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26/03/2013

Mariage gay : "L’opinion publique américaine est mûre pour légiférer"

La Cour suprême des États-Unis ouvre, ce mardi, son débat sur la délicate question du mariage homosexuel. L'occasion pour les Sages de légiférer sur le plan national alors que l'opinion publique y est de plus en plus favorable.

Par Ségolène ALLEMANDOU (texte)

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C’est une session historique qui s’est ouverte, ce mardi, à la Cour suprême des États-Unis. Durant deux jours, les neuf Sages qui la composent doivent débattre de la question du mariage homosexuel suite à deux recours engagés par des couples homosexuels. Dans un premier temps, ils vont étudier l'interdiction du mariage des couples de même sexe en Californie. Puis, mercredi, ils se pencheront sur la loi fédérale de défense du mariage qui empêche les époux homosexuels d'être reconnus comme tels au niveau fédéral.

Cette audience pourrait conduire les Sages à légiférer d’ici juin sur le mariage homosexuel dans tout le pays. Pour l'heure, il est autorisé dans neuf des cinquante États du pays ainsi que dans la capitale fédérale, Washington. Les juges pourraient saisir cette occasion pour suivre l’opinion publique américaine qui se montre de plus en plus favorable sur le sujet.

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Un sondage conduit début mars par le Washington Post et ABC révèle que 58 % des Américains y étaient favorables. Selon une autre étude menée par le Public Religion Research Institute, 52 % des personnes interrogées se prononcent en faveur du mariage gay (42 % contre), ainsi que 57 % de Californiens. Signe que les mentalités ont évolué puisqu’en 2008, ils étaient plus de 52 % dans cet État à s'opposer au mariage entre couple du même sexe.

Évolution

Nombreuses en effet sont les personnalités à avoir changé d’avis sur la question ces derniers mois. Barack Obama le premier : après s’être prononcé contre le mariage homosexuel en 2008, le président des États-Unis a déclaré avoir changé d’avis au printemps dernier au gré des discussions avec ses filles ou avec ses amis gays. Ce mois-ci, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton a aussi ouvertement affiché sa position. Et, last but not least, l’ancien locataire de la Maison Blanche, Bill Clinton, a récemment appelé à invalider la loi fédérale sur la défense du mariage traditionnel, qu’il avait lui-même signée en 1996.

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Au sein du Parti républicain, le verrou sur la question est également en train de sauter. Le sénateur de l’Ohio, Robert Portman, a rejoint le camp des "pro" ce mois-ci depuis q’il a appris que son fils était gay. L’influent et très conservateur Karl Rove a également envisagé, lundi 25 mars, que le prochain candidat républicain à la présidence américaine soit favorable au mariage gay, même si la majeure partie de son camp y reste opposée.

De plus, plusieurs cadres du Parti républicain, dont Jon M. Huntsman Jr., ancien candidat à la présidentielle en 2012, et Meg Whitman, ancienne PDG d’eBay qui s’est lancée dans la politique, ont envoyé une circulaire à la Cour suprême pour appeler les Sages à se prononcer en faveur du mariage gay.

"Il faudra du temps pour légiférer au niveau national"


Malgré cet élan en faveur du mariage pour les couples de même sexe, les experts doutent de la capacité de la Cour suprême à légiférer au niveau national. "Certes, l’opinion publique est mûre pour légaliser le mariage homo mais il faudra encore du temps pour légiférer", estime la politologue franco-américaine Nicole Bacharan.

D’une part car la société reste tout de même divisée sur le sujet. "Certes, les opposants n’ont pas de figure de proue comme Frigide Barjot en France, relève cette dernière. Mais les leaders sont néanmoins très actifs au niveau fédéral, et notamment dans des États clés comme la Californie".

D’autre part car la Cour, à majorité conservatrice (cinq conservateurs et quatre libéraux), ne devrait pas adopter un avis aussi catégorique. "Je ne pense pas que les Sages aillent jusqu’au bout car ils ne peuvent pas exacerber la population comme ce fut le cas lors de la légalisation de l’avortement en 1973, ajoute Nicole Bacharan qui fait référence à la décision Roe vs Wade. "À l'époque, beaucoup avaient jugé leur décision trop rapide et trop tranchée pour l’opinion publique." La loi avait déclenché une guerre entre les "prochoice" et les "prolife". "Les juges ne sont pas prêts à ouvrir une autre guerre", poursuit Nicole Bacharan.

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D’autant que, comme l'a déclaré le juge conservateur Kennedy qui défend les droits des homosexuels à la Cour suprême, "une démocratie ne devrait pas dépendre de neuf juges non-élus pour ses décisions majeures". Pour David Cruz, professeur de droit à l'université Southern California interrogé par l’AFP, la Cour risque d'opter pour une "décision limitée à la Californie". Sauf si les juges se posent la question sous l'angle de l'égalité des droits. "Auquel cas, ils pourront difficilement s'opposer à une loi", conclut Nicole Bacharan.

Toutefois, une surprise n’est pas à exclure, avancent les experts. "Si les juges se penchent sur la question de l'interdiction du mariage gay en Californie (ou "Proposition 8"), ils devront accepter la lecture la plus large selon laquelle la Constitution garantit à chacun la liberté d'épouser la personne de son choix", avance David Cruz.

source : france24

15/01/2012

Afrique: Conséquence de la mort de Kadhafi, Les journalistes de la Pana sont restés cinq mois sans salaire

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La mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, n’a pas fait que des heureux en Afrique où il avait de nombreuses participations dans les sociétés privées et publiques. C’est le cas à l’Agence panafricaine de presse (Pana) dont il était principal bailleur. Au siège de l’agence africaine à Dakar, les journalistes sont restés cinq mois sans salaire.

La mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, assassiné au mois de novembre dernier par les rebelles du Conseil national de transition (Cnt) n’a pas fait que des heureux, surtout en Afrique. Sa générosité et son panafricanisme affiché l’avaient amené à jouer un grand rôle dans l’économie des pays africains. Ainsi, il a été à l’origine de la création de plusieurs entreprises, dans des secteurs divers comme la banque, l’hôtellerie, et les médias. De la même manière, le Guide a, grâce à ses financements conséquents, permis de sauver plusieurs entreprises nationales privées et publiques de la faillite. C’est le cas de la Pana. Grâce aux financements de Kadhafi, l’Agence panafricaine de presse, condamnée à une banqueroute certaine, a été maintenue en vie avec les financements de fonds libyens. Entre 2002 et 2008, la Libye de Kadhafi a versé à la Pana huit millions de dollars. Ce que Tripoli a continué à faire jusqu’à la mort tragique de l’ancien homme fort de la Libye.

En attendant que les nouvelles autorités libyennes fassent le point sur l’héritage laissé par Kadhafi, certaines de ces sociétés comme la Pana sont au bord de l’asphyxie financière. En effet, selon des journalistes en service au siège de la Pana à Dakar, depuis l’éclatement de la crise libyenne, les financements n’arrivent qu’au compte-gouttes. Et depuis, le mois d’août dernier, les salaires des journalistes ne sont pas payés. De fait, la Pana dispose du plus grand réseau de correspondants dans le monde avec plus de 150 journalistes dans les grandes capitales dont deux bureaux : en France et aux Usa.

Au siège de la Pana à Dakar, les journalistes avaient trouvé, nous dit-on, des moyens de s’entraider à travers une caisse de solidarité qui leur permettait d’acheter des denrées alimentaires qu’ils distribuaient entre eux. Depuis le mois de novembre dernier, la caisse de solidarité s’est vidée. Les journalistes eux-mêmes ont épuisé les économies qu’ils avaient gardées dans les banques. Certains vivent présentement des conditions difficiles. Plusieurs d’entre eux sont menacés d’expulsion par leurs locataires pour cumul d’arriérés de loyer. D’autres ont vu leurs enfants renvoyés de l’école, faute de paiement de la scolarité depuis des mois.
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Les journalistes de la Pana interpellent l’Union africaine qui s’était engagée à faire de l’Agence un outil d’information du continent. Si la Pana venait à disparaître avec la mort de Kadhafi, l’Afrique perdrait un outil de communication. Pour cause, la Pana qui diffuse en quatre langues : anglais, arabe, français et portugais, est née de la volonté des chefs d’Etat et de gouvernements de doter l’Afrique d’un outil d’information et de communication. Aujourd’hui, tout laisse à croire qu’il faut s’attendre, après des départs massifs de journalistes, à une situation plus complexe, si les arriérés de salaire perdurent.

Mamadou SARR

03/01/2012

Lybie : La contestation monte contre le "gouvernement non démocratique" du CNT

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Depuis la mi-décembre, des manifestations contre le Conseil national de transition (CNT) s’organisent un peu partout en Libye, notamment à Benghazi, la première ville à s’être révoltée contre l’ancien régime. Après l’enthousiasme des premiers mois, les Libyens attendent notamment du nouveau pouvoir qu’il soit plus transparent et qu’il dissolve les milices armées nées de la révolution.

Le CNT a été créé le 27 février 2011, pendant l’insurrection contre le régime du colonel Kadhafi, et a été officiellement reconnu par la France le 10 mars puis par le reste de la communauté internationale.

"Nous avons été très patients mais aujourd’hui, nous n’avons plus aucune raison de nous taire"

Depuis le 12 décembre, tous les jours, des gens se réunissent sur la place de l’arbre. Il y a parmi eux des activistes de la société civile, mais également d’anciens combattants de la révolution ou de simples citoyens. Il y a plus de monde en fin de journée, quand les gens quittent leur travail.

Ces manifestations sont particulièrement importantes à Benghazi, qui a été le berceau de la révolution libyenne, mais elles n’ont rien de régional. Nous défendons les droits de tous les Libyens sans exception. Il y a des manifestations aussi à Misrata ou à Zaouia.

Nous demandons avant toute chose la formation d’une armée libyenne pour assurer notre sécurité. Il est inadmissible qu’un pays souverain n’ait que des milices. Il faut que les combattants choisissent : soit ils adhèrent à une armée régulière soit ils déposent les armes. Il y a encore trop d’armes en circulation dans le pays. [Le CNT a annoncé le 25 décembre qu’un registre des combattants allait être créé dans la perspective de leur intégration au sein des forces de sécurité ndlr]

"Nous ne connaissons même pas tous les membres du Conseil"


Nous reprochons également au CNT un manque de transparence. Ses réunions se font à huis clos et nous ne sommes informés que du résultat, jamais du processus de décision. Ce n’est pas démocratique ! D’ailleurs, nous ne connaissons même pas tous les membres du Conseil, seulement les fondateurs. Pendant le conflit armé, les leaders du CNT disaient ne pas vouloir révéler les noms de leurs membres pour préserver leur sécurité. Mais pourquoi les cacher aujourd’hui ? [Le président du CNT Mustapha Abdeljalil s’est rendu à Benghazi le 26 décembre en compagnie du Premier ministre libyen et a promis qu’un site internet sera bientôt en ligne avec les noms de tous les membres du CNT ainsi que leurs CV ndlr]

Nous ne sommes pas satisfaits non plus de la justice : les autorités procèdent à des arrestations arbitraires, même parmi d’anciens rebelles. Des gens sont emprisonnés et n’ont pas droit à un procès. Il pourrait s’agir parfois de règlements de compte personnels. Pendant ce temps-là, d’anciens responsables du régime continuent vive dans l’impunité . Nous appelons à une justice équitable pour tous.

La gestion de l’argent public pose aussi problème. En avril dernier, Mustapha Abdeljalil, le président du CNT, a déclaré qu’il y avait eu des magouilles et des détournements d’argent de la part de certains nouveaux responsables. Mais depuis, c’est le silence radio. Nous ne savons pas qui sont les personnes impliquées dans ces affaires, ni où est passé l’argent. Pendant ce temps, nous autres citoyens sommes obligés de faire la queue devant les banques pour retirer nos salaires, car les distributeurs sont vides.

Il y a enfin la question des morts et des blessés de la révolution. Le gouvernement n’a toujours rien fait pour identifier les corps enterrés dans des fosses communes. Les familles des disparus ne savent donc toujours pas ce qu’il est advenu de leurs enfants. Il y a pourtant un ministère dédié aux martyrs de la révolution. [Contacté par FRANCE 24, le représentant du Conseil local de transition de Misrata, Ibrahim Beit Almal, a reconnu que les familles des martyrs n’étaient pas suffisamment prises en charge par le CNT.]

Mais les blessés sont très mal pris en charge. Les cas les plus graves ont été envoyés à l’étranger, notamment en Tunisie. Mais le personnel des ambassades libyennes à l’étranger n’a pas changé avec le départ de Kadhafi et rien n’est fait pour prendre en charge ces patients et payer les frais d’hospitalisation. [Contacté par FRANCE 24, le représentant du Conseil local de transition de Misrata, Ibrahim Beit Almal, a rétorqué que les blessés étaient correctement pris en charge par les ambassades. Il a toutefois reconnu que les moyens manquaient, à cause des fonds de l’ancien régime gelé à l’étranger pour soigner correctement les blessés restés en Libye.]

"Nous demandons aujourd’hui la dissolution du CNT"


Le président du CNT et le Premier ministre sont certes venus à Benghazi le 26 décembre, mais ils ne se sont pas rendus sur la place de l’arbre. Ils n’ont rencontré que quelques contestataires qu’ils avaient eux-mêmes choisis. Nous ne croyons donc pas à leurs promesses. S’ils veulent réellement discuter avec nous, qu’ils viennent nous voir là où nous manifestons. Nous avons été patients avec eux tant que le pays était en guerre. Aujourd’hui, nous n’avons plus aucune raison de nous taire. Notre position est devenue plus radicale : nous demandons aujourd’hui la dissolution du CNT et la création d’nouveau Conseil capable de répondre à nos revendications."


Des manifestations de soutien au CNT ont été organisées en réponse au mouvement naissant de contestation.


"Nous soutenons le Conseil local de Tripoli. Ce Conseil a été formé dans des circonstances très difficiles et son travail a été jusque-là très acceptable, il n’y a pas de quoi lui retirer notre confiance. Si certains pensent qu’il y a des problèmes, nous pouvons proposer des réformes, corriger certaines décisions. C’est mieux que de manifester contre le Conseil, en appelant à sa dissolution. Cela risque de créer l’anarchie et d’empêcher le gouvernement de travailler. […]. Tout le monde peut se tromper, la critique est la bienvenue. "


par http://observers.france24.com