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14/02/2013

VATICAN : Les véritables raisons du renoncement de Benoît XVI

Au cours de sa dernière messe en tant que pape, Joseph Ratzinger a dénoncé les divisions de l'Église qui ont provoqué son abdication. Explications.
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La basilique Saint-Pierre n'était pas assez grande mercredi après-midi pour accueillir tous les fidèles qui ont voulu assister à la messe d'entrée en carême, la dernière messe publique célébrée par Benoît XVI. Au cours de son homélie, sous les fastes de la basilique et dans l'impressionnant recueillement de tous les participants, le pape a déclaré : "La lecture de l'Ancien Testament invite tous les chrétiens à réfléchir sur l'importance du témoignage de la foi et de la vie chrétienne pour chacun d'entre nous et pour notre communauté. Ce visage de l'Église est parfois défiguré. Je pense en particulier aux fautes contre l'unité de l'Église, aux divisions dans le corps ecclésial."

Paroles qui portent un nouvel éclairage sur les véritables motifs de sa renonciation. La révélation, mardi, de l'opération cardiaque subie par Benoît XVI à l'automne dernier avait laissé penser que c'était pour des raisons de santé qu'il abdiquait. Or, il ne s'agissait que d'une intervention de routine consistant à remplacer les piles de son pacemaker. Joseph Ratzinger est âgé, 85 ans, et fragilisé par des arythmies cardiaques et de l'hypertension. Ce n'est toutefois pas un grand malade au bord du naufrage. L'allusion aux "divisions du corps ecclésial" renvoie en revanche à l'anarchie de la curie romaine et aux récents scandales qui ont ébranlé l'Église.

Rupture

L'affaire Vatileaks a beaucoup peiné Benoît XVI. Tout d'abord car c'est au sein de la "famille pontificale" - les personnes qui s'occupent de son intimité - que se nichait le traître. Mais aussi et surtout parce que les documents secrets révélés au public ont mis à nu les tensions dans le gouvernement de l'Église. La curie est divisée en clans ennemis qui font référence respectivement aux cardinaux Bertone, Sodano et Bagnasco. Les factions s'affrontent au détriment du bien de l'institution. Scandales financiers, comme ceux qui se multiplient au sein de l'IOR, la banque du Vatican, et sexuels, comme l'accusation d'homosexualité portée contre Dino Boffo, le directeur de l'Osservatore Romano : tout est bon pour délégitimer l'adversaire. Et la parole du pape n'est plus écoutée. Ainsi Benoît XVI n'est-il même pas arrivé à imposer la transparence au sein de l'IOR, accusé de blanchir des capitaux illicites.

L'abdication de Benoît XVI apparaît donc comme un geste extrême de rupture avec le système gangrené. Quelques semaines seulement avant de devenir pape, Joseph Ratzinger avait dénoncé "la saleté dans l'Église". En vain. Son successeur devra donner un grand coup de balai.

source lepoint.fr, par le correspondant à Rome, Dominique Dunglas



13/02/2013

VATICAN : Pour sa dernière messe, le pape Benoît XVI dénonce "l'hypocrisie religieuse"

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Le pape Benoît XVI, qui a annoncé sa démission pour la fin du mois de février, a dénoncé mercredi, au cours de la dernière grande messe de son pontificat célébrée en la basilique Saint Pierre, "l'hypocrisie religieuse" et "les attitudes qui recherchent les applaudissements et l'approbation", ainsi que "les coups portés à l'unité de l'Eglise" et "les divisions au sein du corps ecclésial".

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Vêtu d'un chasuble violette, à l'occasion du Mercredi des cendres, le pape semblait fatigué et amaigri, quand il est apparu sur une estrade roulante dans la basilique Saint-Pierre, alors que les cardinaux et évêques chantaient "Ora pro Nobis"("Priez pour nous"). "La qualité et la vérité du rapport avec Dieu est ce qui certifie l'authenticité de tout geste religieux", a-t-il dit, avant de dénoncer "l'hypocrisie religieuse, le comportement de ceux qui veulent paraître, les attitudes qui recherchent les applaudissements et l'approbation".

Le pape Benoît XVI, qui démissionnera le 28 février, a aussi dénoncé "les coups portés à l'unité de l'Eglise" et "les divisions au sein du corps ecclésial".

Dans un sermon au ton très grave, le pape allemand a estimé que "le visage de l'Eglise est "parfois défiguré". "Je pense notamment aux coups portés à l'unité de l'Eglise, aux divisions du corps ecclésial", a-t-il dit devant les cardinaux présents. Plus généralement, il a aussi dénoncé l'incohérence de ceux qui se disent prêts à "déchirer leurs propres vêtements, face à des scandales et des injustices, naturellement perpétrés par d'autres" mais ne sont pas "prêts à agir sur leur propre coeur, sur leur conscience et sur leurs intentions".