIA et le département d’Etat, voire avec la Maison Blanche. On sait ainsi que le plus connu d’entre eux, Herman Cohen a émargé pendant des années chez AMEX.Récemment, Mamadi Diané a été dans l’ombre le principal instigateur pour le compte des USA de la tentative d’assassinat du Président Guinéen Dadis Camara. Inutile de vous dire que cet homme est dangereux. Certains le disent présent à Abidjan depuis le début de la nouvelle crise pour mieux ‘’chambrer’’ Philippe Carter III. Mamadi Diané se sent trop près du but pour ne pas jouer son va-tout. Si Ouattara gagne, ses dividendes vont ‘’ tomber’’ et il aura en même temps assouvi sa haine viscérale contre Gbagbo.

2. Le deuxième se nomme Kéita Ibrahim. Né à Abidjan de père et de mère guinéens, Keïta Ibrahim, premier PDG de la première société de téléphonie cellulaire CORA de COMSTAR a toujours été l’ombre de son neveu Mamadi Diané. Dernier fils de Mory Keïta guinéen député à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Keïta Ibrahim a eu un petit passé trouble en France où il a été embastillé à la prison de la Santé à Paris pendant quelques mois. Pour s’associer avec son neveu il avait l’avantage d’avoir le profil de l’emploi. Quand il rentre en Côte d’Ivoire il est quasiment adopté par Félix Houphouët Boigny ami de son père défunt. A ce titre il bénéficie de son affection mais aussi et surtout de sa mise sur orbite. Félix Houphouët Boigny lui donne les moyens de créer les deux plus grands terrains de Golf du pays.
Pour l’inauguration de celui de Yamoussoukro il se paie même le luxe de faire venir dans la capitale politique une cinquantaine de vedettes Américaines de premiers plan dont Barry White, Stevie Wonder, Gregg Morris (mission impossible). Après cet exploit il devient Président de la Fédération Ivoirienne de Golf et concomitamment Président du Comité National Miss CI.Mais très vite Keïta Ibrahim entre en conflit avec le Président-tuteur Félix Houphouët Boigny pour une mauvaise gestion des fonds à lui confiés pour les deux Associations.
Ibrahim Keïta est aussitôt remplacé. Ibrahim Keïta qui a voulu s’élever dans la société en se rapprochant d’une grande famille de Côte d’Ivoire s’est empressé d’épouser la sœur cadette de l’Ambassadeur Charles Providence Gomis. Après son divorce avec cette dernière, il épouse une jamaïcaine-Ghanéenne qui lui donnera un fils aujourd’hui tennisman professionnel aux Etats Unis. Dans sa quête désespérée de chaleur fraternelle il glisse peu à peu vers le RDR où l’on confond politique et religion. Il se lie d’amitié avec des imams qui soutiennent la Rébellion et devient un intermédiaire actif de son neveu Mamadi Diané, pourvoyeur en armes de cette même Rébellion d’Alassane Ouattara. Dans la grande confusion provoquée par les attaques des 18 et 19 Septembre 2002 Ibrahim Keïta se fait arrêter pour soutien à la Rébellion et financier du coup d’Etat manqué.L’Imam de la mosquée de la Riviera III tombe sous les balles de cette folle aventure des hommes de Ouattara.
Ibrahim Kéita qui recouvre la liberté après une pression amicale exercée par le Président Abdou Diouf sur Laurent Gbagbo, prend la fuite vers les Etats Unis pour se réfugier chez son neveu Mamadi Diané. Déjà à cette époque Keïta Ibrahim était soupçonné de jouer les auxiliaires de la CIA comme son neveu parce que personne alors ne pouvait dire quelle profession il exerçait. CORA de COMSTAR et l’Arrestation en 2002 ont fini par convaincre Ibrahim Kéïta que sa place n’était plus dans ce pays. Il se met résolument à la disposition de son neveu Mamadi Diané pour pourfendre le régime Gbagbo. Mais à la différence notable de son milliardaire de neveu, Ibrahim Kéïta dit avoir peur de revenir dans ‘’son pays’’ parce qu’on l’y attendrait pour le tuer. Si l’existence conditionne la conscience Ibrahim kéïta semble avoir tiré leçon de sa vie en Côte d’Ivoire. Peut-être pense t-il aussi qu’est venue la tempête pour le semeur de vent. EXIT Kéïta Ibrahim.

3. Troisième personnage de cette galerie des portraits : Madame Jeanne Maddox Toungara Ivoirienne d’origine Américaine, ayant obtenu la nationalité Ivoirienne par mariage avec le très agité maire RDR D’Abobo Mr Adama Toungara. Lui- même avait effectué ses études supérieures de géologie à l’université de Californie où il a eu le bonheur éphémère de rencontrer la belle Jeanne Maddox qui lui a donné une jolie fille. La rumeur dit que la belle Jeanne Maddox s’en est allée avec la grosse fortune détournée par Adama Toungara à la SIR et à la SMB dont il était le puissant Directeur Général. Félix Houphouët Boigny qui ne voulait pas prendre lui-même la décision de le limoger à cause d’un délicat problème qui les opposait, a demandé à l’un de ses grands Ministres de le débarquer. Ce dernier pousse l’avantage jusqu’à placer à ce poste devenu vacant le mari de sa fille. Un divorce annoncé, une réduction drastique de son niveau de vie, c’était trop pour cette Américaine qui avait entre autre luxe l’habitude de voyager avec son chien en cabine de première classe.
Elle gardera contre la Côte d’Ivoire une rancune terrible et tenace. Mais comme elle avait rédigé une thèse sur les Malinké d’Odienné, les Dioula sont restés très sympathiques à ses yeux et dignes de soutien à l’exclusion de tous les autres Ivoiriens. Quand le RDR arrive par effraction sur la scène politique Ivoirienne, il trouve en Jeanne Maddox désormais domiciliée aux Etats unis une militante conquérante, agressive et déterminée contre tous les régimes qui ne font pas de place au parti de son cœur. Sa thèse de doctorat lui permet de se faire reconnaître dans son pays comme spécialiste des questions du Nord de la Côte d’Ivoire. Elle est reconnue par le Sénat et la Chambre des représentants Américains auprès desquels elle déploie personnellement tous les efforts pour soutenir le combat de l’usurpateur-Imposteur Alassane Ouattara. Elle le fait avec beaucoup de succès, même coupée de son ex mari Adama Toungara qui lui a préféré la sœur ainée de Bintou Camara qui elle bénéficiait d’un statut particulier dans ce pays, sans compter la très grande fortune dont Ami Camara-Toungara a bénéficié à la disparition tragique et prématurée de sa sœur.Ne supportant pas cette situation, Jeanne Maddox –Toungara rentre aux USA avec sa fille et continue de liquider sa colère contre Toungara Adama et la Côte d’Ivoire en dénigrant systématiquement le pays qui lui avait ouvert ses bras.
De Mamadi Diané, Kéïta Ibrahim et Jeanne Maddox la dernière personne citée n’est pas forcément la moins nocive pour Laurent Gbagbo parce qu’elle occupe là bas une place de choix dans l’appareil OBAMA. Mais malgré ce trio infernal du POTOMAC qui manipule Philippe Carter III et Hillary Clinton, Gbagbo Laurent ne tombera pas. C’est lui que les Ivoiriens veulent à leur tête et non un escroc International bénéficiant du soutien de la ‘’Communauté Internationale’’. La bataille des Institutions est terminée. Il s’agit maintenant de celle de l’affection. Celle là Laurent Gbagbo l’a gagnée depuis vingt ans.
Mamadou Ben SOUMAHORO
Député Indépendant à l’Assemblée Nationale
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30.01.2012
Côte d'Ivoire - France: Coopération militaire, accord de défense ou contrat de protection rapprochée?


Lors de la visite de Mr Ouattara à son ami Sarkozy en France ces jours passés, l'un des temps forts de la rencontre de copains, est la signature d'un accord, un traité, un contrat de défense que l'on présente pompeusement comme un accord de défense franco-ivoirien.
Entre nous, lorsque nous savons que l'ONU, au lieu de surveiller et veiller à la Paix en Côte d'Ivoire, a participé au genocide planifié à l'Ouest du pays et s'est transformée en gardien de palais en lieu et place de la Paix et s'est trouvée une autre mission "escorte du cortège présidentiel" et "chargée d'encadrement des manifestations publiques et privées", nous comprenons que cet accord n'est pas un accord entre Etat, mais un contrat de protection rapprochée.
Certainement, les USA commençant à prendre leur distance avec le nouveau pouvoir, la protection rapprochée sous le couvert de l'ONU risque de s'effriter. Il faut donc prendre le taureau par les cornes en signant un contrat avec le copain Sarkozy pour sa protection rapprochée car Ouattara n'a rien à cirer de la sécurité des ivoiriens. C'est l'un des sens que l'on pourrait donner à cette forfaiture.
En effet, il a été revélé que les "forces armées françaises en Côte d'Ivoire" changent de dénomination et deviennent les "éléments français de la Côte d'Ivoire". Oh bou! C'est vrai que les FRCI (la milice tribale de Ouattara) affectionnent ce terme d'"élément", que les français recupèrent pompeusement. Quelle honte pour l'armée française. Devenir des "éléments" de Ouattara, bouahhhhhhhhhhhhhhh.
Mais si votre pays ne peut plus vous payer, parter chez vous! au lieu de vous humilier jusqu'à ce niveau pour le copain de l'autre (les éléments français de la Côte d'Ivoire). Vous êtes tombés bas dèh, vous faites partie maintenant des FRCI (la milice tribale de Ouattara). Nous ne pouvons même plus dire "milice tribale" parce que maintenant il y a blancs dedans. Han! ça fait pitié dèh. Même ce que FDS refuse (qu'on l'appelle FRCI), Blanc accepte. Hé! galère tu n'es pas bien dèh!
KIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIAKIA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Contrat de protection rapprochée française, nous on ne fait rien avec ça.
"Eléments français de la Côte d'Ivoire" oh kpo! il faut dire "FRCI français de Côte d'Ivoire" cela correspond bien mieux.
17:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, choï, onu, onuci, ouattara, gbagbo, bédié, élection présidentielle, france, sarkozy

