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13/09/2013

Côte d'Ivoire : Les Profils des futurs candidats présidentiels du régime après Ouattara

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Jean-Louis Billon,
un patron ministre porté par son clan


Jean-Louis Billon est un cas d'espèce en Côte d'Ivoire. Héritier de l'empire Sifca, premier groupe privé fondé par son père, Pierre Billon, il est réputé pour ne pas cultiver de réseaux dans un pays où la cooptation et la culture du carnet d'adresses font figure de règles absolues. A 49 ans, cet homme d'affaires formé aux Etats-Unis se suffit à lui seul, son poids économique à la tête d'une société comptant 17 000 salariés en faisant l'interlocuteur incontournable de la classe politique ivoirienne comme des investisseurs étrangers.
Malgré ses connexions hétéroclites et sa volonté de rester un esprit indépendant, Jean-Louis Billon n'a eu aucune difficulté à intégrer, fin 2012, le gouvernement de Daniel Kablan Duncan comme ministre du commerce. Cette entrée au sein de l'exécutif n'a pas bouleversé son premier cercle. Ce fondu de Formule 1 continue de s'appuyer essentiellement sur sa famille, ses amis issus de son fief de Dabakala (centre) ainsi que sur des collaborateurs formés au sein de Sifca. Ces relations suffiront-elles à satisfaire un dessein politique plus ambitieux ? Rien n'est moins sûr…

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Hamed Bakayoko,
un fidèle d'ADO qui soigne ses amitiés


Actuel ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko a forgé ses réseaux tout au long d'une carrière l'ayant amené à siéger sans discontinuer depuis dix ans sur les plus hautes marches de l'exécutif ivoirien. Membre influent du RDR et fidèle du couple présidentiel, il se pose aujourd'hui comme l'une des figures incontournables de l'entourage d'Alassane Ouattara. Délogé du ministère des NTIC et de la communication pour diriger celui de l'intérieur après la crise postélectorale, cet ancien journaliste et patron de presse a conservé de solides amitiés dans ce secteur. Nombre de ses relations pilotent aujourd'hui les principaux médias de Côte d'Ivoire.
A 48 ans, Hamed Bakayoko fait surtout office de véritable sécurocrate du chef de l'Etat. Faisant preuve d'un certain zèle dans cette mission, il passe pour être le principal pourfendeur des pro-Gbagbo, et a placé ses hommes aussi bien au sein de la franc-maçonnerie (dont il est membre) qu'à la tête des institutions sous la tutelle de son département (surveillance du territoire, renseignement, police…). Son statut de numéro deux du gouvernement et ses ambitions présidentielles ont forcé Hamed Bakayoko à ripoliner son image ces derniers mois en réfrénant son penchant décrié pour la fête. S'il a pris ses distances avec le milieu des boîtes de nuit qu'il a longtemps côtoyé, le ministre d'Etat n'en conserve pas moins de nombreuses relations dans le show-business ou le monde du sport, dont il raffole toujours.


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Guillaume Soro,
du battle dress au complet veston


Les multiples costumes qu'il a endossés, depuis son engagement estudiantin jusqu'à la présidence de l'Assemblée nationale en passant par celui de chef rebelle, ont permis à Guillaume Soro de se forger des réseaux aussi nombreux qu'hétéroclites. Formés en une décennie à peine, ceux-ci embrassent les domaines militaire, institutionnel ainsi que les milieux d'affaires, un cas assez rare dans la Côte d'Ivoire post-Félix Houphouët-Boigny.
Au cours de sa rapide ascension, le deuxième personnage de l'Etat ivoirien, 41 ans, n'a cessé de s'entourer d'une poignée de collaborateurs ayant fait leurs premières armes à ses côtés. Si cette fidélité répond aux valeurs de loyauté sous-tendues par son ethnie Senoufo, elle sert surtout la stratégie de conquête du pouvoir entreprise par Guillaume Soro, dauphin constitutionnel d'Alassane Ouattara.
Ministres, chefs de commandement militaire ou dirigeants d'institutions publiques, ces "frères d'armes", tels Souleymane Koné, Moussa Dosso, Hervé Touré ou Issiaka Ouattara, occupent aujourd'hui des postes au sommet de l'Etat ivoirien. Tous vouent une admiration pour le combat mené par celui qui s'est opposé au concept "d'Ivoirité" puis aux régimes successifs de Robert Guéï et de Laurent Gbagbo. Ces personnalités permettent à Guillaume Soro, premier ministre sans discontinuer de 2007 à 2012, d'étendre son influence à tous les domaines stratégiques.
A cette garde rapprochée viennent se greffer des amitiés que l'histoire chaotique de la Côte d'Ivoire ces dix dernières années a scellées. Outre le couple présidentiel, la galaxie de l'ancien chef de guerre s'est enrichie de nombreuses personnalités comme Mustapha Chafi, le conseiller spécial du président burkinabè Blaise Compaoré, l'architecte Pierre Fakhoury, ou encore de plusieurs figures issues du Rassemblement des républicains (RDR), dont Guillaume Soro convoite la tête dans l'hypothèse d'une course à la présidentielle en 2020.

par la lettre du continent, le titre est de nous.

27/08/2013

Côte d'Ivoire - RHDP: Bédié va t-il conduire le PDCI et le pays tout droit dans le mur comme en 1999 ?

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Le comportement peu catholique des journaux "griots" du régime ont fait sorti l'ambassadeur émérite, son excellence Georges Ouégnin de sa réserve imposée par ses fonctions.

De quoi s'agit-il ?

Eh bien, il s'agit du choix du futur président du PDCI, parti politique allié au régime barbare et dictatorial de Alassane Dramane Ouattara dans ce qu'ils appellent le RHDP. Le président sortant Aimé Henri Konan Bédié disqualifié par la limite d'âge et son clan se sont lancés dans une guerre sans merci contre d'autres candidatures. C'est ainsi qu'ils veulent se frotter à l'ambassadeur Ouégnin que nous respectons tous dans ce pays pour son dévouement à cette nation.

Tout est parti de l'annonce de la candidature du secrétaire général sortant comme postulant au poste de président du plus vieux parti politique de Côte d'Ivoire, le PDCI-RDA.

Le journal ci-dessous publia à sa "UNE" une photo de la famille de l'ambassadeur. C'est la goutte d'eau qui a fait débordé le vase et sortir son excellence de sa réserve.
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Lisez plutôt sa réaction.



Par Georges Ouégnin
Oui, j’ai demandé pardon au Président Bédié !
Quand et pourquoi.


Le mercredi 21 août 2013, à l’invitation du secrétaire général du Pdci-Rda, j’ai assisté, en même temps que plusieurs autres cadres du parti fondé par le Président Félix Houphouët-Boigny, à une rencontre à la « Maison » du Parti. Rencontre au cours de laquelle, le secrétaire général a déclaré sa candidature à la présidence du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA).

En tant que militant du Pdci-Rda, c’était mon devoir de répondre à son invitation. Jusqu’à preuve du contraire, M. Djédjé Mady demeure le secrétaire général du Pdci-Rda. C’était donc mon devoir d’aller l’écouter.
Faire cela, ce n’est trahir personne. Je suis militant du Pdci-Rda et je resterai militant du Pdci-Rda.

Mais depuis cette rencontre, comme si j’avais commis un crime, il ne se passe pas un seul jour, sans que des journaux ne s’en prennent à ma personne. Tantôt, on écrit que je suis un homme fini (has been), tantôt, on écrit que j’ai trahi le Président Bédié, voire le Président Alassane Ouattara. Comme s’il y avait un quelconque lien entre les affaires internes du Pdci-Rda et le Président de la République Alassane Ouattara.

Je n’aurais jamais réagi devant ces écrits qui n’honorent même pas leurs auteurs qui parlent de démocratie en combattant curieusement la liberté d’expression et la pluralité de pensées, si l’un de ces journaux, dont les responsables ont absolument le droit de prendre fait et cause pour qui ils veulent, ne s’était pas attaqué, non pas à moi seul, mais aussi à ma famille. Ma famille qui est pour moi, quelque chose de sacré.

Ce journal que je ne veux même pas nommer en raison de ses propres contradictions (chanter la démocratie et la tolérance en vouant aux gémonies tous ceux qui pensent autrement), a écrit, ce samedi 24 août en publiant à sa « Une » une photo de moi et de ma famille, que je serais rentré « en rébellion contre les présidents Bédié et Ouattara ».

Et cela, du seul fait d’avoir assisté à la rencontre convoquée par le secrétaire général du Pdci-Rda.

Je ne rentrerai pas dans le contenu de l’article qui est à lui seul la preuve que la Côte d’Ivoire va très mal, je m’attarderai simplement sur l’exposition de ma famille à la « Une » de ce journal avec une légende insultante : « Le jour où Ouegnin demandait « pardon » à Bédié pour que sa fille Yasmina soit candidate Pdci à Cocody aux législatives du 11 décembre 2012 ».

D’abord il ne s’agit pas des législatives du 11 décembre 2012, mais celles du 11 décembre 2011. Ensuite, je n’ai jamais été au domicile du Président Bédié avec toute ma famille pour le supplier d’accepter que ma fille Yasmina soit la candidate du Pdci. Ces photos ont été prises, le jour où, après l’investiture de Yasmina en qualité de candidate du Pdci, j’ai été, avec toute ma famille, rendre visite au Président Bédié, lequel avait été invité à prendre part à cette cérémonie mais n’a pu effectuer le déplacement pour des raisons d’agenda.

Son directeur de cabinet, le Dr Lenissongui est témoin des propos que j’ai tenus ce jour-là.

D’où vient-il alors, que près de deux ans plus tard, on sorte une photo prise à l’occasion de cette rencontre, pour me présenter comme un ingrat, en écrivant que je suis allé demander pardon au Président Bédié pour qu’il accepte de faire de ma fille, la candidate du Pdci ?

Quelles sont les motivations réelles d’une telle action ? Que veut-on démontrer ?

Je vais faire un aveu et désormais, ce sera ainsi, chaque fois qu’on s’en prendra indirectement ou directement à ma famille.

Oui, c’est vrai, je l’avoue. Oui, je le reconnais. J’ai demandé pardon au président Bédié. C’était la seule fois de ma vie que je le faisais. Mais ce n’était pas pour qu’il accepte de faire de ma fille la candidate du Pdci-Rda aux législatives de 2011 à Cocody.

La seule fois de ma vie où j’ai demandé pardon au Président Bédié, c’était le mardi 21 décembre 1999. Ce jour-là, il était encore le Président de la République de Côte d’Ivoire et je l’ai trouvé dans sa chambre. Il préparait le message qu’il devait adresser le lendemain à la Nation, à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Je me suis mis à genoux, je dis bien, à genoux devant le Président Bédié, il ne peut démentir ce que je dis aujourd’hui.

Je lui ai tenu les pieds, le suppliant presque, pour lui dire : M. le Président, libérez les dirigeants du RDR, Henriette Diabaté, Hamed Bakayoko et tous les autres que vous avez fait emprisonner en novembre 1999, à la suite d’une manifestation organisée pour réclamer des réformes démocratiques en vue des élections de 2000.


Je lui ai dit : faites comme le Président Houphouët-Boigny, profitez de votre passage devant l’Assemblée nationale à l’occasion de votre message à la nation, pour libérer, devant le peuple de Côte d’Ivoire, tous ces dirigeants du Rdr. Vous leur diriez, bientôt c’est la fête de noël, bientôt c’est la Tabaski (cette année-là, ces fêtes coïncidaient presque), bientôt, c’est l’an 2000, le nouveau millénaire. Profitez de cela M. le Président et dites-leur, rentrez chez vous, allez retrouver vos familles, on va travailler tous ensemble pour la Côte d’Ivoire, notre patrie commune.

Le Président Bédié m’a dit textuellement : « Non, non, tu vas voir ce que je vais faire… »

Et je lui ai dit, toujours à genoux devant lui : non, M. le Président, votre image est à terre, et en Côte d’Ivoire et à travers le monde ; vous devez vous ressaisir. Franchement, si vous faites ce geste, vous rentrerez dans l’histoire. C’est ce que le Président Houphouët-Boigny a fait quand il a libéré les prisonniers de Yamoussoukro. Il les a amenés à l’Assemblée et il a dit : « nous avons commencé à construire la Côte d’Ivoire, allez, rentrez chez vous et mettez votre pierre dans cette construction… »

Le Président Bédié m’a, de nouveau, répondu : « Oui, oui, tu vas voir mon discours… »

La suite, on la connaît…et je n’en dirai pas plus !

Je reconnais donc que là, je lui ai demandé pardon, Dieu m’en est témoin. Et il est témoin que, en novembre 2011, lorsque je lui ai rendu visite avec toute ma famille, ce n’était pas pour le supplier de faire de ma fille la candidate du Pdci.
Si mes supplications avaient de l’effet sur M. Henri Konan Bédié, il n’y aurait jamais eu le 24 décembre 1999 et la Côte d’Ivoire aurait fait l’économie de toutes les meurtrissures, toutes les haines, toutes les fractures, tout le sang du peuple ivoirien versé inutilement depuis la disparition du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Je n’en dirai pas plus…

Maintenant, si ceux qui se sont érigés en propriétaires de la Côte d’Ivoire veulent que je parle d’autres choses, s’ils veulent que je mette fin au devoir de réserve que je me suis imposé sans discontinuité depuis la mort du Président Houphouët-Boigny, alors, je les invite à continuer à s’attaquer à ma famille…

Si on veut s’en prendre à moi seul, Georges Ouegnin, me livrer à la vindicte populaire au simple motif que j’ai participé à une rencontre sur invitation du secrétaire général du Pdci-Rda, cela ne me pose aucun problème.
Mais si on s’en prend aussi à ma famille en publiant des photos sur lesquelles je suis avec mon épouse et mes enfants, et légendées de façon insultante, alors les commanditaires en assumeront toutes les conséquences…

J’ai servi avec affection, loyauté et dévouement, pendant plus de 40 ans, la Côte d’Ivoire. D’abord avec le Président Houphouët-Boigny, jusqu’à sa disparition, puis avec le président Henri Konan Bédié, jusqu’à son départ du pouvoir, puis avec le général Guéi et enfin, avec le président Gbagbo

Je n’accepterai pas que, sous la dictée, un journaliste qui vient à peine de naître et qui ne sait pas le millième de ce que je sais sur l’histoire de la Côte d’Ivoire et celle de ceux qui y font maintenant la pluie et le beau temps, écrive que j’ai trahi. Cela est inacceptable.

Je n’ai jamais trahi, ni la Côte d’Ivoire, ni aucun Ivoirien et jamais je ne le ferai. Personne ne peut mettre en doute ma loyauté vis-à-vis de ce pays et mon dévouement vis-à-vis de ses chefs d’Etat que j’ai servis, successivement.
Jusqu’à nouvel ordre, le Pdci signifie Parti « Démocratique » de Côte d’Ivoire. D’où vient-il alors que dans un parti démocratique, on veuille instaurer la pensée unique en crucifiant tous ceux qui expriment des idées contraires ?

Georges Ouégnin
Ambassadeur



Bédié va t-il écouter les supplications des ivoiriens ? Ou est-il prêt à jeter l’opprobre sur le PDCI et la Côte d'Ivoire entière encore une autre fois ?

!!!!!!!!!! Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire !!!!!!!!!!!!!

17/05/2013

Côte d'Ivoire: le pouvoir confronté au malaise des étudiants selon AFP

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ABIDJAN (AFP) - Moins d'un an après la réouverture en grande pompe des universités, le gouvernement ivoirien est confronté au malaise des étudiants, malgré une réhabilitation très coûteuse des campus censée effacer plus d'une décennie de dérives et de violences.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo, l'a constaté à ses dépens cette semaine. Dans l'enceinte de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, il a été pris à partie lundi par plusieurs centaines d'étudiants et a dû battre en retraite sous une pluie de pierres, pendant que la police usait de gaz lacrymogènes. "Bacongo voleur", "Bacongo menteur", scandaient les protestataires.

La colère est à la mesure des attentes suscitées par les travaux impressionnants engagés après la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui avait fait 3.000 morts et entraîné la fermeture de l'université d'Abidjan, la plus grande du pays (plus de 60.000 étudiants sur près de 90.000 au total), durant plus d'un an. Pour la rentrée en septembre 2012, sur le campus refait à neuf, le président Alassane Ouattara avait lui-même donné le coup d'envoi du "départ nouveau", le mot d'ordre officiel.cote d'ivoire, alassane dramane ouattara, cissé bacongo, université, pouvoir, regime, rdr, étudiants

Mais la grogne n'a cessé de monter depuis lors. "Quand on a vu les infrastructures, nous étions satisfaits: des bâtiments fraîchement peints, de l'air conditionné dans les amphithéâtres, de belles pelouses. Mais à peine ces infrastructures ont-elles commencé à fonctionner que nous avons été déçus", explique à l'AFP Gaoussou Diabaté, étudiant en licence de droit public et porte-parole de l'Alliance nationale des étudiants de Côte d'Ivoire (Aneci).
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Les amphithéâtres toujours surpeuplés et les salles trop peu nombreuses (certains cours se font même à l'air libre) sont le premier motif de plainte. Autre sujet de mécontentement: l'insuffisance des transports publics autour de l'université, qui provoque d'interminables files d'étudiants en pleine rue après les cours. La pagaille quand un bus finit par arriver a même déjà causé des décès et des blessés graves, selon les syndicats.cote d'ivoire, alassane dramane ouattara, cissé bacongo, université, pouvoir, regime, rdr, étudiants
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Budget colossal

En outre, "il y a les coupures intempestives d'électricité, des micros qui ne marchent pas, il n'y a aucun document dans les bibliothèques, pas de fontaine sur le campus", déplore Gaoussou Diabaté. "On nous a fait miroiter un rêve".

Nombre d'étudiants réclament donc des comptes sur la gestion des fonds dédiés aux chantiers des cinq universités (installées à Abidjan et dans l'intérieur du pays). Un montant colossal - 110 milliards de francs CFA (167 millions d'euros) - pour un contrat très controversé, jugé opaque par beaucoup. "Il faut qu'à un moment on puisse voir ce à quoi ont servi ces 110 milliards", affirme Armand Kakou, étudiant en lettres modernes.

Du côté du ministère, on recommande la "patience". Le chantier des universités "n'est pas terminé", indique Viviane Krou Adohi, directrice générale de l'Enseignement supérieur, vantant le travail déjà accompli. "Nous n'avons même pas encore utilisé la moitié" du budget alloué, précise-t-elle. Selon cette responsable, les travaux pourraient être bouclés "d'ici la rentrée prochaine".
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Toutefois, sous couvert d'anonymat, une source au ministère dénonce des "sabotages" qui seraient perpétrés sur le campus d'Abidjan par des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, tombé il y a deux ans.




L'incident de lundi, suivi jeudi de bagarres entre étudiants, a en effet rappelé avec force combien l'université reste une question politique et sensible.


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La presse proche du pouvoir a cru voir cette semaine la main de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), syndicat tout-puissant sous le régime Gbagbo. Sous le règne de la Fesci, désormais marginalisée, les milieux universitaires avaient connu une explosion de la violence et des trafics en tous genres. A l'inverse, pour les journaux d'opposition, les étudiants désormais "se révoltent contre Ouattara".


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Il reste que les tensions dans les milieux universitaires sont "une alerte" pour le gouvernement, qui a une vision surtout "macro-économique" des problèmes du pays, estime un diplomate africain en poste à Abidjan. Si la Côte d'Ivoire reste la première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, elle a été durement éprouvée et appauvrie par une longue décennie de tourmente politique, militaire et sociale.

Le diplomate ajoute, en forme d'avertissement: l'impatience de certaines couches sociales "ne peut que renforcer l'opposition", d'ici l'élection de 2015, à laquelle le président Ouattara envisage de se représenter.